29 mai 2011

IL ÉTAIT UNE FOIS LA RÉVOLUTION

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RÉALISATION | SERGIO LEONE
ÉCRITURE | SERGIO LEONE, SERGIO DONATI, LUCIANO VINCENZONI, ROBERTO DE LEONARDIS ET CARLO TRITTO
MUSIQUE | ENNIO MORRICONE

ROD STEIGER | Juan Miranda
JAMES COBURN | John H. Mallory
ROMOLO VALLI |
Dr. Villega
ANTOINE SAINT-JOHN | Gunther Ruiz
DAVID WARBECK | Sean

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LA RÉVOLUTION N'EST PAS UN DÎNER DE GALA ; ELLE NE SE FAIT PAS COMME UNE OEUVRE LITTÉRAIRE, UN DESSIN OU UNE BRODERIE. LA RÉVOLUTION EST UN ACTE DE VIOLENCE.

C'est sur cette citation clairement culte qu'Il était une fois la révolution s'ouvre, Il était une fois la révolution, dont le titre original est Giu la testa (ce qui à donné le titre anglophone Duck you sucker) est l'adieu de Sergio Leone au genre qui lui était le plus cher : le western, mais aussi son premier et dernier western zapata (western "politique" en quelque sorte) et surtout le début de ce qui aurait été une fin de carrière subversive si Sergio Leone n'était pas mort prématurément à l'age de 60 ans. Subversif, Il était une fois la révolution l'est assurément, c'est d'ailleurs l'élément qui permet de le démarquer de Companeros de Sergio Corbucci, sorti une année avant et traitant du même sujet de la même façon, ce qui est évidemment une occasion pour les aficionados de westerns de s'acharner sur un réalisateur irréprochable cinématographiquement. Soyons clair, Companeros est un chef d'oeuvre, certainement aussi bon qu'Il était une fois la révolution mais ne nous voilons pas la face : le film est bien moins efficace en termes de mise en scène que le film de Leone et n'a surtout pas l'impact subversif d'Il était une fois la révolution, qui marque aussi le véritable commencement de ce qui fait de Leone un grand réalisateur : l'émotion. En effet, comme je l'ai déja expliqué, ses 4 précédents films étaient épiques mais sans une quelconque forme d'émotion, sur ses deux derniers films, c'est tout le contraire : Leone sacrifie le côté épique de ses oeuvres pour réaliser deux films bouleversants émotionnellement.

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Le premier plan n'est pas sans rappeler un autre grand western, La horde sauvage, que Leone avait sans doute vu. On voit en effet Rod Steiger pisser sur des fourmis, plan qui a plus de sens que le simple effet stylistique qu'on attribue toujours aux plans les plus subtils de Leone, puisqu'en effet, non seulement il fait un parallèle évident avec le final du film (tout comme Peckinpah l'avait fait avec ses fourmis dans La horde sauvage.) mais il met aussi en évidence la nature innocemment destructrice de Juan Miranda, brigand mexicain opportuniste complètement barré caricatural et à mourir de rire, interprété avec brio par un Rod Steiger complètement fou, la citation ci-dessus et les deux-trois plans qui suivent envoient directement la marchandise : Il était une fois la révolution est un film de Leone unique en son genre qui explore une facette de cet homme qui n'est que peu connue, son côté rebelle et pas content, car rebelle Il était une fois la révolution l'est assurément, il n'y a qu'a voir Leone jouer avec la censure (a laquelle il n'a malheureusement pas échappé) en faisant du personnage de Rod Steiger un mec qui viole tout ce qui passe sans rien montrer et qui balance complètement à poil depuis un chariot les mecs qu'il cambriole pour s'en convaincre, Leone signe ici son film le plus osé politiquement et ne brosse pas une seconde le public dans le sens du poil, alors évidemment ca reste du Leone du coup on échappe à l'ultra-violence graphique d'un Corbucci, Il était une fois la révolution reste un film qu'a des couilles, tantôt dans la caricature tantôt dans la revendication et ce sans oublier de faire un divertissement de (très grande) qualité, la classe.

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Et puis Leone réussit l'exploit déja accompli sur son autre chef d'oeuvre, Il était une fois dans l'ouest, celui de faire d'un de ses protagonistes principaux un personnage très ambigu, ambiguité qui repose sur des flashbacks (encore une fois),  intelligement disséminés dans le film, qui créent un retournement de situation inattendu et bouleversant, le dernier flashback soulève de nombreuses questions sur le personnage de Dieu James Coburn, et fait d'Il était une fois la révolution un film sujet à plusieurs interprétations. Au-dela de son côté subversif et de l'intelligence du scénario, Il était une fois la révolution est aussi un film sur la trahison et la loyauté, obsessions de Sergio Leone, mais c'est également un film purement comique de par ses personnages et les situations qu'il amène, Leone se lache complètement, particulièrement quand il s'agit de développer ses personnages, ainsi on retiendra cette première confrontation mythique entre l'hilarant Rod Steiger et l'extrêmement charismatique James Coburn, un des moments phares du film de par son côté comique très appuyé pourtant aussi hilarant soit-il Il était une fois la révolution est à l'aune de sa conclusion un film très émouvant, ce qui à le don de surprendre surtout quand, de Leone, on a seulement vu la trilogie du dollar et Il était une fois dans l'ouest... Bon et puis comme d'habitude, plus trop besoin de le préciser, c'est toujours très bien écrit, l'absence de Mickey Knox au scénario calme un peu le débit de punchlines cultes même si on en trouve quelques unes très bien senties ("Pancho Villa, the best bandit chief in the world, you know that? This man had two balls like the bull. He went in the revolution as a great bandit. When he came out, he came out as what? Nothing. A general, huh? That, to me, is the bullshit!" Excellent!) mais dans sa structure Il était une fois la révolution est à bien des égards parfait, y a pas pas un moment qui ne serve pas une fonction précise et les dialogues sont toujours aussi fins, même si Leone se calme un petit peu et laisse un peu parler les personnages (la, ceux qui suivent ce blog et qui ont lu ma dernière critique savent de quoi je parle.)

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En termes de mise en scène, Leone se calme également un petit peu même s'il va toujours dans la prise de risques : cette scène d'ouverture de 25 minutes dans une caravane en est un bon exemple, génialement mise en scène, très caricaturale mais aussi couillue (dans tous les sens du terme), il s'agit d'une scène qui reste dans les mémoires, tout comme la scène de bataille sur le pont, vraiment impressionnante de par son réalisme, en bref, en termes de mise en scène c'est toujours aussi bon, Leone assure tellement qu'on ne sera pas deçu par l'absence d'un duel épique (sacrifié au profit d'émotions puissantes.) et même si jamais une seconde Il était une fois la révolution n'entre de ce point de vue en concurrence avec son prédécesseur, il demeure un modèle de mise en scène. Et puis le film est soutenu par une musique du génie Ennio Morricone, illustrant à merveille le personnage incarné par un de mes acteurs préférés, James Coburn, qui livre une prestation génialissime tout comme Rod Steiger qui fait mourir de rure... Et puis on se surprendra à retrouver deux acteurs de L'au-dela de Lucio Fulci dans des rôles secondaires : David Warbeck et Antoine Saint-John.

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En somme, Il était une fois la révolution est un autre chef d'oeuvre de Sergio Leone. Un magnifique adieu au western, une oeuvre subversive et un casting du tonnerre, le tout sur 2h30 de péloche qui font bien plaisir, par ailleurs l'édition collector du film peut se trouver un peu partout pour pas très cher alors on aurait tort de se priver... Leone livrant en effet un grand western, abandonnent le côté visuel lyrique de ses autres oeuvres pour signer une oeuvre beaucoup plus forte émotionnellement et dôté d'une subversion que le seul film auquel il se compare, Companeros, est loin d'avoir... Bon alors maintenant vous vous depêchez d'aller me zieuter ça sinon... DUCK YOU SUCKER.

-ZE RING-

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