11 septembre 2011

HARRY BROWN

HBJAQ

RÉALISÉ PAR | DANIEL BARBER.
ÉCRIT PAR | GARY YOUNG.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | MARTIN PHIPPS ET RUTH BARRETT.

MICHAEL CAINE | Harry Brown.
EMILY MORTIMER | D.I. Alice Frampton.
CHARLIE CREED-MILES | D.S. Terry Hicock.
DAVID BRADLEY | Leonard Atwell.
BEN DREW | Noel Winters.
JACK O'CONNELL | Marky.
JAMIE DAWNEY | Carl.
LIAM CUNNINGHAM | Sid Rourke.

Harry Brown (Michael Caine), un ancien marine à la retraite vivant dans une banlieue sensible d'Angleterre, reprend les armes lorsque son ami Leonard Atwell (David Bradley) est brutalement assassiné par une bande de jeunes locaux.

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Les vigilante movie, ça revient à la mode ces temps-ci. Et oui récemment si on a eu l'infame THE PUNISHER, on a également eu le bouleversant MAN ON FIRE, les génialissimes DEAD MAN'S SHOES et DEATH SENTENCE ainsi que le complètement portnawak HOBO WITH A SHOTGUN mais surtout on a eu HARRY BROWN. Premier film de son réalisateur, Daniel Barber, HARRY BROWN, non content d'annoncer du très bon pour la suite de la carrière de ce dernier s'impose également comme le meilleur film du genre vu depuis des années. HARRY BROWN est un film noir, très noir, sans aucune concessions livrant un portrait hardcore de la société britannique actuelle, allant même jusqu'a anticiper deux ans à l'avance les émeutes qui ont eu lieu cet été en Angleterre, Daniel Barber signe avec HARRY BROWN une oeuvre méchamment subversive, un vigilante movie hardcore qui, s'il est moins subtil dans son propos que DEAD MAN'S SHOES par exemple, s'impose facile comme un des films les plus violents et les plus sombres de ces 10 dernières années. HARRY BROWN est un film méchant qui va vous laisser sur le cul, qui ré-impose clairement le vigilante movie comme un genre majeur et qui atomise tous les films du genre de ces 10 dernières années les doigts dans le nez, des explications, je pense, s'imposent.

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Ces explications sont d'autant plus justifiées qu'on a tout de même eu droit à un standard de qualité assez élévé ces dernières années dans le genre, ayant permis un renouveau à un genre malheureusement oublié car trop souvent taxé de fasciste par des abrutis qui n'ont visiblement rien compris au principe de ce dernier, en effet si le vigilante movie traite de sujets assez polémiques tels que le vigilantisme ou l'auto-défense, il est très rare que des positions soient prises et il est beaucoup plus fréquent que le but des films soient de questionner la morale et la conscience du spectateur, car soyons clair : il n'y a pas de solution aux problèmes abordés dans les vigilante movie. Il y aura toujours des criminels et la police ne sera jamais en capacité de faire régner justice, voila un constat malheureux mais qui à le mérite de poser des questions, car si la police ne peut pas faire le travail, ne faut-il mieux pas donner le pouvoir de faire régner justice à quelqu'un d'autre? C'est ce genre de questions que soulèvent des films comme HARRY BROWN, questions auxquelles je vous laisse le soin de trouver les réponses tant il s'agit d'un sujet sensible, mais la ou HARRY BROWN à beaucoup de chance de ne pas avoir été fait dans les années 70 c'est dans la mesure ou son réal prend clairement position concernant le problème, Barber ayant les couilles d'imposer le personnage de Michael Caine comme un héros dans un milieu habité par une bande de bad mother fuckers que tout spectateur doué de sentiments humains devraient prendre plaisir à se voir défoncer...

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La scène la plus évidente de cette prise de position, qui ne plaira évidemment pas à tout le monde, est ce passage ou Caine visite un dealer d'armes, scène qui se déroule sous une ambiance glauque, dont le climat inquiétant hors pair dérangera sans doute la majorité des spectateurs, scène qui rend même référence à IЯЯƎVƎЯSIBLƎ l'espace d'un plan et qui finit d'imposer HARRY BROWN comme une oeuvre méchamment hardcore, non pas par sa violence visuelle (enfin que ce soit dit, HARRY BROWN n'est pas un film pour les enfants.) mais par la violence morale que nous assène Barber en nous disant tout haut et fort que défourailler de tels gens tel qu'Harry Brown le fait est une normalité (l'intelligence du truc étant qu'au moment ou vous voyez le film, l'exécution sommaire des victimes semble être normale au spectateur.), en effet Barber semble clairement avoir son opinion sur le sujet et livre un portrait de la banlieue ou se déroule la majorité du film assez sombre mais surtout il dépeint les jeunes criminels qui l'habitent comme de véritables enculés qui méritent clairement d'être exterminés, alors oui, certes, ce portrait peut clairement manquer de nuance mais en soit la n'est pas le but, Barber se sert simplement de personnages exécrables pour appuyer un propos extrême que seul un personnage de flicarde (qui en agacera certains, moi ça va.) remet sur le chemin de la morale. Est-ce une bonne chose ou non? Chacun se fera son avis à la vision du film, reste que le léger manque de subtilité que ce personnage entraine ne nuit jamais à la bombe atomique qu'est HARRY BROWN, au contraire, elle lui permet de développer son propos avec encore plus de facilité et le rend accessible à beaucoup plus de monde. Ce sera un mal pour certains et un bien pour d'autres mais force est de constater que ce personnage fait d'HARRY BROWN un des seuls films du genre qui soient à la fois couillu et accessible.

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Vous l'aurez compris, HARRY BROWN est un film subversif dont le final surprenant donne une toute autre dimension, mais dont je ne dirai rien... Sur un plan formellement cinématographique, HARRY BROWN est une claque visuelle qui laisse présager un bel avenir au réal. Bénéficiant d'une photographie absolument sublime, bercée dans des tons froids et angoissants, HARRY BROWN baigne dans une ambiance oppressante et glaçante marquée par des éclairages superbes, mettant bien en évidence la froideur du film. L'ambiance, déja superbe, est soutenue par une ambiance sonore absolument incroyable : chaque bruit semble réel, chaque son est surprenant, la musique est sublime et avec un équipement digne de ce nom et en Blu-Ray, le tout est encore plus magnifique et chaque instant du film est transcendé pour en faire une expérience filmique absolument terrible, une baffe intergalactique dont vous ne vous remettrez pas de sitôt! Soutenu par le travail de son équipe technique, Daniel Barber laisse parler sa caméra et livre une mise en scène soignée, tout en plans fixes la plupart du temps qui permettent de capturer la violence froide, sèche et brutale d'HARRY BROWN avec une pêche pas possible, chaque tir, chaque effusion de sang fait mal, la violence rajoute à l'ambiance glauque du film et en fait une expérience certes jouissive mais à ne pas mettre entre les mains des plus sensibles!

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A la maitrise visuelle de Daniel Barber se rajoute les interprétations d'acteurs absolument magnifiques. Michael Caine, comme à son habitude, est brillant, donnant une profondeur incroyable et s'imposant ici comme le Clint Eastwood anglais, le bonhomme est incroyable de charisme et livre une de ses plus belles prestations. Au charisme de Michael Caine se rajoute des seconds couteaux tous plus talentueux les uns que les autres et imposants de crédibilité, plus particulièrement les interprètes des bad guys de ce métrage, tous suffisamment talentueux pour donner vie à des enculés menaçants et intimidants, clairement on y croit, et même si Michael Caine fait de l'ombre à tous, force est de constater qu'il n'y a pas un interprète dans ce film qui soit mauvais, à cela se rajoute un scénario d'une superbe qualité, superbement construit et renforcé par des dialogues spontanés et crédibles, comportant son lot de répliques cultes et faisant avancer le film toujours de manière intelligente.

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En conclusion, HARRY BROWN n'est ni plus ni moins qu'un chef d'oeuvre, un superbe film, à la fois très bien construit et très bien mis en scène, porté par l'interprétation d'acteurs incroyables, mais c'est également une oeuvre subversive, qui si elle ne révolutionne jamais le genre à le mérite de s'imposer comme une oeuvre méchamment couillue jouant avec la conscience du spectateur avec brio. HARRY BROWN glace le sang à chaque instant, pourtant on a vu ça mille fois comme film mais la maitrise du sujet et du film en font une oeuvre cinématographique exceptionnelle que tout passionné se doit de voir au plus vite, en effet pour être clair HARRY BROWN est pour moi l'un des meilleurs films des dix dernières années et passer à côté du meilleur film que le genre ait vu depuis DEAD MAN'S SHOES serait une erreur!!

HB7
Si vous aimez ce film, vous aimerez aussi...

-ZE RING-

HB12"You failed to maintain your weapon, son."

 

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03 juillet 2011

BULLET BALLET

BBJAQ

RÉALISATION | SHINYA TSUKAMOTO
ÉCRITURE | SHINYA TSUKAMOTO
MUSIQUE | CHU ISHIKAWA

SHINYA TSUKAMOTO | Goda
KIRINA MANO | Chisato
TATSUYA NAKAMURA | Idei
TAKAHIRO MURASE | Goto

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Avec Tsukamoto, on s'attend toujours à voir un truc complètement fou, dans la veine d'un TETSUO. Même son film "réaliste", TOKYO FIST, est excessivement violent, voire gore, et, dans sa quête du réalisme, Tsukamoto ne peut s'empêcher de rendre hommage à ce qu'il fait le mieux : la science-fiction. Pourtant, avec BULLET BALLET, Tsukamoto signe non seulement son meilleur film mais il prouve aussi qu'il est capable de faire un film réaliste et crédible, même si tout de même un peu plus barré que la moyenne. Il signe donc un vigilante movie, au scénario à la base simple, voire simpliste mais y apporte sa philosophie nihiliste comme pilier de soutien et signe donc une oeuvre majeure. Cette philosophie, présente dans TETSUO I & II mais aussi dans TOKYO FIST est ici développée et mise en évidence, mieux, Tsukamoto en fait un élément pivotal de son récit, élément scénaristique qui prend tout son sens lors de la toute dernière scène. A grand coup d'ultra-violence et de nihilisme, Tsukamoto signe le film de sa vie, le TAXI DRIVER japonais.

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C'est donc une oeuvre extrême que livre Shinya Tsukamoto caractérisée par l'usage absolument sensationnel du noir et blanc et une ultra-violence poussée. La subjectivité est donc de mise puisque BULLET BALLET ne s'arrête pas au nihilisme de son propos mais contient une forte dose de violence stylisée et sublime pour qui saura l'apprécier, qui plus est, dans son réalisme, Tsukamoto s'adonne tout de même à quelques dérives, faisant du revolver du personnage principal l'élément pivotal du film, mais filmant celui-ci non pas comme une simple arme mais comme une véritable extension du corps humain, extension du bras comme l'indique certains plans mais aussi une extension phallique. C'est donc le revolver que le personnage principal met si longtemps à trouver le personnage central de ce récit. De la même manière que pour le métal dans TETSUO et la boxe dans TOKYO FIST, l'arme centrale du récit est pour le personnage principal le moyen de parvenir à une nouvelle forme d'existence, une existence par la mort et la douleur, représentée par l'imagerie christique que Tsukamoto utilise souvent dans son oeuvre, en témoigne le premier screenshot de l'article, car qu'y a t-il de plus représentatif de la mort et de la douleur que la crucifixion du Christ? BULLET BALLET est le film le plus complet de Tsukamoto sur sa philosophie nihiliste, puisque non content de la représenter pour la quatrième fois avec brio, il la met en évidence et la charge de symboles très représentatifs tout en livrant une oeuvre stylisée, ainsi, la ou les dernières minutes, cette dernière poussée d'adrénaline pourrait sembler comme une non-fin (une des spécialités de Tsukamoto) c'est en réalité l'aboutissement ultime de cette philosophie nihiliste. Blessés, à moitié morts, les personnages se mettent à courir et ce n'est qu'a ce moment-là qu'ils se rendent compte qu'ils existent et qu'ils vivent. Au travers de cette scène, au passage superbe, Tsukamoto retranscrit toute ses obsessions et résume en 3 minutes toute sa filmographie, c'est simple, BULLET BALLET c'est Shinya Tsukamoto, on retrouve ainsi toutes les obsessions et toutes les caractéristiques des films du bonhomme : le personnage principal est un salarié, écrasé par l'environnement urbain dans lequel il vit, qui entre en contact avec un groupe de gens qui lui permettent de trouver une existence au travers de la douleur. Ici, ce groupe, c'est les jeunes, et le choix de ces derniers n'est pas un hasard dans la mesure ou la jeunesse au Japon est à ce jour un problème majeur (voir KIDS RETURN mais surtout le chef d'oeuvre de Kinji Fukasaku, BATTLE ROYALE), ainsi tout en transposant ses obsessions, Tsukamoto ancre son film dans la réalité et les problèmes de son époque et émet même une opinion dessus : on sent très bien que Tsukamoto hait les jeunes, en témoigne le personnage de Goto, trou du cul agaçant, qui dans la logique de Tsukamoto, à trouvé une existence par la douleur, mais qui tente de s'intégrer dans la société du travail (symbolisée par le costume-cravate, que le personnage principal ne porte jamais... Je doute que ce soit un hasard.) et dans un environnement urbain oppressant, pourtant, Tsukamoto se met du côté de ces jeunes dans leur recherche de la vie dans la mort, en cela, BULLET BALLET s'impose comme un véritable paradoxe qu'il est intéréssant d'étudier pour en comprendre la portée.

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Avec BULLET BALLET, Tsukamoto travaille sur ses obsessions. Afin de les développer le plus possible, il ne perd pas une seconde et signe une introduction rapide, précise et efficace. En 5 minutes, les deux personnages principaux, l'élément pivotal du film, et tous les enjeux de ce dernier sont posés. Tsukamoto palie donc à ce qui était le plus grand défaut de son TOKYO FIST, le rythme. Ce dernier, ici, carrément infernal, voire par moments frénétique, donne une intensité incroyable à BULLET BALLET, enchainant les scènes qui tuent sans aucun répit et sans aucune concession, en témoigne cette scène ou dans un élan de colère, Goda se fabrique un flingue fait maison et attaque les jeunes qui l'ont racketté 3 minutes avant ou encore cette fusillade finale, déchainement de violence incroyable et monument de mise en scène. Stylisé, BULLET BALLET l'est assurémment, les impacts de sang font couler beaucoup plus de sang qu'ils n'en devraient et en soit, rien que la mise en scène relève de la stylisation : Tsukamoto ne semble toujours pas savoir ce qu'est un plan fixe (et tant mieux!), tout le film est tourné caméra à l'épaule, ce qui permet au réalisateur de cette perle de signer une oeuvre incroyable visuellement, frénétique dans son montage (Tsui Hark serait jaloux...) pleine de pures merveilles visuelles, en témoigne cette scène de "jeu du métro"... Je n'en dis pas plus tant cette scène est surprenante mais sachez simplement qu'avec une caméra et 3 francs Tsukamoto fait mieux en termes d'effets spéciaux que nimporte quel blockbuster hollywoodien. Rajoutez à cela une photographie du tonnerre et un noir et blanc sensationnel et avec BULLET BALLET vous savez que vous tenez une merveille visuelle.

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Cette merveille visuelle est soutenue par des acteurs absolument incroyables. Inutile de citer Shinya Tsukamoto, qui en plus d'avoir réalisé, monté, écrit et produit BULLET BALLET en tient également le rôle principal. Le bonhomme est criant de crédibilité dans le rôle d'un salarié détruit par le suicide soudain et imprévisible dont la vie prend du sens suite à la rencontre d'une petite "punkette" (merci Jean-Pierre Dionnet pour ce néologisme.) assez provocatrice merveilleusement jouée par Kirina Mano. Et pour continuer sur les acteurs méconnus, Tatsuya Nakamura est étonnant ici, jouant un rôle qui n'est pas sans rappeler Brad Pitt dans FIGHT CLUB, il affiche une gueule assez étrange et des airs limite psychopathes. Quand à Takahiro Murase et les acteurs qui jouent la troupe de jeunes, ils sont tous parfaits dans leurs rôles de trous du cul agaçants et soulignent à merveille la haine que Tsukamoto voue à ces jeunes, la ou Mano et Nakamura créent le paradoxe en donnant vie à des personnages à part qui permettent à Tsukamoto de se ranger de leur côté, paradoxe largement explicité par cette scène ou Goda, son flingue pointé sur Goto, le petit jeune, crie "Je ne m'en servirai pas contre vous"...Réplique très représentative du paradoxe dont Tsukamoto est victime.

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En parlant de répliques, Tsukamoto, en plus d'être un grand réalisateur, monteur et acteur, est également un grand scénariste... BULLET BALLET est une merveille d'écriture, que ce soit dans la structure de son scénario ou ses dialogues. Comme à son habitude, Tsukamoto préfère dire ce qu'il à a dire par sa mise en scène davantage que par les dialogues, il est donc très difficile de trouver des répliques inutiles, toutes font avancer le scénario et permettent à Tsukamoto de développer ses obsessions très explicitement, pour autant le bonhomme n'oublie pas de faire un film et livre avec BULLET BALLET un véritable modèle de construction dramatique. Celle-ci, en crescendo, est très efficace. Tsukamoto construit sa tension dramatique avec brio jusqu'a une explosion finale de violence qui marquera les esprits dans la mesure ou sa brutalité, en plus d'être inattendue est également marquée d'un certain suspense, ainsi cette fusillade finale, avant l'explosion de violence qui à mes yeux la caractérise, est l'occasion pour Tsukamoto de se servir de son ambiance sonore pour installer une tension nerveuse. Jouant sur les nerfs du spectateur avec l'aide de bruits les plus incongrus les uns que les autres, jouant sur le sursaut et sur l'obscurité de son décor, Tsukamoto se montre avec BULLET BALLET capable non seulement de livrer une oeuvre frénétique mais aussi de jouer sur des registres plus subtils comme le suspense, et inutile de dire que pour moi, l'essai est tout à fait réussi.

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Pour finir, BULLET BALLET est soutenue par une musique absolument incroyable de Chu Ishikawa, le seul mec au monde capable de rendre la noise music agréable à l'écoute, qui, non content de livrer une zik incroyablement bourrine livre également dans les derniers instants de cette oeuvre une musique plus calme et agréable, apaisante, ainsi tous ceux qui connaissent un minimum ce compositeur seront surpris à l'écoute de la musique finale de ce film... Film qui pour moi à marqué un tournant puisque vous l'aurez compris, je l'adule. Il s'agit à ce jour d'un de mes 10 films préférés et si tout le monde ne partagera pas mon engouement, je tenais quand même à le préciser.

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BULLET BALLET
est un putain de chef d'oeuvre intergalactique. A voir absolument. Malheureusement voila, trouver le film est assez difficile. Une chose est sure : vous ne le trouverez JAMAIS sur le commerce. Mais le film est disponible dans une édition qui déchire, une édition Asian Classics, un coffret qui contient deux films, ce BULLET BALLET évidemment mais aussi le génialissime TOKYO FIST de Tsukamoto, évidemment avec ces deux films il y a beaucoup de bonus : une présentation des deux films par le légendaire Jean-Pierre Dionnet, des interviews de Shinya Tsukamoto, des bandes-annonces et un livret collector détaillant et expliquant les deux oeuvres génialissimes contenues dans le coffret. Malheureusement une telle édition vient avec un prix et est donc assez cher... Mais il est sans doute possible de le trouver sur priceminister.com pour un prix convenable. Au passage, les fanas de la VF seront surpris... Car aucun des films de Tsukamoto, et je dis bien AUCUN, n'a été doublé en français... Et tant mieux!

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-ZE RING-

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04 avril 2011

TAXI DRIVER

TD1

Réalisé par Martin Scorsese en 1976.
Ecrit par Paul Schrader.
Avec Robert De Niro, Jodie Foster, Cybill Shepherd et Harvey Keitel.
Musique composée par Bernard Hermann.

Vétéran de la Guerre du Vietnam, Travis Bickle (Robert De Niro) est chauffeur de taxi dans la ville de New York. Ses rencontres nocturnes et la violence quotidienne dont il est témoin lui font peu à peu perdre la tête.

Comme on dit, jamais de deux sans trois! C'est donc après avoir chroniqué Chiens de paille et Bad Lieutenant, deux films qui je le rappelle ont provoqué scandale à leur sortie que je m'attaque à un troisième, Taxi Driver, ou encore un scandale injustifié, et une fois de plus, personne n'est étonné, Taxi Driver étant l'archétype même du film politiquement incorrect défiant toute morale établie par nos chers culs serrés nationaux... Alors on ne reviendra pas sur le débat de la violence puisque tout à été dit en commentaire sur l'article de Cannibal Holocaust... Par contre, on va revenir sur Taxi Driver, encore un film d'une rare subversion, il va falloir vous habituer à que je ne critique presque que cela, oui je suis quelqu'un de très glaucque et après ce Taxi Driver ce sera sans doute au tour de Série noire de venir faire un tour sur ce blog, mais passons, des choses à dire sur ce qui est considéré à ce jour comme le meilleur film de Martin Scorsese, dont par moi, il y en a un paquet alors inutile de perdre plus de temps et rentrons dans le vif du sujet!

TD2You talkin' to me?

Certainement un des tous premiers vigilante movies avec Un justicier dans la ville de Michael Winner (qu'il faut au passage que je voie), Taxi Driver est aussi l'un des plus marquants, si ce n'est le plus marquant, inspirant encore à ce jour bon nombre de films du genre, notamment l'excellent Dead Man's Shoes de Shane Meadows, dire qu'avec ce film on tient un chef d'oeuvre est presque dévalorisant tant Taxi Driver est d'une qualité rare au cinéma, monument de violence et de subversion mais aussi paradoxalement un film d'humour, il est le film qui à révélé bon nombre de personnalités capitales pour le cinéma : Robert De Niro en tête, qui tient ici un de ses rôles les plus marquants et Martin Scorsese qui signe ici le film de sa vie, pourtant si on a tendance à ne retenir que ces deux types la force est de constater que tout le mérite ne leur revient pas, car rappelons-le, Taxi Driver dispose également d'un scénariste de talent, Paul Schrader qui à aussi écrit deux autres des meilleurs crus de pépé Scorsese : Raging Bull et La dernière tentation du Christ, ainsi que d'un très grand compositeur, Bernard Hermann, qui rappelons-le à composé la bande-son de Psychose d'Alfred Hitchcock et du film qui à révélé Brian De Palma : Sisters, c'est donc avec un staff en acier (c'est le cas de le dire) et après l'échec autant commercial que cinématographique que fut Alice n'est pas ici (pas un mauvais film, mais loin d'être transcendant), Martin Scorsese se rattrape et révolutionne définitivement le cinéma en lancant un genre à l'époque presque tout nouveau : le vigilante movie, et si les imitations furent nombreuses par la suite, force est de constater que peu méritent l'attention de cinéphiles, puisque la plupart des imitations sont des pellicules baclées montrant des gentils justiciers qui tuent des méchants gangsters tout en oubliant l'élément qui fait de Taxi Driver le chef d'oeuvre que Scorsese n'égalera jamais par la suite : la subversion.

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Car soyons clair, la est la plus grande force de Taxi Driver. Ayant déja plus ou moins traité la déshumanisation suite à la guerre du Viet-Nam dans son court-métrage, -il faut l'avouer-, très gratuit et pas nécessairement simple à interpréter The Big Shave, Scorsese affine ici son message engagé et l'envoie droit dans la gueule du spectateur, et si l'on pourra reprocher au film d'être peut-être trop évident dans son propos, on ne le fera pas, car c'est cette évidence qui fait de Taxi Driver un film sans aucune concession, et donc une baffe dans la gueule. Scorsese et Schrader créent de toutes pièces un personnage ambigu psychologiquement, perturbé, qui semble même perdu et toujours distrait, Travis Bickle, personnage rendu culte par l'interprétation sans faille de Robert De Niro (un meilleur acteur que lui, ça n'existe pas.), personnage que l'on voit sombrer petit à petit dans une déshumanisation totale, incapable d'un quelconque sentiment humain si ce n'est la haine, haine qu'il fixe sur les rues de New York, crades, glaucques et lieux de nombreuses violences urbaines... Evidemment, la subversion ne s'arrête pas la sinon il n'y aurait pas eu de scandale... Mais comme notre société est composée en grande majorité de culs serrés, il ne faut pas s'étonner que le film ait fait tant de bruit puisqu'il présente Jodie Foster dans ce qui est sans doute son seul bon rôle... Elle joue en effet une prostituée, jusque la ça va, je rappelle qu'on est en 1976 et qu'a l'époque, elle à 13 ans... Hum, d'un coup ça passe moins bien, évidemment on ne s'arrêtera pas la, Taxi Driver étant plus intéréssant de par son message dénonciateur que par l'encre qu'il à fait couler, malgré tout on notera que la démarche de Scorsese tient ici clairement de la provocation, pas étonnant en soit que le film ait fait scandale, ce qui est étonnant c'est que notre intelligencia qui aime l'art et les artistes, la subversion et à la science infuse ne reconnaisse pas un film provocateur quand elle voit un.

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Evidemment, Taxi Driver ne vaut pas que par sa subversion mais aussi par sa réalisation, Martin Scorsese filmant ici les rues mieux que personne, jamais vous n'avez vu un environnement urbain filmé comme ça, Scorsese rend les rues de New York glaucques et étouffantes avec une aisance déconcertante, bien aidé évidemment par le saxophone chelou de Bernard Hermann (d'ailleurs, il est marrant de voir qu'un an après, Martin Scorsese réalisera New York, New York avec Robert De Niro, qui joue ici un... saxophoniste.), chaque plan de Taxi Driver est méticuleusement soigné. On retiendra notamment ces travellings sur les avenues de New York, éclairées par les lumières ici très glaucques des cinémas porno, très sombres et envahies par la fumée, Taxi Driver est un film au décor étouffant et opressant, ultra-glaucque qui se termine sur une fusillade d'anthologie, -monument de violence par ailleurs-, pourtant paradoxalement si Taxi Driver est un film extrêmement dérangeant il est aussi un film à mourir de rire, du à son côté décalé et a un scénario d'une rare qualité d'écriture. On a tendance à l'oublier, mais Paul Schrader à ici fait un travail impressionnant, accordant un soin tout particulier au personnage de Travis Bickle dont chaque réplique fait mouche, en témoigne la séance du miroir, en grande partie improvisé par Robert De Niro et le dialogue avec le gorille de Palantine ("Un insigne secret pour les services secrets"). Signant donc un scénario parfait en termes de dialogue, Schrader n'oublie pas pour autant le rythme du film, ainsi si Taxi Driver est un film assez lent force est de constater qu'il est difficile d'y trouver des longueurs, c'est donc un film très bien structuré qui nous est offert, alors après je sais pas vous mais pour moi dialogues parfaits + construction parfaite = scénario parfait, mais évidemment, un scénario aussi génial soit-il n'est rien sans les acteurs qui l'animent.

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Et ici, bin finalement, pas trop de souci à se faire, Robert De Niro est au sommet de son talent et affiche un charisme animal, entrant dans la peau de Travis Bickle, personnage extrêmement ambigu, avec une aise déconcertante, De Niro livre ici une de ses meilleures prestations. Il en est de même pour Harvey Keitel, dans un rôle certes secondaire mais qui reste le seul à tenir a peu près la cadence avec De Niro, jouant ici le rôle d'un bad mother fucker méprisable, affichant une gueule méconaissable mais toujours cette carrure de dinosaure et son côté déjanté, les deux acteurs sont en parfaite cohésion, de même pour les scènes entre De Niro et Jodie Foster, qui trouve incontestablement le rôle de sa vie, dans le rôle d'une prostituée de 13 ans (Oh mon dieu quel scandale!), un rôle complètement fou et qui rajoute beaucoup au côté malsain du film. On note aussi quelques apparitions qui font bien plaisir, comme celle de Victor Argo, très sympathique ou encore celle de Martin Scorsese, passage absolument mythique ("Vous avez déja vu ce que ca fait un coup de .44 Magnum dans le con d'une femme?"), déjanté, et avant tout, très glaucque, Scorsese jouant ici un inconnu complètement branque faisant part de ses projets de tuer sa femme à Travis... Une rencontre qui met plutôt mal à l'aise, il faut l'avouer, m'enfin voila inutile de s'éterniser plus longtemps, vous m'avez compris, le casting est parfait.

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Reste donc les défauts de Taxi Driver et il faut oublier que trouver des défauts à ce bijou est chose assez difficile, Taxi Driver fait selon moi partie des films parfaits à tous les égards, alors oui on pourra peut-être dire que Cybill Shepherd ne brille pas vraiment par sa prestation mais elle est tout à fait correcte, et pour les 10 minutes qu'on la voit à l'écran, on va pas s'en plaindre, surtout que bon si on part la-dessus tout le casting est naze puisqu'ils sont tous complètement effacés par De Niro, enfin voila, finalement Taxi Driver est un film génialement interprêté, réalisé, scénarisé, malsain, glaucque, violent, original et subversif, tous les critères sont ici réussis pour que je puisse me permettre une fois de plus de crier CHEF D'OEUVRE car c'est ce qu'est Taxi Driver : un chef d'oeuvre, et si mon engouement dérangera sans doute quelques uns, il faut l'avouer : un film comme ça, on n'en voit pas deux. Alors pour ceux qui ne l'ont pas vu, depêchez-vous de le faire car Taxi Driver, s'il ne fait pas l'unanimité, reste un indispensable.

-ZE RING-

P.S. Allez jeter un oeil au sommaire du blog, c'est pas encore complet mais sur le point de l'être! ;)

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30 janvier 2011

DEAD MAN'S SHOES

Dead_Man_s_Shoes

Réalisé par Shane Meadows en 2004.
Ecrit par Paddy Considine et Shane Meadows.
Avec Paddy Considine, Toby Kebbell et Gary Stretch.
Musique composée par Aphew Twin

GOD WILL FORGIVE THEM. HE'LL FORGIVE THEM AND ALLOW THEM INTO HEAVEN. I CAN'T LIVE WITH THAT.

Vigilante movie violent mais intelligent, Dead Man's Shoes est une belle grosse baffe dans la gueule réalisé par un crevard de la caméra et soutenu par des prestations d'acteurs étonnantes... D'ores-et-déja un classique grâce à sa violence gratuite et percutante et surtout à son twist de taré, Dead Man's Shoes est un de ces films qui fait plaisir à voir, réalisé par un type presque inconnu et qui s'avère être une excellente surprise en cela qu'il à le privilège plus ou moins rare d'être dénué d'un quelconque défaut, ainsi, quiconque cherche du film qui tache et jouissivement irrévérencieux se doit de le voir, ainsi si le vigilante movie est un genre qui n'a pas toujours été très bien exploité (The Punisher...), Dead Man's Shoes, lui est un souffle d'air frais dans le domaine tant il excelle sur tous les points, rendant grandement hommage à Taxi Driver, Shane Meadows et Paddy Considine signent ici une baffe intergalactique dont les dernières scènes finiront par vous trouer le cul, explications car Dead Man's Shoes les mérite mille fois.

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Dôté d'une ambiance et d'une bande-son assez étrange, Dead Man's Shoes étonne dès le début par ses plans le plus souvent fixes, parfois même à la limite du documentaire, faisant du film une oeuvre assez comtemplative, toutefois si le début est assez gentil en termes d'images, cela ne dure pas longtemps et rapidement Dead Man's Shoes s'avère être une oeuvre trash et éminemment gratuite dans sa violence, extrêmement percutante mais jamais justifiée scénaristiquement avant le grand final, ainsi je ne dirai rien de peur de gâcher la surprise mais sachez simplement que le twist de cette bombe vous laissera sur le cul, expliquant 1h30 de bobine en 3 petites minutes, tous les rôles s'inversent en l'espace d'une seconde faisant de ce Dead Man's Shoes un prodige en termes de scénario, qui, aussi particulier soit-il dans son ambiance et sa violence la ne semblait être qu'un banal vigilante movie complètement barré de plus. Ce n'est clairement pas le cas, et à bien des égards Dead Man's Shoes est un tour de force, adoptant un montage assez particulier et traitant d'une histoire pas forcément simple à traiter mais parvenant toujours à garder sa puissance visuelle, morale et sa cohérence. Le côté décalé du film lui permet encore plus d'aller dans l'irrévérencieux et l'injustifié, il faut voir Gary Stretch buter son pote au sniper puis crier à l'accident pour le croire, mais jamais Dead Man's Shoes ne devient lourd ni ne sombre dans un humour noir pourri, bien au contraire, le film est carrément délirant, délire soutenu par des prestations d'acteurs incroyables.

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Inutile de tourner autour du pot : Paddy Considine éclate à lui tout seul tout le casting du film. Il signe une prestation tellement géniale qu'on à du mal à croire que sa carrière se soit plus ou moins résumée à de beaux nanars, pourtant si la majorité des acteurs du film ne font pas le poids à côté de lui, Gary Stretch et Toby Kebbell sont également particulièrement excellents, on notera aussi Stuart Wolfenden, qui signe une très bonne prestation et parvient même à être toucher à un moment donné du film mais je n'en dis pas plus... Soutenu par des acteurs terribles donc, et une maitrise de la caméra dont il est impossible de douter, le film de Shane Meadows est un film intelligent et très divertissant, grâce à ce côté décalé dont j'ai parlé plus haut et surtout à un scénario allant d'un point A à B sans aucun temps mort, permettant au film d'être à la fois jouissif et visuellement terriblement méchant, sacrifiant ses personnages à un rythme absolument infernal, Shane Meadows et Paddy Considine signent un vigilante movie d'une qualité rare, sans doute un des meilleurs depuis un bout de temps qu'il vous faut voir absolument...

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Enfin voila, Dead Man's Shoes c'est ça, une tuerie absolue qui à clairement l'aura d'un chef d'oeuvre, un film irrévérencieux, jouissif et scénaristiquement énorme qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie... D'ailleurs si vous êtes encore la à lire ces dernières lignes, c'est que vous n'avez rien compris à ce que je dis depuis dix bonnes minutes : courrez au bureau de tabac ou sur amazon et achetez-le d'urgence!

-Ze Ring-

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