23 novembre 2012

SUSPIRIA

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RÉALISÉ PAR | DARIO ARGENTO.
ÉCRIT PAR | DARIO ARGENTO, DARIA NICOLODI A PARTIR DE L'OEUVRE DE THOMAS DE QUINCEY.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | GOBLIN.

JESSICA HARPER | Suzy Benner.
ALIDA VALLI | Miss Tanner.
STEFANIA CASINI | Sara.

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Inutile de passer par quatre chemins : SUSPIRIA est ce que l'horreur européenne a produit de mieux. Il est pourtant rare qu'un film soit authentiquement parfait, mais avec SUSPIRIA, nous tenons véritablement une petite perfection, un chef d'oeuvre qui n'a d'égal dans le genre que les oeuvres les plus exceptionnelles qui l'ont façonné... SUSPIRIA se range dès les premiers instants dans les meilleurs films d'horreurs jamais faits, ce qui est d'autant plus éloquent lorsqu'on sait que c'est un genre qui a été le terrain de prédilection de nombreux auteurs talentueux l'ayant utilisé pour y poursuivre expérimentations visuelles et narratives et avancées cinématographiques... Parmi ceux-ci, on compte bien évidemment John Carpenter, George A. Romero, Lucio Fulci, mais aussi et surtout Dario Argento, pionnier du cinéma d'horreur italien, qui inventa tout avant tout le monde et façonna presque à lui seul l'horreur telle qu'on la connaît aujourd'hui. Et si la fin de carrière du monsieur est loin d'être aussi magnifique (c'est le cas de le dire), il est bon de se rappeler qu'il maestro a révolutionné au moins par trois fois le cinéma d'horreur contemporain : une fois avec PROFONDO ROSSO, une autre avec INFERNO, et pour finir, et pas des moindres, avec ce qui est à son jour son chef d'oeuvre absolu (et c'est pas prêt de changer) : SUSPIRIA.

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Dès les premières minutes du film, il devient très clair que nous sommes face à une oeuvre qui atteint un niveau de perfection visuelle et auditive que rarement une oeuvre d'art a atteint avant. Ce n'est en rien éxagérer que de dire que SUSPIRIA est certainement l'un des plus beaux films jamais réalisés, tant chaque plan est une preuve supplémentaire du soin visuel incroyable apporté au film dans sa globalité... Impossible de ne pas voir l'influence du baroque et du maniérisme, mais Argento pousse ses influences tellement loin et tellement fort qu'il les détourne pour finalement rendre la grandiloquence et l'exubérance encore plus grandiloquente et exubérante qu'auparavant... Tout respire l'artifice dans ce film, pour notre plus grand plaisir, tant chaque plan, par ses éclairages rouges-bleus-verts complètement surréalistes, ses décors démesurés, colorés et imposants, ou même par le mouvement de caméra délirant qui le constitue, s'avère être un plaisir visuel d'une grande intensité. Vous l'aurez compris, la grande force de SUSPIRIA, c'est avant tout ses visuels, tous plus magnifiques les uns que les autres, tous prouvant encore plus à chaque instant la maîtrise incomparable d'un grand réalisateur au sommet de son art. Celui-ci, d'ailleurs, n'oublie jamais une seconde que des visuels ne suffisent jamais à faire un film, aussi beaux soient-ils, et se rappelle constamment de les utiliser dans un but précis, c'est-à-dire constituer une ambiance superbe, tantôt angoissante, tantôt onirique et poétique mais toujours surréaliste au possible. Dans SUSPIRIA, l'ambiance est étouffante, mais paradoxalement, chaque nouvel effet de lumière, chaque nouveau décor, constitue une bouchée d'air frais. En effet, SUSPIRIA est avant toute chose une oeuvre novatrice, qui réinvente constamment le genre par son visuel et redéfinit les standards qui le constitue toutes les dix secondes. Pour preuve, après 1977, seuls les très grands maîtres, tels que Carpenter (et encore), parviendront à se défaire de l'influence inévitable de la pièce maîtresse d'Argento, qui, avant d'être une expérience sensorielle incroyable, s'avère surtout être une leçon de cinéma d'une importance qui peut constamment être mesurée. Il n'y a qu'a voir les oeuvres, pourtant très récentes, de l'excellent James Wan (en particulier DEAD SILENCE) pour se convaincre que SUSPIRIA est une oeuvre capitale, sans laquelle le cinéma contemporain ne serait sans doute pas le même et dont l'influence peut encore être mesurée aujourd'hui.

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Malgré cette influence, SUSPIRIA, dans son domaine, reste quasiment insurpassée. La raison est simple et explique également pourquoi Argento n'a jamais retrouvé le même niveau de génie par la suite, c'est parce qu'il a versé dans ce film tout son génie et tout son savoir faire. Le résultat est puissant : SUSPIRIA se range tout simplement dans les films à l'atmosphère la plus géniale. Celle-ci remue les sens, et ceci n'englobe pas seulement la vue mais aussi (et plus particulièrement) l'ouïe, mise à l'épreuve maintes fois pendant les 90 minutes de bobine mais se régale également constamment. Au-delà de la sublime bande-son des Goblin, que tout le monde connaît déja probablement par coeur, il y a dans SUSPIRIA un véritable travail sur le son, constamment surprenant mais surtout dérangeant et effrayant, qui s'avère d'autant plus efficace qu'il est perpétuellement en symbiose avec les visuels du film. C'est le principal aspect de SUSPIRIA qui en fait une des oeuvres les plus effrayantes de tous les temps : chaque scène de flippe s'avère en effet d'autant plus tétanisante que l'intelligence des visuels est souvent renforcée par une musique complètement surréaliste aux élans de barbarie et de terreur incroyables... Le tout s'avère une fois de plus d'autant plus efficace qu'il est doublé par la maîtrise du suspense incroyable d'Argento, qui, à ce niveau, s'inspire comme à son habitude du meilleur (à savoir Hitchcock, dont l'influence sur le cinéma d'horreur italien n'est plus à prouver.) pour produire le meilleur... A ce titre, il y a dans SUSPIRIA plusieurs des scènes les plus tendues et les plus tétanisantes qu'il m'ait été donné de voir. Celles-ci le sont encore plus une fois que l'on en arrive à la crystallisation de toutes les peurs accumulées pendant le film : cela donne lieu a l'un des climax les plus intenses et les plus flippants vus dans un film d'horreur, d'autant plus fort qu'il atteint un sommet d'inventivité incroyable et finit de faire définitivement de SUSPIRIA une oeuvre universelle.

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En effet, aussi artificielle soit elle, la mise en scène de SUSPIRIA va bien au-dela de la vacuité et de la prétention que l'on pourrait facilement lui attribuer. Réalisateur maniériste en soi, Argento en fait constamment des tonnes certes mais toujours dans une optique précise, et ici, son traitement grandiloquent de son histoire s'inscrit dans une méthode de traitement très précise de l'histoire. En effet, Argento détourne habilement cette histoire, typique des conte de fées classiques (impossible de ne pas voir en la très mignonne Jessica Harper une représentation moderne de la fée), en l'inscrivant dès le départ dans une esthétique surréaliste et étrange. Ce n'est pas un hasard si cette esthétique ne quitte jamais les murs de l'école de danse ou se passe la majorité du film, mais bien parce que celle-ci est le berceau de toute cette magie propre aux contes de fées... Dès lors qu'on entre dans les murs de cet endroit maudit, SUSPIRIA prend une portée universelle, dans la mesure ou par son traitement surprenant du conte de fée traditionnel, il touchera tout le monde et restera dans la mémoire de tous... Dès lors que les sorcières oublient leurs pommes empoisonnées et décident d'employer des cadavres pour faire leur basse besogne, vous savez que vous êtes en train de regarder un conte de fée d'un genre nouveau. C'est une vision macabre d'oeuvres traditionnelles, qui, si elle laisse de la place à l'innocence et a la beauté (en témoigne son actrice principale), n'a aucune limite morale. Ici, la violence est tout aussi inventive qu'elle est atroce, et les personnages sont constamment sujet à un sadisme effrayant, qui en plus d'être inattendu, n'est pas toujours la ou on le croit et dépasse très largement les scènes de meurtre qui font le coeur de tout film d'horreur...

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La ou SUSPIRIA inspire le respect, c'est également dans sa narration. Celle-ci est exceptionnelle dans la mesure ou l'histoire ne fait qu'un avec le reste du film. Les dialogues sont ici secondaires : c'est par la mise en scène et les visuels qu'Argento raconte son histoire, d'une simplicité exemplaire qui nécessitait un tel traitement pour demeurer intriguante. Il est à ce titre assez surprenant de constater que la narration est aussi maitrisée que la mise en scène, et en laissant cette dernière s'occuper de la majeure partie de l'histoire à elle toute seule, Argento laisse paradoxalement une encore plus grande place à l'intrigue. Cette banale histoire de sorcières préserve alors un sens du mystère exceptionnel et est intriguante du début à la fin... Si ce serait mentir que de dire qu'elle reste toujours imprévisible, tant les visuels sont évocateurs, et ce dès le début, de ce que l'on va voir, l'histoire de ce SUSPIRIA reste prenante et immersive, et demeure suffisamment intriguante pour garder le spectateur sur les nerfs pendant une heure et demi. Le tout est d'autant plus exceptionnel que les réponses souhaitées ne sont jamais réellement apportées, pour notre plus grand plaisir, tant cela laisse de place à l'interprétation et à l'imagination, qui ici joue également un rôle important dans la réception de la peur. En effet, ce qui fait de SUSPIRIA un film si terrifiant, c'est que la peur y est constamment invisible : on ne sait jamais d'ou elle va sortir, ni quand, ni comment, et rien ne peut être prévu. La démarche est d'autant plus prodigieuse qu'elle fonctionne pendant l'intégralité du film et gagne même en intensité au fur et à mesure que celui-ci avance. SUSPIRIA est terrifiant, et cela se voit sur le visage des actrices, qui n'y vont pas de main morte et se donnent corps et âme a leurs performances, et apportent un dernier atout de taille à ce qui est l'un des plus grands films des années 70.

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SUSPIRIA est un film exceptionnel, mais c'est également, et surtout, un film d'une importante majeure qui a réinventé de bout en bout un genre alors à son apogée et qui continue d'influencer de nombreux cinéastes, encore aujourd'hui. En même temps, qu'y a t-il d'étonnant, face à cette démonstration de maîtrise et de beauté visuelle? SUSPIRIA est une oeuvre aussi novatrice et originale qu'elle est magnifique pour la vue et l'ouïe, et en plus, elle se range très facilement parmi les films les plus terrifiants jamais réalisés. Au-delà de l'investissement évident de Dario Argento dans ce film, on sent aussi un véritable génie dans la création d'ambiance et dans la narration. Toutes deux sont exceptionnelles et reposent constamment l'une sur l'autre, menant à une symbiose incroyable entre ce qui est vu et ce qui est raconté, qui se confondent aussi pour renforcer l'immersion auprès du spectateur, le prendre encore plus au dépourvu et lui envoyer un uppercut a travers la tronche d'autant plus fort qu'il est alors bien plus terrifiant et puissant. SUSPIRIA est une oeuvre majeure, autant d'un point de vue historique qu'artistique. C'est un chef d'oeuvre que seuls les très grands maîtres de l'horreur peuvent se vanter d'avoir surpassé, et encore. C'est le chef d'oeuvre de Dario Argento, c'est indiscutable, et si vous êtes encore la à lire cette critique, c'est que vous n'avez rien compris... Si vous n'avez jamais vu SUSPIRIA, vous n'avez rien vu.

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-ZE RING-

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28 septembre 2011

INFERNO

INFERNO-DVD

RÉALISÉ PAR| DARIO ARGENTO.
ÉCRIT PAR | DARIO ARGENTO.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | KEITH EMERSON.

LEIGH McCLOSKEY | Mark Elliot.
IRENE MIRACLE | Rose Elliot.
ELEONORA GIORGI | Sara.
DARIA NICOLODI | Elise Stallone Van Adler.
SASHA PITOËFF | Kazanian.
ALIDA VALLI | Carol.
VERONICA LAZAR | L'infirmière.

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Difficile d'aborder un film tel qu'INFERNO... 7ème film de Dario Argento, qui vit à l'époque son age d'or puisque ses deux derniers films, les chefs d'oeuvres LES FRISSONS DE L'ANGOISSE et SUSPIRIA ont connu un franc succès. Fort du succès de ces deux grands films, Argento peut alors se lancer sur le deuxième segment de sa Trilogie des Trois Mères, trilogie qui pour rappel est constitué du magnifique SUSPIRIA, du tout pourri LA TROISIEME MERE et du film qui nous intéresse aujourd'hui : INFERNO, film a la limite de l'abstrait et du surréalisme, une des oeuvres les plus atypiques de son auteur, qui ici pousse la beauté visuelle de son cinéma a son paroxysme en dépit du scénario dénué de toute logique et sujet à de mineures imperfections. Pourtant, malgré cette absence de logique et de cohérence (inhérente au cinéma de Dario Argento depuis SUSPIRIA.), Argento signe ce qui figure certainement parmi ses plus grands films et signe une fois de plus un pur chef d'oeuvre de l'horreur. Une oeuvre révolutionnaire du cinéma de genre dont l'influence se fait ressentir autant dans le cinéma d'aujourd'hui (le très bon DEAD SILENCE de James Wan, entièrement basé sur des idées issues des FRISSONS DE L'ANGOISSE et d'INFERNO, d'ailleurs même en termes de mise en scène, Wan ne s'est jamais caché s'être inspiré d'Argento.) que dans le cinéma plus ancien (Fulci à en effet emprunté beaucoup à l'ambiance d'INFERNO pour réaliser L'AU-DELA mais également pour L'EVENTREUR DE NEW YORK dont les éclairages sont tout droit tirés d'un film d'Argento.)... Alors, INFERNO, grosso modo, qu'en est-il?

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Inutile de tourner autour du pot : INFERNO est l'un des plus beaux films de tous les temps, et cela se ressent dès les premières secondes. En effet, la petite introduction du film bénéficie d'entrée de jeu d'un soin esthétique incroyable (le plan ci-dessus est le premier plan du film.), la photographie étant d'une rare beauté et l'agencement des éclairages étant ici carrément parfaits... Dès le départ, Argento installe une ambiance incroyable, aidé par son pote Keith Emerson qui livre ici une composition absolument sublime, changeant souvent de tonalité au fur et a mesure que le film avance, en effet, comme c'est souvent le cas chez Dario Argento, aucun morceau de la bande-son ne se ressemble, certains sont même carrément antinomiques! Pourtant le tout s'intègre merveilleusement aux images et soutient avec brio l'atmosphère et l'ambiance, onirique et étrange, chargée d'une dimension malsaine et résolument inquiétante, que les dialogues viennent renforcer lorsqu'ils font mention d'odeur... Argento à tout compris et en 3 minutes installe l'ambiance de son film, cette même atmosphère qui vous chope à la gorge et qui ne vous lache pas pendant 1h40 de métrage, 1h40 très étrange et singulière que ce soit dit! Singulière, d'une part parce que vous n'avez rien vu de tel, en effet, passées les premières minutes, le spectateur est submergé par des éclairages de folie et une ambiance sonore au poil, d'autre part parce qu'il s'agit très certainement d'un des films d'horreur les plus difficiles à saisir de l'histoire du cinéma. Il n'y a en effet dans INFERNO pas de fil conducteur, l'histoire est résumée en début de film et s'étend pendant tout le film sur des tueries toutes inventives et flippantes. Argento signe un film à la limite de l'abstrait et s'il y a bien une histoire pour justifier l'existence de ce INFERNO, soyons clair, ce n'est pas ce qui nous intéresse ici et comment peut-elle être notre principale préoccupation lorsque nous sommes submergés par tant de beauté visuelle, d'éclairages somptueux donnant une atmosphère toute particulière à des décors qui renvoient inéluctablement au baroque? INFERNO est, je le répète, un des films les plus beaux jamais faits et s'impose également comme l'un des films les plus atmosphériques de l'histoire du cinéma, dont l'onirisme n'a rien à envier à celui d'un Fulci et qui vous envoutera à coup sur!

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Tout ce soin visuel est magnifié par la mise en scène virtuose de Dario Argento, qui ici n'a besoin que de sa caméra pour installer un climat de tension et de peur et une certaine forme de suspense. Toujours sous l'influence d'Alfred Hitchcock (comme la plupart des réalisateurs de cinéma de genre de sa génération.), Argento fait avancer lentement chacune de ses scènes, fait monter la tension et le suspense petit à petit, prend son temps pour arriver à la conclusion de chaque instant du film, en témoigne cette scène sous-marine, monument de suspense ou les éclairages étranges et une ambiance sonore sont de véritables objets de mise en scène, visant à faire monter la tension lentement mais surement pour la faire exploser de la façon la plus inattendue possible... A plusieurs reprises, le spectateur est surpris à se retrouver littéralement cloué à son fauteuil lors de moment de suspense incroyables qui se soldent généralement sur des meurtres dont l'intensité de la violence cartoonesque n'égale que l'inventivité. Les mains d'Argento sont ici les mains du tueur, et contrairement aux autres films du bonhomme, ces mains ne sont pas capables de manier que des couteaux... En témoigne cette scène complètement timbrée ou le mystérieux tueur se sert d'une vitre comme d'une guillotine pour assassiner un des personnages principaux, ces mêmes personnages qui dans des scènes bien craspec sont sacrifiés à un rythme déconcertant d'une manière qui n'est pas sans rappeler le PSYCHOSE d'Hitchcock... En effet, tout comme dans le chef d'oeuvre du maitre Hitchcock, Argento manipule le spectateur et fait passer le rang de personnage principal d'un personnage à un autre à plusieurs reprises en milieu de film. Argento va même jusqu'a sacrifier la présumée héroïne principale au bout de 30 minutes, la ou tout indiquait qu'elle survivrait... Tout comme Hitchcock avec PSYCHOSE, Argento s'amuse avec INFERNO à déconstruire les codes du cinéma de genre, tout en révolutionnant ce même cinéma comme peu de gens l'ont fait...

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Malheureusement si Argento livre une mise en scène exemplaire et maitrise son film du point de vue strictement visuel, on ne peut pas en dire autant du scénario du film... Loin d'être mauvais, il est très bon mais souffre de dures lacunes, notamment une longueur en milieu de film qui brise légèrement le rythme du film, et puis il est clair que l'aspect surréaliste et abstrait jusqu'au boutiste de l'oeuvre d'Argento ne plaira pas à tout le monde. Tout semble en effet injustifié, l'histoire en elle-même ne semble être qu'une excuse pour se permettre des expériences visuelles et des meurtres tous plus fous les uns que les autres... L'histoire n'est que peu développée, par désir de créer l'ambiguité et le doute ou tout simplement parce qu'Argento se préoccupait davantage de l'aspect plastique de son petit bijou? En soit, peu importe, ce qui est sur c'est que beaucoup seront déstabilisés, et très vite, par INFERNO tant son aspect jusqu'au boutiste à a la fois tout pour plaire et tout pour ne pas plaire. C'est la le majeur défaut d'INFERNO, qui n'en est toutefois pas un pour moi mais qu'il est nécessaire d'aborder sous peine de me faire taper virtuellement par une bande de lecteurs enragés!! :-D A cette lacune se rajoutent d'autres lacunes moins sévères et inhérentes au cinéma de genre italien de l'époque.... Je pense bien évidemment aux acteurs. En effet, si Daria Nicolodi et Irene Miracle livrent des prestations auxquelles il est difficile de reprocher quoi que ce soit (même s'il n'y a toutefois rien de transcendant), celle de Leigh McCloskey est loin d'être géniale et d'autres acteurs plus secondaires ne brillent pas par leur performance...

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Mais en soit peu importe. Ces quelques défauts ne viennent jamais entacher la beauté visuelle d'INFERNO, ou la mise en scène incroyable de Dario Argento, et si une vilaine longueur vient briser le rythme en milieu de film, ce n'est que pour que ce dernier s'accélère violemment dans sa dernière demi-heure. Le seul véritable problème se posera pour ceux qui n'adhèreront pas au côté jusqu'au boutiste de l'oeuvre d'Argento, mais une chose est sure : c'est une oeuvre à découvrir, un film injustement méconnu qui s'il n'égale pas SUSPIRIA mériterait tout de même une édition DVD française accessible à tout le monde (notamment d'un point de vue financier.)... Pour ceux qui comprennent l'anglais sachez que les éditions Blue Underground et Arrow coutent moins cher que le Blu-Ray Wild Side et sont de très bonne qualité également, en témoigne mes screens, tirés du DVD de Blue Underground... Quoiqu'il en soit, INFERNO reste une oeuvre à découvrir tant c'est un film d'horreur singulier et unique en son genre... Un chef d'oeuvre? Peut-être pas, mais on est pas loin.

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-ZE RING-

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25 septembre 2011

ZOMBI 2

ZOMBI2 JAQ

L'ENFER DES ZOMBIES A.K.A ZOMBI 2 A.K.A ZOMBIE FLESH EATERS A.K.A ISLAND OF THE LIVING DEAD A.K.A ZOMBIE

RÉALISÉ PAR | LUCIO FULCI.
ÉCRIT PAR | ELISA BRIGANTI ET DARDANO SACCHETTI.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | FABIO FRIZZI.

TISA FARROW | Anne Bowles.
IAN McCULLOCH | Peter West.
RICHARD JOHNSON | Dr. David Menard.
AL CLIVER | Brian Hull.
AURETTA GAY | Susan Barrett.
STEFANIA D'AMARIO | L'assistante de Menard.
OLGA KARLATOS | Paola Menard.

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Le plus beau zombie de l'histoire du cinéma?


ATTENTION, ÂMES SENSIBLES!

Bon avant de commencer à parler de ce qui nous intéresse ici, je tiens à dire deux choses. premièrement, L'ENFER DES ZOMBIES est bien connu pour son côté gore outrancier (qui lui a valu le rang de Video Nasty en Angleterre.). En gros, âmes sensibles, grands-mères, enfants et auteuristes intellos, il est mieux que vous ne voyez pas ce film et donc que vous ne perdiez pas de temps à lire cette critique. La deuxième chose, et je m'en excuse profondément, c'est que je ne serai pas capable de vous fournir pour cet article en images de qualité pour la bonne et simple raison que mon DVD ne fonctionne pas sur mon ordinateur! C'est le risque des occasions, mais je me dis qu'heureusement que ma PS3 fait abstraction des rayures géantes se trouvant dessus... Pour en revenir à L'ENFER DES ZOMBIES, c'est un film important, pour une raison simple : il a apporté la gloire a Lucio Fulci, grand réalisateur qu'une bande de critiques visiblement abrutis n'a cessé de descendre durant ses années actives et qui avant ce premier film de zombies s'était imposé comme un grand nom du cinéma d'exploitation italien avec des oeuvres comme LA LONGUE NUIT DE L'EXORCISME, BEATRICE CENCI, LE VENIN DE LA PEUR, L'EMMURÉE VIVANTE et même un western assez étrange, LES 4 DE L'APOCALYPSE, toutes des oeuvres que l'on peut aisément qualifier de hardcore (les deux premiers que j'ai cité sont méchamment subversifs, le spaghetti de Fulci est vraiment bizarre et les deux autres sont graphiquement loin d'être piqués des vers). Malgré tout, aussi hardcore soient-elles les premières oeuvres du grand Fulci ne sont rien en regard de L'ENFER DES ZOMBIES, première incursion du maître dans le gore qui tache outrancier et dans le genre qui lui à apporté sa renommée internationale : le film de zombies.

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En effet, si ses gialli et ses westerns lui ont valu des critiques horriblement négatives, L'ENFER DES ZOMBIES à carrément permis aux oeuvres de Fulci de se diffuser dans le monde. Premier grand succès de Fulci, c'est aussi son premier film d'horreur, genre qu'il n'affectionnait pas particulièrement et qu'il aborda avec L'ENFER DES ZOMBIES pour la première fois par pur besoin financier (ce qui n'est pas étonnant au vu du personnage.), L'ENFER DES ZOMBIES est également bien connu pour son titre original : ZOMBI 2, collé au film par des producteurs peu scrupuleux pour surfer sur le succès du chef d'oeuvre de George A. Romero, ZOMBIE... C'est donc avec soulagement et bonheur qu'on se rend compte que L'ENFER DES ZOMBIES n'a rien à voir avec le film de Romero, en effet en jetant à la poubelle toute forme de propos politique ainsi que tout le côté visionnaire qui caractérisent l'oeuvre de Romero, et surtout en adoptant un univers visuel à l'opposé de celui de ZOMBIE, Fulci peut se permettre de faire un pur film d'horreur hardcore, et force de constater que de ce point de vue L'ENFER DES ZOMBIES est une grande réussite, véritable chef d'oeuvre qui avec FRAYEURS à définitivement imposé Fulci comme l'un des plus grands cinéastes de genre italiens de sa génération aux Etats-Unis mais également en France... Inutile de vous attendre ici à un rip-off de DAWN OF THE DEAD, car vous seriez surpris... L'ENFER DES ZOMBIES est un film à ambiance, une oeuvre organique, oppressante et sanglante mais c'est également une des oeuvres les plus abouties techniquement de Fulci.

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C'est d'ailleurs sans doute une des premières choses qui frappent dans ce cru de Fulci. Ce dernier fait preuve d'une maitrise technique absolument incroyable et livre des plans absolument magnifiques (comme ce plan mythique final sur New York envahi par les zombies que tout le monde connait sans doute déja.) mais surtout fait preuve de talents de mise en scène sidérants, mieux, la mise en scène du maitre du gore permet même d'installer un suspense juste mortel, faisant de L'ENFER DES ZOMBIES une de ses oeuvres les plus tendues (avec L'EMMURÉE VIVANTE). Fulci marie à ce suspense des scènes gorissimes toutes plus loufoques les unes que les autres, que ce soit l'énucléation mythique d'Olga Karlatos (Miss KEOMA) qui à valu au film de se faire interdire au Royaume-Uni ou encore cette baston légendaire entre un zombie et un... REQUIN, toutes restent dans les mémoires de par leur côté outrancier mais s'avèrent surtout être des monuments de tension qui aboutissent systématiquement sur des explosions de gore toujours bien craspec. L'ENFER DES ZOMBIES, racoleur? Carrément oui, mais en soit peu importe, il me semble que ZOMBI 2 est avant tout un film d'exploitation qui à pour but d'exploiter un filon, chose que Fulci réussit mais sans oublier de donner une dimension artistique à son bébé, ainsi si à chaque instant L'ENFER DES ZOMBIES tombe dans la pure exploitation notamment en raison de scènes qui bien que géniales et jouissives n'ont rien à foutre la (la baston entre le zombie et le requin, faut être honnête, ça sert à rien), ce côté vendeur est en permanence contrasté par un univers visuel incroyable, jetant le spectateur dans l'ambiance humide, putride, oppressante et inquiétante de la jungle ou Fulci développe son oeuvre, cette même jungle d'ou sortent des zombies carrément flippants, à l'opposé direct des morts-vivants bleus de Romero... Ici ils sont tous à l'état de décomposition, rongés par les vers et apparaissent davantage comme des fantômes que comme de véritables morts-vivants (à ce titre il y a dans ZOMBI 2 mon zombie préféré... Celui de la bannière.). Les maquillages, absolument incroyables, font de ces zombies de véritables abominations ambulantes et inquiétantes, et la mise en scène de Fulci les magnifie à chaque instant... Chaque zombie de cette merveille du bis ont droit à leur moment de gloire et chaque apparition de ces derniers est un pur plaisir cinéphile!

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Mais ce que l'on retiendra avant tout dans L'ENFER DES ZOMBIES, c'est son ambiance sublimissime. Fulci délaisse le côté grandiloquent presque baroque de ses anciens films ainsi que ses éclairages de folie et remplace cet aspect par l'humidité et la crasse de l'ile de Matul et de sa jungle... Tout y est visqueux, végétal et le soin particulier que Fulci accorde à l'ambiance de son long-métrage fait de la jungle un véritable personnage à part, un personnage vivant mais qui paradoxalement confère une ambiance mortifère à cet objet insolite qu'est L'ENFER DES ZOMBIES... Tout participe à donner au décor du film une véritable dimension unique, que ce soit les éclairages (impeccables au passage) ou la caméra de Fulci, tout participe à donner vie à ce décor étrange qui lui-même donne un cachet carrément unique et, que ce soit dit, incroyable, à L'ENFER DES ZOMBIES, à cela se rajoute la partition carrément mortelle du dieu de la musique du genre italien de l'époque, j'ai nommé Fabio Frizzi dont la bande-son, composée avec brio, aide beaucoup à rendre ZOMBI 2 encore plus glauque qu'il ne l'est déja! Fulci, qui est à l'époque au sommet de son talent, se sert à chaque instant de l'ambiance glauque de son film pour tétaniser le spectateur et le clouer à son siège avec des mouvements de caméra et des plans absolument incroyables, il fait preuve d'une maitrise technique qui se marie avec brio avec le scénario concocté par Dardano Sacchetti et Elisa Briganti.

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En effet, si ce dernier n'est pas démuni de défaut, notamment une légère longueur en début de film et des dialogues pas toujours géniaux, il est indéniable que sa structure permet à L'ENFER DES ZOMBIES de bénéficier d'un très bon rythme, qui sans être mou n'est pas nécessairement endiablé, Sacchetti et Briganti trouvent ici un équilibre parfait et parviennent à faire de L'ENFER DES ZOMBIES un divertissement qui se suit tranquillement mais qui ne perdra personne par un rythme trop fort... En effet, ceux qui seront perdus par le film seront ceux qui n'arriveront pas à adhérer au côté outrancier du film ou ceux qui n'arriveront pas à aller au-dela des prestations moisies des acteurs du film... En effet, soyons clair, c'est ici le seul réel point noir du film : les acteurs sont vraiment pourris, mais en soit, comment être surpris? Fulci n'a jamais accordé de soin particulier à ses acteurs et se concentrait sur ce qui l'intéréssait : la mise en scène, et ici on peut dire qu'il à carrément réussi son coup... L'ENFER DES ZOMBIES est un film impeccable techniquement qui sans être original ou inventif scénaristiquement réussit toutefois le pari d'intriguer et d'intéresser nimporte quel spectateur, à condition qu'il adhère, car comme d'habitude avec Fulci, on aime ou on aime pas...

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En conclusion, L'ENFER DES ZOMBIES est un vrai chef d'oeuvre, une des plus belles réussites du maitre du macabre. Lucio Fulci réussit ici le pari difficile de s'éloigner de ZOMBIE de Romero, auquel son film est pourtant fortement rattaché par un titre moisi, et réussit à se détacher de son univers visuel habituel pour en trouver un autre tout aussi réussi et qu'il exploite avec brio... On retrouve comme d'habitude l'onirisme et l'érotisme de ses films mais pour la première fois on retrouve sa trademark qui à fait son succès, le gore qui tache, qui confère à ce ZOMBI 2 un aspect jouissif indéniable faisant de ce film un indispensable du bis et certainement le meilleur film de la Trilogie des morts-vivants de Fulci en plus d'être un des meilleurs films de ce dernier... L'ENFER DES ZOMBIES, un chef d'oeuvre? FUCK YEAH!

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-ZE RING-

ZO7

13 juin 2011

TETSUO

TETSUO1
RÉALISÉ PAR
|
SHINYA TSUKAMOTO
ÉCRIT PAR | SHINYA TSUKAMOTO
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | CHU ISHIKAWA

TOMOROWO TAGUCHI | Le salarié
KEI FUJIWARA | Petite amie du salarié
NOBU KANAOKA | Femme dans le métro
SHINYA TSUKAMOTO | Le fétichiste du métal

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ATTENTION FILM EXTRÊME!

Regarder TETSUO, c'est un peu foutre sa tête dans un sèche-linge pendant 65 minutes. On en ressort pas entier, qu'on ait aimé ou pas, car soyons clair, TETSUO est un film qui échappe à toute analyse critique objective, la subjectivité est ici de mise. Inutile de dire que comme je suis le plus gros timbré de la planète, TETSUO à été pour moi un véritable coup de coeur, une véritable révélation et un pur choc de cinéphile qui fait qu'a ce jour il rejoint mes films préférés et ce n'est même pas le meilleur film de son auteur. Et oui, car le réalisateur de cet ovni injustement méconnu est un très grand réalisateur, un véritable auteur puisque non content de réaliser ses films, il les écrit, les produit et les interprète, et parfois ça ne s'arrête pas la... TETSUO est donc un pur film d'auteur, en déplaise à tous les branleurs pour qui une oeuvre d'auteur est un film avec Mathieu Amalric et du café, et l'auteur de ce film n'est ni plus ni moins que le meilleur réalisateur japonais de films de genre à ce jour, j'ai nommé, le géant Shinya Tsukamoto. Cinéaste à influences, c'est aussi un cinéaste qui ne plaira pas à tout le monde de par ses films en eux-même premièrement, mais aussi de par vision du monde, nihiliste en bien des points. La philosophie de Tsukamoto est simple : à ses yeux, l'homme est écrasé par l'environnement urbain dans lequel il vit. En conséquence, il perd toute sentation physique, toute vie, et cette vie, il ne peut la récupérer qu'au travers de la douleur et de la mort, et accessoirement, du mal. Chaque film de Tsukamoto se concentre autour d'un objet ou d'un sujet particulier, cet objet est généralement l'objet qui permet au personnage principal du film (généralement un salarié.) de revivre, dans Bullet Ballet, c'est un flingue, dans Tokyo Fist, c'est la boxe, dans TETSUO, c'est le métal. C'est dans le but de délivrer un morceau de cette philosophie de vie obsessionnelle (puisqu'on la retrouve dans tous ses films, à l'exception de Hiruko the Gobelin et Gemini.) que Tsukamoto réalise son premier long-métrage, TETSUO. TETSUO, qu'en est-il? Tout pourri? Génial? Chef d'oeuvre? Comme je le disais, la subjectivité est de mise ici, alors vous pouvez vous en douter, pour moi TETSUO est un véritable chef d'oeuvre.

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Soyons réalistes, tout le monde n'aimera pas TETSUO. Mais c'est un film qu'il faut voir dans le but de se faire une opinion : la raison est simple, c'est un film absolument unique, se priver d'un tel film c'est se priver de la possibilité de voir un des films les plus marquants de l'histoire. Et oui, car malgré l'objectivité qu'il est impossible d'avoir en parlant de ce film, il faut quand même reconnaitre plusieurs choses : c'est une date dans l'histoire du cinéma, premièrement car c'est le premier film majeur d'un des cinéastes japonais les plus importants actuellement, deuxièmement car c'est un des films les plus importants de sa catégorie (j'y reviendrai.), troisièmement parce que TETSUO marque le relancement de l'industrie cinématographique japonaise, le film étant sorti pendant une époque de vache maigre ou plus rien ne se faisait... Heureusement, en 89, il y a eu le Violent Cop de Kitano mais surtout cet immense TETSUO, long-métrage qui tire ses inspirations de La mouche (tout le monde l'avait sans doute deviné avant que je le dise.) mais surtout d'Eraserhead de David Lynch... Je parlais de TETSUO comme d'un des films les plus importants de sa catégorie, je voulais bien évidemment parler du cinéma abstrait. Empruntant beaucoup à Eraserhead de par son univers visuel et sonore mais aussi par son côté abstrait, TETSUO trouve toutefois son identité propre de par son univers et sa mythologie (étendus dans TETSUO II) mais surtout de par le fait qu'il est mille fois plus barges qu'Eraserhead! Pour vous donner une idée, la première scène du film montre Shinya Tsukamoto en train de s'ouvrir la jambe, dans le but d'insérer une tige de métal à l'intérieur... Ellipse, gros plan sur la plaie qui grouille d'asticots. C'est la première scène, et c'est comme ça tout le temps. Par la suite, le personnage principal, lors d'une hallucination, se fera enculer par une gonzesse avec un tuyau, puis perdra sa bite lorsque celle-ci sera remplacée par une perçeuse... Bref, TETSUO c'est un film complètement barge, qui ne s'arrête jamais dans sa folie, au passage en parlant de s'arrêter, c'est un terme qui ne s'applique pas à ce film dans la mesure ou c'est certainement le film le plus infernalement rythmé qu'il m'ait été donné de voir. Le film ne dure qu'1h05, mais dès le début, tout va vite, tout s'enchaine a une vitesse démesurée, à l'image de ces passages tournés en image par image soutenus par une musique ultra-bourrine d'un Chu Ishikawa complètement fou qui font de ces moments (presque la moitié du film) des véritables moments de jouïssance cinématographique! C'est simple : je n'avais jamais vu un film aussi transgressif avant et c'est pas demain la veille que j'en reverrai un comme ça.

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Pourtant aussi transgressif soit-il, TETSUO délivre un message, qui ne fera pas l'unanimité certes, mais très intéréssant et livré avec une intelligence sans pareille. Car TETSUO est un film presque muet, il n'y a que peu de répliques et la majorité des choses sont exprimées par la mise en scène de Tsukamoto, très particulière et qui ferait presque passer un plan à la Gaspar Noé pour un plan à la Takeshi Kitano, la caméra bouge tout le temps et à une vitesse ahurissante, laissant à peine le temps d'entrevoir les détails les plus importants, ce pourquoi TETSUO est un film qui nécessite à la fois de la concentration et de l'attention. C'est donc entièrement par l'image que Tsukamoto exprime la trame scénaristique de son film, qui aussi abstrait soit-il n'est pas dénué d'un scénario doué de sens, seules les dernières répliques, prononcées après une des bastons les plus hystériques et les plus jouissives qu'il m'ait été donné de voir, laissent entrevoir le message que l'auteur de cette oeuvre tente de délivrer, un prodige d'écriture donc, qui ne fonctionnerait cependant pas sans la mise en scène, spéciale certes, mais virtuose et maitrisée de Tsukamoto, rien n'est placé au hasard malgré les mouvements de caméra qui pourrait sembler, eux, très hasardeux. Visuellement, avec les screens que j'ai dégoté et la bande-annonce ci-dessous, je pense que vous pouvez tous témoigner que TETSUO est une véritable réussite, le noir et blanc sied à merveille à cet univers sombre et oppressant, et aide à rendre des effets spéciaux cheap très crédibles et à faire du métal, le sujet central du film, une matière quasi-organique, ce qui n'est pas hasard dans la mesure ou Tsukamoto cherche à rendre ses monstres de métal plus humains et plus vivants que les protagonistes humains et vivants du film. Utilisant à outrance l'image par image pour réaliser l'impossible à l'écran, Tsukamoto livre avec TETSUO une véritable prouesse technique et visuelle, mais encore une fois, ce n'est que mon avis...

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TETSUO brille également de par son ambiance sonore, véritable soutien à l'ambiance visuelle, qui magnifique l'ambiance glauque et oppressante de celle-ci de par des bruitages atroces, une musique de Chu Ishikawa complètement hystérique, bref du point de vue de la forme est une belle réussite, du moins dans la mesure ou l'on parvient à se mettre dans le film et à l'apprécier, car soyons clair, ce n'est pas donné à tout le monde, et c'est la à mes yeux le seul problème : la ou pour d'autres, ce sera le trip abstrait, ultra-violent et hardcore du film, pour d'autres l'ambiance visuelle terrible couplé à une ambiance sonore parfois insoutenable (hiiiiiii la scène du repas), à mes yeux, le problème du chef d'oeuvre TETSUO c'est que c'est un film difficile d'accès qui ennuyera les plus terre-à-terre et qui foutra la tête et le coeur à l'envers des ames les plus sensibles, se méfier donc, car en dehors des mouvements de caméra indescriptibles, TETSUO est aussi difficile de par sa violence graphique poussée et de son aspect sexuel, disons, étrange, qui n'est pas sans rappeler d'ailleurs les déviances d'un Cronenberg. TETSUO, ce sera donc, soit une oeuvre que vous n'aurez plus envie de revoir car elle vous aura définitivement dégouté, soit ce sera une expérience unique d'1h, une oeuvre jouissive, endiablée et nihiliste.

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Du coup, comme il m'est réellement impossible de prédire si oui ou non vous apprécierez cette oeuvre complètement barge, je ne peux que vous inviter à découvrir TETSUO, et pour les moins sceptiques d'entre vous, j'espère que cette critique vous aura donné envie de voir ce chef d'oeuvre du cinéma asiatique, à ce jour un de mes films préférés... Et si c'est pas le cas, alors j'espère que ce trailer complètement barge le fera! Sachez juste que si vous n'avez pas vu TETSUO, alors vous n'avez rien vu!

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ENJOY! (OU PAS)

-ZE RING-

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06 mars 2011

CANNIBAL HOLOCAUST

Cannibal

Réalisé par Ruggero Deodato en 1980.
Ecrit par Gianfranco Clerici.
Avec Robert Kerman, Francesca Ciardi et Perry Pirkanen.
Musique composée par Riz Ortolani.

ATTENTION FILM EXTREME

EXTRAIT DE LA BANDE-SON

Cannibal Holocaust est un film qui à fait couler beaucoup d'encre. En effet, le film à provoqué un véritable scandale, scandale compréhensible ici (savourez ce moment, c'est rarement que je dis un truc comme ça.) puisque Cannibal Holocaust est un film d'une rare violence, certainement l'un des plus violents vus sur un écran, un film qu'il faut montrer à tous les abrutis qui croient que Saw VI est le film le plus gore de l'histoire, mais Cannibal Holocaust c'est aussi un film ou les viols sont légions et ou les meurtres d'animaux sont non simulés...  Une des raisons principales de ce scandale, cette fameuse scène de la tortue, terriblement crade au passage, à fait couler énormément d'encre... Et puis Cannibal Holocaust est l'un des premiers films à avoir été tourné de sorte à ressembler à un documentaire (façon Blair Witch)... Tout à été fait de sorte à ce que les gens croient que tout ce qu'ils voyaient dans le film étaient réel, ainsi Ruggero Deodato demanda à ses acteurs de ne pas se présenter en public pendant un an. Cela fit tellement d'effet qu'il fut obligé de les présenter devant la justice pour prouver qu'ils n'étaient pas morts! Rajoutez à cela le film que Cannibal Holocaust ait, -involontairement sans doute- des airs de film profondément raciste, vous avez le punching-ball cinématographique parfait, toutefois loin de moi l'idée de donner un avis objectif sur ce film : c'est impossible. Certains l'interpréteront comme une critique acerbe de l'humanité, d'autres comme un film profondément raciste, peu importe en soit, ce qui compte c'est le débat et débattre c'est ce que j'attends que vous fassiez, maintenant place à Ze Ring votre critique de cinoche préféré (ou pas) pour une nouvelle critique après trois semaines d'absense!

CH1
Cannibal Holocaust
est un film d'exploitation, en cela le but est d'exploiter un filon. But atteint ici, mais à quel prix? On connait tous les défauts des péloches d'exploitation italiennes pour peu qu'on se soit attardé dessus : les dialogues sont mal torchés et les acteurs sont tous doublés donc forcément ils sont tous pourris et ça se ressent dès le début du film, mais peu importe, car Cannibal Holocaust envoie la couleur dès les premières scènes avec notamment cette fusillade dans la jungle avec des cannibales qui donne un assez bon avant-gout de ce que va être le film : une expérience crade, viscérale, subversive, un pur film de crevard qui en marquera plus d'un par sa violence visuelle poussée jusqu'au boutiste... Ces quelques mots résument plutot bien le film, crado visuellement et extrêmement malsain, enchainant les scènes d'anthologie du cinéma d'horreur (la scène de la tortue et du rat musqué, pour ne citer qu'elles, respectivement de véritables moments d'horreur et de cruauté...) et si les dialogues et les acteurs font un petit peu de la peine, force est de constater que Cannibal Holocaust est un prodige en terme de réalisation, Ruggero Deodato, dont c'est sans doute le seul bon film d'ailleurs, assure ici un max avec sa caméra, capturant des moments d'horreur d'une rare d'intensité, soutenu par la partition parfois malsaine de Riz Ortolani et les effets spéciaux ultra-réalistes d'Aldo Gasparri, tout est fait pour provoquer le malaise et le dégout et il semble que Deodato n'ait pas raté son coup, jamais je n'avais vu un film aussi violent (même si de ce que me disent certaines connaissances cinéphiles, certains films notamment Salo, sont bien pires... JE VEUX!). Malheureusement si la réalisation est sans faille, ce n'est pas le cas du scénario... Car si les dialogues tous pourris peuvent passer, en regard du statut du film, ce n'est pas le cas des "coupures new-yorkaises" entre chaque passage dans la jungle... Véritable erreur scénaristique, ces passages de calme, en plus de provoquer une baisse de rythme importante, font de Cannibal Holocaust une expérience moins viscérale qu'elle n'aurait du l'être. Heureusement? Pour certains oui, pour moi non, je suis de ces gens qui veulent du sang au cinéma, car je pense très clairement que si l'art peut permettre d'exprimer des choses voir d'essayer de pousser à les changer c'est à la violence la plus extrême qu'il faut recourir pour y parvenir, il ne faut faire aucune concession, arrêter de brosser les gens dans le sens du poil et les foutre devant la réalité des choses. Voila juste une parenthèse qui n'a rien à voir avec le film, car Cannibal Holocaust est loin de brosser les gens dans le sens du poil mais ces coupures n'étaient pas nécessaires...

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Heureusement les défauts de Cannibal Holocaust sont compensés, -bien évidemment par cette réalisation sans faille qui fait du film une tuerie absolue-, mais surtout par ce qui est à la fois sa plus grande force et sa plus grande faiblesse : le message subversif qui se trouve derrière le film. Présentant les Occidentaux comme une belle troupe de bad motherfuckers et injectant un message intelligent sur les médias, véritables corbeaux du malheur, rapaces en mal de sensation, adepte du racolage de masse et de l'ultra-violence visuelle (il n'y a qu'a voir le personnage principal laisser son pote se faire émasculer pour pouvoir filmer cette horreur pour s'en convaincre), bad motherfuckers qu'on est au final content de voir subir les pires erreurs tant ce sont de véritables enfoirés, malheureusement la subversion de Cannibal Holocaust trouve très rapidement ses limites puisque c'est aussi une oeuvre particulièrement maladroite, ainsi si le film de Deodato présente les occidentaux comme de gros enculés il offre aussi une vision caricaturale des cannibales, qui au passage font dans le film un petit peu de la peine... Alors, Cannibal Holocaust, film raciste ou pas? A vous de décider, à mon sens il faut être bigleu pour ne pas voir que cette vision caricaturale des tribus cannibales est une pure maladresse, et puis il serait tout de même stupide de ne voir que ça alors que Cannibal Holocaust se démarque de tous les autres films de cannibales par cette vision noire et subversive d'une humanité pourrie, ou les hommes soi-disant civilisés sont les véritables sauvages... Et puis cet article est également l'occasion pour moi de rappeler à tous les abrutis qui le liront de dire que la violence influe sur la société, et que la société influe sur le cinéma et certainement pas l'inverse... En cela Cannibal Holocaust est un reflet plus ou moins exact de notre société, donc bon, tous les abrutis qui crient au scandale dès qu'ils voient un bout de zob et une décapitation dans un film, va falloir vous réveiller la violence ça fait partie de la vie, c'est pas Noé, Fulci, Deodato ou Pasolini qui l'ont inventé...

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Alors, Cannibal Holocaust, conclusion? Comme je l'ai dit il m'est impossible d'être objectif... Alors à mon sens c'est un excellent film... Malheureusement pénalisé par un scénario bancal et des acteurs qui puent du cul. Mais c'est une expérience, même si le film n'est pas à laisser entre tous les mains et qui après plus de 30 ans n'a encore rien perdu de son effet traumatisant... Alors soyons clair, on aimera ou on aimera pas, reste que Cannibal Holocaust est une date importante dans l'histoire du cinéma et un film culte, qu'il faut voir afin de se faire un avis et dépasser tous les préjugés et les apprioris qui font passer Ruggero Deodato pour le diable incarné... On adhèrera ou pas, mais le seul moyen de le savoir c'est de prendre le risque!

-Ze Ring-

03 mars 2011

L'AU-DELA

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Réalisé par Lucio Fulci en 1981.
Ecrit par Lucio Fulci, Dardano Sacchetti et Giorgio Mariuzzo.
Avec Catriona MacColl, David Warbeck et Cinzia Monreale.
Musique composée par Fabio Frizzi.

Extrait de la bande-son du film par Fabio Frizzi, un des seuls mecs à pouvoir rendre un bontempi épique :

Première incursion du cinéma d'exploitation italien sur le blog avec ce qui est à ce jour un de mes films préférés par un réalisateur que j'aime de plus en plus, un véritable pilier du cinéma d'exploitation italien, un des plus grands cinéastes d'horreur de l'histoire, j'ai nommé Lucio Fulci, à qui je rend hommage aujourd'hui avec cette critique de L'au-dela, oeuvre majeure autant dans sa filmographie que dans le cinéma en général. Pour rappel et pour apprendre à ceux qui ne savent pas ce qu'est le cinéma d'exploitation, le cinéma d'exploitation à pour but d'exploiter un filon : ce sont donc des films basés sur d'autres films à succès (L'enfer des Zombies de Lucio Fulci est un parfait exemple, nommé Zombi 2 par la production en Italie histoire de surfer sur le succès de Zombie de George A. Romero), généralement tournés le plus vite possible et avec peu de moyens, d'ou l'utilisation de doublages (afin de minimiser le temps de tournage) et la parfois piètre qualité des effets, mais le cinéma d'exploitation est également un regroupement de genre très divers : bikesploitation, blaxploitation, nazisploitation, cannibalsploitation et j'en passe, toutefois aussi kitsch et mauvais un film d'exploitation puisse paraitre à première vue, le cinéma d'exploitation comporte le pire (eelsolivier pourra sans doute vous parler plus en détail de Bruno Mattéi.) comme le meilleur, toutefois il faut se rappeler que bon nombre d'avancées cinématographiques se sont faites grâce au cinéma d'exploitation, bref, soyez surs d'une chose, c'est que ces temps-ci sur Ze Lord of the Ring, de l'exploitation vous allez en bouffer, car le blog prend désormais une autre orientation : désormais je compte davantage chroniquer des films moins connus afin de vous les faire découvrir, j'espère que ça vous intéressera et que l'aspect cheap, kitsch, naze à première vue des prochaines productions chroniquées ne vous fera pas fuir... ;) Quoiqu'il en soit, comme je le disais, le cinoche d'exploitation comporte le pire comme le meilleur, en l'occurence ce L'au-dela se rapproche plus du meilleur que du pire car il faut être clair : en 1981, malgré toutes les faiblesses du film, Lucio Fulci signe un véritable chef d'oeuvre.

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S'ouvrant d'entrée de jeu sur une séquence de torture choc extrêmement dérangeante, L'au-dela donne directement le ton, toutefois si Lucio Fulci est connu pour son usage abusif et outrancier d'effets gores complètement surréalistes, nous préférons dans L'au-dela, qui pour rappel est le troisième segment de la trilogie des zombies du monsieur (les deux premiers sont L'enfer des zombies et Frayeurs, pour ceux qui ne le savaient pas déja.), l'ambiance et l'atmosphère onirique du métrage, car si L'au-dela et très loin d'être démuni de défaut, généralement ceux-ci sont rattrapés par une ambiance sombre mais aussi très apaisante, ambiance apaisante qui disparait lors de tueries d'une rare intensité et surtout d'une crédibilité rare pour un film de ce budget, en témoigne cette scène d'ouverture ou un personnage secondaire du récit mais qui à son importance se fait éclater à coup de chaine puis crucifié et pour finir brulé à la chaux vive, d'un réalisme rare, L'au-dela s'impose comme un film qui à tout pour choquer, mais au fur et à mesure que Fulci fait avancer son film les séquences choc deviennent de plus en plus intense, ainsi on retiendra notamment la mythique scène de l'architecte qui se fait grailler vivant par des araignées, et ce même si les araignées constituent l'exception du film et sont très mal faites (mais en soit, ce sont ces défauts visuels qui font le charme des films tel que L'au-dela.) en passant par l'énucléation de la servante ou la femme bouffée par son chien, L'au-dela avance à un rythme infernal et sacrifie très vite la majorité de ses personnages, dont on ne connait pas grand chose mais qui ne sont pas insipides pour autant, car c'est la que Fulci réussit un coup de maître : basé sur un scénario de base très peu original et résumé en une ligne de dialogue au début, Lucio Fulci parvient malgré tout en une heure et demi à développer son scénario avec brio mais surtout à installer une ambiance glaucquissime, faisant de l'hotel, point central du récit, un personnage à part entière, un peu comme l'hotel de Shining ou la maison de Psychose, un procédé qui en renvoie aux plus grands et qui contribue grandement à la réussite de cette ambiance, et puis réussir à faire un film ultra-gore et en même temps onirique et planant est en soit un exploit, à ce titre, la scène des araignées aussi mal faite soit-elle est à la fois insoutenable et reposante, impossible me direz-vous? Et bien si, Lucio Fulci l'a fait, mais pour faire un truc comme ça il faut être un des plus grands réalisateurs de cinéma de genre italien.

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Mais L'au-dela ne serait rien dans son scénario génialement construit, comme je le disais enchainant les séquences chocs jusqu'a un final perturbant, un bad end en puissance dont vous allez vous souvenir longtemps, final en partie dérangeant grâce à la musique de Fabio Frizzi, absolument excellente, malgré tout c'est aussi dans son scénario que L'au-dela trouve ses premiers défauts, défauts d'ailleurs propres au cinéma d'exploitation, car en effet, les dialogues du film sont très mal écrits, enfin on a vu pire mais on a aussi vu beaucoup mieux, au même titre les acteurs, s'ils affichent un certain charisme sont tous intégralement doublés en anglais, certains pour le mieux, comme par exemple David Warbeck qui livre une prestation ici tout à fait correcte, d'autres pour le pire, ainsi si vous êtes comme moi vous vous rappellerez longtemps du doublage de Joe le plombier, à pisser de rire... Malgré tout ce ne sont que de légers défauts, pour autant qu'on ait pas de la merde dans les yeux et qu'on voit aussi les qualités du film, qui elle, sont beaucoup plus nombreuses, ainsi si L'au-dela est clairement un film qu'on aime ou on déteste du à son aspect gorissime entièrement gratuit, bon nombre de qualités peuvent lui être reconnues, notamment cette ambiance citée plus haut et la construction parfaite du film, et puis bon, ce qui est marrant avec ce genre de film c'est que dans le cas peu probable ou vous aussi vous aimiez partant du principe qu'on doit être une dizaine sur la planète à encore aimer ce genre de films les défauts du film deviennent des qualités et passent parfois même pour de l'auto-dérision...

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Alors voila, David Warbeck tire 12 balles de son revolver 6-coups dans le torse des zombies alors qu'il sait très bien que c'est la tête qu'il faut exploser et recharge ce dernier par le canon le temps d'un plan, mais comment ne pas prendre ça comme de l'auto-dérision ou tout simplement comme une volonté de Fulci de se concentrer sur l'essentiel, c'est-à-dire la mise en scène, domaine dans lequel il brille, et de ne pas se soucier du superflu, en l'occurence ce genre de détails sur lesquels seuls les détracteurs s'acharneront, et les détracteurs de Fulci étaient et sont d'ailleurs toujours légion, d'ailleurs je sais pas pourquoi mais je sens qu'une fois que j'aurai fini cette critique je vais me faire lapider virtuellement par une foule en colère... Mais si je devais résumer L'au-dela de manière concise et rapide, je dirais simplement qu'on tient un chef d'oeuvre oublié, qui équilibre des défauts terriblement lacunaires par une mise en scène et une ambiance hors-norme, évidemment ce n'est pas l'avis de tout le monde et je le conçois largement, maintenant j'attends que les détracteurs me convainquent que L'au-dela est aussi pourri qu'ils le disent, chose que personne n'a réussi à faire depuis que j'ai vu le film. Mais peu importe votre verdict final, en soit, L'au-dela est un film à voir, histoire de se faire un avis...

-Ze Ring-

BEYOND4

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10 janvier 2011

[●REC]

REC1

Un film réalisé par Jaume Balaguero et Paco Plaza en 2007.
Ecrit par Jaume Balaguero, Luis Berdejo et Paco Plaza.
Avec Manuela Velasco, Ferran Terraza, et Jorge-Yamman Serrano.

Angela est une jeune journaliste qui mène un reportage chez les pompiers locaux. Ceux-ci répondent à l'appel des voisins d'une femme coincée dans son appartemment et criant horriblement. Lorsqu'ils arrivent sur les lieux, ils se retrouvent mis en quarantaine sans comprendre pourquoi ni comment.

[●REC] est un film d'horreur, un vrai. Une vraie putain de tuerie qui va vous faire flipper et faire de votre coeur un véritable coeur d'athlète, soutenue par une réalisation que l'on peut à bien des égards qualifier de parfaite. Jaume Balaguero nous avait déja livré en 2005 l'ultra-flippant Fragile, en 2007, il nous livre, aidé de Paco Plaza, ce [●REC] qui s'avère clairement être le film le plus flippant qui ait été vu sur un écran depuis des années, enterrant facile nimporte quel film d'horreur sorti ces dernières années, que ce soit le génial Frontières de Xavier Gens, l'excellent La colline à des yeux d'Alexandre Aja... Le film d'horreur qui semblait pourtant mort et enterré à, durant cette décennie, petit à petit ressuscité, resurrection parfait illustrée par [●REC], film à petit budget qui eut un tel succès que ces abrutis d'américains en ont fait un remake, certainement bien pourri, l'année juste après la sortie de l'original : En quarantaine. Quoi qu'il en soit, contre toute attente, [●REC] semble plus se plaire à jouer sur une tension nerveuse constante et équilibrée que sur une vraie peur carrément tétanisante, tension que Balaguero et Plaza font monter petit à petit grâce à un scénario qui s'avère être une véritable merveille d'écriture. [●REC] est bref et concis, mais efficace. Explications.

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Avant toute chose, il faut savoir que [●REC] est tourné entièrement en plans-séquences caméra à l'épaule, de la même manière qu'un documentaire (un peu comme dans Projet Blair Witch ou Cloverfield, deux films dont je n'ai pu voir que des extraits et que je ne risque pas de voir avant un bout de temps d'ailleurs.), en conséquence, le film est immersif à souhait, les 1h15 bénéficient d'un rythme et d'une immersion littéralement incassables, impossible de sortir du film pour autant qu'on se prenne suffisamment au jeu pour se mettre à fond dedans, ainsi [●REC] est tétanisant de bout en bout mais pas de la manière que d'autres films d'horreur réputés, tel que Ring de Hideo Nakata qui lui, joue plus sur la suggestion ou encore La colline à des yeux d'Alexandre Aja qui lui joue sur la peur et seulement celle-ci, en effet, [●REC] joue davantage sur un suspense constant que sur la peur permanente, ce qui est impossible, Balaguero et Plaza en sont conscients et consacrent une majorité de leur film à installer un suspense et des scènes de surprise avant de servir un final qui est clairement l'une des scènes de flippe les plus intenses jamais vues sur un écran, ainsi ceux qui ont vu Fragile se rappellent très certainement du film pour être un film particulièrement flippant, ce n'est absolument rien à côté de [●REC], dont le suspense est soutenu par des acteurs certes pas exceptionnels mais suffisamment crédibles pour qu'on flippe pour eux, par ailleurs, Balaguero prend la caméra et le caméraman comme deux personnages à part entière bien qu'on ne les voie jamais. On ne voit en effet qu'au travers, le but de Balaguero étant très certainement que le spectateur s'identifie au caméraman qui ne parle presque jamais. L'effet est particulièrement réussi et je peux vous assurer que certaines scènes vous feront bizarre,  [●REC] bénéficie d'un scénario sans aucun temps mort et extrêmement rythmé ainsi que d'une réalisation parfaite toutefois ses qualités ne s'arrêtent pas la.

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Ainsi [●REC] est un spectacle de flippe comme on n'en a rarement vu, seulement il repose davantage sur son scénario qui mérite clairement quelques lignes tant un scénario d'une telle qualité est rare : autant le dire clairement, le scénario est une merveille d'écriture, et en ces termes il est parfait, alors si beaucoup iront reprocher le fait que [●REC] soit un croisement entre 28 Jours plus tard et les films d'horreur plus récents et qu'en soit le postulat de base soit vu et revu, qui s'en soucie? L'interêt de [●REC] se situe davantage dans son rythme incassable et la peur, et le film est un coup de maître car il réussit à atteindre son but tout en donnant une vision originale et novatrice d'un scénario vu un million de fois, d'autant plus, ce qui aurait pu être le principal souci du film n'en est pas un, tout est clair, il n'y a aucune confusion entre les personnages et ce grâce à un passage intelligemment introduit ou Manuela Velasco interviewe chacun des habitants dans l'immeuble dans lequel elle est coincée, de sorte à bien les présenter chacun leur tour et ainsi éviter de les confondre par la suite et ce sans casser le rythme, un tour de force donc mené avec brio par deux réalisateurs clairement talentueux : Jaume Balaguero et Paco Plaza, qui risquent de faire parler d'eux à l'avenir (Balaguero c'est déja fait, voyons voir ce qu'il en est de Plaza maintenant). Ainsi le script de [●REC] va d'un point A à un point B sans aucune interruption, sans aucun passage inutile et en maintenant son rythme, et donc par la même, l'angoisse, le suspence et la peur pour finalement se terminer sur un final de dingue, dont je ne dirai rien si ce n'est VOUS ALLEZ VOUS CHIER DESSUS. [●REC] est clairement un film à voir, ne serait-ce pour le spectacle de flippe extrême qu'il apporte...

-Ze Ring-

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