13 mai 2012

JU-ON

jaquette

RÉALISÉ PAR | TAKASHI SHIMIZU.
ÉCRIT PAR | TAKASHI SHIMIZU.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | SHIRO SATO.

MEGUMI OKINA | Rika Nishina.
MISAKI ITÔ | Hitomi Tokunaga.
MISA UEHARA | Izumi Tôyama.

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Une critique de plus sur ce blog... Seulement, la différence majeure, c'est que cette fois-ci, ce n'est pas moi, Ze Ring, qui écrit, mais Salinui Chueok. La bienvenue à ce nouveau rédacteur sur ce blog, qui, je l'espère, continuera à s'agrandir! -ZE RING-


Pour tout vous dire, je suis un peu un gros fan du cinoche d'horreur Asiat. Bon, surtout les Yurei Eiga, peut-être d/ailleurs parce que ce sont les plus nombreux et que les réals qui ne tombent pas dans les histoires de fantômes de petites filles aux cheveux pas très propres (voire crade, et de préférence très longs) se comptent sur les doigts d/une main. Je pense d/ailleurs surtout à Kiyoshi Kurosawa, prolifique cinéaste venu du Japon et qui s'est désormais payé une bonne réputation dans le domaine du cinéma de genre en alliant deux choses dont la culture nippone est totalement imprégnée, la poésie et la peur. JU-ON, n'en est pas tellement imprégné, mais il serait dommage de dire que le film en est exempt. Premièrement, c'est faux, et deuxièment, même en légère quantité, il y en a, voulue ou non. Avant de m'attaquer plus sérieusement au film qu'est JU-ON, je tiens à faire une petite parenthèse sur la poésie dans le cinéma d'horreur Japonais (vous comprendrez donc son importance dans le film). Ne vous inquiétez pas, ce ne sera pas long, au pire passez directement au troisième paragraphe.

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Bien que celle-ci soit rarement un élément central du film, elle l'englobe. La poésie a cette capacité de faire contraster peur et réalité de manière à rendre le tout ambigu et glauque. Par son aspect très onirique (rappelons nous la petite fille en parka et cartable dans DARK WATER, d'Hideo Nakata ), elle ajoute un aspect étrange et merveilleux dans l/intimité d/une vie au final extrêmement banale. Nous verrons donc dans énormément de films d'horreur, toujours Japonais, le personnage principal rentrer du boulot, se préparer à manger, prendre sa douche, emmener son enfant à l'école... La poésie se trouve très souvent dans des choses très banales du quotidien, mais elle doit rester quelque chose de fictif (vu qu'on ne la remarque pas, elle n'existe pas) car au final elle l'a toujours été, et c'est cela qui fait peur dans les films d'horreur nippons. La peur de l'inhabituel. Prenez un cartable de petite fille. Jusque-là, tout va bien non? Foutez-le dans un appartement complètement déserté et délabré d'un immeuble. Résultat? C'est étrange, glauque, ça fout mal à l'aise, mais c'est beau, captivant pour l'oeil, et tout cela couplé avec une mise en scène de génie (je n/ai pour l'instant pas vu de films d'horreur japonais dont la mise en scène m'ait rendu complètement indifférent ), vous obtenez un résultat magnifique. Et quand tout ça est sous la direction de réalisateurs tels qu'Hideo Nakata, Takashi Shimizu ou Kiyoshi Kurosawa, vous ne pouvez pas en ressortir indemne. C'est quelque chose qui prend à la gorge. Et de fait je ne peux que vous conseiller DARK WATER d'Hideo Nakata, un véritable chef d'oeuvre qui mêle peur et poésie avec beaucoup de subtilité et SÉANCES de Kiyoshi Kurosawa, qui est sûrement le film d'horreur le plus poétique que j'ai pu voir jusqu'à présent. En les visionnant (le second peut-être difficile à trouver cependant, hormis dans des coffrets), vous aurez une idée de ce que j'ai voulu dire dans ce paragraphe. Merci en tout cas à ceux qui ont lus cette parenthèse, même si j'ose avouer qu'elle est plutôt floue. Bref, on passe quand même à la critique de JU-ON!

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Takashi Shimizu est un cinéaste très connu au Japon dans le domaine de l'horreur. Il est assez facile de rapprocher le réalisateur d'Hideo Nakata dans le sens où les deux ont LEUR série (RING pour Nakata, THE GRUDGE pour Shimizu). Ils ont tout les deux faits de leur saga de véritables emblèmes du Yurei Eiga, quitte à en faire trop, puis surtout se sont auto-remakés plusieurs fois, mais cela sans jamais ennuyer le spectateur en reproposant la même chose comme avec FUNNY GAMES U.S d'Haneke ( attention je ne critique pas le film, je l'aime bien même ). On sent chez ces deux réalisateurs l'envie de proposer une expérience nouvelle, américanisée et stylisée mais pas trop des sagas qui les ont fait connaître. Nakata s'amusera donc par deux fois avec RING en nous concoctant 2 épisodes avec Naomi Watts (seul le premier de Verbinski vaut le coup d'oeil, c'est un très bon film) dont les différences avec les versions japonaises sont hyper flagrantes (d'ailleurs la version américaine de RING 2 est totalement différente de la version japonaise, et est malgré son niveau plutôt moyen bien meilleure que l'originale), et Shimizu quant à lui s'amusera tout simplement à garder tout les éléments scénaristiques et les personnages de JU-ON, mais en proposant un montage et donc un schéma différent. C'est sympa à voir, pas lassant, bon tous ces remakes ne valent pas leurs versions originales, mais ils ont le mérite de divertir et d'être ouverts à un plus grand public pour ceux que le cinéma japonais n'intéresserait pas (rien que Naomi Watts et Sarah Michelle Gellar, ça attire du monde, hein).

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Passées les premières mystérieuses secondes se contentant de simples écrits relatant une malédiction qui sévirait dans les endroits où de terribles meurtres blindés de rage jusqu'à la moelle ont eu lieu, le film (et ma critique) commence enfin. Il est intéressant de voir le choix très judicieux qu'a apporté Shimizu au lieu central du film. Effectivement le théâtre des horreurs ne sera rien d/autre qu'une simple mais très belle maison typiquement japonaise, avec son lot de portes coulissantes, d'escaliers à angles à 90°, de silences pesants (eh oui, on n'est pas dans un Ozu), mais surtout de verdures entourant la maison (intelligemment située dans une sorte de ruelle pour éviter tout contact extérieur). Ce sera ce cadre là la véritable poésie qui se dégagera du film, car oui c'est vert, c/est beau et écolo, mais surtout une bonne partie de la maison donne vers le soleil, et est donc constamment baignée d'une lumière pas trop vive mais suffisamment revigorante pour que l'on s'y sente bien, en bonne santé et plein d'entrain. Étrange comme décor de film d'horreur non? On est plutôt habitués à des cavernes, des souterrains, des maisons lugubres, mais surtout 95% du temps un soleil inexistant. C'est donc par ce film plutôt court (environ 1h30) que Shimizu nous donnera une petite leçon de ce qu/est la peur, mais surtout la peur en plein jour...
Le film est dans sa structure assez original. Celui-ci est découpé en plusieurs séquences variant généralement de 10 à 20 minutes chacunes, lesquelles se centrent sur un personnage en particulier, généralement jusqu'à son dernier souffle. Le changement de personnage se fait par le biais d'écrans noirs sur lesquels sont écrits les noms des prochaines victimes. C'est une structure totalement en adéquation avec le reste du film dans cette manière fataliste d'annoncer simplement le nom de la prochaine victime, comme si l'issue, quoi qu'il se passe, était inévitable et condamnait sans espoir de s'en sortir l'innocente victime ayant posée les pieds dans la baraque maudite. Reste à savoir la manière dont elle mourra, mais surtout dans quelles circonstances.
Ce n'est pas la manière de mourir, en soit, qui dérange, car de toute façon la mort n'est jamais montrée (cependant on voit le résultat, héhé, je laisse la surprise) de manière explicite. C'est plus ce qui la précède qui fera qui vous fera suer à vous en coller à votre fauteuil. La démarche du "fantôme tueur" (tro lol koi) est sacadée de sorte à instaurer une véritable sensation de malaise. D'autant que la mise en scène de Shimizu (je retiendrais une scène, bon attention petit spoil : où la caméra suit la démarche du fantôme caché derrière une sorte de cloison, c'est très ingénieux vu qu'on sait que la fantôme est là, mais qu'on ne le voit pas) est vraiment un modèle du genre. Les meurtres sont quasiment toujours commis dans des lieux sombres mais en pleine journée (bon de temps en temps, par exemple pour la soeur, non) et les acteurs miment très bien le malaise, pas comme un certain RING 2 où l'actrice principale en fait des tonnes, par exemple (troll).

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Ce qui fait au final de JU-ON un bon film (voire un très bon), c'est qu'il réunit tout ce que je considère qu'il faut dans un film d'horreur (enfin presque) : de la peur, une ambiance de folie, un fantôme hyper glauque, de bons acteurs, et une très bonne mise en scène. Le seul point donc que l'on pourra regretter, c'est ce scénario quasiment inexistant (bon il y en a un, mais il est léger, pas du tout passionnant, il est plus là pour dire qu'il est là). Mais il serait dommage de ne faire attention qu"à ça, car niveau ambiance, le film est une véritable réussite. C"est d'ailleurs le critère auquel j'attache personnellement le plus d'importance dans les films de ce genre. Cependant, le film n'est pas excellent non plus, je tiens à le dire, c'est un très bon film de peur, mais objectivement le reste n'est pas si exceptionnel que ça.

SI VOUS AVEZ AIMÉ CE FILM, VOUS AIMEREZ...

  • SÉANCES de Kiyoshi Kurosawa.
  • RING d'Hideo Nakata.
  • JU-ON 2 de Takashi Shimizu
  • LA MORT EN LIGNE de Takashi Miike (d'ailleurs je prèfère celui-ci à JU-ON, super film)

-SALINUI CHUEOK-

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03 mai 2011

DARK WATER

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Réalisé par Hideo Nakata en 2002.
Ecrit par Takashige Ichise, Yoshihiro Nakamura, Ken'ichi Suzuki et Hideo Nakata à partir d'une nouvelle de Kôji Suzuki.
Avec Hitomi Kuroki, Rio Kanno et Mirei Oguchi.
Musique composée par Kenji Kawai et Shikao Suga.

Une femme et sa fille de 6 ans s'installent dans un immeuble délabré en proie à d'étranges inondations...

Je vous l'avais promis... Vous l'avez attendue longtemps... Ca vous à fait chier... Mais finalement la voici, ma critique de Dark Water, qui cloture le cycle Nakata sur ce blog. Certains d'entre vous apprécient sans doute le fait que je m'attarde longuement ces temps-ci sur le cinoche asiatique, d'autres non, à ceux-la, rassurez-vous, après celui-la vous n'entendrez plus parler de fantômes chevelus et de sorcières qui sortent d'écrans de télé pendant un bout de temps et cela dit j'espère que moi non plus, m'enfin Dark Water, que vous aimiez le genre ou non, reste un film à voir, d'une part parce qu'il est bien plus accessible et bien moins glaucque que son confrère Ring, de l'autre parce que Dark Water est tout simplement l'un des évènements cinématographiques les plus terrifiants de ces 10 dernières années, puisqu'il envoie très facilement six pieds sous terre une grande partie des films d'horreurs réalisés ces dernières années, seules les réalisations de sieur Balaguero peuvent se targuer d'égaler le chef d'oeuvre de Nakata en termes d'intensité et de flippe, par ailleurs s'il n'y a qu'un seul film auquel Dark Water peut se comparer c'est bien le Fragile de Jaume Balaguero tant les similarités sont flagrantes, mais je n'en dis pas plus puisque les deux films reposent énormément sur leur scénario et leur effet de surprise... Dark Water, ou le meilleur film d'horreur de la décennie?

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Et oui car chef d'oeuvre est le mot qui correspond le plus à Dark Water, et ce malgré toutes les mauvaises langues qui pourront vous dire le contraire, car que ce soit le clair, sur le net on trouve autant de critiques qui encensent le film que d'autres qui le descendent pour son côté plus accessible : en effet, Dark Water est bien moins glaucque que l'autre chef d'oeuvre d'Hideo Nakata : Ring, toutefois peut-on qualifier d'accessible un film tel que Dark Water? J'en doute, d'une part parce que même si le film est moins glaucque que son prédecesseur, il l'est quand même pas mal, de l'autre parce qu'il compense ce manque très peu pénalisant par des scènes de flippe d'une rare intensité, soyons clair, j'ai rarement autant flippé devant un écran catapultant d'office Dark Water au rang de film culte qui n'a pas à rougir de la comparaison avec Ring, comparaison complètement con au passage d'ailleurs puisque les deux films ont une identité complètement différente, Ring étant en effet un pur film de genre dans la tradition du yurei eiga à l'ambiance crasse alors que Dark Water est bien moins attaché à ce genre puisqu'il se rapproche plus d'un drame familial bercé dans l'horreur, ainsi ceux qui connaissent un petit peu l'oeuvre de Nakata sauront tout de suite de quoi je veux parler puisque l'obsession de Nakata semble clairement être la dislocation de la famille, thème furtivement abordé dans son Ring mais qui est ici le centre du film, donnant lieu à des scènes d'une rare intensité émotionnelle ("émotion" ou le mot à ne pas dire quand on parle de Ring.) en contraste total avec des scènes de flippe carrément traumatisantes. Traumatisant, Dark Water l'est assurément, et si effectivement de ce point de vue le film l'est moins que Ring du à son fantôme beaucoup moins iconique, Dark Water garde un potentiel immense en la matière, chaque scène d'angoisse est à se chier dessus, scènes portées par les bruits toujours aussi flippants de Kenji Kawai mais pourtant la plus grande force du film ne se trouve pas la.

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Qu'on ne s'y trompe pas, si Hideo Nakata est un très grand metteur en scène qui connait ses classiques sur le bout des doigts (Dark Water emprunte beaucoup à Shining.), surtout lorsqu'il agit de foutre les chocottes à son public, la plus grande force de son bébé se trouve davantage dans son scénario que dans ses scènes de flippe, véritablement bouleversant Dark Water est extrêmement intéréssant de par sa construction, en effet, il est entièrement basé sur le divorce et le combat pour la garde de la fille du personnage principal, brillament jouée par ailleurs par Hitomi Kuroki, une actrice méconnue. Tout le film se construit autour de ce personnage, qui vit des rapports tendus avec son ex-mari. Et si le film monte crescendo dans l'horreur et la peur, en dehors d'une volonté évidente de faire un film qui reste imprimé dans les mémoires, cela ne me semble pas être un hasard puisque ce même personnage sombre petit à petit dans un véritable pétage de plombs, plus les évènements insolites arrivent dans cet immeuble désert, insalubre et glauque, plus le personnage principal est tendu, ainsi si cette tension est bien évidemment représentée par les interventions les plus explicites du fantôme dans le monde des vivants, l'intervention de celui-ci est l'élément qui provoque la division d'une famille déja brisée. Et puis, bien évidemment, en dehors du sens à peine caché du film, les nombreux scénaristes font preuve d'un grand talent d'écriture sur ce Dark Water, le film est génialement construit et toujours prenant et tétanisant malgré sa lenteur, les dialogues sont très fins et portés par des prestations d'acteurs au poil et la réalisation d'Hideo Nakata est une pure merveille... Qu'y a t-il donc d'autre à dire? Et bien rien si ce n'est justement que les talents de mise de scène dont Nakata faisait preuve sur Ring étaient déja immenses et que le bonhomme se surpasse complètement ici, distille sans grande peine une tension impressionnante, jouant sur la lenteur de son film pour faire sursauter le spectateur toutes les deux secondes et livrant comme je le disais des scènes de flippe de fou... A ce titre, la scène finale dans l'ascenseur est de loin un des plus grands moments de peur qu'il m'ait été donné de voir devant mon écran, Nakata continuant toujours à jouer sur la suggestion et sur l'imagination de son spectateur, et puis s'il y a un point sur lequel j'ai oublié de m'attarder qui mérite tout de même que j'en parle, c'est le potentiel émotionnel du film, en effet, si le final va transformer votre coeur en turbine, il va aussi le briser en autant de temps qu'il ne faut pour le dire, mais je n'en dis pas plus...

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En conclusion, Dark Water est un pur chef d'oeuvre, un film parfait en la matière et certainement un des meilleurs films d'horreur que l'on ait vu ces dernières années, voire le meilleur, Dark Water est un film majeur de cette décennie et une chose est sure, si vous ne l'avez pas vu, vous n'avez rien vu! Et si vous avez été traumatisé comme je l'ai été par Ring... N'attendez pas 10 ans pour voir Dark Water car ce sont deux films sensiblement différents et si c'est l'ambiance de Ring qui vous a rebuté alors vous pouvez vous diriger sans crainte vers ce Dark Water qui est bien plus agréable à mater!! Voila, vous m'excuserez pour le contenu un peu plus faible qu'habituellement mais n'ayant pas le film en DVD et ayant à tout prix voulu le chroniquer, je travaille de mémoire la et c'est un peu plus compliqué que de travailler après vision (ou revision)!! J'espère que vous aimez la gueule du blog et j'espère que vous aimerez ce chef d'oeuvre du cinéma asiatique si vous suivez mon conseil et que vous le voyez le plus vite possible. :)

-ZE RING-

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22 avril 2011

RING

RJAQUETTE

Un film réalisé par Hideo Nakata en 1998.
Ecrit par Hiroshi Takahashi à partir d'une nouvelle de Kôji Suzuki.
Avec Nanako Matsushima, Hiroyuki Sanada, Rikiya Ôtaka et Rie Ino'o.
"Musique" composée par Kenji Kawai.

Une cassette vidéo maudite tue au bout de sept jours tous ceux qui la visionnent, à moins qu'ils puissent résoudre le mystère qui l'entoure.

Ring à donné son nom à ce blog. Ze Ring, mon pseudo, est un mix de mon nom de famille et du nom du film. Il était donc grand temps que le film vienne faire une incursion sur mon blog, tant c'est film auquel j'attache beaucoup d'importance du au fait qu'il m'ait littéralement traumatisé. A l'époque, j'étais très jeune et le film m'avait vraiment terrifié, mais après revision il y a quelques temps, force est de constater que Ring est loin d'être le film le plus terrifiant qu'il m'ait été donné de voir... On a fait bien pire depuis (Notamment REC et Fragile de Balaguero ou encore tout simplement le tétanisant Dark Water d'Hideo Nakata.) mais il est important de constater aussi qu'en termes d'ambiances glaucques, dérangeantes, cradingues, en termes d'ambiance visuelle ou sonore, on a rarement fait mieux, que ce soit avant ou après la sortie du film... Et si effectivement Ring fournit rarement de peur pure et dure, c'est davantage par son ambiance que le chef d'oeuvre d'Hideo Nakata brille.

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Impossible de parler de cinéma d'horreur sans lacher le nom des deux plus grands films d'Hideo Nakata : le tordu et glaucque Ring et l'ultra-flippant Dark Water, tant les deux films ont relancé un genre depuis longtemps oublié : le yurei eiga, le film de fantômes japonais de manière pure et simple, caractérisé par des fantômes de sexe féminin, vêtu d'une longue robe blanche et dont la longue coiffure noire leur cache le visage, fantômes aussi caractérisés par leur antre, généralement un puits, genre aussi caractérisé par l'interêt qui est accordé au rapport entre le monde des vivants et le monde des morts. Pour Ring, toutes ses caractéristiques sont respectées, inutile que je vous fasse la description de Sadako tant le personnage est emblématique et représentatif du genre, Sadako, ce spectre vengeur psychopathe à la démarche irrégulière, inutile de parler plus d'elle tant tout à été dit à son sujet depuis la sortie du film, qui à engendré bon nombre de réactions chez les cinéphiles, car pour être clair, Ring est un film unique en son genre, s'il n'innove pas une seconde en regard du genre dans lequel il se classe, force est de constater que rarement on a vu un film aussi glaucque, tordu, dérangeant et désagréable à regarder... Contrairement à des films tout aussi glaucques comme Série noire d'Alain Corneau (oui je sais ça n'a rien à voir mais ça m'est nécessaire pour amener mon propos), Ring ne laisse aucune place à un humour, même noir, aucune place à l'espoir, non, pour ce qui est de Ring ce qu'on retrouve le plus c'est une image cradingue, des sons dérangeants (qui constituent la seule "musique" du film, Kenji Kawai, grand compositeur par ailleurs, s'étant refusé à composer aucune mélodie pour le film), et un spectre à la démarche dingue, pourtant il serait dommage de limiter l'oeuvre de Nakata à cela tant Ring est bien plus qu'un simple film pas beau.Hideo Nakata, lorsqu'il réalise Ring, ne prend aucun risque. Il fait un yurei eiga standard, reprenant un à un tous les codes du genre qu'il exploite, avec brio au passage mais j'y reivendrai, à commencer par le vilain fantôme pas beau en robe et à cheveux noirs, mais surtout sur le rapport entre le monde des vivants et le monde des morts, Ring est en cela divisé en deux parties : son début, et un morceau de la fin, se déroulent en ville, alors que l'autre partie du film se déroule à la campagne, dans des lieux plus reculés d'ou est originaire Sadako Yamamura. Le "moyen de transport" entre ces deux mondes est symbolisé par cette cassette maudite, conteneur d'images très inquiêtantes et énigmatiques et surtout de la malédiction d'un spectre pas gentil du tout, pourtant au-dela de ce sens, commun à tous les films du genre (en témoigne Dark Water d'Hideo Nakata ou le "moyen de transport" est ici l'eau.), Ring s'impose plus comme un film sur la dislocation de la famille, sujet qui semble obséder Nakata tant on le retrouve plus ou moins dans tous ces films (Dark Water en est le plus brillant exemple, et sans même avoir vu Kaosu, rien qu'à l'histoire (un type qui perd sa femme grosso modo) je peux me douter que ça s'en rapproche.), sujet ici représenté par la situation familiale des deux personnages principaux, qui sont divorcés mais aussi par la tension qui s'installe crescendo au fur et à mesure que le nombre de jours s'écoule dans le film jusqu'au point d'apothéose du film, par ailleurs Ring s'avère être un film intelligemment scénarisé et réalisé tant Nakata fait monter la tension crescendo pour finalement la faire redescendre cash et la faire remonter brutalement dans un twist final de folie, très inattendu et très bien amené, par ailleurs inutile de dire que Ring est un prodige d'écriture, et cela s'applique autant aux dialogues qu'a la construction du film, qui se fait très lentement, mais Ring est en même temps un film très immersif, soutenu par des acteurs très corrects et la prestation de Rie Ino'o, interprète silencieuse de Sadako Yamamura mais surtout par la réalisation à toute épreuve d'Hideo Nakata.

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Car non seulement Nakata semble connaitre ses classiques sur le bout des doigts (références nombreuses à Shining dans Dark Water, et ici nombreuses références au génialissime Poltergeist de Tobe Hooper, film d'horreur préféré de Kôji Suzuki, écrivain de la nouvelle originale, mais aussi à Terminator et à Chiens de paille) mais il installe également une ambiance glaucque, étouffante, désagréable et oppressante au possible avec une aisance déconcertante, le plus souvent en plan fixe et dans l'obscurité, Nakata livre un film sombre et clairement désagréable à regarder tant l'ambiance visuelle est volontairement moche, même chose pour la bande-son du film, Kenji Kawai livrant presque uniquement des sons aigus et des sifflements très désagréables à entendre. Tout est fait pour que Ring soit un film désagréable à regarder et encore plus désagréable à revoir, et même si ce n'était peut-être pas l'intention première, force est de constater que tous les effets réunis ici pour installer l'ambiance fonctionnent, d'ailleurs en parlant d'effets, ceux-ci sont très rares dans Ring, le film se basant plus sur la suggestion, alors aux amateurs de films d'horreur qui ne savent actuellement pas de quoi je parle, ne vous attendez juste pas à des effusions de sang de tous les côtés puisque s'il y a de la peur dans Ring, elle vient de vous, et de ce que vous imaginez... Par ailleurs, en parlant de peur, celle-ci est a peu près absente du film tant celui-ci repose davantage sur son ambiance, malgré tout il y a des quelques plans très surprenants qui risquent de vous faire bizarre, il en va de même pour les apparitions de Sadako toutes marquées par ce sifflement inoubliable que l'on doit à Kenji Kawai... Qui je le rappelle à composé les bandes-sons d'Avalon, Seven Swords et Dragon Tiger Gate, petite parenthèse juste comme ça mais quand un compositeur passe d'un coup de ses compos épiques habituelles à celles de Ring, ça ne veut dire qu'une chose : qu'il est très fort.

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Maintenant que peut-on reprocher à Ring si ce n'est cette vague de films asiatiques à fantômes chevelus vains et inutiles dont Ring 2 et Ring 0 font d'ailleurs partie... On sent très clairement qu'Hideo Nakata n'a pas eu d'autre choix que de réaliser Ring 2 et semble se foutre complètement du film qu'il réalise, par ailleurs, si les défauts de ce dernier ne se limitaient qu'a cela, ce ne serait pas si grave, mais Ring 2 et Ring 0 ont pour unique but de démystifier la figure emblématique qu'est Sadako, grosse connerie tant la peur que causent les fantômes vient du mystère qui les entoure, je ne parlerai pas des remakes, étant donné qu'ils ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable mais que j'ai trouvé celui du 1 très regardable, bon d'ailleurs une dernière chose, donner le visage de Linda Blair dans L'exorciste à Sadako Yamamura c'était genre LE truc à ne pas faire au cinéma, une preuve de plus de la faible qualité des suites du chef d'oeuvre qu'est Ring... Maintenant vous savez ce qu'il vous reste à faire... Vous avez 7 jours pour le voir avant que je sorte de votre écran d'ordinateur pour vous tuer avec mon oeil :-)

CRITIQUES A VENIR =

  • Dark Water d'Hideo Nakata, monument de flippe comme j'en ai rarement vu.
  • Solitaire de Greg McLean, un excellent film d'horreur australien par le réalisateur du génialissime Wolf Creek.

-ZE RING-

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