28 avril 2012

TIME AND TIDE

Jaquette
RÉALISÉ PAR
|
TSUI HARK
.

ÉCRIT PAR | TSUI HARK ET KOAN HUI.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | JUN KUNG ET TOMMY KAI.

NICHOLAS TSE | Tyler.
WU BAI | Jack.
CANDY LO | Hui.
CATHY TSUI | Jo.
ANTHONY WONG | Oncle Ji.
JUN KUNG | Miguel.

A Hong Kong, la brève rencontre entre Tyler (Nicholas Tse), un jeune homme habitué aux dangers de la rue, et Hui (Candy Lo), une femme policier infiltrée, ne sera pas sans conséquence : celle-ci tombe enceinte. Afin de gagner de l'argent rapidement, Tyler devient garde du corps.

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Nombreux sont les cinéastes hong-kongais a avoir quitté Hong Kong dans les années 90, par craindre de perdre leur liberté artistique suite à la rétrocession. C'est notamment le cas de John Woo, Ringo Lam mais aussi de Tsui Hark, tous trois attirés vers Hollywood par Jean-Claude Van Damme. La-bas, dans des conditions de tournage bien pourries, Tsui Hark tourna les très nuls (mais aussi très bien foutus, de toutes façons Tsui Hark même quand il fait nimporte quoi, il pète à mille coudées au-dessus de tout le monde.) DOUBLE TEAM et PIEGE A HONG KONG. A la suite de ces deux échecs artistiques évidents, Tsui Hark revient à Hong Kong pour tourner TIME AND TIDE... Et que dire, si ce n'est que TIME AND TIDE marque le come back du maître avec brio? Toutefois, il marque aussi ses premières grosses difficultés, devant amputer son film de près de 50 minutes pour des besoins commerciaux... Et si TIME AND TIDE demeure un grand film, le manque de liberté artistique de Tsui Hark (qui se ressentira toujours a partir de ce film la) s'en ressent légèrement... Explications.

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Une telle coupe se ressent forcément, d'autant plus que l'ambition de Tsui Hark est à la mesure de son talent visuel et technique. Par conséquent, TIME AND TIDE comporte de nombreuses failles narratives : il y a de toute évidence des bouts qui manquent, certaines choses sont pas très claires voire incompréhensibles, toutefois, dans sa construction, l'oeuvre de Hark reste irréprochable, construisant méticuleusement la situation épineuse dans laquelle vont s'entremêler les destins de deux personnages dans une première partie magnifique. Cette construction conduit doucement mais surement vers une deuxième partie explosive ou le rythme s'envole littéralement et ne semble plus jamais s'arrêter. TIME AND TIDE est, selon Christophe Gans, "un film maelström qui vous emporte corps et bien et ne rend pas votre dépouille" et on ne saurait mieux le définir, Hark peignant de manière si précise le portrait de ses deux personnages principaux dans la première partie que la deuxième partie en devient on ne peut plus viscérale. Qui plus est, si effectivement il manque des choses, Hark parvient heureusement à gérer habilement son rythme pour le rendre, j'ai envie de dire, "consommable" facilement par le spectateur. Personnellement, un tel exploit m'inspire le respect, être forcé à couper son film de 50 minutes mais réussir à éviter tous les défauts évitables pour ne garder que ce qui est inévitable (les failles narratives suscitées), c'est tout simplement la classe. Finalement, à la vision de TIME AND TIDE, si le spectateur sera sans doute un peu confus face à certaines choses, le film ne semble pas souffrir de cette coupe importante.

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Et tant mieux, vraiment, car par conséquent, le spectateur peut se livrer entièrement aux délires visuels de Tsui Hark, on ne peut plus maniéristes une fois de plus, mais c'est indéniablement au travers de maniérismes visuels que le génie d'Hark éclate. En effet, avec THE BLADE, TIME AND TIDE est très certainement l'oeuvre la mieux mise en scène du maître. A travers son visuel, Hark transcende littéralement (tout comme dans THE BLADE) le genre qu'il exploite, démontant littéralement les codes visuels établis du polar HK, et ce, sans pour autant détourner les codes narratifs de ce dernier. Ainsi, si TIME AND TIDE peut sembler assez convenu d'un point de vue strictement scénaristique, on ne saurait en dire autant de son visuel, la mise en scène d'Hark étant d'une viscéralité et d'une fluidité sans précédent, mais également d'une originalité incroyable. Ce bon Tsui enchaine les plans insolites et ses idées visuelles, dans lesquelles se glissent des hommages évidents à son vieux pote John Woo, relèvent toute du génie. C'est simple, on s'en prend plein la tronche, en particulier lors des scènes d'action, ou le génie de Tsui Hark s'avère d'autant plus brillant qu'il se trouve véritablement dans son élément. Par conséquent, une fois de plus, Hark s'amuse, au travers d'une gestion du temps et de l'espace sans aucun égal, à semer le chaos à l'écran sans pour autant que les choses deviennnent illisibles : au contraire, tout comme dans THE BLADE, le chaos est ici pensé avec minutie et précision et impossible de se perdre dans les scènes d'action complexes du film mais aussi d'un réalisme palpable, merci à un montage virtuose qui n'oublie jamais aucun des personnages, pourtant assez nombreux.

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Plus accessible que son ainé THE BLADE, qui allait jusqu'a véritablement attaquer les sens du spectateur, TIME AND TIDE est très certainement le film le plus accessible de Tsui Hark, et donc par conséquent, le meilleur pour s'attaquer à la filmographie singulière du monsieur. En effet, TIME AND TIDE suinte a chaque instant le génie visuel de son réalisateur mais ne s'avère pas aussi perturbant et déconcertant que d'autres oeuvres du monsieur, ou les codes narratifs sont détruits sans aucune pitié et ou tout s'enchaine avec un mélange des genres qui, pour les "néophytes", pourraient s'avérer perturbant. Toutefois, pour ceux plus habitués au style sans concession du réalisateur, il serait également dommage de prendre cela comme un défaut : en effet, TIME AND TIDE est bien moins fou sur le plan scénaristique que les oeuvres précédentes du réalisateur, mais demeure une réussite de ce point de vue également, dans la mesure ou les choses s'enchainent sans temps morts, avec des rebondissements tous plus intéréssants les uns que les autres, qui plus est, que vaut l'absence de folie scénaristique face à tant de génie et d'audace visuelle? Qui plus est, si le film est effectivement bien moins fou qu'un ENFER DES ARMES, il demeure très bien écrit et ne présente aucun temps mort. Pourtant, il aurait été facile de tomber dans le consensuel et le lourdaud dans le traitement de la romance entre Nicholas Tse et Candy Lo, mais pas avec Tsui Hark qui traite cet aspect du film de manière réaliste et subtile. Rien de bien étonnant ceci dit dans la mesure ou ce dernier a toujours construit ses films autour de femmes, TIME AND TIDE ne fait pas exception. A vrai dire, TIME AND TIDE va encore plus loin puisque son histoire ne se construit non pas autour d'une femme mais autour de deux, évoluant dans la même situation de façon différente et prenant petit à petit une importance plus grande que les hommes visibles à l'écran. Hark prend donc a contre-pied l'aspect "amitié virile" imposé dans le polar HK par les oeuvres de John Woo (les mythiques THE KILLER et A TOUTE ÉPREUVE), avec brio, en plus... Le tout s'avère bien évidemment brillament interprété, notamment par Nicholas Tse qui livre ici la performance de sa vie mais surtout par le brillant Anthony Wong, qui vole littéralement la vedette a chaque apparition.

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TIME AND TIDE
est donc un grand film. Ne souffrant pas de ses quelques failles narratives, il bénéficie d'un soin visuel incroyable et s'avère être une oeuvre viscérale et renversante... Un des meilleurs films de Tsui Hark, assurémment, et ce malgré les difficultés que ce dernier à rencontré lors de sa réalisation. Peu importe en soit, TIME AND TIDE ne souffre pas de ces difficultés et est un film de très grande qualité qui se range aisément parmi ce qu'un des plus grands (voire le plus grand) génies du cinéma hong-kongais a fait de mieux... TIME AND TIDE est un indispensable que tout cinéphile se doit de voir, au plus vite!

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-ZE RING-

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03 février 2012

DIRTY HARRY

DH JAQ

RÉALISÉ PAR | DON SIEGEL.
ÉCRIT PAR | HARRY JULIAN FINK, RITA M. FINK, DEAN REISNER, JOHN MILIUS ET JO HEIMS.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | LALO SCHIFRIN.

CLINT EASTWOOD | Harry Callahan.
ANDY ROBINSON | Le Scorpion.
JOHN VERNON | Le Maire.
RENI SANTONI | Chico Gonzalez.
HARRY GUARDINO | Lt. Al Bressler.
JOHN LARCH | Le chef de la police.

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Entre cinéphiles, on en vient souvent à parler du Nouvel Hollywood et des grands noms qui en ont fait la gloire : Sam Peckinpah, Clint Eastwood, Martin Scorsese, William Friedkin... Toutefois, l'un d'eux est trop souvent oublié, Don Siegel, et à tort. En effet, il s'agit très certainement du pilier principal du Nouvel Hollywood, en effet, non content d'être le mentor de Sam Peckinpah (rien que ça), il a également donné ses premiers grands rôles américains à Clint Eastwood et a influencé ce dernier dans ses propres réalisations, et ce que ce soit du point de vue de la mise en scène que du point de vue purement thématique. Des 5 collaborations entre ces deux grands hommes, une ressort plus que toutes les autres, DIRTY HARRY. En effet, il s'agit ni plus ni moins d'une des oeuvres les plus importantes de l'histoire du cinéma, ayant provoqué un scandale incroyable à sa sortie (j'y reviendrai, c'est en grande partie pour ça que j'écris cet article) mais surtout clairement représentatif de la démarche de Siegel et d'Eastwood. Siegel, lui, avait déja oeuvré dans un genre similaire et avec un personnage plus ou moins similaire à DIRTY HARRY avec COOGAN'S BLUFF (enfin disons que Coogan annonçait avec brio ce qu'allait être Harry Callahan), Eastwood, quand à lui, à soutenu Siegel a chaque fois et s'est par la suite attaqué de manière corrosive à la justice actuelle avec des oeuvres telles que L'HOMME DES HAUTES PLAINES, L'ÉCHANGE, ce qui lui a valu d'être taxé de fasciste à l'époque de la sortie de ce fameux DIRTY HARRY.

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Pourtant, pas besoin de porter de lunettes pour savoir qu'Harry Callahan est loin d'être un facho. Un flic aux méthodes peu orthodoxes certes, mais c'est également et surtout un flic qui a compris que le seul moyen d'obtenir des résultats dans un système judiciaire incompétent et régi par la politique, était de répondre au mal par le mal. En l'occurence, Callahan n'hésite pas une seconde à utiliser la violence contre ceux qui la pratiquent, toutefois c'est également une personne raisonnable et capable de discernement (en témoigne le braqueur au début, a qui il laisse le choix entre la vie et la mort de manière implicite) et faisant preuve d'une justice dans ses actes dont il est le seul dans cette oeuvre à posséder le secret. Ses méthodes sont violentes, certes, mais quel est le plus noir finalement? Les méthodes d'Harry Callahan ou bien les méthodes du Maire et de ses associés, étant davantage préocuppés par l'opinion publique à leur égard (cet aspect est d'ailleurs encore plus poussé dans L'ÉCHANGE de Clint Eastwood) que par la santé de ceux dont ils ont la responsabilité? Il semble clair que le choix ne se pose pas, et si Harry Callahan est une véritable enflure, il reste néanmoins le meilleur d'entre tous. La noirceur du film, qui lui a longtemps été reprochée avant qu'il ne devienne un véritable objet de culte, vient davantage de ce paradoxe atroce que des façons de faire d'Harry Callahan, qui se pose d'ailleurs davantage comme un vigilante que comme un policier, allant outre les lois dans le seul but de faire régner une justice que ces dernières ne parviennent pas à imposer. Siegel, avec DIRTY HARRY, soulève donc avec brio ce problème précis de notre société, toutefois il le fait avec l'ambiguité la plus incroyable et la plus subtile, plaçant d'une part son personnage principal comme un noble chevalier en croisade et de l'autre comme un enfoiré de première classe. Le scandale, qui visait à déterminer si oui ou non Eastwood et Siegel étaient des fachos, est sans doute venu de ce point précis de l'oeuvre, pourtant, ce que beaucoup de gens n'ont pas réussi à voir a force de gueuler au lieu de regarder le film, c'est que Siegel ne fait que poser des questions et ne donne pas de réponse, réponses qu'Eastwood ne manquera pas de donner dans le 4ème volet des aventures de l'Inspecteur Harry, SUDDEN IMPACT, après le très horriblement politiquement correct MAGNUM FORCE (sur lequel je reviendrai un de ces jours, histoire de me faire lapider sur place par les fans.).

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Le politiquement incorrect, Siegel et Eastwood le poussent a son paroxysme avec DIRTY HARRY, en allant jusqu'a remettre en cause les lois fondamentales de notre système judiciaire tout en bousculant les conventions du cinéma de l'époque. Rappelons-le, nous ne sommes à l'époque qu'en 1971, le Nouvel Hollywood à a peine vu le jour et nous entrons petit à petit dans une période importante de liberté artistique, Don Siegel en profite et signe ce qui peut très certainement être considéré comme l'un des premiers westerns urbains. En effet, le personnage principal y est un personnage solitaire, dont l'arme, par sa mythologie, et dont l'aspect impitoyable ne sont pas sans rappeler les vieux westerns. Ce côté "western urbain" est d'autant plus renforcé par COOGAN'S BLUFF, du même Don Siegel, -dont le titre français, UN SHÉRIF A NEW YORK, en dit long sur l'oeuvre du bonhomme- et est confirmé implicitement par Threlkiss dans SUDDEN IMPACT ("Callahan est le seul objet immuable dans un univers perpétuellement changeant"), ... Siegel détourne les codes du genre qu'il exploite avec brio, et si j'ai mis cet article dans la catégorie POLAR j'avoue avoir longtemps hésité entre WESTERN et VIGILANTE, tant DIRTY HARRY s'approche de tous ces genres d'une façon à chaque fois différente. En apparence, ce n'est rien de plus qu'un film policier lambda, finalement, pourtant, d'autres éléments le rapproche des autres genres suscités... Rien de bien étonnant finalement, dans la mesure ou chambouler les conventions, dans le Nouvel Hollywood, se faisait souvent par le détournement total des codes d'un genre voire la transposition des codes d'un genre dans un autre (voir pour s'en convaincre CROSS OF IRON de Sam Peckinpah.). Don Siegel finit de chambouler les conventions cinématographiques par l'usage d'une violence utilisée avec parcimonie mais percutante, par ailleurs indispensable au propos dans la mesure ou c'est par son biais que se développent les personnages et les questionnements qui y sont inhérents.

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Ces questionnements, Don Siegel les met en scène avec brio, livrant un objet cinématographique très bien photographié (et ce malgré un DVD qui est loin de lui rendre justice, vivement que je me chope le Blu-Ray.) mais surtout superbement filmé et monté, plaçant dès les premiers plans le personnage de DIRTY HARRY dans une mythologie qui lui est propre, capturant à chaque instant le charisme et la classe incroyable de Clint Eastwood, qui livre ici une de ses meilleurs performances. Totalement investi dans son rôle, Eastwood transpire la sincérité et retranscrit avec brio l'ambiguité du personnage qu'il incarne. Soyons clair, Eastwood vole la vedette à chaque instant, toutefois, DIRTY HARRY reste soutenu par un casting de seconds couteaux talentueux, avec notamment John Vernon que l'on retrouvera plus tard dans JOSEY WALES et Andy Robinson, dont l'interprétation d'un tueur psychopathe est elle aussi pleine d'ambiguité... Sans en dire trop (je pense en avoir déja trop dit), sachez simplement que le personnage du Scorpion soulève lui aussi d'importants questionnements et que la légimité ou l'illégimité sont perpétuellement remises en doute par son personnage... A vrai dire, tout dépend de quel côté on se met, DIRTY HARRY étant un film reposant énormément sur l'interprétation dont le spectateur en fera, expliquant l'absence totale de réponses vis-à-vis des questions que Siegel pose à ce dernier.

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DIRTY HARRY, finalement, ne peut pas être jugé objectivement. Une péloche fasciste pour certains, une série B fendard pour d'autres, ou un chef d'oeuvre absolu et subversif pour les autres... Je pense que vous savez de quel côté je me range, à mon sens, DIRTY HARRY est un très grand film, jouant avec les genres et les registres et faisant preuve d'une subversion et d'un politiquement incorrect qui ferait un paquet de bien au cinéma actuel... En tout cas, il est sur qu'avant de tenter l'expérience, vous ne saurez jamais de quel côté vous ranger. Peut-être qu'Harry Callahan n'est pas aussi facho que sa réputation sous-entend, et peut-être qu'Harry Callahan n'est peut-être pas aussi juste que ce que je laisse sous-entendre... Allez savoir!

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Si vous avez aimé ce film, vous aimerez aussi...

  • COOGAN'S BLUFF, de Don Siegel.
  • UN JUSTICIER DANS LA VILLE, de Michael Winner.
  • SERPICO, de Sidney Lumet.
  • L'ÉCHANGE, de Clint Eastwood.
  • L'HOMME DES HAUTES PLAINES, de Clint Eastwood.

-ZE RING-

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25 novembre 2011

THE KING OF NEW YORK

KONY JAQUETTE
RÉALISÉ PAR | ABEL FERRARA.
ÉCRIT PAR | NICOLAS ST. JOHN.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | JOE DELIA.

CHRISTOPHER WALKEN | Frank White.
DAVID CARUSO | Dennis Gilley.
LAURENCE FISHBURNE | Jimmy Jump.
VICTOR ARGO | Roy Bishop.
WESLEY SNIPES | Thomas Flanigan.
JANET JULIAN | Jennifer.

Frank White (Christopher Walken), un gros bonnet du traffic de drogue, sort de prison. Afin de reprendre le contrôle du traffic de drogue à New York, il décide d'éliminer la concurrence.

KONY 1


Abel Ferrara est considéré par beaucoup comme un des plus grands réalisateurs des années 90. Son DRILLER KILLER à une réputation de film culte, son BAD LIEUTENANT, bien que très controversé, est beaucoup apprécié et à même donné lieu à un très bon remake (bien qu'a l'opposé de l'original), NOS FUNÉRAILLES, bien que très rare, est considéré un peu partout comme un chef d'oeuvre et finalement, KING OF NEW YORK, traine derrière lui une réputation absolument cultissime. Abel Ferrara ne m'avait jamais réellement touché jusqu'a présent : j'ai détesté DRILLER KILLER (qu'il faudrait que je revoie) et j'ai beaucoup aimé BAD LIEUTENANT mais certainement pas autant que je l'aurai voulu... Mais il faut être clair, avec KING OF NEW YORK, Ferrara tape à tout autre niveau. Sans tourner autour du pot, KING OF NEW YORK est un chef d'oeuvre, ni plus ni moins, EXPLICATIONS.

KONY 2

Partant d'un pitch de base qu'on a tous déja vu mille fois, KING OF NEW YORK s'avère dès le départ surprenant puisqu'au lieu de glorifier les flics et de donner une vision noire des gangsters qu'il présente, Ferrara réalise un film construit sur la base inverse. Frank White, véritable Robin des bois des temps modernes, apparait très clairement, et ce dès le départ, comme un gangster aux ambitions nobles et honorables, un meurtrier certes mais qui suit un chemin criminel dans le seul but d'aider son prochain. Ferrara, très vite, fait se heurter ce personnage abusivement glorifié aux policiers, bad mother fuckers aux méthodes violentes et sans réelles limites morales. Il faut être honnête : il faut des couilles pour faire ce genre de choses, or Ferrara le fait, et ce sans même le nuancer ou tenter de le cacher. Un peu comme avec BAD LIEUTENANT, Ferrara balance un bon gros coup de savate dans les valeurs morales de notre société et en glorifiant à outrance un personnage qui ne devrait pas l'être, signe le portrait d'un personnage finalement attachant, chose qu'il ne devrait pas être également... Pourtant tout s'embrique avec cohérence et efficacité et ce malgré l'espèce de "paradoxe moral" que Ferrara et St. John s'amusent à construire avec ce KING OF NEW YORK.

KONY 3
Bien évidemment, ce scénario aux bases subversives est largement soutenu par son casting incroyable. Christopher Walken, comme à son habitude, éclipse tous les autres à chaque apparition, mais on retrouve également un Victor Argo absolument excellent, un Lawrence Fishburne qui en fait des tonnes mais dont l'interprétation correspond parfaitement au personnage, mais également Wesley Snipes, David Caruso et Paul Calderon, tous sont géniaux dans leurs rôles respectifs et donnent vie à leurs personnages. Le casting de KING OF NEW YORK est impressionnant, toutefois Ferrara ne cède pas à la facilité et ne laisse pas ses acteurs tenir son film, au contraire, puisqu'il signe un film techniquement très réussi, donnant libre cours par moment à des idées visuelles dingues, à un éclairage complètement barjo mais surtout, comme à son habitude, il prend un soin tout particulier à l'installation d'une ambiance glauque et dérangeante, toujours sous l'influence évidente d'oeuvres comme SÉRIE NOIRE bien qu'il parvienne ici à s'en détacher.

KONY 4

La maitrise technique de Ferrara s'avère surtout utile lorsque ce dernier commence à balancer des scènes d'action dantesques toutes les cinq minutes, en effet, sous ses apparences de drame subversif, KING OF NEW YORK se révèle très vite être en réalité un gros polar d'action bien bourrin, qui, s'il n'oublie pas de développer son histoire et son sujet, laisse une place assez étonnante aux scènes d'action. Difficile par moments de se dire que c'est le réalisateur de DRILLER KILLER derrière la caméra, tant KING OF NEW YORK par son rythme et ses scènes d'action ressemble à peu près à tout sauf ce à quoi on s'attendait, le traitement de Ferrara s'avère en effet très surprenant en plus d'être de grande qualité, à défaut d'être virtuose. Chaque scène d'action fait oublier la précédente et Ferrara stylise chaque moment de violence pour le rendre chaque fois plus fort et plus percutant, procédé dont la force est parfaitement illustrée par une exécution au canon scié brève mais qui constitue un réel sommet de violence et d'intensité qui vous laissera le cul... Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres!

KONY 5

Servi par un rythme haletant, KING OF NEW YORK s'avère également être une oeuvre méchamment tendue, un clash ultra-violent entre deux camps que le scénario de St. John retranscrit avec brio par des dialogues subtils mais également jouissifs, interprétés avec brio par Christopher Walken, ici au meilleur de sa forme, jouant Frank White comme si sa vie en dépendait et balancant des punchlines explosives avec une classe pas possible, c'est bien simple, il trouve ici un de ses meilleurs rôles, et au vu de l'étendue du talent du bonhomme, cela me semble assez révélateur de la qualité de son interprétation. Le tout donne un film véritablement irréprochable, explosif, glauque, subversif et puissant. Un pur chef d'oeuvre en somme, un grand classique que tout cinéphile qui se respecte se doit de voir et ce malgré son côté jusqu'au boutiste méchamment appuyé... Si je dois admettre que Ferrara ne me semblait pas être un grand réalisateur, la vision de ce KING OF NEW YORK à profondément changé mon opinion à ce sujet : ce mec est un putain de fou dangereux, certes capable du pire comme du meilleur, mais dont les meilleurs, de ce que j'ai vu, valent clairement la peine d'être vus.

KONY 5 2

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-ZE RING-


KONY 6

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27 août 2011

VIOLENT COP

VC JAQ

RÉALISÉ PAR | TAKESHI KITANO.
SCRIPT ORIGINAL ÉCRIT PAR | HISASHI NOZAWA ET RÉ-ÉCRIT PAR | TAKESHI KITANO.
PRODUIT PAR | SHOZO ICHIYAMA, AKINORI KURODA, TOSHIO NABESHIMA, KAZUYOSHI OKUYAMA ET TAKIO YOSHIDA.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | DAISAKU KUME.

TAKESHI KITANO | Azuma.
HAKURYU | Kiyohiro.
MAIKO KAWAKAMI | Akari.
MAKOTO ASHIKAWA | Kikuchi.

Azuma, un policier violent (Takeshi Kitano) est aux prises à la fois avec sa hiérarchie et un gang dirigé par le truand Kiyohiro (Hakuryu).

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Premier film de Takeshi Kitano en tant que réalisateur, qui s'était déja illustré par des performances d'acteurs incroyables dans des films tels que MERRY CHRISTMAS, MR. LAWRENCE (plus connu sous le nom de FURYO en France.) de Nagisa Oshima, VIOLENT COP est une oeuvre importante dans le sens ou, avec le TETSUO de Shinya Tsukamoto, elle a permis a un nouveau cinéma japonais de s'imposer en 1989, époque à laquelle, je le rappelle, le cinéma japonais était sur le déclin, les grands maitres qui en avaient fait la gloire ne tournant plus autant qu'avant voire plus du tout... Un de ces grands maitres, Kinji Fukasaku, qui s'était illustré dans les années 70 en réalisant bon nombre de yakuza eiga et qui à notamment influencé Quentin Tarantino et John Woo, était le premier réalisateur destiné à faire ce VIOLENT COP, polar classique dans lequel Takeshi Kitano devait prendre le premier rôle, seulement voila Fukasaku tombe malade avant le tournage et c'est Takeshi Kitano qui doit réaliser le film à sa place, il reprend le script original de Hisashi Nozawa et fournit un travail important de ré-écriture. D'une histoire policière classique, VIOLENT COP devient un polar sur un flic taciturne, solitaire et à contre-courant mais surtout VIOLENT COP devient le reflet des nombreuses obsessions de Beat Takeshi. VIOLENT COP, A.K.A le premier film d'un des plus grands réalisateurs que le cinéma ait connu.

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Seulement voila, même si VIOLENT COP est un film important dans la filmographie de Takeshi Kitano dans le sens ou toutes ses obsessions y sont abordées, la plupart sont à peine survolées. L'enfance, élément central de la plupart des films du maitre, est ici à peine effleurée, à l'opposé, la violence sèche et froide qui à fait en partie le succès de l'oeuvre de Kitano atteint ici un paroxysme incroyable, à ce titre VIOLENT COP est avec ANIKI, MON FRERE et ZATOICHI le film le plus hardcore du cinéaste, se permettant des excès de violence absolument incroyables, VIOLENT COP est le film le plus brutal de Takeshi Kitano, en effet, si les deux autres films du bonhomme cités précédémment sont aussi violents visuellement, ils sont plus faciles à digérer dans le sens ou on n'y trouve beaucoup d'humour et d'émotion, dans VIOLENT COP, il n'y a rien de la sorte, c'est d'ailleurs sans doute un des défauts du film, celui d'être assez impersonnel dans la mesure ou l'émotion et l'humour propre à l'oeuvre de Kitano sont ici absents, à l'exception d'une scène à pisser de rire ou Kitano, qui joue ici un gros crevard, colle un coup de savate intergalactique à un type qui dévale ensuite les escaliers comme un abruti... En dehors de cette scène, la violence du film prend le pas sur le reste, des fois pour le mieux (la fusillade de fin dans l'entrepot, monument de mise en scène et de violence), d'autres fois pour le pire (cette scène ou Kitano baffe un type pendant dix minutes, long, et il faut l'avouer, chiant, en plus de ne pas tellement servir le scénario.). Vous l'aurez compris, VIOLENT COP n'est pas le meilleur film de Kitano, au contraire c'est très certainement son moins bon film en plus d'être certainement le plus vide (même GETTING ANY? qui est pourtant assez pourri peut au moins se targuer de faire mourir de rire.), qui plus est, il est assez inégal, la faute peut-être a la surprise que Kitano à sans doute eu lorsqu'il s'est retrouvé à la caméra, ou la faute peut-être au fait que le scénario contient autant de scènes réécrites par Kitano que d'autres écrites par Nozawa (qui n'a au passage rien fait d'intéréssant à part ce film.), malheureusement, et ça, c'est un peu plus inattendu, cette inégalité se ressent également dans la mise en scène.

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En effet, si certains passages de ce film, comme la fin, sont incroyablement mis en scène, d'autres sont ruinés par une réalisation parfois légèrement mollassonne, comme cette très très très longue poursuite ou il ne se passe rien d'intéréssant, bref, si certains moments du film sont incroyables, d'autres auraient largement gagné à bénéficier d'un meilleur traitement, en effet si l'absence d'émotion et d'humour est regrettable, ce défaut aurait pu être largement compensé par une mise en scène plus en accord avec le film, c'est-a-dire plus sèche, plus violente, mais peut-on réellement regretter le fait que Kitano essaye de faire pour la première fois ce qui fera la grace de son cinéma? En un sens oui, puisque ce VIOLENT COP est un semi-échec, en un sens non, il me semble tout de même qu'en tant que premier film d'un homme qui est également loin d'être un cinéphile (Kitano n'a vu que très peu de films dans sa vie, et avant de faire du cinéma il aspirait à être comédien.) VIOLENT COP s'en tire avec les honneurs, en effet, Kitano, si par moments fait légèrement nimporte quoi, d'autres sont purement incroyables et surtout, on retrouve pour la première fois Kitano dans un rôle qui le convient légèrement... A ce titre, Azuma, son personnage, est un véritable crevard, qui tape et qui tire sur tout le monde et qui d'ailleurs n'est pas sans évoquer L'INSPECTEUR HARRY, bref, c'est un badass mother fucker comme on les aime, et Kitano livre une interprétation de qualité. Comme toujours quasi-muet, en retrait, il explose lors de scènes de violence incroyables, et interprète à la perfection cette première esquisse de son personnage fétiche, personnage emblématique que l'on retrouvera dans la majorité de ses autres films...

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Seulement voila, si dans HANA-BI ou dans ANIKI, MON FRERE, certains éléments permettaient de s'attacher à ce personnage taciturne et violent, ici ce n'est pas le cas, ainsi lorsque, fidèle à ses habitudes, Kitano s'en va niquer tout le monde, tiraillé entre l'envie de mourir et l'envie de tuer, on ne lache pas la larme qu'on est habitués à lacher devant les films du bonhomme, la faute également à une froideur trop exacerbée et à une lenteur qui nuit gravement au rythme du film, en effet, VIOLENT COP ne commence réellement qu'au bout de 45 minutes et beaucoup, dont moi, auront largement décroché avant cela, le film est beaucoup trop lent pour être divertissant et l'inégalité dans la mise en scène empêche le tout d'être captivant malgré tout, pourtant si le film ne pète pas très haut il n'en est pas pour autant entièrement pénible, on y trouve en effet des merveilles en termes d'écriture et d'interprétation. Kitano, comme d'habitude, brille, et le monolithique Hakuryu (le porte-flingue dans HANA-BI) remplit largement son contrat, à ce titre son personnage est carrément inquiétant. Tueur sans émotion, sans pitié et sans remords, il ne montre aucune émotion et se contente de faire son travail avec la brutalité qui va avec, au même titre que le personnage d'Azuma à vrai dire... Et c'est la que VIOLENT COP fait réellement penser à L'INSPECTEUR HARRY, c'est qu'il s'agit en réalité d'une oeuvre sur l'incompétence et la corruption de la police, tous étant soit incapables de faire le boulot (en témoigne cette scène ou toute une équipe de flics se fait défoncer à coups de savate par un pauvre type.) soit corrompus (en témoigne la toute dernière scène...). Parmi eux, se dresse Azuma, flic violent qui utilise les même moyens violents que les criminels qu'il affronte, un enfoiré en somme, mais qui est sans doute le meilleur de tous... Un portrait inquiétant de la police qui aurait pu être encore plus intéréssant si Fukasaku avait réalisé le film, en effet le message sous-jacent du film est loin d'être la préoccupation centrale de Kitano qui se concentre davantage sur les thèmes qui l'intéressent : l'enfance et l'amour, bien que survolés, la violence de son cinéma et les yakuzas.

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Malheureusement, en tentant de faire un film sur les yakuzas, Kitano se perd dans une enquête policière loin d'être intéréssante et perd le rythme de son film... Ainsi lorsque le film commence vraiment, on se surprend à ne toujours pas accrocher à ce VIOLENT COP, enchainement de tueries toutes plus violentes les unes que les autres mais qui n'apportent rien de très intéréssant, à ce titre le rythme du film est tellement monotone que la fin, explosion de violence inattendue, semble sortir de nulle part, la faute à une construction dramatique absente, heureusement, parmi ces erreurs de construction, on retrouve des dialogues finement écrits et une bande-son intéréssante même si ça ne vaut clairement pas Joe Hisaishi... Et comme je le disais avant de partir sur autre chose, des acteurs intéréssants, on retrouve entre autres dans le rôle de Nito le bad guy de ZATOICHI et Makoto Ashikawa, acteur secondaire certes mais qui livre chaque fois des performances intéréssantes, malgré tout on est quand même loin du trio de choc Kitano - Osugi - Terajima et VIOLENT COP décevra donc encore une fois les fans de Kitano...

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En somme, VIOLENT COP est un film inégal et légèrement ennuyeux... Malgré tout impossible de tout jeter dans ce film tant on y ouvre des scènes intéréssantes mais également une première esquisse des obsessions de Kitano. Dans VIOLENT COP, même si tout est loin d'être parfait, il y a tout ce qui fera la gloire du cinéma de Kitano, ainsi, même si le film est loin d'être un chef d'oeuvre, VIOLENT COP est une oeuvre indispensable pour tout fan de Kitano... Personnellement, j'ai vu le film deux fois et je suis assez mitigé mais certains moments sont pour moi un pur bonheur, et je sais que rien pour ces moments la je suis prêt à revoir le film une troisième fois. A voir donc, de toutes façons, si vous ne comprenez pas l'anglais ou le japonais, la seule possibilité pour vous de voir ce film est d'acheter le très rare et très cher coffret VIOLENT COP / KIDS RETURN (une tuerie) puisque le film n'existe pas en édition solo.

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Si vous aimez ce film, vous aimerez aussi...

  • HANA-BI, de Takeshi Kitano.
  • ANIKI, MON FRERE de Takeshi Kitano.
  • SONATINE, deTakeshi Kitano.
  • JUGATSU, deTakeshi Kitano.

-ZE RING-

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20 juillet 2011

SPL

SPLJAQ

RÉALISÉ PAR | WILSON YIP.
PRODUIT PAR | CARL CHANG.
ÉCRIT PAR | WILSON YIP, KAM-YUEN SZETO ET WAI LUN-NG.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | KEN CHAN ET KWONG WING CHAN.

DONNIE YEN | Insp. Ma Kwan
SIMON YAM | Det. Chan Kwok Chung
SAMMO HUNG | Wong Po
JACKY WU | Jack
KAI CHI LIU | Det. Lok Kwun Wah
DANNY SUMMER | Det. Kwok Tsz Sum
KEN CHANG | Det. Lee Wai Lok
AUSTIN WAI | Det. Cheung Chun Fei

Sha Po Lang, mort, élimination, cupidité, trois étoiles de l'astrologie chinoise dont la conjonction peut changer le destin d'une personne.
Trois étoiles, trois personnages tragiques interpretés avec talent par Simon Yam, Donnie Yen et Sammo Hung.

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(Cliquez sur les images pour les agrandir.)


Apres INFERNAL AFFAIRS 1 & 2, polars qui annonçait avec panache le renouveau du polar hong kongais, voici que débarque SPL réalisé par Wilson Yip qui jusque la ne s'était illustré qu'en réalisant de petits films certes pas révolutionnaires mais plutot honnêtement torchés, la surprise en fut donc encore plus grande lorsque débarqua ce SPL véritable bombe qui s'impose sans peine comme LE vrai retour du polar hong kongais et envoie INFERNAL AFFAIRS dans la stratosphere les doigts dans le nez..
EXPLICATIONS.

Porté par les interpertations superbes de trois acteurs excllents (Donnie Yen, Sammo Hung et Simon Yam) SPL ne s'illustre pourtant pas particulierement a l'aune de son scénario certes extremement bien écrit et efficace mais d'un classicisme évident.
Classissisme qui quoiqu'on en dise est loin de désservir le film, au contraire, Wilson Yip et sa bande connaissent leur classiques sur le bout des doigts et les citent a tour de bras, des INCORRUPTIBLES de De Palma aux films de la grande époque John Woo (THE KILLER, A TOUTE ÉPREUVE, UNE BALLE DANS LA TÊTE) SPL est un condensé de tout ce qui a fait les grandes heures du polar.
Du coup loin de se reposer sur ses lauriers Wilson Yip joue brillament avec les codes et les figures imposées du genre, annihilant les gunfights pour les remplacer par des bastons dantesques choregraphiées par Donnie Yen (que ce soit dit ce type est le plus grand artiste martiale actuel) dépeignant le destin de personnages plus complexes qu'ils n'y paraissent a premiere vue (tout en en faisant des archetypes immédiatement iconiques un tour de force donc.) et emmène le spectateur dans un pur ride au pays des flics et des voyous qui se concluera finalement sur un drame humain bouleversant qui risque de vous broyer le coeur...

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Esthétiquement sublime, le film de Wilson Yip brille notemment pour la beauté extrême de sa photographie, a ce titre SPL est sans doute l'un des plus beaux films jamais vus sur un écran, teintes de rouge et de vert argentesques, lumière ultra colorée laissent litteralement sur le cul, plongeant par instant le film dans le baroque le plus pur (le combat final sous les projecteurs) se faisant plus subtil pour souligner les états d'âmes des personnages torturés et complexes.
Yip de son coté si il n'est pas exactement un génie, délivre une réalisation inspirée, ample, pleine de mouvements de grues incroyables et d'effets de style toujours approprié, il donne vie a des personnages tous touchants et filme ses acteurs avec style, classe et passion.
Le résultat est un face a face passionant entre un flic au seuil de la mort et un parrain de la mafia cupide cruel mais au seuil de la vie, entre eux se dresse celui qui jusqu'au bout tentera de baigner son destin de justice.
Charismatiques et marquants, ces trois personnages forts ont pour point commun la paternité, ou du moins une relation forte avec la notion de paternitée, Wong Po tout d'abord, parrain de la mafia qui jouit de la naissance de son premier enfant apres des années de tentative infructeuses, L'inspecteur Chan ensuite qui adopte la fille du témoin qu'il n'a pas su protéger, et l'inspecteur Kwan qui entre dans la police a cause du traumatisme causé par la mort de son père, la raison de ce choix scenaristique est simple, dans la vision de Yip et de ses scénaristes c'est l'innocence qui paie le prix de la cupidité, de la mort et la destruction, que ce soit par la mort du père de Kwan ou par la fatalitée qui frappe l'inspecteur Chan atteint d'une tumeur au cerveau et qui condamne sa fille adotpive a perdre son père pour la deuxieme fois, mort marquée par un plan final bouleversant de beautée simple qui rappelle la poésie de Takeshi Kitano.

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Au sein de cette tornade de sentiments (le film est profondément sentimental si il existe un sens noble au terme) s'entrechoquent des scènes de kung fu qui appuyent encore plus la dimension humaine de l'histoire, ce sont de véritables combats intérieurs que livrent les personnages dans cette lutte qui corrompra le coeur ou l'esprit de chacun.
Cette volonté de plonger les combats dans une atmosphère quasi métaphysique s'illsutre par des détails qui si ils peuvent sembler anodin ne sont pas sans importance dans la symbloique anti-manichéenne du film, ainsi est-ce un hasard si le personnage qui symmbolise le mal absolu dans le film est habillé entièrement de blanc lorsque le juste est habillé de noir? Propulsant ainsi le film dans les représentations taoistes du yin et du yang et par la même le projettant litteralement dans la plus pure tradition du Wu Xia Pian (Jacky Wu qui incarne l'un des bad guy de l'histoire a d'ailleurs participé a l'un de ses plus grands fleurons, le génialissime IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE 2.) et du film de kung fu.
Loin d'alourdir le film cette symbolique donne tout son sens a des bastons incroyablement choregraphiées avec génie par Donnie Yen, brutales mais aussi incroyablement rapides et précises, elle sont un mix parfait entre la grande tradition de la baston hong kongaise et la violence barbare des productions thailandaises récentes (ONG BAK, BORN TO FIGHT) sauf que bien loin des divagations auto promotioennellles de Tony Jaa filmées avec les pieds, elle sont remarquablement mises en scène, et pour que ce soit finalement dit et que cette critique contiennent son lot de vulgarité (bah oui hé ho y a un cota hein) DONNIE YEN ENCULE TONY JAA 20 FOIS!!!
Le combat final est a ce titre un fantasme de cinéphile absolu, Donnie Yen et Sammo Hung deux des brutes les plus incroyables jamais vues sur un écran (Sammo défie littéralement les lois de la physique du haut des ses 120 kilos.) se battent a mort en détruisant tous le décor dans un déluge d'acrobaties hallucinantes, pas de péripéties cablées, mais de la pure brutalitée martiale d'une violence tétanisante, qui emmène vers une conclusion qui risque de vous tromatiser un bon coup.

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En effet si l'on va éviter le spoiler dans ces pages , force est de constater que SPL achève le spectateur a l'aune de sa conclusion (dont on ne révelera rien), sachez simplement que SPL s'achève sur un brise coeur incroyable qui va vous foutre mal et jouer avec vos sentiments de manière viscérale.
D'une noirceur hallucinante, il enfonce encore une fois le clou et fintit d'emmener le film vers la tragedie mystique promise par une phrase d'introduction intriguante et fait preuve d'un jusqu'au boutisme émminemment respectable, en ces termes vous l'aurez compris SPL est une bonne grosse gifle assenée avec talent par une troupe de fous furieux qui ne néglige jamais leur art.
Un chef d'oeuvre a voir absolument.

Si vous aimez ce film, vous aimerez aussi...

-KITANO JACKSON-

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17 juillet 2011

A BITTERSWEET LIFE

Bonjour à tous,
Je pense que les plus attentifs d'entre vous auront remarqué que cet article n'était pas prévu à la base... La raison est simple : cet article marque l'arrivée d'un nouveau rédacteur, KITANO JACKSON, qui m'a donné l'autorisation de transférer ses textes de son blog au mien afin qu'ils aient l'attention qu'ils méritent. Voici le premier, traitant du magnifique film de Kim Jee-Woon, A BITTERSWEET LIFE.

-ZE RING-


ABLJAQ
RÉALISÉ PAR
|
KIM JEE-WOON.
PRODUIT PAR | YU-JIN LEE, JEONG-WAN OH ET JUNG-WAN OH.
ÉCRIT PAR | KIM JEE-WOON.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | DALPARAN ET YEONG-GYU JANG.

BYUNG-HUN LEE | Sun-Woo
JEONG-MIN HWANG | President Baek
SHIN MIN-A | Hee Su
KU JIN | Min Gi
YEONG-CHEOL KIM | Kang
ROE-HA KIM | Mun-Suk

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(Cliquez sur les images pour les agrandir.)


"Un beau matin un jeune apprenti demanda a son maitre, maitre est ce les feuilles de l'arbre ou est ce le vent qui bouge?
Le maitre répondit, ce qui bouge ce n'est ni les feuilles ni le vent, c'est ton coeur
"

Déja auteur de l'épatant FOUL KING, et du polémique DEUX SOEURS (Polémique en ce sens que certains y voient un chef d'oeuvre absolu d'autres une bouse intergalactique) Kim jee-woon, l'un des portes drapeux du nouveau cinéma coréen (aux cotés de Park Chan-wook et de Bong joon-Ho notemment), signe en 2005 A BITTERSWEET LIFE, a la fois Polar ultra-violent et drame humain poignant, tragédie bouleversante sur l'amour et le fantasme qu'il engendre, le film de Kim Jee-woon emprunte autant a Melville qu'à Park Chan-wook et dresse le brillant et sublime portrait d'un homme blessé, retour sur l'un des plus beaux films de l'année 2005.
Dés les premiers images on le sent, A BITTERSWEET LIFE risque d'être un très grand film, baignant dans une atmosphère a l'esthétique ultra lechée, le film s'ouvre sur une scène que n'aurait pas renié Melville, d'ailleurs impossible de ne pas penser a Alain Delon (Lace si tu nous lis merci du coup de main) dans LE SAMOURAI lors de la premiere apparition de Sun-woo, en trois plans une nouvelle icone du polar vient de naitre, costard noir, attitude calme et classieuse, un personnage de gangster old school raffiné.

Cette représentation a l'ancienne surprend d'autant plus que lorsque la violence éclate ce même personnage semble animée d'une bestialitée hors norme.
Au centre du film, le personnage de Sun-Woo est la clé de voute d'une intrigue qui si elle emprunte énormément au polar est avant tout la tragique histoire d'un rêve impossible, ou d'une vie fantasmée, Sun-Woo est un homme meurtri et trahie par celui qu'il a servi pendant 7 ans, piegé dans une situation qu'il ne controle plus et qui finit par se resigner au moment même ou il trouve enfin l'amour (" tu n'as jamais été amoureux sun-woo, c'est pour ça que je t'aime bien "), un personnage ésseulé et en décalage avec l'univers pourri qu'il fréquente.

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Ainsi si il n'évite pas tous les pieges d'une vision auteurisante parfois horripilante (notemment lorsque le film bascule dans une espece d'humour décalé pas toujours approprié) A BITTERSWEET LIFE a vite fait de vous emporter dans cette tragique histoire d'amour et de mort (et également de rêve) et risque de vous foutre la larme a l'oeil a l'aune de sa conclusion, troublante et laissant libre place a moult interpretations.
Au centre de ce drame poignant aux scènes d'actions dantesques (on y revient promis) des performances d'acteurs fabuleuses finissent d'imposer le film comme une réference du polar moderne, Byung-Hun Lee d'abord , que l'on avait déja vu dans l'émouvant JSA de Park Chan-wook, interprète avec classe, finesse, puissance et intensité le personnage de Sun-Woo et s'impose comme l'un des acteurs coréens les plus talentueux, capable de vous faire passer une gamme d'émotions incroyables en un regard, incroyable.
A ses cotés, une pleiade de stars et de seconds couteaux confirmés délivrent des interpretations habitées, interprétant avec fougue des personnages complexes et souvent touchants, interpretations sublimés par la mise en scène géniale de Kim Jee-woon.

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En effet, A BITTERSWEET LIFE surprend par son sens de l'esthétique lechée, pas un plan qui ne bénéficie pas d'un soin particulier, mouvements de caméras complexes et lumiere somptueuses composent une mise en scène a la maestria soufflante, mise en scène que certains ne manqueront pas de qualifier de manieriste, mais force est de constater que Kim Jee-Woon maitrise chaque parcelle de son film et en sublime chaque instant, bien sur encore une fois le bonhomme ne peut s'empecher de se laisser aller a quelques facilitées du a son statut d'auteur mais rien n'y fait kim Jee-woon s'impose comme l'un des plus grands metteurs en scène actuellement en activité en Corée (au passage je vous conseille FOUL KING veritable comedie drole et émouvante) mais s'impose surtout comme un brillant réalisateur de scènes d'action.
Les scènes d'actions de A BITTERSWEET LIFE risquent en effet de vous laisser littéralement sur le cul, faisant l'effet de veritables claques dans la face, elles empruntent a Park Chan-wook le sens de la chorégraphie réaliste que l'on avait entrevu dans OLD BOY, et assoment de par leur efficacité renversante.
De la scène de baston dans l'entrepot (qui fait suite a une scène de torture vraiment éprouvante moralement comme visuellement) a la fusillade finale, Kim Jee-Woon teinte ses scènes d'une ultra violence soudaine et choquante.
D'ailleurs étonnement on se surprend a penser que Kim Jee-woon est surement le premier cinéaste a avoir trouvé l'équilibre parfait entre choregraphie de la violence façon John Woo et réalisme cru, le résultat sur l'écran est incroyable, ses scènes d'une beautée visuelles rare sont également d'une brutalitée hallucinante et finissent d'imposer le film comme un indispensable qu'il faut au moins avoir vu une fois.

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Une heure cinquante d'une intensité émotionelle et visuelle rare donc, qui s'acheve sur un plan final troublant qui laisse libre cours a différentes interpretations, toutes émouvantes, bouleversantes et pleines de sens, A BITTERSWEET LIFE est un film noir sans concession, profond, aussi exigeant dans son fond que dans sa forme, qui mise sur l'intelligence du public, et si parfois les détours faciles que prend Kim Jee-woon peuvent empecher au film de prétendre au rang de chef d'oeuvre, il n'en reste pas moins un tres grand film qui gagne en force a chaque vision, une perle a voir absolument.

Si vous aimez ce film, vous aimerez aussi...

-KITANO JACKSON-

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31 mars 2011

LE CHOIX DES ARMES

LCDARMESJAQUETTE
Un film réalisé par Alain Corneau en 1981.
Ecrit par Alain Corneau et Michel Grisolia.
Avec Yves Montand, Gérard Depardieu, Catherine Deneuve et Gérard Lanvin.
Musique composée par Philippe Sarde.

Si le cinéma français à aujourd'hui une réputation très mauvaise en raison de l'auteurisme de merde pathétique et sans interêt qui le domine, beaucoup ont tendance à oublier qu'a une époque désormais lointaine les meilleurs polars venaient tous de France, et si, bien que le genre semblait mort et enterré ce dernier à eu un sursaut grâce aux géniaux 36 Quai des orfêvres et MR73 d'Olivier Marchal, ce n'est rien en comparaison de ce qui se faisait en France dans les années 60 à 80 : des mecs comme Jean-Pierre Melville ou Henry Verneuil enchainaient alors tuerie sur tuerie... Parmi ces mecs-la, on en compte un autre : Alain Corneau, réalisateur de l'extrêmement glaucque Série noire avec un Patrick Dewaere terrifiant et imprévisible, film qui à d'ailleurs inspiré Gaspar Noé pour son Seul contre tous... C'est d'Alain Corneau que nous allons parler aujourd'hui car force est de constater que si Série noire semble être l'oeuvre de sa vie, Le choix des armes n'a pas à rougir en comparaison car il s'agit d'un des chefs d'oeuvres du polar français... Explications.

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Dès les premières scènes, le ton est donné : Le choix des armes est un polar violent, d'un réalisme poussé et à la réalisation soignée. En effet, Alain Corneau accorde un soin tout particulier à chacun de ses plans, montrant des prouesses en terme de maitrise de la caméra et de la photographie, abandonnant l'ambiance glaucque et noire de son Série noire pour réaliser un film certes plus conventionnel mais aussi plus accessible et plus divertissant (je tiens à le préciser avant de me faire lyncher : Série noire est un de mes films préférés, quand je dis que Le choix des armes est plus divertissant c'est simplement parce que dans Le choix des armes y a pas un Patrick Dewaere flippant et imprévisible qui met mal à l'aise et une ambiance glaucque à souhait, mais je m'égare), Corneau soigne chaque image, chaque plan de son bébé tout en prenant tout son temps pour installer une intrigue complexe (comme c'est souvent le cas dans le polar français, voir Le cercle rouge est suffisant pour s'en convaincre.) mais claire comme de l'eau, ainsi ce n'est qu'au bout du quart des 2h10 du film que celui-ci se lance vraiment, sans quitter son rythme lent mais entrainant (paradoxal non?) Le choix des armes devient alors un polar jubilatoire, présentant toute une galerie de personnages tous génialement interprêtés, Gérard Depardieu en tête qui livre une prestation génialissime (et ce même si sa coupe elle fait un peu rire.) jouant un truand violent, imprévisible et instable ("Mickey le dingue" hahahaha excellent) mais n'ayant pas nécessairement un mauvais fond. On retrouve également Yves Montand, interprète de Jansen dans le chef d'oeuvre de Melville, Le cercle rouge, qui livre une prestation géniale également bien que plus sobre que celle de Depardieu, en effet, la ou le vieux Gérard joue un type complètement niqué du bocal, Montand lui joue un ancien truand à cheval entre la droiture, l'honnêteté et la vie criminelle, à côté de ces deux géants, on retrouve une Catherine Deneuve tout à fait correcte ainsi qu'un Gérard Lanvin correct également dans le rôle d'un petit flic de pacotille, un trou du cul qui s'en prend la gueule au travers d'une scène finale d'anthologie (scène que tous ceux qui pensent que l'acteur principal de Camping mérite un sort pire que la mort seront contents de voir, moi le premier.). Porté par un casting génialement dirigé, Le choix des armes brille également de par son rythme, il s'agit en effet d'un film assez lent, lenteur qui est loin de désservir le film par ailleurs, car soyons clair, il n'est pas ennuyeux une seconde, il n'y a pas une seconde de temps mort, les raisons de cela? Et bien tout simplement : derrière il y a deux scénaristes de talent, qui savent construire un film avec brio et surtout écrire des dialogues absolument géniaux.

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Car si les dialogues ne seraient rien sans des acteurs géniaux pour leur donner vie, l'inverse est également valable, et force est de constater qu'ici les dialogues sont aussi géniaux que les acteurs qui les animent, très sobres mais donnant une dimension très classe à des personnages bien plus complexes qu'il n'y parait et laissant transparaitre une légère réflexion sur la justice, les dialogues sont excellents, de même, le scénario du film est très bien structuré, entièrement construit autour de Mickey, le personnage de Gérard Depardieu, un mec qui fout la merde partout ou il passe même si ce n'est pas toujours le but, le scénario du Choix des armes s'il est construit de sorte à ne pas larguer le spectateur en raison d'un rythme lent qui peut rebuter certains ne perd pas de vue ses personnages puisqu'il développe chacun d'entre eux, c'est donc un scénario très complet qui nous est effort et qui est développé devant nous, malheureusement après Série noire on est en droit de reprocher au Choix des armes son ambiance peut-être un peu trop propre et pas assez sombre.... Mais peut-être cela est-il une bonne chose en réalité, tout dépend de si oui ou non Série noire vous à collé une baffe (personnellement ce film à été pour moi une baffe intergalactique.), quoiqu'il en soit si une ambiance noire et une réalisation peut-être moins conventionnelle manquent au Choix des armes, il compense ces menus défauts par des gunfights courts, succints et assez rares mais d'un réalisme exacerbé et percutant, on retiendra notamment ce duel entre les deux Gérard du film dans une écurie et surtout la fusillade d'ouverture, courte mais remarquablement mise en scène.

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Et puis évidemment parler du Choix des armes sans s'attarder sur son final d'anthologie serait un crime, alors je n'en dis pas plus pour ceux qui n'ont pas vu mais attendez vous à voir une scène que vous ne verrez certainement pas deux fois, c'est vraiment une scène terrible... On notera également une musique discrète mais géniale de Philippe Sarde, un pur plaisir à entendre. En gros, Le choix des armes, qu'est-ce que c'est? Tout simplement un classique, un chef d'oeuvre... Génialement interprêté, scénarisé, réalisé... Tout est génial dans ce film. Le choix des armes est très clairement le film qui mériterait d'être plus connu, qui mériterait d'émerger de l'oubli dans lequel il est tombé, merci a l'auteurisme français de merde... Non clairement, s'il y a un mot pour résumer ce polar de Corneau c'est chef d'oeuvre... Alors depechez-vous d'aller l'acheter et de le mater avant que Mickey le dingue ne vienne vous chercher.

-Ze Ring-

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21 novembre 2010

HEAT

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Un chef d'oeuvre absolu réalisé par Michael Mann en 1995.
Avec Al Pacino, Robert De Niro, Val Kilmer et Tom Sizemore.

Neil McCauley est le meneur d'une bande de braqueurs professionnels. Lorsque Waingro, le petit nouveau de la bande, fait virer le braquage d'un fourgon blindé au massacre, McCauley croise la route de Vincent Hanna, flic obsédé par son travail et qui fera tout pour le faire tomber.

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Heat est un de ces films relativement récents mais pourtant déja entré dans la légende. Ceci s'explique notamment par la gueule de son casting : Robert De Niro et Al Pacino, deux des meilleurs acteurs au monde, si ce n'est les meilleurs, à l'écran avec d'autres très bons acteurs tels que Val Kilmer, Tom Sizemore, William Fichtner et bien d'autres, tous dirigés à la perfection par Michael Mann, réalisateur de Collateral (il a aussi réalisé Le dernier des mohicans et plus récemment Public Enemies mais n'ayant jamais eu l'occasion de les voir, je ne peux me prononcer sur ces derniers). Heat est un duel déja d'anthologie, entre deux personnages ni tous blancs ni tous noirs, professionnels, qui sont leur radical opposé mais qui ont à la fois tout en commun. Ne négligeant aucun acteur, aussi secondaire soit-il, Michael Mann réalise un film muni d'un scénario parfait rédigé par ses soins, sans aucune incohérence et gardant le spectateur en haleine pendant 2h40 d'une intensité plus qu'incroyable. Qu'est-ce que tout cela donne? Un chef d'oeuvre absolu, un classique du polar et un des meilleurs films jamais faits à mes yeux. Explications.

Robert_De_Niro_et_Al_Pacino

Heat est un film réputé pour avoir inspiré de nombreux autres films et jeux vidéos, deux exemples respectifs serait 36 Quai des orfêvres d'Olivier Marchal et le jeu d'action Kane & Lynch sorti en 2007 par IO Interactive, c'est dire l'influence que le polar de Mann à eu sur ces deux arts (oui je considère le jeu vidéo comme un art). Cela est en grande partie due au perfectionnisme de Mann, qui lorsqu'il réalise un film cherche à le rendre le plus réaliste et le plus fidèle à la réalité possible et surtout à lui conférer une esthétique absolument dingue. Filmant Los Angeles le plus souvent de nuit et cherchant à donner une vision différente de la ville a ses spectateurs, Michael Mann livre des fusillades d'une intensité rare et inégalée à ce jour. La photographie du film est magnifique et les effets de lumière sont génialement pensés, bref, esthétiquement ça dépote seulement cela n'est qu'une petite partie de Heat, ainsi si on compte des passages d'anthologies comme cette scène de braquage de banque ou le duel final entre Al Pacino et Robert De Niro, mais cela est loin d'être assez pour faire un bon film, Mann en est conscient et exploite son scénario avec génie, prouve qu'il est capable de véritables prouesses techniques et choisit avec un soin méticuleux ses acteurs, et vu le travail qui à été fait à leur sujet, il serait temps d'en parler.

Robert_De_Niro_avec_un_fusil_plus_gros_que_lui

Ainsi si Al Pacino et Robert De Niro livrent clairement les meilleures prestations du film, celui-ci ne tient pas sur les épaules, notamment grâce à un paquet d'acteurs secondaires qui ne sont jamais négligés & donnent toujours le meilleur d'eux-même, même les plus petits rôles comme celui de Natalie Portman ou Danny Trejo, par ailleurs, chaque personnage fait avancer le scénario à sa manière, bien plus complexe et étoffé qu'il ne puisse y paraitre en premier lieu, au fur et à mesure que le film avance, le scénario s'étoffe de nouvelles sous-intrigues toutes menées à terme sans exception : aucune scène n'est inutile, le film passe d'un point A à B sans aucun temps mort et ce pendant 2h40, faisant du scénario de Heat un scénario parfait. Véritable merveille d'écriture, les dialogues sont souvent courts mais vont au but de manière radicale sans jamais dévier une seule fois de son sujet, Mann ne perd pas de temps à présenter ses personnages en début de film, en effet, cela se fait au fur et à mesure et on se rend vite compte que les personnages, tout comme le scénario, sont bien plus étoffés et profonds qu'il n'y parait. Ainsi Al Pacino joue Vincent Hanna avec génie, un policier travaillant à la Criminelle, qui va prendre en chasse McCauley, joué de manière toute aussi géniale par Robert De Niro. Toutefois, tout le but du film, au-déla d'être carrément magnifique esthétiquement, d'avoir des scènes d'action carrément jouïssives, d'être prenant de bout en bout et donc d'être un monument en terme de divertissement, est de fournir un véritable travail sur ces deux personnages pour montrer qu'ils sont à la fois complètement opposés mais qu'ils ont aussi tout en commun, à commencer par ceci : ils sont tous les deux des professionnels et font ce qu'ils savent faire de mieux, Vincent pourchasse McCauley, qui fait des coups pour s'enrichir et partir très loin avec Eady, jouée par Amy Brenneman, sa compagne. Par ailleurs, le parallèle entre leurs deux vies amoureuses est intéréssant puisque pendant que Neil McCauley connait l'amour, cette chose qu'il n'a jamais connue, Vincent Hanna détruit petit à petit son troisième mariage en lui courant après pour l'arrêter, mettant ainsi en place la phrase culte du film "N'aie pas d'attaches dans la vie dont tu ne puisses pas te séparer en moins de 30 secondes si tu sens la chaleur au coin de la rue", résumant clairement leur vie à tous deux : si McCauley doit échapper à Hanna et si Hanna doit perpétuellement courir après McCauley, comment peuvent-ils faire tenir un mariage? SPOILER Malgré tout, Vincent et Neil seront bien obligés de s'affronter directement à un moment ou un autre, après que la grande partie de l'équipe de McCauley soit morte, celui-ci finira par mourir tué par Vincent après qu'il ait du abandonner Eady pour fuir, mettant ainsi en évidence la réplique citée plus haut... FIN DES SPOILERS

Robert_De_Niro__la_classe

Voila, Heat, c'est ça, un véritable de duel titans que la simple idée de s'affronter rebute, parce qu'ils sont leur opposé mais qu'ils ont tout en commun, et cela constitue la principale force du film, par ailleurs, on ne voit que deux fois Robert De Niro et Al Pacino tous les deux à l'écran, une fois dans un dialogue mythique et l'autre à la fin dans les derniers plans, pour la symbolique. En effet, Michael Mann à bien compris que le film aurait perdu cette force si les deux acteurs étaient trop souvent réunis à l'écran, ainsi, il parvient à préserver toute la force et l'impact de Heat, en plus de cela, il parvient à livrer des scènes d'action dantesque et d'une violence maîtrisée mais crue, à diriger toute une bagatelle d'acteurs aux personnages tous aussi variés les uns que les autres tout en livrant une des histoires les mieux écrites à mes yeux à ce jour, le tout servi par la musique originale mais géniale d'Elliot GoldenthalMichael Mann livre de manière magistrale ce qui est désormais devenu un classique du polar auquel il est quasi impossible de trouver des défauts... Et si vous êtes toujours en train de lire cette critique, je vais expliciter le message caché : COURREZ L'ACHETER.

-Ze Ring-

Un_des_braqueurs__me_demandez_pas_lequel

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25 août 2010

RESERVOIR DOGS

RD01

Un film de Quentin Tarantino, réalisé en 1992.
Avec Harvey Keitel, Steve Buscemi, Michael Madsen, Laurence Tierney, Chris Penn et Tim Roth.

Après un hold-up raté, une bande de truands règle les comptes pour savoir lequel d'entre eux les à trahis.

Tous ceux qui ont vu Reservoir Dogs savent que ce film désormais culte est très loin de briller par son scénario mais plutôt par la façon dont celui-ci amené et dont Quentin Tarantino, dont c'est à l'époque le premier film, laisse planer un certain mystère sur l'histoire et ne révèle ses personnages, brillamment incarnés par de grands acteurs (Harvey Keitel, Michael Madsen entre autres, ainsi que Chris Penn, malheureusement décédé en 2006... RIP.) campant le rôle de voleurs professionnels portant chacun le nom d'une couleur, dont le plan tourne mal et règlent leurs comptes (et ce pendant presque tout le film) dans une seule et même pièce sur fond de musique des 70's. Grand film à dialogue (en effet, on parle de Tarantino à l'ancienne la, dans Reservoir Dogs, pas de bataille rangées entre 40 yakuzas et une blonde sanguinaire), dès les premiers moments, le spectateur sait à quoi il doit s'attendre : un film de gangsters classe, avec des acteurs géniaux et crédibles de bout en bout et surtout à 1 heure et demi particulièrement violente, et je peux vous assurer que sur ce dernier point, vous allez en avoir pour votre argent, car même si les scènes de violence ne sont pas légion dans le film, elles ont un impact très important. La violence, cependant, ne vient ici pas d'images absolument atroces et intenables mais du fait que les personnages sont décrits comme complètement humains et peuvent mourir en un clin d'œil, et ce style de violence continuera à être utilisé dans les films de Tarantino, alors que la plupart des films ont tendance à toujours les faire se comporter en héros avant leur mise à mort. Par ailleurs, Reservoir Dogs se fait dès le départ sa propre identité, identité que Pulp Fiction adoptera deux ans après, grâce à son montage atypique.

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Les gangsters les plus classes de la planète.

Si l'on pourrait reprocher à Reservoir Dogs quelques petits défauts tels que le fait que les personnages de Quentin Tarantino et Eddie Bunker soient sous-exploités (pour ne pas dire jamais, cela dit le choix de ne presque jamais les faire apparaitre est complètement justifié) ou son scenario simple bien qu'assez original dans son déroulement (puisque la plupart des films traitant du sujet parlent de la préparation du casse, ici, c'est tout à fait le contraire), il serait dommage de s'attarder sur les minces défauts de cette perle qu'est Reservoir Dogs. Reservoir Dogs, en plus d'inspirer le respect de par l'histoire de sa création (qui à été tumultueuse, mais sachez simplement que le film n'aurait jamais existé sans le grand Harvey Keitel), inspire davantage le respect de par la manière dont les choses se passent à l'écran. Bien que 90% du film soit constitué de dialogues complètement banaux et, sortis du film, terriblement chiant malgré quelques répliques cultes, des acteurs survoltés leurs donnent vie, notamment Harvey Keitel, dans le rôle d'un "honorable" se sentant obligé d'aider le personnage de Tim Roth, blessé tout le long du film et prenant le personnage de Michael Madsen, un psychopathe, comme responsable principal de l'échec du casse, alors qu'en réalité (SPOILER) le problème vient de Mr. Orange, flic infiltré et qui se rapprochera de Mr. White, notamment en apprenant son nom & son origine, et qui finira par se faire tuer par ce dernier lors d'un aveu final violent après qu'il ait pris sa défense en tuant tous les autres membres du gang, qui le soupçonnaient d'être la balance. (FIN DU SPOILER)

Avec Reservoir Dogs, Tarantino laisse également supposer à quoi ressembleront ses futurs films, puisque très régulièrement, l'action est interrompue par des flashbacks, qu'il réutilisera dans la quasi-totalité de ses autres films, en plus de flashforwards de manière plus occasionnelle. Cela permet de s'attarder sur les personnages principaux du film, d'en découvrir leur tempérament de manière plus précise et de découvrir leur personnalité, parfois difficile à cerner. Ou alors, ils permettent d'expliquer plus en détail une révélation qui vient d'être faite au spectateur, tout ça, dans le seul but d'immerger ce dernier dans l'action et de l'en faire ressortir qu'au lancement du générique de fin. En effet, le script de Reservoir Dogs est très bien foutu et les temps morts sont rares voire inexistants, sauf peut-être cette légèrement trop longue séquence d'explication sur les origines de Mr. Orange, pas inutile et tout aussi prenante que le reste du film mais qui a tendance à trainer trop longtemps pour arriver à sa conclusion (SPOILER) LES AMIS, NOUS SOMMES REVENUS AU POINT DE DÉPART (FIN DU SPOILER). Malgré ces quelques scènes qui tendent à trainer, cet infime défaut qui ne nuit pas tant que ça à l'immersion est rattrapé par le jeu des acteurs, le génie derrière la caméra et cette bande son 70's, relax, complètement décalée par rapport au film lui-même, puisque pour être clair, Reservoir Dogs, c'est 1h30 de "partage en couilles" hardcore.

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Un pur chef d'oeuvre donc, même si pour ma part c'est loin d'être le Tarantino que je préfère, mais une belle ébauche de son futur style si particulier qui fera en partie son succès. Un grand film, à voir au moins une fois (je dis au moins, mais depuis que je l'ai reçu hier, je l'ai maté 4 fois, cela dit vous faites ce que vous voulez hein), absolument culte. Par contre, je déconseille très fortement Reservoir Dogs le jeu, à peine digne en terme de qualité de l'adaptation des Dents de la mer. En même temps, je sais pas, mais quand je regarde le film, je vois mal ce qu'il y a d'adaptable à moins de changer tout le scenario... Ce qui fut le cas (jusqu'aux têtes des personnages!!).

-Ze Ring-

 

 

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