13 février 2011

IRRƎVƎRSIBLƎ - ANALYSƎ COMPLƎTƎ DU FILM

irreversible

Bonjour à tous,
Un nouvel article, un nouveau design pour le blog! J'espère que ça vous plait, sinon va falloir vous y habituer les amis car ce n'est qu'une manière pour moi de rendre ce blog plus vivant! Pour cet article, j'ai proposé deux musiques, l'une étant terriblement dérangeante, j'ai préféré vous les proposer dans les deux lecteurs ci-dessous afin de vous éviter toute mauvaise surprise!

Et en plus, comme je suis quelqu'un de très gentil, voici le trailer du film dont je m'apprête à faire l'analyse, j'ai nommé le très controversé IRRƎVƎRSIBLƎ! De toute évidence, cet article n'a absolument aucun interêt pour ceux qui n'ont pas vu le film, puisqu'il en détaille le fond et non pas l'histoire.

-CRITIQUE DU FILM ICI-

VIOLƎNCƎ GRATUITƎ?

La question à se poser lorsqu'on parle d'un film tel qu'IRRƎVƎRSIBLƎ. En effet, depuis sa sortie en 2002, le film de Gaspar Noé est controversé pour sa violence extrême, ce qui est en soit compréhensible, certaines scènes de ce film figurent parmi les plus violentes sur un écran faisant des films de Noé des films pas nécessairement accessibles mais aussi des films le plus souvent incompris. C'est notamment le cas d'IRRƎVƎRSIBLƎ, en effet, le film est la plupart du temps considéré comme une oeuvre sans interêt, inhumaine, gratuite dans sa violence qu'elle soit visuelle comme morale, pourtant à bien des égards IRRƎVƎRSIBLƎ est un film très humaniste, et oui, je le dis, quitte à énerver les abrutis qui ne voient dans ce film que des coups d'extincteur, et qui, non seulement ne semblent pas avoir regardé le film en entier mais surtout ne semblent pas en avoir capté l'essence philosophique, car, humaniste, le film l'est surement, mais philosophique, le film l'est encore plus, mais ça, il faut aller au-delà de l'épreuve morale qu'est IRRƎVƎRSIBLƎ pour pouvoir le comprendre, et c'est justement ce que j'ai l'intention de faire aujourd'hui. Une occasion aux gens qui ne supporteraient pas un second visionnage de l'œuvre de Noé d'en comprendre la portée.

Alors, la violence dans IRRƎVƎRSIBLƎ est-elle gratuite? Oui et non.
En un sens, la violence d'IRRƎVƎRSIBLƎ est clairement gratuite, et cela est du à la narration à l'envers (on dira inversée à partir de maintenant). En effet, le film commence sur un monologue de Philippe Nahon, qui d'ailleurs en profite pour balancer un des thèmes sous-jaçents du film, et s'enchaine sur une scène d'une violence extrême dans une boite homosexuelle ultra-glaucque. De ce point de vue, la violence est clairement gratuite puisqu'elle n'est pas expliquée clairement avant la scène du viol de Monica Belucci, toutefois, la gratuité de cette violence à ici deux rôles, premièrement, envoyer un coup dans le nez d'entrée de jeu au spectateur, car la violence fait toujours plus mal quand on ne l'explique pas, deuxièmement, la scène de l'extincteur commence à imager le thème sous-jaçent principal du film, mais j'en parlerai plus tard, pour l'instant je me contente d'expliquer les réponses aux questions qui doivent être posées et vous verrez ou je veux en venir plus tard. Toutefois, cette violence n'est gratuite qu'au premier visionnage, en effet, tout s'explique par la suite et seule la scène du viol est entièrement gratuite et ne l'est plus tant que ça une fois qu'on a compris quel est le but d'IRRƎVƎRSIBLƎ. De manière pure et simple, Gaspar Noé place dans la première partie de son film les hommes comme de véritables singes, mais pour cela, était-il nécessaire d'aller aussi loin dans la violence extrême? La boite glauque était-elle nécessaire? A mon sens oui, puisqu'elle donne à IRRƎVƎRSIBLƎ toute sa dimension subversive et sort le spectateur de sa zone de confort, ce qui est un des objectifs principaux d'un tel film. Alors on adhère ou on adhère pas, mais en soit peu importe, toute cette atmosphère cradingue et cette violence gratuite ne servent qu'a distiller le propos du film, mais j'y viendrais plus tard.

LA NARRATION INVƎRSƎƎ : ARTIFICƎ OU INDISPƎNSABLƎ?

Clairement quelque chose qui m'agace, de dire que cette narration inversée est un artifice. Comme je le disais, la narration inversée est en soit indispensable au film en cela que non seulement elle sert le propos mais en plus elle donne aux scènes de violence tout leur impact. Encore une fois, on adhère ou on adhère pas mais ce n'est pas gratuit! Lisez le prochain paragraphe pour plus d'explications.

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2001 : L'ODYSSƎƎ DƎ L'ƎSPACƎ

2001

Vous vous demandez ce que ça vient foutre la, j'ai tort? Pourtant sur bien des points, IRRƎVƎRSIBLƎ est plus ou moins un remake du film de Kubrick. En effet, les deux films ont exactement la même construction, bien que leur style et leur aspect soient très différents (mais ça me semble limite con de le préciser.) mais surtout les deux films partagent le même thème principal : l'évolution. Ainsi si l'histoire est très différente dans les deux films et si l'ambiance des deux films est radicalement opposée, 2001 faisant pleurer parce que c'est beau la ou IRRƎVƎRSIBLƎ fait pleurer vos yeux parce que c'est crade et étouffant, ils adoptent plus ou moins le même sujet, ainsi est-ce un hasard si le parallèle entre les deux films peut être fait? Non, grâce à la narration inversée, IRRƎVƎRSIBLƎ commence et finit de la même manière que 2001 : il commence sur la scène de l'extincteur/la barbarie des singes et se finissent tous deux sur l'espoir de la naissance d'un enfant, et surtout, les deux points abordés ci-dessus (la violence et la narration, pour ceux qui ne suivent pas) ont pour rôle majeur de lancer le message du film, car aussi obscur soit-il, le film de Noé sous-entend bien une chose, c'est que l'homme évolue toujours de manière positive, ce n'est donc pas un artifice ni un hasard si le film commence sur une violence extrême et se termine dans la paix et surtout dans la civilisation, car quelle évolution peut être perçue si l'on commence sur le bonheur absolu et si l'on finit sur Albert Dupontel qui joue au neuro-chirurgien? Aucune. Et puis, est-ce un hasard si, avant d'entrer dans la boite gay si poétiquement nommée Le Rectum pour aller chercher Le Ténia, Albert Dupontel dit à Vincent Cassel de manière très exacte : "Mais arrête, Marcus putain, y a que les animaux qui se vengent, c'est pas humain"? Est-ce un hasard si toutes les conversations du film portent sur le cul? Est-ce un hasard si Le Ténia est retrouvé grâce à une prostituée? Non. Car le film porte sur l'évolution, or qu'est-ce qui symbolise mieux l'être humain que le besoin le plus primaire qu'est celui de baiser? Besoin que l'on a appris à contrôler en évoluant... Ainsi, IRRƎVƎRSIBLƎ, malgré ses apparences de rape and revenge bourrin, est en réalité un film sur l'évolution. IRRƎVƎRSIBLƎ, ou le film qui défie toutes les apparences.

LƎ TƎMPS DƎTRUIT TOUT

IRRƎVƎRSIBLƎ est aussi un film sur le temps. La phrase d'introduction du film, non contente de permettre par la suite de mettre en évidence la dureté de la vie (mais aussi sa beauté) et le fait que le temps puisse tout détruire en un instant, introduit aussi un message sur le temps, un message que l'on pourrait même qualifier de cinématographique puisque le film joue avec la seule chose que le cinéma, réunion de tous les arts, à de différent avec tous les arts : la temporalité. Le soi-disant artifice de narration inversée prend donc un deuxième sens que celui de mettre en évidence cela, que le cinéma ne se démarque des autres arts que par le fait qu'il permettre de jouer avec le temps, chose que des réalisateurs tels que Quentin Tarantino (d'ailleurs, j'y pense, mais bon lui quand il fait Pulp Fiction en mélangeant toutes les scènes entre elles, ca relève clairement de l'artifice et personne dit rien, par contre quand Noé fait un film ultra-violent A L'ENVERS tout le monde s'outre et crie à l'artifice inutile, foutage de gueule inside?) ont exploité avant, temporalité qui est ici exploitée grâce à la narration inversée, d'ailleurs le tout est mis en évidence par une réplique de Bellucci : "Je suis en train de lire en livre qui dit que le futur est déja écrit, tout est la", marrant si on part du principe que le futur on vient de le voir et surtout qu'elle fera le rêve une scène plus tard de ses mésaventures prochaines. Si ce message est plus subtil, on lui préfèrera tout de même le message plus bourrin, plus terre à terre et plus en accord avec le reste du film que la vie ca peut être à chier comme ça peut être cool, car il me semble que c'est aussi une des choses qu'IRRƎVƎRSIBLƎ met en évidence.

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IRRƎVƎRSIBLƎ : UN RƎVƎ?

Une question curieuse qui m'est venu il y a peu, mais IRRƎVƎRSIBLƎ n'est-il pas en réalité un film sur le rêve? C'est une question qui peut se poser bien que personnellement ça me semble un peu tiré par les cheveux... Premièrement, le personnage de Monica Bellucci lit, au moment du film, un ouvrage qui parle des rêves, qui, comme je l'ai dit précédemment, dit en gros que le futur est écrit et qu'on peut le voir dans nos rêves. Une scène plus tard (ou plus tôt?), le même personnage se réveille et raconte son rêve à Vincent Cassel, rêve qui correspond étrangement dans sa description au lieu ou elle va se faire violer... Et puis, d'ailleurs, au réveil, le personnage de Vincent Cassel dit avoir mal au bras, hasard ou conséquence du fait que le futur est écrit et que quelques heures plus tard il se fera casser le bras par un pauvre type? Alors, rêve prémonitoire à l'envers ou juste une façon de jouer avec la temporalité? Personnellement, je trouve ça vraiment tiré par les cheveux que de dire que tout le film serait en réalité un rêve prémonitoire, premièrement parce que ça ne colle absolument pas avec cette thématique de la dureté de la vie, deuxièmement parce que je trouve ça quand même bizarre que deux personnes aient un rêve prémonitoire en même temps... Une hypothèse qui m'est venue à l'esprit il y a peu et que je trouvais incohérente mais qu'il m'a semblé bon de dire... Qu'en pensez-vous?

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IRRƎVƎRSIBLƎ OU IRREƎGARDABLƎ?

Une question à laquelle je vous laisse la réponse, car IRRƎVƎRSIBLƎ est un film que l'on aime ou pas, et puis si les abrutis qui se sont arrêtés aux scènes de violence et n'ont pas fini le film mais se permettent quand même de venir le critiquer ont le don de me gonfler, ne pas supporter de voir ce film est une réaction tout à fait normale, pour ma part je le revois souvent avec plaisir systématiquement, maintenant, si vous avez pris la peine de lire jusqu'ici, je vous en remercie et je vous remercierai encore plus si vous me disiez ce que vous pensez de cet article, si j'ai réussi à vous faire changer d'avis et si ce n'est pas le cas, on peut toujours en parler en commentaires :p

-Ze Ring-

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