02 juin 2011

IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE

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RÉALISATION | SERGIO LEONE
ÉCRITURE
| SERGIO LEONE, FRANCO FERRINI, FRANCO ARCALLI, ENRICO MEDIOLI, PIERO DE BERNARDI, LEONARDO BENVENUTI, ERNESTO GASTALDI, ET STUART KAMINSKI A PARTIR D'UNE NOUVELLE DE HARRY GREY.
MUSIQUE | ENNIO MORRICONE

ROBERT DE NIRO | David "Noodles" Aaronson
JAMES WOODS | Maximilian "Max" Bercovicz
ELIZABETH McGOVERN |
Deborah Gelly
JAMES HAYDEN | Patrick "Patsy" Goldberg
WILLIAM FORSYTHE | Philip "Cockeye" Stein
LARRY RAPP | "Fat" Moe Gelly
TUESDAY WELD | Carol
TREAT WILLIAMS | James Conway O'Donnell
RICHARD BRIGHT | Chicken Joe
DANNY AIELLO | Vincent Aiello
JOE PESCI | Frankie Minaldi
BURT YOUNG | Joe

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Nous y voila. La fin de la carrière de Sergio Leone. Son dernier film, et, accessoirement, son meilleur, j'ai nommé Il était une fois en Amérique. Atteindre la perfection est chose impossible, surtout au cinéma, il est possible de s'en rapprocher énormément mais jamais de l'atteindre, et dire qu'avec Il était une fois en Amérique on tient un film qui se rapproche de la perfection est peu dire tant le film est l'oeuvre la plus proche de la perfection d'un perfectionniste, Sergio Leone. Malheureusement, Il était une fois en amérique, qui dure 3h40 et est monté dans un ordre non-chronologique, à été massacré au montage en Amérique : le film à été remis dans son ordre chronologique, ce qui ne fait aucun sens, presque 2 heures de métrage ont été amputées et le bouquet, Ennio Morricone n'a même pas été crédité au générique pour sa musique! La honte, encore un bel exemple de l'ouverture d'esprit des Américains et de leur volonté de mettre main basse sur tout : que ce soit pour le pétrole ou pour le cinéma, partout ou ils passent ils foutent la merde mais je ne pense pas vous apprendre grand chose... A ce jour, la version de 3h40 visible en DVD du film n'est pas la version intégrale de celui-ci... Le syndrome Une balle dans la tête en somme. Et il n'y a pas de contenu ultra-violent ou ultra-sexuel dans ce film pour justifier de telles coupes, juste une volonté de couper la moitié du film pour faire le double de recettes... Messieurs les Américains, vous êtes des enculés, je doute que grand monde se sente ici visé par cette accusation mais peu importe, c'est la colère qui parle.

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La première chose qui interpelle avec Il était une fois en Amérique (et pour être interpellé par ça suffit de lire les noms sur la boite.) c'est son casting : Robert De Niro, James Woods, Richard Bright ainsi que Joe Pesci et Burt Young dans des rôles très secondaires, rien que ça. Avec un tel casting, inutile de dire que du point de vue "acteurs" Il était une fois en Amérique est une totale réussite, tous les acteurs se donnant à fond : inutile de parler de la qualité de la prestation de Robert De Niro qui tient ici un de ses meilleurs rôles, par contre James Woods lui tient très clairement le rôle de sa vie, il est tellement investi dans son rôle qu'il parvient même à tenir la mesure avec De Niro et Pesci, qui fait une apparition qui bien fait plaisir aux côtés de... Burt Young! Qui je le rappelle joue le rôle de Paulie dans Rocky, oui je sais voir ce mec dans un film de mafieux est assez inattendu mais peu importe puisque sa courte apparition est complètement géniale, quoi qu'il en soit, ici les acteurs ont un rôle très important dans la mesure ou l'on suit les deux même personnages pendant 3h40, 3h40 constituées de flashbacks, flashbacks qui commencent pendant l'enfance du personnage de De Niro (à ce titre, les gamins qui jouent les protagonistes enfants sont génialissimes) et qui remontent jusqu'a l'époque contemporaine... Une véritable fresque cinématographique en somme, le genre de film qui laisse présager un brise-coeur comme fin et Il était une fois en Amérique ne déroge pas à cette règle sacro-sainte du genre, puisque le film est de loin l'un des plus émouvants qu'il m'ait été donné de voir, à la fin de ce chef d'oeuvre retenir ses larmes est chose difficile... Et ceux qui pensent ne jamais pleurer devant un film de mafieux, je dirai simplement que c'est pas parce que y a De Niro et Pesci dans le même film que celui-ci ressemblera aux Affranchis, non, dans Il était une fois en Amérique le personnage principal est nostalgique, en proie aux remords et est très loin des personnages des bad mother fuckers impitoyables et opportunistes dépeints dans les films de Scorsese, en somme, à tous les détracteurs des Affranchis et de Casino, vous pouvez vous jeter les yeux fermés sur Il était une fois en Amérique qui se rapproche en réalité plus d'un drame que d'un film de gangsters pur souche. La vision particulière du milieu de Leone fait ainsi d'Il était une fois en Amérique une oeuvre aussi nostalgique que son protagoniste, et Leone s'investit tellement dans son film qu'on pourrait presque le sentir vieillir en même temps que les personnages dont il dresse le portrait... Émouvant? Carrément oui, surtout quand on sait que Leone est mort quelques années après ce film, personnellement à l'époque ou j'ai vu ce film j'avais 9 ans et je n'étais pas au courant que Leone était décédé, mais à la vision d'Il était une fois en Amérique j'ai tout de suite senti qu'il avait quelque chose de spécial... Et ce quelque chose de spécial, c'est quelque chose de très simple : Il était une fois en Amérique est le chant du cygne de son auteur.

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C'est donc une oeuvre hors pair que nous livre Sergio Leone avec Il était une fois en Amérique. Et ceux qui ne l'ont pas encore vu comprendront très facilement ma colère envers ces chers Américains pour avoir charcuté ce chef d'oeuvre après l'avoir vu... Tout est absolument brillant : les acteurs sont géniaux cela va sans dire mais le reste l'est également. Et que pour la première fois Leone quitte le western ne change rien à la qualité de sa mise en scène : même si elle est ici bien plus sobre on trouve quelques moments qui se démarquent du reste par leur mise en scène magistrale, ce moment de suspense en début de film dans le bar de Fat Moe est un brillant exemple, en somme Leone en restant plus sobre que dans ses précédentes oeuvres réussit tout de même le pari de livrer une mise en scène immersive à souhait et loin d'être démunie de purs moments de gloire, la classe. Et puis cette mise en scène s'étend même dans le scénario, encore une fois et pour la troisième fois, Leone soulève le doute sur son personnage principal, et ce par le biais de flashbacks, la différence par rapport a ses deux précédents films c'est que ces flashbacks ne font ici pas office de retournement de situations mais permettent d'amener le retournement de situation, au passage, ce dernier vous laissera sur le cul et vous foutra les larmes aux yeux... Mais je m'en voudrais de spoiler donc je n'en dis pas plus : une chose est sure, Il était une fois en Amérique n'est pas un film qu'il faut remettre dans son ordre chronologique tant il perd de son sens... Par ailleurs, non content de faire de son personnage principal un personnage ambigu, et de livrer un retournement de situation plus qu'inattendu, Leone laisse aussi planer le doute sur deux des éléments les plus importants de la conclusion de son oeuvre... Il était une fois en Amérique est donc une oeuvre scénaristiquement intelligente, soutenue par une mise en scène génialissime et par une musique sublimissime du légendaire Ennio Morricone, mais ses qualités ne s'arrêtent pas la.

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Et oui, car au milieu des vedettes que sont De Niro et Woods on retrouve aussi des acteurs secondaires génialissimes... Les quelques apparitions d'Elizabeth McGovern (qui tient ici un rôle majeur.) sont géniales, celles de Danny Aiello (qui donne son nom à son personnage.) sont très savoureuses, Richard Bright, un des acteurs fétiches, affiche ici une sale gueule incroyable et livre une très bonne prestation, Treat Williams est très bon et James Hayden, William Forsythe, Larry Rapp et Tuesday Weld malgré leurs peu de répliques font preuve d'une présence étonnante et s'intègrent parfaitement au récit, récit dôté d'un rythme d'une rare qualité, en effet, sur les 3h40 de métrage il n'y a pas une seule seconde qui soit chiante, le tout se suit et s'enchaine avec une aisance et un confort déconcertant, 3h40 qui servent au développement de personnages attachants et charismatiques et qui mènent à un dénouement fatidique qu'on préférerait tous éviter une fois qu'on le connait tant il est déchirant... Et pourtant, paradoxalement, ceux qui sont comme moi ne pourront s'empêcher de mater le film 5 fois d'affilée tant il est sublime. Leone fait le récit d'une histoire difficile et sans faire preuve de violence graphique excessive, d'un autre côté, Il était une fois en Amérique sera choquant pour certains et particulièrement pour les femmes, je m'explique, des trois femmes qu'il y a dans le film, une est une pute et les deux autres se font violer. Mais doit-on interpréter Il était une fois en Amérique comme une oeuvre machiste pour autant? Non et à la limite même si la réponse à cette question était oui, peu importe dans la mesure ou Il était une fois en Amérique est le récit de la vie de Noodles tel que celui-ci la voit...

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Niveau dialogues, Il était une fois en Amérique est un film d'exception, en même temps avec Leone et Gastaldi sur le même film pas de quoi s'étonner, d'ailleurs l'écriture du film à pris 12 ans, donc en soit le fait que celui-ci soit bien écrit est loin d'être surprenant mais il vaut tout de même le coup d'être noté : des répliques cultes, y en a un paquet, et toutes servent une fonction précise, Leone préférant exprimer ce qu'il à a exprimer par sa mise en scène plutôt que par des dialogues, un exercice difficile mais que Leone réussit sans mal (challenge qu'il avait déja relevé et réussi avec son western Il était une fois dans l'ouest, ce mec était un génie.). Le scénario d'Il était une fois en Amérique, parfait? Certainement, le scénario de ce film en plus d'être superbement écrit étant génialement structuré, rajoutez à cela des acteurs de génie, une mise en scène de génie et une musique à pleurer et vous tenez un chef d'oeuvre absolu, maintenant si vous êtes assez fort pour me trouver un autre défaut à ce film que le faux grain de beauté du gosse qui joue Noodles enfant, je vous félicite... Car Il était une fois en Amérique est clairement à mes yeux un des meilleurs films de tous les temps, et dire que Leone en plus de rentrer dans la légende avec ce film tire sa révérence avec une classe incroyable est peu dire... En somme, vous allez vous depêcher d'acheter le film et de le mater avant que je m'énerve. :-D

-ZE RING-

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28 mai 2011

IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L'OUEST

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RÉALISATION | SERGIO LEONE
ÉCRITURE | SERGIO LEONE, DARIO ARGENTO, BERNARDO BERTOLUCCI, SERGIO DONATI ET MICKEY KNOX.
MUSIQUE | ENNIO MORRICONE

CHARLES BRONSON | L'harmonica
HENRY FONDA | Frank
CLAUDIA CARDINALE | Jill McBain
JASON ROBARDS | Cheyenne
GABRIELE FERZETTI | Morton
JACK ELAM, WOODY STRODE ET AL MULOCK | Les trois pistoleros de la gare.

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Comment donner envie aux non-cinéphiles et aux personnes qui n'ont jamais vu un western de leur vie d'aller acheter et de voir un film datant des années 60, avec des acteurs depuis quelques temps décédés, des effets sonores tous pourris et durant presque 3h? En balancant d'entrée de jeu une notion trop souvent galvaudée : CHEF D'OEUVRE. Purement et simplement le meilleur western spaghetti que Sergio Leone ait réalisé de toute sa carrière, c'est également son plus beau film en termes de mise en scène et son oeuvre la plus épique... Les fans du duo Sergio Leone-Clint Eastwood seront deçus : en effet, après Le bon, la brute et le truand, Clint Eastwood en a fini avec Leone : la rumeur veut que le rôle d'Harmonica lui avait été proposé mais qu'il l'avait refusé... Pas cool... Par la suite, Leone à proposé le rôle à Dieu, euh je veux dire James Coburn mais celui-ci à refusé pour des raisons d'argent. Mais pour être honnête, et la je vais me faire taper, tant mieux car je ne vois personne d'autre (même pas Eastwood, même pas Coburn, et pourtant mon estime de ces deux homme est infinie.) dans le rôle principal du film que cet autre acteur de légende qu'est Charles Bronson, l'Arnold Schwarzenneger d'un temps qui donne avec brio vie à ce personnage ambigu qu'est l'Harmonica. Ambigu, c'est le terme parfait pour désigner les personnages, que ce soit L'harmonica, pistolero silencieux et insensible dont les intentions sont floues, à l'image de ce flashback récurrent dans le film, ou encore Jill McBain, prostituée mariée par pur interêt ou encore Cheyenne, faux bad mother fucker de l'histoire, personnages ambigus tous animés par des acteurs désormais légendaires : que ce soit la magnifique (et je pèse mes mots.) Claudia Cardinale, l'ultra-charismatique Charles Bronson, le génialissime Jason Robards et surtout le mythique Henry Fonda qui tient ici le rôle de sa vie (et marrant, son seul rôle de méchant de sa longue carrière.), tous livrent des prestations impressionnantes de crédibilité et donnent vie à un film lent indéniablement épique. Il était une fois dans l'ouest, le meilleur western spaghetti de tous les temps?

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Je vous laisse le soin de répondre vous-même à cette question puisque ce film est en concurrence perpétuelle avec un autre grand film de Sergio Leone, Le bon, la brute et le truand, reste que pour moi y pas a chier, à mes yeux les deux plus grands westerns du monsieur sont également ses deux derniers : Il était une fois la révolution, sur lequel je reviendrai très bientôt et Il était une fois dans l'ouest, et oui car le film est une oeuvre de très grande qualité, que dis-je, un chef d'oeuvre en tous points, à commencer par sa mise en scène. En ces termes, Il était une fois dans l'ouest est purement et simplement le film le plus abouti du cinéaste. Non seulement chaque plan est étudié au millimètre près, servent tous une fonction précise et fourmillent de détails, comme c'est souvent le cas chez Leone, mais pour la première fois celui-ci signe une oeuvre plus complexe par sa réalisation mais surtout par son montage, en effet, avec Il était une fois dans l'ouest, Leone utilise pour la première fois une technique qui lui sera chère dans sa trilogie américaine (dont Il était une fois dans l'ouest est le premier segment), c'est-à-dire le flashback, qui dans les trois films à une fonction stylistique évidente mais aussi une fonction scénaristique importante, puisqu'il sert à effectuer un revirement de situation étonnant, par sa mise en scène, Leone développe son histoire et je ne saurai pas mieux dire tant les images content plus l'histoire du film que les dialogues, ceux-ci étant le plus souvent ambigus ("Quand on a tué 4, c'est facile d'en tuer 5." Une réplique banale à première vue mais qui comporte plusieurs sens selon le personnage qui la prononce.), ambiguité sur laquelle Leone joue pour faire avancer son histoire et développer ses personnages. Il était une fois dans l'ouest, de par sa mise en scène, est donc un film entièrement maitrisé, très fin et intelligent, et puis évidemment si cette mise en scène sert beaucoup le film inutile de préciser que la photographie, absolument magnifique et les décors impressionnants (Raaaah l'arrivée de Claudia Cardinale dans l'Ouest.) aident également à faire d'Il était une fois dans l'ouest un pur plaisir visuel, plaisir visuel qui commence pendant ce générique d'anthologie de 10 minutes jusqu'au duel final, plus belle scène que Sergio Leone ait filmé de sa carrière, qui envoie 6 pieds sous terre le déja génial duel final du Bon, la brute et le truand et d'Et pour quelques dollars de plus.

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Et puis, ne nous voilons pas la face, un film aussi inventif et aussi bien écrit qu'Il était une fois dans l'ouest, on en voit plus aujourd'hui, en effet Mickey Knox fait l'exploit de surpasser son travail sur Le bon, la brute et le truand en livrant des dialogues encore plus jubilatoires, les répliques cultes s'enchainent ("Vos amis ont un taux de mortalité très élevé, Frank."), et je sais pas si Mickey Knox était payé à la journée ou à la réplique jubilatoire mais si c'était à la réplique jubilatoire il a du grailler tout le budget du film à lui tout seul, quoi qu'il en soit, les dialogues sont, comme d'habitude, croustillants, ambigus qui plus est, ce qui est rare et souligne une maitrise totale du film (maitrise que seuls certains réalisateurs/scénaristes ne sont parvenus à atteindre, des films qui en disent plus par l'image que par le dialogue y a que des mecs comme Leone ou Malick pour en faire.), par ailleurs si le film est assez lent, jamais, pas une seule seconde, le film ne plonge le spectateur dans un ennui, au contraire, en travaillant plus sur la mise en scène de plans renversants Leone n'oublie cependant pas de faire un film, alors oui le film est lent mais il est également complet, les personnages sont travaillés et l'ambiguité du personnage principal, incarné par Charles Bronson, est maintenue jusqu'a une révélation finale certes loin d'être originale mais difficile à deviner, et surtout le film, en dépit de sa lenteur est prenant et immersif, un exploit? Oui, surtout quand on sait que réaliser un film aussi lent et parvenir à ne pas décrocher le spectateur en milieu de film est chose difficile, mais bon on parle de Leone et c'est donc sans longueurs que le film se développe, la classe. Un exploit de mise en scène, un exploit d'écriture, il ne me reste que la bande-son originale à traiter : Ennio Morricone est un des plus grands compositeurs de tous les temps et la bande-son d'Il était une fois dans l'ouest est sa meilleure oeuvre. J'ai besoin d'en dire de plus?

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Besoin ou pas, je vais quand même en dire plus. Il était une fois dans l'ouest ne serait pas aussi bon sans la musique d'Ennio Morricone, pour la bonne et simple raison que Sergio Leone et Ennio Morricone, c'est une collaboration qui se compare aux collaborations Takeshi Kitano-Joe Hisaishi, Tim Burton-Danny Elfman ou Steven Spielberg-John Williams, leurs compositeurs sont leurs doubles musicaux et ils ne sont rien sans eux, la preuve avec Violent Cop et Jugatsu (sur lesquelles je reviendrai bientot.), les deux premières oeuvres de Kitano, faites sans Hisaishi, dénuées de ce qui fait la force des films du bonhomme, avec Leone c'est la même chose, Leone n'a vraiment été Leone que lorsqu'il à commencé à travailler avec Ennio Morricone et avec Il était une fois dans l'ouest, cette collaboration trouve un de ses sommets : Il était une fois dans l'ouest est l'oeuvre la plus épique qui à résulté de cette collaboration, ici la musique s'accorde à la perfection avec les images, et si vos frissons sur le film ne sont pas synchronisés avec les notes d'harmonica alors je ne sais plus quoi faire pour vous... La bande-son d'Il était une fois dans l'ouest va presque plus loin que le film qu'elle illustre, c'est dire combien elle est réussie!

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Si vous êtes encore en train de lire cet article, vous êtes sans espoir. Parce que si j'ai bien fait mon travail vous devriez déja être à la FNAC pour acheter le film, la raison est simple, si vous n'avez pas vu Il était une fois dans l'ouest, alors vous n'avez rien vu! Il était une fois dans l'ouest est un chef d'oeuvre, un des meilleurs crus de Leone, une oeuvre majeure, une date et un film culte... Magnifique en tous points, c'est un film que tout cinéphile qui se respecte doit voir, et en vitesse, des films comme ça on en fait plus aujourd'hui et c'est bien dommage... Tiens d'ailleurs avec la vague de remakes tous pourris de ces dernières années je suis étonné que Leone n'ait pas encore été massacré par Hollywood... Mais bon on s'en plaindra pas hein.

-ZE RING-

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27 mai 2011

LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND

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RÉALISATION | SERGIO LEONE
ÉCRITURE | SERGIO LEONE, LUCIANO VINCENZONI, AGENORE INCROCCI, FURIO SCARPELLI ET
MICKEY KNOX.
MUSIQUE | ENNIO MORRICONE

CLINT EASTWOOD | Blondin
LEE VAN CLEEF | Angel Eyes
ELI WALLACH | Tuco

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Le bon, la brute et le truand est troisième et dernier segment de la trilogie de l'homme sans nom de Leone. Considéré par beaucoup comme le meilleur western spaghetti de tous les temps, Le bon, la brute et le truand est en effet une valeur sure puisque c'est le film qui marque définitivement l'age d'or de Sergio Leone, et donc du cinéma italien. Et pour quelques dollars de plus était déja impressionnant : Leone pousse ici les choses encore loin en signant Le bon, la brute et le truand, une des oeuvres les plus épiques et les plus abouties de son temps. Il n'y a pourtant ici rien de bien oiginal : une chasse au trésor et trois mecs qui se foutent sur la gueule pour le trouver, c'est du déja vu, malgré tout Le bon, la brute et le truand est un chef d'oeuvre, la raison est bien simple et s'applique aux 5 westerns de Leone : le film brille plus par sa forme que par son fond et si le fond est bien traité dans son ensemble c'est davantage la forme qui attire l'attention dans ce récit de 3 heures sur la loyauté et la trahison (les thèmes fétiches de Sergio Leone.) ou les punchlines mythiques (-Hé amigo, tu sais que t'as une tête qui vaut 2000 dollars? -Et toi t'as pas la tête de celui qui les encaissera.) et les duels s'enchainent jusqu'a un final épique qui restera encore longtemps dans les mémoires. Le bon, la brute et le truand, une oeuvre culte.

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Troisième et dernière collaboration du duo mythique Sergio Leone-Clint Eastwood, celui-ci s'habille pour la dernière fois de son poncho dans ce western pour jouer le rôle de Blondin, "le plus gros dégueulasse que la Terre ait jamais porté.", salopard sournois, égoïste et bien évidemment, un tireur d'élite, à côté de lui se trouve l'impressionnant Lee Van Cleef, qui joue ici un bad mother fucker comme on les aime, cupide, égoïste, violent, manipulateur et charismatique, le bonhomme tient ici le rôle de sa vie, tout comme Eli Wallach, truand sans prétention qui se retrouve embarqué dans une chasse au trésor colossale et dont le personnage rappelle étrangement Juan Miranda, le personnage de Rod Steiger dans Il était une fois la révolution. Comme d'habitude, les acteurs sont géniaux, les personnages auxquels ils donnent vie le sont également : profonds et travaillés, l'un d'eux en deviendrait presque attachant mais ça reste un salaud... C'est le seul problème de Leone à l'époque du bon, la brute et le truand : ses personnages sont des salopards opportunistes auxquels on ne s'attache vraiment, problème qu'il parviendra à régler avec brio dans sa trilogie américaine (sur laquelle je travaillerai très bientôt, patience!!), qui, au passage, pète mille coudées au-dessus de cette trilogie de l'homme sans nom qui est déja un standard de qualité très élevé!

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A partir d'un postulat de base simple, Leone signe avec Le bon, la brute et le truand la fin d'une trilogie épique : il est donc logique que ce dernier volet soit le plus épique des trois, pari difficile à tenir mais réussi puisque le film, qui dure 3 heures, c'est bon de le préciser, enchaine des scènes d'anthologie sans aucun temps mort (le tout non pas sans trait d'humour.), merci à des scénaristes de talent et aux dialogues croustillants que les acteurs récitent comme si leur vie en dépendait, scénaristiquement le film est génial et Leone prouve une fois de plus qu'en termes de mise en scène il pétait, en son temps, à mille coudées au-dessus de tout le monde (à part peut-être Peckinpah... Mais c'est pas le même genre de mise en scène.) et livre donc un CHEF D'OEUVRE visuel, ou chaque scène fait oublier la précédente, chaque baston, chaque duel est plus épique que le précédent, par sa mise en scène Leone toucherait presque à la perfection (et ce n'est qu'un aperçu de la qualité cinématographique qu'il parviendra à atteindre avec ses trois films suivants.), mise en scène qui est une fois de plus magnifiquée par la musique culte d'Ennio Morricone, la classe!

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En somme, un autre western spaghetti à la Leone. La formule ne change donc pas : des acteurs classes, qui interprètent tous des badass motherfuckers, des bastons épiques, une musique qui déchire sa race et des répliques à tour de bras... Seulement Leone est bien connu pour ne jamais avoir sorti un film moins bon que le précédent, Le bon, la brute et le truand est donc un chef d'oeuvre épique, qui enterre ses deux ainés les doigts dans le nez. Une oeuvre culte, un tournant dans l'histoire du cinéma et si par la suite Leone à abandonné Eastwood (même si ça me semble plutôt etre le contraire, mais j'y reviendrai dans un article prochain) ce n'est que pour mieux changer de formule et créer des oeuvres bien plus importantes, car soyons clair si la trilogie de l'homme sans nom fut un évènement dans l'histoire du cinéma, de par la ressemblance importante entre les trois films il est difficile de les qualifier les trois d'oeuvres importantes... Mais peu importe ça reste du pur plaisir jouissif et aucun des trois westerns présentés ces derniers jours n'est aussi bon que ce que Leone à fait par la suite... Comment ça, ça donne envie?

-ZE RING-

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25 mai 2011

...ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS

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RÉALISATION
| SERGIO LEONE
ECRITURE
| SERGIO LEONE, FULVIO MORSELLA, LUCIANO VINCENZONI
MUSIQUE | ENNIO MORRICONE

CLINT EASTWOOD | Monco
LEE VAN CLEEF | Douglas Mortimer
GIAN MARIA VOLONTÉ | L'Indio
ALDO SAMBRELL | Cuchillo
LUIGI PISTILLI | Groggy
KLAUS KINSKI | Hunchback

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Et pour quelques dollars de plus est le deuxième segment de la trilogie de l'homme sans nom du légendaire Sergio Leone. C'est donc un western spaghetti dans la lignée de Pour une poignée de dollars puisqu'il reprend le même personnage principal (même s'il a ici changé de nom), le même décor, les mêmes acteurs, le même compositeur... Pourquoi changer une équipe qui gagne? La seule différence c'est que suite au succès incroyable de Pour une poignée de dollars, Sergio Leone à ici la possibilité d'engager deux grands acteurs : Lee Van Cleef, un des plus grands acteurs de western de tous les temps, et Klaus Kinski, alias le plus grand psychopathe du cinéma, qui joue ici un second rôle assez plaisant... Malgré tout Et pour quelques dollars de plus à tout du film anecdotique, ici pour faire de l'argent et surfer sur la vague de succès... Alors Et pour quelques dollars de plus, anecdotique? Je ne peux que dire non car dire oui serait une véritable insanité, et oui, car Sergio Leone dans son génie avait compris que s'il devait faire un deuxième film avec le même personnage, le même décor il se devait de surpasser son premier opus non pas par le fond mais bien par la forme... Le hic c'est qu'ici Pour une poignée de dollars est surpassé en tous points par son cadet Et pour quelques dollars de plus. Explications.

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Et pour quelques dollars de plus est le premier chef d'oeuvre de Sergio Leone. La raison est simple : la force du premier opus était son côté épique appuyé par une musique qui déchire sa mère... Ici Leone pousse encore plus cet aspect faisant de son film une oeuvre encore plus jouissive que Pour une poignée de dollars ne l'était déja, mais en plus il corrige les défauts de celui-ci... Le manque de profondeur chez les personnages que j'avais reproché à Pour une poignée de dollars n'a pas lieu d'être prononcé sur cet article, car profonds les personnages le sont et habités par des acteurs toujours aussi charismatiques et au sommet de leur art, que ce soit Clint Eastwood, campant toujours ce chasseur de primes bad mother fucker with itchy-trigger fingers, ou encore Lee Van Cleef, chasseur de prime tourmenté aux flingues tous plus loufoques les uns que les autres ou encore Gian Maria Volonté dans le rôle d'Indio, bad mother fucker d'anthologie, tous brillent dans leur rôle et si force est de constater que Lee Van Cleef atomise tout le monde les doigts dans le nez les autres n'ont pas à rougir de la comparaison. Alors oui on pourra toujours dire que les acteurs secondaires sont loin d'être brillants mais rappelons-nous que nous sommes en 1965 en Italie et que le casting est international... En conséquence ici si l'on à des acteurs anglophones (ce pourquoi la version originale du film est la version anglaise et non le doublage italien, et ça s'applique à tous les films de Leone, ça parait con je sais mais je tiens à le préciser car il y a encore des gens dans ce monde qui croient que parce que Leone est italien alors des vedettes comme Eastwood, Lee Van Cleef, Charles Bronson ou même De Niro vont se mettre à parler italien...) très performants on a aussi des acteurs secondaires italiens qui eux ne parlent pas l'anglais et sont donc doublés... Plus ou moins correctement d'ailleurs alors peut-on vraiment considérer cela comme un défaut? Je ne pense pas, partant du principe que chaque film de Leone rattrape souvent ses défauts par une mise en scène monumentale, et de plus, nous n'avons pas ici affaire à un film de personnages comme Il était une fois en amérique... Non avec Et pour quelques dollars de plus (et tous les westerns de Leone d'ailleurs)  est une aventure épique qui se doit d'être appréciée comme telle et donc d'être jugée en grande partie sur le charisme des acteurs, la qualité d'écriture, la musique et surtout la mise en scène.

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Et la il faut avouer qu'encore une fois Sergio Leone s'impose comme un des plus grands metteurs en scène de tous les temps, c'est simple derrière sa caméra le bonhomme à plus de présence que les acteurs ultra-charismatiques qu'il fout l'un contre l'autre, livrant un western encore plus stylisé et épique que le précédent, Leone, par sa mise en scène et sa réalisation enchaine les scènes d'anthologie : le duel entre Indio et son ancien partenaire, les joutes verbales entre Lee Van Cleef ("Now come on, you light another match. -I generally smoke just after I eat. Why don't you come back in about ten minutes?" Excellent!) et Klaus Kinski et surtout le duel final, monument épique qui risque de vous trouer sévèrement le cul, Leone impose une fois de plus ses codes de mise en scène et Ennio Morricone, par sa partition (et d'ailleurs une de ses meilleures compositions.), rend les choses encore plus impressionnantes qu'elles ne le sont déja, bref Et pour quelques dollars est, tout comme Pour une poignée de dollars, une pure merveille de mise en scène... Et ce n'est encore rien à côté des films suivants de Sergio Leone. Et puis Leone, s'il était un grand metteur en scène, était aussi un scénariste de talent : présentant une situation vue 150 000 fois, il parvient tout de même à signer une oeuvre épique et prenante, largement aidée par les dialogues croustillants de Luciano Vincenzoni, plein de rebondissements, bien que ceux-ci soient attendus puisque le film à plus ou moins une structure similaire à son ainé (Présentation des personnages - installation de la trame - Les personnages sont faits prisonniers - Duel final épique), reste que ceux-ci sont bien la et donnent du rythme à une oeuvre énergique.

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Comme je le disais, Et pour quelques dollars de plus est un chef d'oeuvre. Tout y est bon. Les acteurs sont géniaux, la mise en scène est terrible, le film est une merveille d'écriture, le film enterre mille fois Pour une poignée de dollars, bref, qu'y a t-il de plus à dire si ce n'est... Qu'est-ce que vous foutez encore la à lire ma critique au lieu de courir à la FNAC la plus proche et d'acheter le film? Et pour quelques dollars de plus est un des meilleurs westerns spaghettis qui méritent complètement l'attention de tout le monde, passioné du genre ou non... Rendez-vous dans quelques jours pour la chronique du légendaire Le bon, la brute et le truand. ;)

-ZE RING-

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23 mai 2011

POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS

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RÉALISATION
| SERGIO LEONE
ECRITURE | SERGIO LEONE,
à partir du film Yojimbo, le garde du corps d'Akira Kurosawa.
MUSIQUE | ENNIO MORRICONE

CLINT EASTWOOD | Joe
MARIANNE KOCH | Marisol
GIAN MARIA VOLONTÉ | Ramón Rojo

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Nous sommes en 1964. Les westerns américains affluent, John Wayne passe des mois dans le désert et bute des salauds d'indiens à tour de bras, le tout sans tacher sa chemise. C'est à ce moment-là qu'arrive Pour une poignée de dollars, présentant des personnages mal rasés, mal fringués, solitaires, égoïstes, à la gachette facile et avides d'argent. Les femmes y sont traitées comme de la merde et le film est bercé dans une violence discrète mais belle et bien présente la ou elle était complètement absente chez les films de notre "ami" John 'Marion' Wayne (et oui les amis, pour ceux qui ne le savaient pas, avant de prendre le nom terriblement viril de John Wayne, ce dernier s'appelait Marion Robert Morrison... Le pauvre.), bref c'est une vision bien plus réaliste de la vie dans l'Ouest que nous offre ce qui est reconnu comme le premier grand western spaghetti. Et oui, Sergio Leone, considéré comme le meilleur réalisateur de westerns spaghettis de tous les temps (et c'est certainement pas moi qui vais dire le contraire.), est aussi le précurseur du genre, et si l'on ne remerciera jamais assez celui-ci pour ses oeuvres mais aussi pour celles qu'il a engendré comme les géniaux Django et Companeros de Sergio Corbucci, il ne faut pas oublier qu'il y a un revers à cette médaille. En effet, pour faire son film, Sergio Leone s'est simplement contenté de reprendre le Yojimbo d'Akira Kurosawa (que je n'ai pas encore vu) et de le porter dans l'Ouest. Bien évidemment, il y a toujours la touche du maitre Leone mais le problème est bien la : du coup, voila quand certains abrutis viennent me dire que Django est un vulgaire copier-coller de Pour une poignée de dollars, je leur répondrais que, non seulement ils pètent portnawak puisque l'univers de Corbucci est bien plus hardcore, mais qu'en plus ce n'est que justice partant du principe que Leone à lui-même ouvertement plagié Kurosawa.
Malgré tout, force est de constater que ce plagia est largement excusé. D'une part pour la vague de westerns spaghettis géniaux que Leone à engendré, de l'autre, parce que dans son plagia, Leone à tout de même révélé plusieurs personnalités majeures du 7ème art : Clint Eastwood, qui, je le rappelle, jouait dans des séries télés pourries avant ça, Ennio Morricone, un des plus grands compositeurs de tous les temps, mais aussi Gian Maria Volonté, un des plus grands acteurs italiens. Moi des plagias comme ça, j'en veux tous les jours... Mais venons-en au film, car c'est bien ça qui nous intéresse, alors Pour une poignée de dollars, qu'en est-il?

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Pour une poignée de dollars est une véritable leçon de cinéma. En terme de rythme, d'acteurs, de personnages, de dialogues, de musique et surtout de mise en scène, tout est bon dans ce film. Pourtant à bien des égards Pour une poignée de dollars est très certainement le moins bon film de Sergio Leone (je n'ai jamais vu ses deux péplums et personnellement ça me branche pas particulièrement.) et la raison à cela est simple : le film est loin d'être aussi complet, profond et surtout aussi épique que les autres crus du monsieur, faisant de Pour une poignée de dollars un film majeur dans le sens ou Sergio Leone, pour la première fois se déchaine et lance une vague incroyable de westerns, mais un film mineur sur sa filmographie dans le sens ou par la suite ses autres films feront oublier ce dernier... A tort? Certainement pas, car la comparaison avec les autres films de Leone est inévitable tant la ressemblance entre ses 3 premiers westerns (La trilogie du dollar, pour les incultes, aussi appelée la trilogie de l'homme sans nom) est frappante et tant ceux-ci atomisent 150 fois ce premier opus, mais en soit peu importe puisque malgré les comparaisons Pour une poignée de dollars demeure un western de très bonne facture et un pur plaisir filmique, la raison? Sergio Leone maitrise en tous points son film et plus particulièrement sa mise en scène, livrant un western spaghetti stylisé et épique, imposant toutes les trademarks qu'on lui connait, utilisant la force du regard de ses acteurs comme personne, livrant des gros plans purement et simplement magnifiques (voir les deux images au-dessus), chaque plan est étudié dans les moindres détails faisant de Pour une poignée de dollars un film techniquement parfait (mais c'est une habitude avec Sergio Leone), et puis par sa mise en scène et son montage, Sergio Leone livre tout de même quelques passages d'anthologie (une autre habitude de Sergio Leone.) comme ce duel final inventif, long et épique, porté par la partition d'un des plus grands génie de la musique cinéma... J'ai nommé Ennio Morricone.

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La partition du monsieur, qui va même plus loin que le film lui-même, illustre à merveille les moments épiques de ce dernier tout comme le caractère de ses personnages, personnages portés par des acteurs au charisme incroyable, je pense bien évidemment à Clint Eastwood (à mes yeux, le meilleur acteur de western, derrière Franco Nero et Lee Van Cleef.) mais aussi au rare mais génial Gian Maria Volonté, grand acteur qui eut un succès tellement fou suite à ce film que Melville l'a engagé pour jouer le rôle de Vogel dans son Cercle Rouge! Ces deux acteurs interprètent à merveille leur personnage, deux bad mother fuckers en puissance qui se battent pour le profit, et si l'un des deux, à un moment donné, agira dans un pur élan de vertu, c'est leur nature purement égoiste qui prime et qui en font des personnages solitaires et taciturnes, les deux éléments qui font des personnages de western spaghetti les personnages les plus classes de la planète, personnages que Sergio Leone prend du temps pour développer plus en profondeur malheureusement le principal problème de Pour une poignée de dollars est la puisque le film va bien trop vite pour donner une véritable profondeur et une véritable identité à des personnages qui n'en ont à la base aucune, et si l'interprétation, le charisme des acteurs et les dialogues génialissimes sont la pour cacher ce défaut, reste que ce défaut est bien la et que l'on sent suite à la vision du film un véritable manque de relief chez des personnages qui ont pourtant tout pour rester dans les esprits! Heureusement, les prochains films de Leone palieront à ce défaut et de loin, puisque Il était une fois en amérique est l'un des films les plus complets qu'il m'ait été donné de voir.

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Alors voila en somme Pour une poignée de dollars est un excellent premier western spaghetti pour Leone. Très bien interprété, très bien écrit, très bien structuré, magnifiquement illustré musicalement et doté d'une mise en scène touché par la grace, il souffre malheureusement d'un manque de profondeur chez ses personnages... Mais bon, avec un aussi beau duel final, on ferme les yeux la-dessus. A voir pour quiconque cherche à approfondir sa culture western, pour les fans de Sergio Leone et pour tous ceux qui n'ont vu que les westerns du gros Marion!

-ZE RING-

22 mai 2011

THE WILD BUNCH

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Réalisé par Sam Peckinpah en 1969.
Ecrit par Sam Peckinpah, Walon Green et Roy N. Sickner.
Avec William Holden, Ernest Borgnine, Robert Ryan, Edmond O'Brien, Warren Oates, Jaime Sanchez, Ben Johnson, Emilio Fernandez, Strother Martin et L.Q. Jones.
Musique composée par Jerry Fielding.

Le problème récurrent avec Peckinpah, c'est que quand on parle de ses oeuvres il faut toujours employer les mots "meilleurs" puisque pour être clair, les bas de Peckinpah c'est les hauts de tout le monde. Maintenant prenez le cas de La horde sauvage, qui représente les hauts de Peckinpah : vous tenez un des meilleurs westerns jamais faits, tout simplement. Bin oui hein un western intense ultra-violent, épique et sans concessions de 2h18, c'est déja pas mal, mais quand derrière on a le cinéaste américain le plus doué de sa génération, c'est encore mieux, alors voila si personnellement La horde sauvage est loin d'être mon préféré de Peckinpah (d'ailleurs dans le genre western je préfère la version remontée en 2005 de son Pat Garrett & Billy The Kid.), force est de constater que c'est un de ses meilleurs films. Malheureusement le film, comme ce fut souvent le cas avec Peckinpah, son film fut scandale à la sortie et fut carrément massacré au montage... Aujourd'hui, y a du mieux, la version intégrale de 2h18 est disponible mais la trouver est une misère : alors voila écoutez si vous voulez voir le chef d'oeuvre La horde sauvage dans son intégralité, allez sur amazon.co.uk et chopez le coffret Sam Peckinpah Collection contenant Ride The High Country, Ballad of Cable Hogue, Pat Garrett & Billy The Kid dans sa version studio toute caca et dans sa version remontée à partir des notes de Peckinpah (qui elle est un chef d'oeuvre absolu.) et surtout La horde sauvage dans sa version intégrale.

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D'entrée de jeu, on sent que La horde sauvage n'est pas un film comme les autres. Dès ce générique de dix minutes, bercé par la musique épique de Jerry Fielding, brillament mis en scène et qui présente les gueules cassées de William Holden, Ernest Borgnine, Warren Oates et Ben Johnson (quatre acteurs de légende si je puis me permettre.), générique qui s'enchaine directement sur une fusillade qui à rebuté pas mal de gens, qui en rebute encore pas mal et qui en rebutera toujours, la raison est simple, Peckinpah était un artiste subversif et cela se ressent même jusque dans la mise en scène. Peckinpah fait en effet les choses jusqu'au bout et non seulement il signe l'équivalent d'un coup de pied dans les bourses de notre chère intelligencia (celle qui censure les films avant de les encenser 30 ans après.) mais il le fait jusque dans la mise en scène de son film : montage ultra-découpé et serré, ralentis et images en accéléré à outrances, gerbes de sang de tous les côtés, cela donne un résultat tout à fait inattendu à l'écran, une espèce de chaos organisé (qui n'est pas sans rappeler Tsui Hark, qui signe des scènes d'action à la limite de l'illisible pour quiconque n'est pas concentré sur ce qu'il regarde mais qui sont organisées avec soin.) vraiment soufflant, impressionnant : alors évidemment on accroche ou on accroche pas et dans le deuxième cas, La horde sauvage risque d'être horrible pour vos yeux puisque tout le film est tourné de cette manière : la mise en scène est purement frénétique, et la fusillade d'ouverture est loin d'être la pire, en témoigne cette fusillade finale à la gatling ou les protagonistes font face à une horde de mexicains pas contents, pur monument de mise en scène et pur fantasme de cinéphile (dont Stallone semble s'être inspirée d'ailleurs pour la fusillade finale de son John Rambo), cette fusillade finale est vraiment énorme. Grosso modo, La horde sauvage est une pure expérience en termes de mise en scène, une expérience à vivre mais évidemment, le film ne trouve pas ses limites dans sa mise en scène.

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Ce qui force également le respect dans cette Horde sauvage, c'est comment Peckinpah change de registre en une seconde : s'ouvrant sur une scène spectaculaire, le film passe ensuite par le suspense pour retourner dans le spectaculaire une dernière fois pour se finir sur une scène particulièrement émouvante. C'est avec une aise déconcertante que Peckinpah passe d'un choix de mise en scène à un autre, faisant de La horde sauvage un film capital pour quiconque s'intéresse de plus près à la mise en scène d'un film : posez-vous sur le canapé, matez le film et prenez des notes car La horde sauvage, c'est purement et simplement tout le savoir cinématographique posé sur pellicule d'un type qui avait tout compris au cinéma, non seulement dans sa forme mais aussi dans son fond, on connait en effet Peckinpah pour être certainement le cinéaste américain le plus irrévérencieux (il ne faut pas oublier que les personnages principal de son film de guerre, Cross of Iron, que je n'ai toujours pas vu malheureusement, sont des soldats nazis.) et il justifie sa réputation une fois de plus : il expose encore une fois sa vision particulière des femmes (même si de ce point de vue, les plus intéréssants (et les plus subversifs que j'ai vu de lui pour l'instant) sont Chiens de paille et Ballad of Cable Hogue.) mais surtout il livre une oeuvre d'une violence hallucinante pour un film américain, pire pour un western, La horde sauvage, grosso modo c'est un film populaire pas pour les enfants, ça donne un résultat détonant, Peckinpah n'épargnant jamais la violence à son spectateur, évidemment si cette violence trouve vite ses limites en raison du rythme effréné et infernal du film il est tout de même agréable de noter la tache que crée les gerbes de sang de La horde sauvage sur le cinéma américain dans sa globalité.

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Mais faire un des films les mieux mis en scène au monde n'est pas assez pour Peckinpah. Du coup, au-dela de sa mise en scène vertigineuse, on trouve dans La horde sauvage des personnages d'une rare profondeur, animés par des acteurs affichant un charisme impressionnant... Que ce soit William Holden, leader de la Wild Bunch, Emilio Fernandez, bad mother fucker de l'histoire, Ben Johnson et Warren Oates, deux frangins avides de fric ou Robert Ryan, qui joue ici un personnage ambigu, à cheval entre la loi et la bande de Pike Bishop, tous affichent un charisme sans égal, animent des personnages plus que mémorables et récitent leurs dialogues comme si leur vie en dépendait, d'ailleurs tiens en parlant de dialogues ils sont particulièrement croustillants, les répliques cultes s'enchainent à un rythme affolant et les dialogues glissent super bien, prononcés par des acteurs absolument géniaux! Tout cela bien sur sans oublier la zik absolument épique de Jerry Fielding (qui, pour les ignares, à composé les bandes-sons de Chiens de paille et d'Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia, deux monuments de subversion et deux grands Peckinpah.). En somme, La horde sauvage : un casting parfait + une réalisation parfaite + un scénario parfait + une musique parfaite = un film parfait? Non, pour la bonne et simple raison que comme sur tout film au monde il y a dans La horde sauvage de légères imperfections ici et la (ce qui fait de la notion "film parfait" une notion absolument inutile puisque cela n'existe pas.) qui vaudraient peut-être la peine d'être notées si j'arriverais à les retrouver. Mais j'y arrive pas et pour être honnête, j'en ai pas envie. Car La horde sauvage est un pur chef d'oeuvre, un des meilleurs westerns au monde et un des meilleurs crus de Peckinpah. A voir et d'urgence.

SAM PECKINPAH IS GOD. (C'est pour ça qu'il va se depêcher de balancer un éclair à l'enculé qui va refaire son Chiens de paille.)

-ZE RING-

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