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RÉALISATION | SERGIO LEONE
ÉCRITURE | SERGIO LEONE, DARIO ARGENTO, BERNARDO BERTOLUCCI, SERGIO DONATI ET MICKEY KNOX.
MUSIQUE | ENNIO MORRICONE

CHARLES BRONSON | L'harmonica
HENRY FONDA | Frank
CLAUDIA CARDINALE | Jill McBain
JASON ROBARDS | Cheyenne
GABRIELE FERZETTI | Morton
JACK ELAM, WOODY STRODE ET AL MULOCK | Les trois pistoleros de la gare.

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Comment donner envie aux non-cinéphiles et aux personnes qui n'ont jamais vu un western de leur vie d'aller acheter et de voir un film datant des années 60, avec des acteurs depuis quelques temps décédés, des effets sonores tous pourris et durant presque 3h? En balancant d'entrée de jeu une notion trop souvent galvaudée : CHEF D'OEUVRE. Purement et simplement le meilleur western spaghetti que Sergio Leone ait réalisé de toute sa carrière, c'est également son plus beau film en termes de mise en scène et son oeuvre la plus épique... Les fans du duo Sergio Leone-Clint Eastwood seront deçus : en effet, après Le bon, la brute et le truand, Clint Eastwood en a fini avec Leone : la rumeur veut que le rôle d'Harmonica lui avait été proposé mais qu'il l'avait refusé... Pas cool... Par la suite, Leone à proposé le rôle à Dieu, euh je veux dire James Coburn mais celui-ci à refusé pour des raisons d'argent. Mais pour être honnête, et la je vais me faire taper, tant mieux car je ne vois personne d'autre (même pas Eastwood, même pas Coburn, et pourtant mon estime de ces deux homme est infinie.) dans le rôle principal du film que cet autre acteur de légende qu'est Charles Bronson, l'Arnold Schwarzenneger d'un temps qui donne avec brio vie à ce personnage ambigu qu'est l'Harmonica. Ambigu, c'est le terme parfait pour désigner les personnages, que ce soit L'harmonica, pistolero silencieux et insensible dont les intentions sont floues, à l'image de ce flashback récurrent dans le film, ou encore Jill McBain, prostituée mariée par pur interêt ou encore Cheyenne, faux bad mother fucker de l'histoire, personnages ambigus tous animés par des acteurs désormais légendaires : que ce soit la magnifique (et je pèse mes mots.) Claudia Cardinale, l'ultra-charismatique Charles Bronson, le génialissime Jason Robards et surtout le mythique Henry Fonda qui tient ici le rôle de sa vie (et marrant, son seul rôle de méchant de sa longue carrière.), tous livrent des prestations impressionnantes de crédibilité et donnent vie à un film lent indéniablement épique. Il était une fois dans l'ouest, le meilleur western spaghetti de tous les temps?

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Je vous laisse le soin de répondre vous-même à cette question puisque ce film est en concurrence perpétuelle avec un autre grand film de Sergio Leone, Le bon, la brute et le truand, reste que pour moi y pas a chier, à mes yeux les deux plus grands westerns du monsieur sont également ses deux derniers : Il était une fois la révolution, sur lequel je reviendrai très bientôt et Il était une fois dans l'ouest, et oui car le film est une oeuvre de très grande qualité, que dis-je, un chef d'oeuvre en tous points, à commencer par sa mise en scène. En ces termes, Il était une fois dans l'ouest est purement et simplement le film le plus abouti du cinéaste. Non seulement chaque plan est étudié au millimètre près, servent tous une fonction précise et fourmillent de détails, comme c'est souvent le cas chez Leone, mais pour la première fois celui-ci signe une oeuvre plus complexe par sa réalisation mais surtout par son montage, en effet, avec Il était une fois dans l'ouest, Leone utilise pour la première fois une technique qui lui sera chère dans sa trilogie américaine (dont Il était une fois dans l'ouest est le premier segment), c'est-à-dire le flashback, qui dans les trois films à une fonction stylistique évidente mais aussi une fonction scénaristique importante, puisqu'il sert à effectuer un revirement de situation étonnant, par sa mise en scène, Leone développe son histoire et je ne saurai pas mieux dire tant les images content plus l'histoire du film que les dialogues, ceux-ci étant le plus souvent ambigus ("Quand on a tué 4, c'est facile d'en tuer 5." Une réplique banale à première vue mais qui comporte plusieurs sens selon le personnage qui la prononce.), ambiguité sur laquelle Leone joue pour faire avancer son histoire et développer ses personnages. Il était une fois dans l'ouest, de par sa mise en scène, est donc un film entièrement maitrisé, très fin et intelligent, et puis évidemment si cette mise en scène sert beaucoup le film inutile de préciser que la photographie, absolument magnifique et les décors impressionnants (Raaaah l'arrivée de Claudia Cardinale dans l'Ouest.) aident également à faire d'Il était une fois dans l'ouest un pur plaisir visuel, plaisir visuel qui commence pendant ce générique d'anthologie de 10 minutes jusqu'au duel final, plus belle scène que Sergio Leone ait filmé de sa carrière, qui envoie 6 pieds sous terre le déja génial duel final du Bon, la brute et le truand et d'Et pour quelques dollars de plus.

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Et puis, ne nous voilons pas la face, un film aussi inventif et aussi bien écrit qu'Il était une fois dans l'ouest, on en voit plus aujourd'hui, en effet Mickey Knox fait l'exploit de surpasser son travail sur Le bon, la brute et le truand en livrant des dialogues encore plus jubilatoires, les répliques cultes s'enchainent ("Vos amis ont un taux de mortalité très élevé, Frank."), et je sais pas si Mickey Knox était payé à la journée ou à la réplique jubilatoire mais si c'était à la réplique jubilatoire il a du grailler tout le budget du film à lui tout seul, quoi qu'il en soit, les dialogues sont, comme d'habitude, croustillants, ambigus qui plus est, ce qui est rare et souligne une maitrise totale du film (maitrise que seuls certains réalisateurs/scénaristes ne sont parvenus à atteindre, des films qui en disent plus par l'image que par le dialogue y a que des mecs comme Leone ou Malick pour en faire.), par ailleurs si le film est assez lent, jamais, pas une seule seconde, le film ne plonge le spectateur dans un ennui, au contraire, en travaillant plus sur la mise en scène de plans renversants Leone n'oublie cependant pas de faire un film, alors oui le film est lent mais il est également complet, les personnages sont travaillés et l'ambiguité du personnage principal, incarné par Charles Bronson, est maintenue jusqu'a une révélation finale certes loin d'être originale mais difficile à deviner, et surtout le film, en dépit de sa lenteur est prenant et immersif, un exploit? Oui, surtout quand on sait que réaliser un film aussi lent et parvenir à ne pas décrocher le spectateur en milieu de film est chose difficile, mais bon on parle de Leone et c'est donc sans longueurs que le film se développe, la classe. Un exploit de mise en scène, un exploit d'écriture, il ne me reste que la bande-son originale à traiter : Ennio Morricone est un des plus grands compositeurs de tous les temps et la bande-son d'Il était une fois dans l'ouest est sa meilleure oeuvre. J'ai besoin d'en dire de plus?

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Besoin ou pas, je vais quand même en dire plus. Il était une fois dans l'ouest ne serait pas aussi bon sans la musique d'Ennio Morricone, pour la bonne et simple raison que Sergio Leone et Ennio Morricone, c'est une collaboration qui se compare aux collaborations Takeshi Kitano-Joe Hisaishi, Tim Burton-Danny Elfman ou Steven Spielberg-John Williams, leurs compositeurs sont leurs doubles musicaux et ils ne sont rien sans eux, la preuve avec Violent Cop et Jugatsu (sur lesquelles je reviendrai bientot.), les deux premières oeuvres de Kitano, faites sans Hisaishi, dénuées de ce qui fait la force des films du bonhomme, avec Leone c'est la même chose, Leone n'a vraiment été Leone que lorsqu'il à commencé à travailler avec Ennio Morricone et avec Il était une fois dans l'ouest, cette collaboration trouve un de ses sommets : Il était une fois dans l'ouest est l'oeuvre la plus épique qui à résulté de cette collaboration, ici la musique s'accorde à la perfection avec les images, et si vos frissons sur le film ne sont pas synchronisés avec les notes d'harmonica alors je ne sais plus quoi faire pour vous... La bande-son d'Il était une fois dans l'ouest va presque plus loin que le film qu'elle illustre, c'est dire combien elle est réussie!

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Si vous êtes encore en train de lire cet article, vous êtes sans espoir. Parce que si j'ai bien fait mon travail vous devriez déja être à la FNAC pour acheter le film, la raison est simple, si vous n'avez pas vu Il était une fois dans l'ouest, alors vous n'avez rien vu! Il était une fois dans l'ouest est un chef d'oeuvre, un des meilleurs crus de Leone, une oeuvre majeure, une date et un film culte... Magnifique en tous points, c'est un film que tout cinéphile qui se respecte doit voir, et en vitesse, des films comme ça on en fait plus aujourd'hui et c'est bien dommage... Tiens d'ailleurs avec la vague de remakes tous pourris de ces dernières années je suis étonné que Leone n'ait pas encore été massacré par Hollywood... Mais bon on s'en plaindra pas hein.

-ZE RING-

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