06 septembre 2011

CASINO

CAS JAQ

RÉALISÉ PAR | MARTIN SCORSESE.
ÉCRIT PAR | MARTIN SCORSESE ET NICHOLAS PILEGGI.
PRODUIT PAR | BARBARA DE FINA ET JOSEPH P. REIDY.

ROBERT DE NIRO | Sam "Ace" Rothstein.
SHARON STONE | Ginger McKenna.
JOE PESCI | Nicky Santoro.
JAMES WOODS | Lester Diamond.
FRANK VINCENT | Frank Marino.
PASQUALE CAJANO | Remo Gaggi.
KEVIN POLLAK | Philip Green.
DON RICKLES | Billy Sherbert.
ALAN KING | Andy Stone.
L.Q. JONES | Pat Webb.

"Las Vegas agit comme une drogue sur ceux qui croient pouvoir y faire fortune.
Tout y est plus intense, et il est extrêmement difficile de résister à sa séduction."
- MARTIN SCORSESE

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Ceux qui me connaissent savent que pour moi, Martin Scorsese est un des plus grands et que TAXI DRIVER est son chef d'oeuvre absolu, une oeuvre sacro-sainte et absolument intouchable qui siège dans mon top 10 depuis des années... Ce n'est aujourd'hui plus le cas, et la raison de ce changement d'avis soudain est du à la revision récente de ce que je considère désormais comme le meilleur film de Scorsese et comme un des plus grands films jamais faits : CASINO. Ce n'est pourtant pas l'avis de tout le monde, "tout le monde" reprochant souvent aux films de gangsters de Scorsese d'être trop froids, trop violents et trop axés sur des personnages insupportables et mauvais le plus souvent incarnés par la tête de turc des détracteurs de Scorsese : Joe Pesci, grand acteur qui n'a malheureusement joué que dans peu de grands films. Et oui, en effet, tout le monde n'aime pas ce film, comme pour beaucoup de films il est difficile de trouver des gens entre ceux qui détestent et ceux qui adorent CASINO, la raison à cela est simple : CASINO est un film jusqu'au boutiste et dans ce sens c'est une oeuvre extrême qui à parfaitement sa place dans ses colonnes (et oui je tiens à rappeler que ce blog est avant tout destiné aux oeuvres extrêmes ou oubliées.), et puis je dois être honnête, impossible pour moi de résister à l'envie de chroniquer ce film, mon plus gros coup de coeur du moment qui m'a laissé sur le cul 3 heures alors que ma première vision il y a 10 ans était très mitigée... Cette critique est également l'occasion pour moi d'annoncer que j'abandonne le système de sommaire des films à venir sur le blog que j'ai adopté il y a quelques mois : il s'avère en effet être davantage une restriction et je ne parviens pas à tenir la cadence avec mes prévisions... Bien évidemment tous les films prévus seront chroniqués en temps voulu mais je préfère ne pas me forcer à écrire certains de mes avis afin de continuer à vous founir en articles de qualité!

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Vous n'avez pas aimé LES AFFRANCHIS? Cet article n'est pas fait pour vous. En effet si LES AFFRANCHIS est une oeuvre jusqu'au boutiste, froide, ultra-violente et sans concessions, CASINO l'est encore plus et risque de vous coller une sacrée mornifle qui, soit vous trouera le cul, soit vous fera chier comme un rat mort, il est donc préférable de voir l'autre film de gangster de Scorsese : LES AFFRANCHIS, avant de vous aventurer sur ce CASINO, souvent considéré comme une pale copie des AFFRANCHIS, à tort, non seulement parce que CASINO pète a mille coudées au-dessus de ce dernier, deuxièmement parce que si effectivement LES AFFRANCHIS pose des bases reprises sur CASINO, ce sont deux oeuvres très différentes dans leur traitement et leur rythme, surtout dans leur rythme en fait, point sur lequel LES AFFRANCHIS est assez standard en regard de ce CASINO qui est une oeuvre au rythme éffréné et non-stop qui donnera à beaucoup de monde l'impression, à la fin du métrage, d'avoir assisté à une scène géante de 3 heures. En effet, dans CASINO on trouve rarement de coupures claires et nettes dans la construction, ce procédé donne au film une fluidité incroyable, empêchant tout le monde rentrant un minimum dans le film de s'ennuyer une seule seconde... Autant le dire, s'il y a un screenplay parfait en ce monde, c'est celui de CASINO, prodige de construction et de fluidité qui à du donner beaucoup de travail au duo gagnant Scorsese - Pileggi (qui à également bossé avec Scorsese sur LES AFFRANCHIS, ce qui explique les éventuelles similitudes avec CASINO.), toutefois ce screenplay est loin de reposer uniquement sur sa construction, au contraire puisqu'on y trouve des dialogues absolument magnifiques, tous brillamment écrits sans exception... Chaque réplique fait mouche, certains échanges feraient rougir de jalousie d'autres des plus grands cinéastes ayant oeuvré dans le genre (Tarantino pour ne citer que lui.) et chaque dialogue est un pur bonheur.

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Ces dialogues sont portés par deux des acteurs les plus talentueux de leur génération : Robert De Niro, donnant à son personnage de flambeur faiblard qui se la pète une profondeur qu'aucun des autres acteurs du film ne parvient à donner... Tout chez ce personnage est magnifique : ses costumes, sa façon de s'exprimer, sa gestuelle, De Niro rentre une fois de plus dans le rôle avec brio et prouve encore une fois qu'il peut jouer NIMPORTE QUOI, pour preuve la même année il incarne Neil McCauley dans HEAT et livre une prestation presque opposée à celle qu'il livre dans CASINO : celle d'un salaud qui s'enrichit en volant les autres de manière complètement légale et qui agit violemment par l'intermédiaire d'hommes de mains, à l'opposé on retrouve Joe Pesci, qui incarne un rôle similaire à celui de Tommy DeVito dans LES AFFRANCHIS, le côté psychopathe en moins, le côté salopard encore plus accentué, en effet Pesci joue ici un enfoiré de première, voleur et meurtrier dont l'amitié de longue date avec le personnage de De Niro va se dégrader... Autour de ces deux personnages se développe Ginger McKenna, interprétée par Sharon Stone, qui trouve ici son meilleur rôle (facile) et livre une superbe prestation, parvenant même à tenir la cadence avec les deux géants qui l'entourent... Dans des rôles secondaires, on retrouve le mythique James Woods dans un rôle de petite merde ou il excelle, Frank Vincent dans le même rôle que d'habitude, L.Q. Jones en cow-boy des temps modernes et bien d'autres... Tous interprètent leur personnage avec précision et justesse, tous excellent et tous font preuve d'un charisme incroyable que la caméra du maitre Scorsese ne manque jamais de foutre sur pellicule...

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CASINO est un des films les mieux mis en scènes du maitre, en effet Scorsese y fait preuve d'une maitrise technique incroyable, faisant avancer ses personnages dans des décors grandiloquents et tous servis par une des plus belles photographies qu'il m'ait été donné de voir, le bonhomme enchaine les prouesses techniques : plans-séquences sidérants, travellings absolument magnifiques, plans chargés de détail et tous éclairés avec génie, CASINO est une merveille visuelle ou se cotoye l'ambiance chaude, lumineuse et chatoyante et la violence froide caractéristique du cinéma de Scorsese. En effet, ceux qui considèrent encore TAXI DRIVER comme le film le plus hardcore du maitre feraient bien de mater CASINO, ou la violence, toujours surprenante et atroce, frappe à tout moment et est toujours filmée de la manière la plus froide possible... Il n'y a aucune forme de stylisme dans la violence présentée chez Scorsese, ici elle est toujours percutante et gratuite pour certains, ce à quoi je répondrai que CASINO est un film réaliste et que chez les gangsters de la vraie vie il n'y a aucune forme d'explication dans la violence... CASINO est un film violent sur des hommes violents et affreux, pourtant impossible de ne pas s'attacher à ces derniers et c'est la que CASINO et les autres films de Scorsese brillent : ils nous présentent des personnages violents (Travis Bickle... Jake La Motta...) que l'on suit et que l'on soutient mais plus les films avancent plus on en vient à se poser la question de si oui ou non on devrait soutenir ces personnages... Peu importe la réponse que vous trouverez à cette question, CASINO mène petit à petit vers un final qui personnellement me ferait presque pleurer (même si je pense que je vais me sentir seul la.).

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En effet, le dénouement du film, aussi dramatique soit-il, en laissera un certain nombre indifférent : les personnages du film sont tous de gros enculés, difficile de s'y attacher pourtant quiconque rentrera dans l'univers du film sera profondément touché par l'autodestruction progressive des personnages, car, comme tous personnages Scorsésiens, le trio de personnages est un trio de personnages profondéments destructeurs, figures symboliques à travers desquelles Scorsese, comme à son habitude, déconstruit le mythe américain, ici représenté par Las Vegas, une cité superbe en apparence, qui brille de mille feux en surface mais qui cache arnaques, vols, meurtres et toutes autres sortes de saloperies... Véritable symbole du rêve américain, et de l'Amérique de manière générale, Las Vegas se fait dans CASINO complètement défoncer. "Tout à Las Vegas est fait pour piquer votre argent.", voila qui résume très bien la vision de Scorsese et Pileggi sur la ville, peuplée de voleurs et de tricheurs jusque dans les casinos, d'ailleurs Scorsese à même l'audace de faire des boss des casinos les véritables tricheurs... Dans TAXI DRIVER, Scorsese déconstruisait le mythe du vigilante en faisant de son vigilante un psychopathe raciste, dans CASINO, c'est carrément tout un mythe que Scorsese déconstruit pour donner une vision sans doute plus terre-à-terre de la réalité... Cette thématique (la déconstruction du mythe américain par des figures symboliques autodestructrices) est la thématique la plus récurrente chez Scorsese, inutile de dire donc que son oeuvre (dans sa globalité) est extrêmement subversive, ce qui explique très facilement qu'il y ait autant d'admirateurs de Scorsese que de détracteurs...

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CASINO est thématiquement complet, on retrouve donc ce combat entre deux personnages liés l'un a l'autre, ici par une amitié de longue date, mais on retrouve également la femme manipulatrice que l'on retrouve dans presque tous ses films... Tous ces éléments s'accordent pour donner une histoire d'une cohérence absolument incroyable, d'un réalisme à couper le souffle mais qui nécessite cependant d'être ouvert au sujet, toutefois, ici Scorsese fait preuve d'une maitrise incroyable de son scénario, et s'il m'était arrivé de reprocher à MEAN STREETS son trop d'enjeux qui nuisait légèrement au film, ici ce n'est jamais le cas : le nombre important de personnages n'est jamais sujet à confusion, et tous les enjeux se rejoignent pour que CASINO soit un film Scorsésien dans sa forme : l'ascension des personnages dans leur business, puis leur chute inévitable causée par leur propre orgueuil... Scorsese maitrise son sujet, son scénario, ses acteurs, son équipe, en gros il maitrise son film... La conséquence de cette maitrise est très simple.

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Un film maitrisé de bout en bout, ca s'appelle un chef d'oeuvre. Et un film maitrisé de bout en bout par un grand maitre comme Martin Scorsese, ca s'appelle un chef d'oeuvre intergalactique. En somme, je sais même pas ce que vous foutez encore la à lire cet article loin de rendre justice a cette bombe atomique qu'est CASINO, mon film préféré de Scorsese à ce jour qui m'a collé une baffe dans la tronche dont je me rappellerai très longtemps et j'espère que ce sera votre cas à vous également... En gros si vous n'avez toujours pas compris : COURREZ VOIR CE FILM.

CAS10You took your boots off? You put your feet on the table... you shit-kicking, stinky, horse-manure-smelling motherfucker you! You fuck me up over there, I'll stick you in a hole in the fucking desert! You understand?

Si vous aimez ce film, vous aimerez aussi...

-ZE RING-

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15 juillet 2011

MEAN STREETS

MSJAQUETTE
RÉALISÉ PAR
|
MARTIN SCORSESE.
ÉCRIT PAR | MARTIN SCORSESE ET MARDIK MARTIN.
PRODUIT PAR | JONATHAN T. TAPLIN

HARVEY KEITEL | Charlie
ROBERT DE NIRO | Johnny Boy
AMY ROBINSON | Teresa
DAVID PROVAL | Tony
RICHARD ROMANUS | Michael
CESARE DANOVA | Giovanni

En 1973, à New York, a Little Italy, Johnny Boy et Charlie, des malfrats à l'affut de combines louches, côtoient les mafiosi qu'ils envient. Pour accéder au haut du pavé, une règle impérative : respecter la loi d'honneur du milieu. Charlie, lui, a ses chances, car il a un oncle mafieux. Mais le problème se pose pour Johnny, un bagarreur inconscient, et surtout, criblé de dettes...

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Raaah, MEAN STREETS... Ce film que, fut un temps, je considérais comme le film le plus mauvais de Martin Scorsese. Et oui, à l'age de 14 ans, j'ai vu ce film et j'ai détesté! Mais une maturité cinématographique ça se forme et après deux ans passés à revoir le film plus ou moins régulièrement et à l'apprécier plus à chaque vision, je peux désormais affirmer une chose : non seulement ce film à révélé Martin Scorsese, Harvey Keitel et Robert De Niro, mais c'est également un des plus grands chefs d'oeuvres de Scorsese, inutile de dire qu'une fois que j'ai dit ça il est clair que MEAN STREETS vaut le détour. D'entrée de jeu, MEAN STREETS témoigne d'une grande intelligence de la part de son créateur, en effet, par son générique, jouissif au demeurant et porté par une musique terrible des Ronettes, Scorsese présente tous ses personnages et tous les aspects de son oeuvre, Scorsese, dès le départ, pose ses obsessions sur pellicule et de ce point de vue, MEAN STREETS est une de ses oeuvres les plus importantes. En effet, si Scorsese est bien connu pour se spécialiser dans les films de gangsters n'est pas un hasard, premièrement parce qu'il à tout de même réalisé, avec Francis Ford Coppola, les meilleurs films du genre (Les affranchis et Casino pour les très incultes.), mais surtout parce que toute la filmographie du monsieur tourne autour du même thème sous-jaçent : la déconstruction du mythe américain de par l'utilisation de figures symboliques autodestructrices. Pour sa première incursion majeure dans le monde du 7ème art, Scorsese choisit les gangsters comme figures symboliques, mais contrairement à Casino et Les affranchis, il ne réalise pas un film de gangsters dans la pure tradition du genre mais plutôt un drame, qui tourne davantage autour des obsessions et des ambitions d'un même personnage qu'autour de l'ascension d'un criminel renommé.

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Des figures autodestructrices symboliques, il y en a deux ici : Charlie (Harvey Keitel), dont l'oncle est un mafieux qui s'empêche lui-même d'atteindre ses objectifs en transgressant les règles qu'impose plus ou moins son oncle (Cesare Danova), et Johnny Boy (Robert De Niro), fouteur de merde endetté et un peu schtarb sur les bords, qui, forcément, attire toutes les emmerdes possibles et imaginables. De par ces deux figures symboliques, Scorsese déconstruit le mythe du gangster tel qu'il est souvent représenté : dans MEAN STREETS, les gangsters sont des petites frappes, qui se font rouler toutes les cinq minutes (Michael qui se fait vendre des bagues japonaises au lieu de lentilles, ou encore ce même Michael qui se fait voler 20$ par deux trous du cul.) et qui restent dans l'ombre des figures véritablement importantes du milieu : l'oncle de Charlie, par exemple, élément important du scénario tant beaucoup d'enjeux de ce dernier tournent autour de lui, et Mario, joué par un acteur discret mais excellent : Victor Argo. Dans tout ça se trouve une figure également récurrente chez Scorsese : la femme, ici, Teresa (Amy Robinson), est une fois de plus un élément pivotal du scénario. Involontairement manipulatrice, la femme est dans MEAN STREETS un élément pivotal du scénario (comme toujours chez Scorsese), scénario par ailleurs profondément ancré dans la réalité de l'époque tant il traite furtivement de plusieurs des sujets les plus importants des années 70 : justice corrompue/inefficace (Dirty Harry, Serpico, Un justicier dans la ville...), conséquences de la guerre du Vietnam (The Deer Hunter...), le racisme (Et la j'aurai bien dit Mississipi Burning mais 1988 c'est pas tellement les années 70...), rajoutez à cela que Scorsese aborde tranquillement une de ses plus grandes obsessions : la religion catholique (Scorsese, avant de faire du cinéma, voulait devenir prêtre), le film vire par ailleurs limite à la subversion puisqu'ici , L'Eglise est violemment critiquée par certains personnages qui la considèrent comme un business (et c'est pas moi qu'irait dire le contraire)... Bref, MEAN STREETS est un film complet thématiquement, à tel point qu'il est difficile de tout aborder en quelques lignes.

MS2(De gauche à droite : David Proval, Robert De Niro, Harvey Keitel et la queue de billard ainsi que le gros bide de George Memmoli.)

Toute cette maitrise thématique témoigne des talents d'écriture des deux scénaristes du film, c'est-à-dire Martin Scorsese lui-même et un autre, moins connu mais qui à également scénarisé deux petites perles signées Scorsese, j'ai nommé RAGING BULL et NEW YORK, NEW YORK, Mardik Martin. C'est donc un screenplay et des dialogues de très grande qualité qui sont offerts à l'heureux spectateur (ou pas, j'y reviendrai.) de ce MEAN STREETS. De réplique culte en réplique culte, de scène qui tue en scène qui tue, MEAN STREETS s'impose très rapidement en monument cinématographique de par son écriture, tant quiconque adhère au film ne pourra jamais lui trouver de temps morts, au contraire, chaque instant de ce film est du pur bonheur de par sa construction dramatique parfaite et de par ses dialogues savoureux, soutenus par des acteurs dont on ne dira jamais assez de bien : Harvey Keitel, qui tient ici le rôle principal, mais surtout Robert De Niro, qui va jusqu'a voler la vedette à son ami Keitel. On trouve aussi Amy Robinson (plus une productrice qu'une actrice), Richard Romanus, Cesare Danova et David Proval, quatre acteurs méconnus qui livrent dans ce MEAN STREETS des prestations irréprochables, donnent vie à des dialogues aussi excellents qu'eux et animent le film de manière magistrale. Scorsese fait donc preuve de talents de direction d'acteurs incroyables, talents auxquels il devra beaucoup par la suite tant tous ses films reposent beaucoup sur les acteurs qui les animent, et si ce dernier à toujours été bien entouré (Paul Schrader, Mardik Martin, De Niro, Keitel, Joe Pesci, Leonardo DiCaprio...), il est tout de même bon de préciser que son entourage est toujours meilleur chez lui que chez les autres, ce qui est tout de même assez significatif des talents du bonhomme.

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Et puis, comme en témoigne l'image ci-dessus, MEAN STREETS brille également du point de vue visuel : servi par une photographie incroyable et un travail sur les lumières plus qu'honorable, le film enchaine des ambiances travaillées et présente un environnement urbain filmé comme aucun autre : ainsi, si la plupart du temps, New York est filmée comme une ville nocturne et sombre, ses plus étroits recoins semblent tout à fait différents. Le bar de Tony, à titre d'exemple, dispose d'une ambiance assez étrange, assez glauque mais également chaleureuse et agréable dans le même temps, bercé en permanence dans une lumière rouge, puis on retourne dans la nuit et hop, nous voila dans un endroit tout à fait, bercé dans une lumière blanche très acceuillante et agréable, bref MEAN STREETS multiplie les ambiances, la photographie et l'éclairage change toutes les deux secondes, d'une manière qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler TAXI DRIVER... Tout cela sert une mise en scène qui pète à mille coudées au-dessus de nimporte quel cinéaste actuel : Scorsese sert des travellings et des plans-séquences incroyables et chaque plan magnifie les acteurs qui semblent être en parfaite symbiose avec le réal, bref, visuellement MEAN STREETS est une parfaite réussite soutenue par une B.O. incroyable, Scorsese livre une ambiance terrible, ambiance qu'il reproduira dans TAXI DRIVER et qu'il améliorera dans le très électrique et délirant A TOMBEAU OUVERT. MEAN STREETS, par sa mise en scène, est un film intimiste dont les faux raccords dans le montage, tellement nombreux qu'ils semblent volontaires (je ne vois pas d'autres solution) n'entachent jamais la qualité.

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Evidemment, les qualités de MEAN STREETS ne s'arrêtent pas la, le film présentant un éventail de personnages étonnant, tous presentés très rapidement dans leurs aspects les plus profonds  et efficacement en 2 minutes, même si la manière dont c'est fait n'est pas nécessairement des plus subtiles, puis après Scorsese et Martin prennent leurs temps pour poser leurs enjeux, enjeux tellement nombreux qu'ils poseront problème à beaucoup de gens pour la raison simple que le film semble s'égarer dans ce trop d'enjeux, au contraire, en réalité tous ces enjeux se rejoignent pour n'en créer qu'un : la réussite dans ses objectifs de Charlie, ainsi de par sa construction, MEAN STREETS ressemble limite à une mini-fresque cinématographique. Dans ce nombre important d'enjeux, Scorsese développe néanmoins 5 personnages très intéréssants à partir des bases posées en deux minutes au début du film, détaille absolument tout et livre donc des personnages complets et intéréssants à suivre, malheureusement voila tout le monde n'en sera pas capable pour la raison simple qu'est le sujet, en effet, tout le monde n'aime pas les films sur les gangsters, en témoigne mon ami Sebmagic qui sera très certainement la pour en discuter, il faut adhérer au sujet pour adhérer à MEAN STREETS et c'est ici le problème majeur du film, vous pensez bien que personnellement, je m'en fous, bien que je puisse comprendre la difficulté à adhérer à ce petit chef d'oeuvre!

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A mes yeux, MEAN STREETS est un chef d'oeuvre, ni plus ni moins, et s'il n'égale pas la splendeur d'oeuvres comme CASINO, LES AFFRANCHIS ou TAXI DRIVER, MEAN STREETS, dans la filmo de Master Scorsese, se range au moins au niveau de perles monstrueuses comme RAGING BULL ou SHUTTER ISLAND, et ca, ça fait plaisir! Un film à voir pour tout aficionado de Scorsese et même pour tout le monde en fait, tant c'est une oeuvre majeure pour le 7ème art et un film important dans la filmo du bonhomme... Un indispensable en somme.

Si vous aimez ce film, vous aimerez aussi...

-ZE RING-

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02 juin 2011

IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE

AMERICA1

RÉALISATION | SERGIO LEONE
ÉCRITURE
| SERGIO LEONE, FRANCO FERRINI, FRANCO ARCALLI, ENRICO MEDIOLI, PIERO DE BERNARDI, LEONARDO BENVENUTI, ERNESTO GASTALDI, ET STUART KAMINSKI A PARTIR D'UNE NOUVELLE DE HARRY GREY.
MUSIQUE | ENNIO MORRICONE

ROBERT DE NIRO | David "Noodles" Aaronson
JAMES WOODS | Maximilian "Max" Bercovicz
ELIZABETH McGOVERN |
Deborah Gelly
JAMES HAYDEN | Patrick "Patsy" Goldberg
WILLIAM FORSYTHE | Philip "Cockeye" Stein
LARRY RAPP | "Fat" Moe Gelly
TUESDAY WELD | Carol
TREAT WILLIAMS | James Conway O'Donnell
RICHARD BRIGHT | Chicken Joe
DANNY AIELLO | Vincent Aiello
JOE PESCI | Frankie Minaldi
BURT YOUNG | Joe

AMERICA2


Nous y voila. La fin de la carrière de Sergio Leone. Son dernier film, et, accessoirement, son meilleur, j'ai nommé Il était une fois en Amérique. Atteindre la perfection est chose impossible, surtout au cinéma, il est possible de s'en rapprocher énormément mais jamais de l'atteindre, et dire qu'avec Il était une fois en Amérique on tient un film qui se rapproche de la perfection est peu dire tant le film est l'oeuvre la plus proche de la perfection d'un perfectionniste, Sergio Leone. Malheureusement, Il était une fois en amérique, qui dure 3h40 et est monté dans un ordre non-chronologique, à été massacré au montage en Amérique : le film à été remis dans son ordre chronologique, ce qui ne fait aucun sens, presque 2 heures de métrage ont été amputées et le bouquet, Ennio Morricone n'a même pas été crédité au générique pour sa musique! La honte, encore un bel exemple de l'ouverture d'esprit des Américains et de leur volonté de mettre main basse sur tout : que ce soit pour le pétrole ou pour le cinéma, partout ou ils passent ils foutent la merde mais je ne pense pas vous apprendre grand chose... A ce jour, la version de 3h40 visible en DVD du film n'est pas la version intégrale de celui-ci... Le syndrome Une balle dans la tête en somme. Et il n'y a pas de contenu ultra-violent ou ultra-sexuel dans ce film pour justifier de telles coupes, juste une volonté de couper la moitié du film pour faire le double de recettes... Messieurs les Américains, vous êtes des enculés, je doute que grand monde se sente ici visé par cette accusation mais peu importe, c'est la colère qui parle.

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La première chose qui interpelle avec Il était une fois en Amérique (et pour être interpellé par ça suffit de lire les noms sur la boite.) c'est son casting : Robert De Niro, James Woods, Richard Bright ainsi que Joe Pesci et Burt Young dans des rôles très secondaires, rien que ça. Avec un tel casting, inutile de dire que du point de vue "acteurs" Il était une fois en Amérique est une totale réussite, tous les acteurs se donnant à fond : inutile de parler de la qualité de la prestation de Robert De Niro qui tient ici un de ses meilleurs rôles, par contre James Woods lui tient très clairement le rôle de sa vie, il est tellement investi dans son rôle qu'il parvient même à tenir la mesure avec De Niro et Pesci, qui fait une apparition qui bien fait plaisir aux côtés de... Burt Young! Qui je le rappelle joue le rôle de Paulie dans Rocky, oui je sais voir ce mec dans un film de mafieux est assez inattendu mais peu importe puisque sa courte apparition est complètement géniale, quoi qu'il en soit, ici les acteurs ont un rôle très important dans la mesure ou l'on suit les deux même personnages pendant 3h40, 3h40 constituées de flashbacks, flashbacks qui commencent pendant l'enfance du personnage de De Niro (à ce titre, les gamins qui jouent les protagonistes enfants sont génialissimes) et qui remontent jusqu'a l'époque contemporaine... Une véritable fresque cinématographique en somme, le genre de film qui laisse présager un brise-coeur comme fin et Il était une fois en Amérique ne déroge pas à cette règle sacro-sainte du genre, puisque le film est de loin l'un des plus émouvants qu'il m'ait été donné de voir, à la fin de ce chef d'oeuvre retenir ses larmes est chose difficile... Et ceux qui pensent ne jamais pleurer devant un film de mafieux, je dirai simplement que c'est pas parce que y a De Niro et Pesci dans le même film que celui-ci ressemblera aux Affranchis, non, dans Il était une fois en Amérique le personnage principal est nostalgique, en proie aux remords et est très loin des personnages des bad mother fuckers impitoyables et opportunistes dépeints dans les films de Scorsese, en somme, à tous les détracteurs des Affranchis et de Casino, vous pouvez vous jeter les yeux fermés sur Il était une fois en Amérique qui se rapproche en réalité plus d'un drame que d'un film de gangsters pur souche. La vision particulière du milieu de Leone fait ainsi d'Il était une fois en Amérique une oeuvre aussi nostalgique que son protagoniste, et Leone s'investit tellement dans son film qu'on pourrait presque le sentir vieillir en même temps que les personnages dont il dresse le portrait... Émouvant? Carrément oui, surtout quand on sait que Leone est mort quelques années après ce film, personnellement à l'époque ou j'ai vu ce film j'avais 9 ans et je n'étais pas au courant que Leone était décédé, mais à la vision d'Il était une fois en Amérique j'ai tout de suite senti qu'il avait quelque chose de spécial... Et ce quelque chose de spécial, c'est quelque chose de très simple : Il était une fois en Amérique est le chant du cygne de son auteur.

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C'est donc une oeuvre hors pair que nous livre Sergio Leone avec Il était une fois en Amérique. Et ceux qui ne l'ont pas encore vu comprendront très facilement ma colère envers ces chers Américains pour avoir charcuté ce chef d'oeuvre après l'avoir vu... Tout est absolument brillant : les acteurs sont géniaux cela va sans dire mais le reste l'est également. Et que pour la première fois Leone quitte le western ne change rien à la qualité de sa mise en scène : même si elle est ici bien plus sobre on trouve quelques moments qui se démarquent du reste par leur mise en scène magistrale, ce moment de suspense en début de film dans le bar de Fat Moe est un brillant exemple, en somme Leone en restant plus sobre que dans ses précédentes oeuvres réussit tout de même le pari de livrer une mise en scène immersive à souhait et loin d'être démunie de purs moments de gloire, la classe. Et puis cette mise en scène s'étend même dans le scénario, encore une fois et pour la troisième fois, Leone soulève le doute sur son personnage principal, et ce par le biais de flashbacks, la différence par rapport a ses deux précédents films c'est que ces flashbacks ne font ici pas office de retournement de situations mais permettent d'amener le retournement de situation, au passage, ce dernier vous laissera sur le cul et vous foutra les larmes aux yeux... Mais je m'en voudrais de spoiler donc je n'en dis pas plus : une chose est sure, Il était une fois en Amérique n'est pas un film qu'il faut remettre dans son ordre chronologique tant il perd de son sens... Par ailleurs, non content de faire de son personnage principal un personnage ambigu, et de livrer un retournement de situation plus qu'inattendu, Leone laisse aussi planer le doute sur deux des éléments les plus importants de la conclusion de son oeuvre... Il était une fois en Amérique est donc une oeuvre scénaristiquement intelligente, soutenue par une mise en scène génialissime et par une musique sublimissime du légendaire Ennio Morricone, mais ses qualités ne s'arrêtent pas la.

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Et oui, car au milieu des vedettes que sont De Niro et Woods on retrouve aussi des acteurs secondaires génialissimes... Les quelques apparitions d'Elizabeth McGovern (qui tient ici un rôle majeur.) sont géniales, celles de Danny Aiello (qui donne son nom à son personnage.) sont très savoureuses, Richard Bright, un des acteurs fétiches, affiche ici une sale gueule incroyable et livre une très bonne prestation, Treat Williams est très bon et James Hayden, William Forsythe, Larry Rapp et Tuesday Weld malgré leurs peu de répliques font preuve d'une présence étonnante et s'intègrent parfaitement au récit, récit dôté d'un rythme d'une rare qualité, en effet, sur les 3h40 de métrage il n'y a pas une seule seconde qui soit chiante, le tout se suit et s'enchaine avec une aisance et un confort déconcertant, 3h40 qui servent au développement de personnages attachants et charismatiques et qui mènent à un dénouement fatidique qu'on préférerait tous éviter une fois qu'on le connait tant il est déchirant... Et pourtant, paradoxalement, ceux qui sont comme moi ne pourront s'empêcher de mater le film 5 fois d'affilée tant il est sublime. Leone fait le récit d'une histoire difficile et sans faire preuve de violence graphique excessive, d'un autre côté, Il était une fois en Amérique sera choquant pour certains et particulièrement pour les femmes, je m'explique, des trois femmes qu'il y a dans le film, une est une pute et les deux autres se font violer. Mais doit-on interpréter Il était une fois en Amérique comme une oeuvre machiste pour autant? Non et à la limite même si la réponse à cette question était oui, peu importe dans la mesure ou Il était une fois en Amérique est le récit de la vie de Noodles tel que celui-ci la voit...

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Niveau dialogues, Il était une fois en Amérique est un film d'exception, en même temps avec Leone et Gastaldi sur le même film pas de quoi s'étonner, d'ailleurs l'écriture du film à pris 12 ans, donc en soit le fait que celui-ci soit bien écrit est loin d'être surprenant mais il vaut tout de même le coup d'être noté : des répliques cultes, y en a un paquet, et toutes servent une fonction précise, Leone préférant exprimer ce qu'il à a exprimer par sa mise en scène plutôt que par des dialogues, un exercice difficile mais que Leone réussit sans mal (challenge qu'il avait déja relevé et réussi avec son western Il était une fois dans l'ouest, ce mec était un génie.). Le scénario d'Il était une fois en Amérique, parfait? Certainement, le scénario de ce film en plus d'être superbement écrit étant génialement structuré, rajoutez à cela des acteurs de génie, une mise en scène de génie et une musique à pleurer et vous tenez un chef d'oeuvre absolu, maintenant si vous êtes assez fort pour me trouver un autre défaut à ce film que le faux grain de beauté du gosse qui joue Noodles enfant, je vous félicite... Car Il était une fois en Amérique est clairement à mes yeux un des meilleurs films de tous les temps, et dire que Leone en plus de rentrer dans la légende avec ce film tire sa révérence avec une classe incroyable est peu dire... En somme, vous allez vous depêcher d'acheter le film et de le mater avant que je m'énerve. :-D

-ZE RING-

AMERICA7

04 avril 2011

TAXI DRIVER

TD1

Réalisé par Martin Scorsese en 1976.
Ecrit par Paul Schrader.
Avec Robert De Niro, Jodie Foster, Cybill Shepherd et Harvey Keitel.
Musique composée par Bernard Hermann.

Vétéran de la Guerre du Vietnam, Travis Bickle (Robert De Niro) est chauffeur de taxi dans la ville de New York. Ses rencontres nocturnes et la violence quotidienne dont il est témoin lui font peu à peu perdre la tête.

Comme on dit, jamais de deux sans trois! C'est donc après avoir chroniqué Chiens de paille et Bad Lieutenant, deux films qui je le rappelle ont provoqué scandale à leur sortie que je m'attaque à un troisième, Taxi Driver, ou encore un scandale injustifié, et une fois de plus, personne n'est étonné, Taxi Driver étant l'archétype même du film politiquement incorrect défiant toute morale établie par nos chers culs serrés nationaux... Alors on ne reviendra pas sur le débat de la violence puisque tout à été dit en commentaire sur l'article de Cannibal Holocaust... Par contre, on va revenir sur Taxi Driver, encore un film d'une rare subversion, il va falloir vous habituer à que je ne critique presque que cela, oui je suis quelqu'un de très glaucque et après ce Taxi Driver ce sera sans doute au tour de Série noire de venir faire un tour sur ce blog, mais passons, des choses à dire sur ce qui est considéré à ce jour comme le meilleur film de Martin Scorsese, dont par moi, il y en a un paquet alors inutile de perdre plus de temps et rentrons dans le vif du sujet!

TD2You talkin' to me?

Certainement un des tous premiers vigilante movies avec Un justicier dans la ville de Michael Winner (qu'il faut au passage que je voie), Taxi Driver est aussi l'un des plus marquants, si ce n'est le plus marquant, inspirant encore à ce jour bon nombre de films du genre, notamment l'excellent Dead Man's Shoes de Shane Meadows, dire qu'avec ce film on tient un chef d'oeuvre est presque dévalorisant tant Taxi Driver est d'une qualité rare au cinéma, monument de violence et de subversion mais aussi paradoxalement un film d'humour, il est le film qui à révélé bon nombre de personnalités capitales pour le cinéma : Robert De Niro en tête, qui tient ici un de ses rôles les plus marquants et Martin Scorsese qui signe ici le film de sa vie, pourtant si on a tendance à ne retenir que ces deux types la force est de constater que tout le mérite ne leur revient pas, car rappelons-le, Taxi Driver dispose également d'un scénariste de talent, Paul Schrader qui à aussi écrit deux autres des meilleurs crus de pépé Scorsese : Raging Bull et La dernière tentation du Christ, ainsi que d'un très grand compositeur, Bernard Hermann, qui rappelons-le à composé la bande-son de Psychose d'Alfred Hitchcock et du film qui à révélé Brian De Palma : Sisters, c'est donc avec un staff en acier (c'est le cas de le dire) et après l'échec autant commercial que cinématographique que fut Alice n'est pas ici (pas un mauvais film, mais loin d'être transcendant), Martin Scorsese se rattrape et révolutionne définitivement le cinéma en lancant un genre à l'époque presque tout nouveau : le vigilante movie, et si les imitations furent nombreuses par la suite, force est de constater que peu méritent l'attention de cinéphiles, puisque la plupart des imitations sont des pellicules baclées montrant des gentils justiciers qui tuent des méchants gangsters tout en oubliant l'élément qui fait de Taxi Driver le chef d'oeuvre que Scorsese n'égalera jamais par la suite : la subversion.

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Car soyons clair, la est la plus grande force de Taxi Driver. Ayant déja plus ou moins traité la déshumanisation suite à la guerre du Viet-Nam dans son court-métrage, -il faut l'avouer-, très gratuit et pas nécessairement simple à interpréter The Big Shave, Scorsese affine ici son message engagé et l'envoie droit dans la gueule du spectateur, et si l'on pourra reprocher au film d'être peut-être trop évident dans son propos, on ne le fera pas, car c'est cette évidence qui fait de Taxi Driver un film sans aucune concession, et donc une baffe dans la gueule. Scorsese et Schrader créent de toutes pièces un personnage ambigu psychologiquement, perturbé, qui semble même perdu et toujours distrait, Travis Bickle, personnage rendu culte par l'interprétation sans faille de Robert De Niro (un meilleur acteur que lui, ça n'existe pas.), personnage que l'on voit sombrer petit à petit dans une déshumanisation totale, incapable d'un quelconque sentiment humain si ce n'est la haine, haine qu'il fixe sur les rues de New York, crades, glaucques et lieux de nombreuses violences urbaines... Evidemment, la subversion ne s'arrête pas la sinon il n'y aurait pas eu de scandale... Mais comme notre société est composée en grande majorité de culs serrés, il ne faut pas s'étonner que le film ait fait tant de bruit puisqu'il présente Jodie Foster dans ce qui est sans doute son seul bon rôle... Elle joue en effet une prostituée, jusque la ça va, je rappelle qu'on est en 1976 et qu'a l'époque, elle à 13 ans... Hum, d'un coup ça passe moins bien, évidemment on ne s'arrêtera pas la, Taxi Driver étant plus intéréssant de par son message dénonciateur que par l'encre qu'il à fait couler, malgré tout on notera que la démarche de Scorsese tient ici clairement de la provocation, pas étonnant en soit que le film ait fait scandale, ce qui est étonnant c'est que notre intelligencia qui aime l'art et les artistes, la subversion et à la science infuse ne reconnaisse pas un film provocateur quand elle voit un.

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Evidemment, Taxi Driver ne vaut pas que par sa subversion mais aussi par sa réalisation, Martin Scorsese filmant ici les rues mieux que personne, jamais vous n'avez vu un environnement urbain filmé comme ça, Scorsese rend les rues de New York glaucques et étouffantes avec une aisance déconcertante, bien aidé évidemment par le saxophone chelou de Bernard Hermann (d'ailleurs, il est marrant de voir qu'un an après, Martin Scorsese réalisera New York, New York avec Robert De Niro, qui joue ici un... saxophoniste.), chaque plan de Taxi Driver est méticuleusement soigné. On retiendra notamment ces travellings sur les avenues de New York, éclairées par les lumières ici très glaucques des cinémas porno, très sombres et envahies par la fumée, Taxi Driver est un film au décor étouffant et opressant, ultra-glaucque qui se termine sur une fusillade d'anthologie, -monument de violence par ailleurs-, pourtant paradoxalement si Taxi Driver est un film extrêmement dérangeant il est aussi un film à mourir de rire, du à son côté décalé et a un scénario d'une rare qualité d'écriture. On a tendance à l'oublier, mais Paul Schrader à ici fait un travail impressionnant, accordant un soin tout particulier au personnage de Travis Bickle dont chaque réplique fait mouche, en témoigne la séance du miroir, en grande partie improvisé par Robert De Niro et le dialogue avec le gorille de Palantine ("Un insigne secret pour les services secrets"). Signant donc un scénario parfait en termes de dialogue, Schrader n'oublie pas pour autant le rythme du film, ainsi si Taxi Driver est un film assez lent force est de constater qu'il est difficile d'y trouver des longueurs, c'est donc un film très bien structuré qui nous est offert, alors après je sais pas vous mais pour moi dialogues parfaits + construction parfaite = scénario parfait, mais évidemment, un scénario aussi génial soit-il n'est rien sans les acteurs qui l'animent.

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Et ici, bin finalement, pas trop de souci à se faire, Robert De Niro est au sommet de son talent et affiche un charisme animal, entrant dans la peau de Travis Bickle, personnage extrêmement ambigu, avec une aise déconcertante, De Niro livre ici une de ses meilleures prestations. Il en est de même pour Harvey Keitel, dans un rôle certes secondaire mais qui reste le seul à tenir a peu près la cadence avec De Niro, jouant ici le rôle d'un bad mother fucker méprisable, affichant une gueule méconaissable mais toujours cette carrure de dinosaure et son côté déjanté, les deux acteurs sont en parfaite cohésion, de même pour les scènes entre De Niro et Jodie Foster, qui trouve incontestablement le rôle de sa vie, dans le rôle d'une prostituée de 13 ans (Oh mon dieu quel scandale!), un rôle complètement fou et qui rajoute beaucoup au côté malsain du film. On note aussi quelques apparitions qui font bien plaisir, comme celle de Victor Argo, très sympathique ou encore celle de Martin Scorsese, passage absolument mythique ("Vous avez déja vu ce que ca fait un coup de .44 Magnum dans le con d'une femme?"), déjanté, et avant tout, très glaucque, Scorsese jouant ici un inconnu complètement branque faisant part de ses projets de tuer sa femme à Travis... Une rencontre qui met plutôt mal à l'aise, il faut l'avouer, m'enfin voila inutile de s'éterniser plus longtemps, vous m'avez compris, le casting est parfait.

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Reste donc les défauts de Taxi Driver et il faut oublier que trouver des défauts à ce bijou est chose assez difficile, Taxi Driver fait selon moi partie des films parfaits à tous les égards, alors oui on pourra peut-être dire que Cybill Shepherd ne brille pas vraiment par sa prestation mais elle est tout à fait correcte, et pour les 10 minutes qu'on la voit à l'écran, on va pas s'en plaindre, surtout que bon si on part la-dessus tout le casting est naze puisqu'ils sont tous complètement effacés par De Niro, enfin voila, finalement Taxi Driver est un film génialement interprêté, réalisé, scénarisé, malsain, glaucque, violent, original et subversif, tous les critères sont ici réussis pour que je puisse me permettre une fois de plus de crier CHEF D'OEUVRE car c'est ce qu'est Taxi Driver : un chef d'oeuvre, et si mon engouement dérangera sans doute quelques uns, il faut l'avouer : un film comme ça, on n'en voit pas deux. Alors pour ceux qui ne l'ont pas vu, depêchez-vous de le faire car Taxi Driver, s'il ne fait pas l'unanimité, reste un indispensable.

-ZE RING-

P.S. Allez jeter un oeil au sommaire du blog, c'est pas encore complet mais sur le point de l'être! ;)

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09 janvier 2011

1900

Novecento1

Un film réalisé par Bernardo Bertolucci en 1976.
Ecrit par Bernardo Bertolucci, Giuseppe Bertolucci et Franco Arcalli.
Avec Robert De Niro, Gérard Depardieu, Donald Sutherland, Dominique Sanda et Laura Betti.
Musique composée par Ennio Morricone.

Sous le sapin à Noël en raison de ma curiosité poussée, 1900 à du attendre deux semaines pour que je le voie. En effet, le film ne fait ni plus ni moins de 5h, et malgré mon envie de le voir, cela m'a toujours repoussé, aujourd'hui j'ai vu le film et je ne peux que regretter de ne pas l'avoir fait avant. Il est clair que la durée à des influences positives comme négatives sur le film, notamment un ou deux passages qui peuvent s'avérer plus ou moins chiants selon le spectateur, mais la richesse, la qualité et la beauté du scénario rattrape les menus défauts du film, qui impose une vision des 45 premières années du XXème siècle de manière assez pessimiste en suivant les vies d'Alfredo Berlinghieri (Robert De Niro), Olmo Dalco (Gérard Depardieu) et Attila Mellanchini (Donald Sutherland) ainsi que la montée du fascisme en Italie. Traitant son sujet avec minutie, Bernardo Bertolucci signe un film possédant tous les atouts d'un chef d'oeuvre, servi par un casting malheureusement inégal mais dont les acteurs principaux dégomment tout. 1900 à par ailleurs été l'occasion pour moi de découvrir Donald Sutherland, ce qui à été une véritable révélation, cet acteur étant absolument génial sur tous les points. 1900 est donc en bien des points un véritable chef d'oeuvre, un film intimiste et personnel mais malheureusement victimes de lacunes relativement importantes.

Novecento2

1900 est un film assez lent, servi par une réalisation absolument excellente. Il n'y a pas un seul plan qui ne soit pas magnifiquement cadré et composé, Bernardo Bertolucci utilise son décor de manière magistrale et signe un film à l'ambiance gaie et joyeuse qui vire de manière assez radicale à une ambiance plus sombre, pourtant chaque instant de 1900 est bercé dans une merde totale, car 1900 qui aurait pu être un film relativement gentillet est assez choquant sur les bords, alors on sera sans doute surpris de voir Donald Sutherland participer à des scènes de violence brèves mais intenses voire choquantes pour les plus sensibles, et quiconque parle de ce film peut s'attendre à se faire blinder par les bien pensants qui pensent que tuer les chatons à coups de boules et tuer les gamins en leur écrasant la tête contre un mur, c'est pas bien, même dans les films. Donnant une vision extrêmement négative du fascisme (ce qui n'est pas surprenant, Bernardo Bertolucci à longtemps travaillé avec Pier Paolo Pasolini, qui à réalisé Salo... Il a été assassiné juste après, alors même en ayant pas vu le film je pense que c'était un crevard.), des propriétaires terriens, Bertolucci n'est pas non plus forcément très sympa avec les communistes, bref, il s'attaque à plus ou moins tout le monde sans faire de concessions dans un film dantesque ou il vous promènera pendant 5 heures dans un ride au pays des films comme on en fera plus jamais. Subversif sur bien des points, 1900 est en plus de ça interprêté merveilleusement, dédicace spéciale à Gérard Depardieu qui signe une prestation absolument énorme bien que son accent anglais fasse un peu de la peine, malgré tout le flambeau revient de toute évidence au maestro des maestros Robert De Niro et à son collègue Donald Sutherland, un bad mother fucker qui à droit aux scènes les plus crasses du film et qui restera certainement longtemps ancré dans les mémoires. Malheureusement, si les acteurs principaux sont géniaux, ce n'est pas franchement le cas des acteurs secondaires, notamment Dominique Sanda qui est ici assez mauvaise (mais bon d'un côté elle on s'en fout étant donné que y a pas une scène avec elle sans De Niro), lacune importante qui est toutefois rattrapé par un scénario à bien des égards parfait, intense et émouvant mais qui ne manque pas d'un ou deux moments chiants, mais comme faire un film de 5h sans me semble être reservé aux véritables maîtres, on se contentera de se faire chier 10 minutes sur 300 et on ne dira rien, car en soit, 1900, même en étant subversif et intimiste parvient à être un excellent divertissement soutenu par une musique composée par Ennio Morricone qui prouve encore une fois qu'il est un véritable maître et donne a la dernière partie du film un ton terriblement émouvant et pessimiste.

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1900 est donc un grand film, servi par une réalisation, un scénario et une composition musicale quasi-irréprochable, dont le réal à l'air de franchement prendre plaisir à cracher à la gueule de tout le monde et de ne pas brosser tout le monde dans le sens du poil, malheureusement comme je le disais c'est aussi un film qui passe à côté du rang de véritable chef d'oeuvre dans le premier sens du terme en raison de nombreuses lacunes, à commencer par la direction d'acteurs et les passages à vide comme je l'ai précisé mais aussi par quelques décisions quelques peu douteuses, comme celles d'avoir placé la première partie de la fin au début, cela n'apporte rien au récit, certains adhèreront et d'autres n'adhèreront pas à cette décision, pour autant la ou les montages non-chronologiques ont tendance à provoquer la confusion chez le spectateur, 1900 est, comme dirait l'autre, clair comme de l'eau de roche, pas une seule incohérence dans les 5 heures du film, la qualité d'écriture est de plus clairement la et donc cela force le respect et donc, même si en termes de direction d'acteur le film aurait gagné à être dirigé par quelqu'un d'autre, on sent une véritable passion derrière la caméra et puis de toutes façons, Bernardo Bertolucci montre clairement qu'il n'est pas un manche en servant une réalisation énormissime, notamment concernant l'ambiance qui est assez soignée et livre un film lent et intéréssant qui tourne au drame humain bouleversant petit à petit le tout en alternance avec les scènes de violence du couple psychopathe Donald Sutherland et Laura Betti. Alors voila, clairement si 1900 n'est pas dépourvu de défauts, c'est un film à voir et ce malgré sa longueur, véritablement bouleversant... Personnellement c'est un des plus beaux films que j'ai vu ces derniers temps, vraiment surpuissant, je suis resté accroché à mon canapé jusqu'a la fin du générique avant de me rendre compte que c'était fini.

Novecento4

-Ze Ring-

Novecento5

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21 novembre 2010

HEAT

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Un chef d'oeuvre absolu réalisé par Michael Mann en 1995.
Avec Al Pacino, Robert De Niro, Val Kilmer et Tom Sizemore.

Neil McCauley est le meneur d'une bande de braqueurs professionnels. Lorsque Waingro, le petit nouveau de la bande, fait virer le braquage d'un fourgon blindé au massacre, McCauley croise la route de Vincent Hanna, flic obsédé par son travail et qui fera tout pour le faire tomber.

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Cliquez sur les images pour les agrandir.

Heat est un de ces films relativement récents mais pourtant déja entré dans la légende. Ceci s'explique notamment par la gueule de son casting : Robert De Niro et Al Pacino, deux des meilleurs acteurs au monde, si ce n'est les meilleurs, à l'écran avec d'autres très bons acteurs tels que Val Kilmer, Tom Sizemore, William Fichtner et bien d'autres, tous dirigés à la perfection par Michael Mann, réalisateur de Collateral (il a aussi réalisé Le dernier des mohicans et plus récemment Public Enemies mais n'ayant jamais eu l'occasion de les voir, je ne peux me prononcer sur ces derniers). Heat est un duel déja d'anthologie, entre deux personnages ni tous blancs ni tous noirs, professionnels, qui sont leur radical opposé mais qui ont à la fois tout en commun. Ne négligeant aucun acteur, aussi secondaire soit-il, Michael Mann réalise un film muni d'un scénario parfait rédigé par ses soins, sans aucune incohérence et gardant le spectateur en haleine pendant 2h40 d'une intensité plus qu'incroyable. Qu'est-ce que tout cela donne? Un chef d'oeuvre absolu, un classique du polar et un des meilleurs films jamais faits à mes yeux. Explications.

Robert_De_Niro_et_Al_Pacino

Heat est un film réputé pour avoir inspiré de nombreux autres films et jeux vidéos, deux exemples respectifs serait 36 Quai des orfêvres d'Olivier Marchal et le jeu d'action Kane & Lynch sorti en 2007 par IO Interactive, c'est dire l'influence que le polar de Mann à eu sur ces deux arts (oui je considère le jeu vidéo comme un art). Cela est en grande partie due au perfectionnisme de Mann, qui lorsqu'il réalise un film cherche à le rendre le plus réaliste et le plus fidèle à la réalité possible et surtout à lui conférer une esthétique absolument dingue. Filmant Los Angeles le plus souvent de nuit et cherchant à donner une vision différente de la ville a ses spectateurs, Michael Mann livre des fusillades d'une intensité rare et inégalée à ce jour. La photographie du film est magnifique et les effets de lumière sont génialement pensés, bref, esthétiquement ça dépote seulement cela n'est qu'une petite partie de Heat, ainsi si on compte des passages d'anthologies comme cette scène de braquage de banque ou le duel final entre Al Pacino et Robert De Niro, mais cela est loin d'être assez pour faire un bon film, Mann en est conscient et exploite son scénario avec génie, prouve qu'il est capable de véritables prouesses techniques et choisit avec un soin méticuleux ses acteurs, et vu le travail qui à été fait à leur sujet, il serait temps d'en parler.

Robert_De_Niro_avec_un_fusil_plus_gros_que_lui

Ainsi si Al Pacino et Robert De Niro livrent clairement les meilleures prestations du film, celui-ci ne tient pas sur les épaules, notamment grâce à un paquet d'acteurs secondaires qui ne sont jamais négligés & donnent toujours le meilleur d'eux-même, même les plus petits rôles comme celui de Natalie Portman ou Danny Trejo, par ailleurs, chaque personnage fait avancer le scénario à sa manière, bien plus complexe et étoffé qu'il ne puisse y paraitre en premier lieu, au fur et à mesure que le film avance, le scénario s'étoffe de nouvelles sous-intrigues toutes menées à terme sans exception : aucune scène n'est inutile, le film passe d'un point A à B sans aucun temps mort et ce pendant 2h40, faisant du scénario de Heat un scénario parfait. Véritable merveille d'écriture, les dialogues sont souvent courts mais vont au but de manière radicale sans jamais dévier une seule fois de son sujet, Mann ne perd pas de temps à présenter ses personnages en début de film, en effet, cela se fait au fur et à mesure et on se rend vite compte que les personnages, tout comme le scénario, sont bien plus étoffés et profonds qu'il n'y parait. Ainsi Al Pacino joue Vincent Hanna avec génie, un policier travaillant à la Criminelle, qui va prendre en chasse McCauley, joué de manière toute aussi géniale par Robert De Niro. Toutefois, tout le but du film, au-déla d'être carrément magnifique esthétiquement, d'avoir des scènes d'action carrément jouïssives, d'être prenant de bout en bout et donc d'être un monument en terme de divertissement, est de fournir un véritable travail sur ces deux personnages pour montrer qu'ils sont à la fois complètement opposés mais qu'ils ont aussi tout en commun, à commencer par ceci : ils sont tous les deux des professionnels et font ce qu'ils savent faire de mieux, Vincent pourchasse McCauley, qui fait des coups pour s'enrichir et partir très loin avec Eady, jouée par Amy Brenneman, sa compagne. Par ailleurs, le parallèle entre leurs deux vies amoureuses est intéréssant puisque pendant que Neil McCauley connait l'amour, cette chose qu'il n'a jamais connue, Vincent Hanna détruit petit à petit son troisième mariage en lui courant après pour l'arrêter, mettant ainsi en place la phrase culte du film "N'aie pas d'attaches dans la vie dont tu ne puisses pas te séparer en moins de 30 secondes si tu sens la chaleur au coin de la rue", résumant clairement leur vie à tous deux : si McCauley doit échapper à Hanna et si Hanna doit perpétuellement courir après McCauley, comment peuvent-ils faire tenir un mariage? SPOILER Malgré tout, Vincent et Neil seront bien obligés de s'affronter directement à un moment ou un autre, après que la grande partie de l'équipe de McCauley soit morte, celui-ci finira par mourir tué par Vincent après qu'il ait du abandonner Eady pour fuir, mettant ainsi en évidence la réplique citée plus haut... FIN DES SPOILERS

Robert_De_Niro__la_classe

Voila, Heat, c'est ça, un véritable de duel titans que la simple idée de s'affronter rebute, parce qu'ils sont leur opposé mais qu'ils ont tout en commun, et cela constitue la principale force du film, par ailleurs, on ne voit que deux fois Robert De Niro et Al Pacino tous les deux à l'écran, une fois dans un dialogue mythique et l'autre à la fin dans les derniers plans, pour la symbolique. En effet, Michael Mann à bien compris que le film aurait perdu cette force si les deux acteurs étaient trop souvent réunis à l'écran, ainsi, il parvient à préserver toute la force et l'impact de Heat, en plus de cela, il parvient à livrer des scènes d'action dantesque et d'une violence maîtrisée mais crue, à diriger toute une bagatelle d'acteurs aux personnages tous aussi variés les uns que les autres tout en livrant une des histoires les mieux écrites à mes yeux à ce jour, le tout servi par la musique originale mais géniale d'Elliot GoldenthalMichael Mann livre de manière magistrale ce qui est désormais devenu un classique du polar auquel il est quasi impossible de trouver des défauts... Et si vous êtes toujours en train de lire cette critique, je vais expliciter le message caché : COURREZ L'ACHETER.

-Ze Ring-

Un_des_braqueurs__me_demandez_pas_lequel

Posté par ZE RING à 16:25 - - Commentaires [59] - Permalien [#]
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