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Réalisé et écrit par Gaspar Noé en 2009.
Avec Nathaniel Brown, Paz de la Huerta, Cyril Roy et Olly Alexander.
Musique composée par Thomas Bangalter.

LA BANDE-ANNONCE DU FILM


Inutile de perdre du temps à tourner autour du pot : Enter The Void est un chef d'oeuvre. Dernier film de Gaspar Noé à ce jour, celui-ci aborde ici un sujet que seuls Peter Jackson avec son génial Lovely Bones et Clint Eastwood avec son moyen Au-dela ont exploré : celui de la vie après la mort, toutefois Gaspar Noé est bien connu pour son côté trash et provocateur et il prouve une fois de plus avec son Enter The Void que personne peut sortir un spectateur de sa zone de confort aussi bien que lui et surtout que jamais le sujet ne sera aussi bien traité. Signant un des plus beaux films que j'ai pu voir de ma vie, aussi bien visuellement, et ce malgré l'agressivité visuelle du film, que moralement, tout en réussissant à garder son côté crade, malsain, violent mais toujours plein d'espoir, Gaspar Noé signe un chef d'oeuvre visuel, bien mené et osé mais également très évident, peu propice à l'analyse et pas subversif une seule seconde. Peut-on considérer cela comme un défaut? Oui et non. Oui si l'on part du principe que c'est tout de même Noé à la réalisation et que son IRRƎVƎRSIBLƎ et son Seul contre tous sont des monuments de subversion, et non, car à ce moment-là une majorité de films partent avec une tare, et puis de toutes façons à la limite on s'en fout partant du principe que la plupart des mecs qui matent un film de Noé retiennent les images agressives, l'ultra-violence et la pornographie mais jamais la beauté ou la profondeur du film, mais bref, je m'égare... Alors pourquoi Enter The Void est-il un tel chef d'oeuvre? Et bien je vais vous le dire.

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Tout simplement parce qu'Enter The Void est l'un des plus beaux films de l'histoire visuellement. Voila c'est dit. Si Noé n'abandonne pas l'aspect psychédélique de l'image présent dans ce qui est à mon sens le film de sa vie, j'ai nommé IRRƎVƎRSIBLƎ, ce n'est que pour mieux l'exploiter, faisant un film à la fois agressif pour les yeux et très peu agréable à voir dans ses moments les plus violents mais aussi très paisible, très cool, livrant un film qui fait vraiment planer, Noé se déchaine sur le visuel de sa bête et pour cela va même jusqu'a emprunter le visuel de la scène de l'infini de son film fétiche, 2001 : L'odyssée de l'espace le temps d'une scène et fait d'ailleurs maintes fois référence à Kubrick, pour autant, bien qu'il réalise un film magnifique à bien des égards, Gaspar Noé n'oublie pas ce qui à fait sa réputation et signe un monument de provoc' et de violence énorme (d'ailleurs, à ce titre si le film est le plus souvent sans surprise on retiendra une scène courte mais particulièrement tétanisante) bien que le film soit assez soft en ces termes si on le compare à ses autres films, celui-ci s'attarde davantage sur le sexe, ce qui n'est pas un hasard en soit puisque le but du film est que le personnage arrive à la renaissance, toutefois est-ce qu'il était vraiment nécessaire pour cela de montrer une scène de cul depuis l'intérieur du sexe de la femme (Ça y avait vraiment que Noé pour oser le faire.)? Bien évidemment non mais les gens qui suivent un peu le boulot de monsieur Noé connaissent sa manie à montrer absolument tout et à pousser son délire visuel jusqu'au bout, à faire chaque fois des films très couillus et surtout qu'il s'amuse à briser toutes les conventions qui régissent le cinéma une par une. Alors ça ne plaira pas à tout le monde, c'est une chose très claire, d'ailleurs y aura toujours des abrutis pour ne retenir que la partouze de fin alors qu'avant y a quand même 2h30 de film très paisibles, et ce malgré des effets stroboscopiques qui interviennent trop souvent et qui constituent malheureusement un défaut pour le film, car Noé, qui base toute son œuvre sur son esthétique va cette fois-ci dans l'excès en utilisant des effets stroboscopiques pour, de temps en temps, passer d'une scène à l'autre, mais cela se répète trop souvent, ça agace et ça explose les yeux et puis bon , bien que le scénario soit super bien traité et parfaitement compréhensible puisqu'un personnage l'explique de manière détaillée en début de film (pas très subtil certes mais ça permet de comprendre l'aventure du personnage principal qui après 20 minutes de film ne dit plus un mot.), le film dure 2h40 alors le film n'est pas dénué de longueurs mais en soit peu importe.

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Peu importe car Enter The Void est une expérience ovniesque, complètement à part, un truc complètement new, jamais vu au cinéma avant, une oeuvre qui est d'ores-et-déja une oeuvre d'anthologie convention-breaker à mort, mais en plus, Noé, et d'ailleurs ça aurait été con qu'il tombe dans ce piège, ne laisse pas l'esthétisme porter son film et dirige ses acteurs plus que correctement, alors oui Nathaniel Brown n'a ni le charisme ni le jeu de Vincent Cassel, Albert Dupontel ou Philippe Nahon, mais lui et tous les autres d'ailleurs livrent des performances plus que correctes, malgré des moments de surjeu (en particulier de la part de Paz de La Huerta) et l'accent franchouillard pas top de Cyril Roy (qui malgré tout se démerde plus que bien!) , d'autant plus l'ambiance toujours noire bien qu'onirique et relax d'Enter The Void est soutenue par la musique complètement folle de Thomas Bangalter (d'ailleurs j'aurai bien foutu son magnifique remix de Bach sur le blog mais pas moyen de le trouver) qui quitte ses compositions angoissantes d'IRRƎVƎRSIBLƎ pour aller vers quelque chose de bourrin mais moins désagréable (j'ai dis moins hein, ça l'est quand même de temps en temps). Enter The Void est un ovni dont on ne ressort pas indifférent, on aime ou on aime pas mais dans tous les cas on lache un grand WOW car croyez-moi jamais vous n'avez vu un tel film... Seul Noé pouvait faire un truc comme ça. Alors oui on reprochera les effets stroboscopiques et les longueurs... Mais je le répète : ce film est une expérience à part et on ne peut clairement pas lui reprocher cela. Un chef d'oeuvre absolu.

-Ze Ring-

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