03 avril 2013

IRON MONKEY

titre
RÉALISÉ PAR ... YUEN WOO-PING.
PRODUIT PAR ... TSUI HARK.
ÉCRIT PAR ... TSUI HARK, ELSA TANG, TAI-MUK LAU, ET TAN CHEUNG.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR ... WAI WAP LU ET JOHNNY NJO, CHOW GAM-WING.

DANS UNE PROVINCE CHINOISE DÉVASTÉE PAR LES INONDATIONS, LA FAMINE ET LA PAUVRETÉ, UN VOLEUR NOMMÉ IRON MONKEY SÉVIT ET VOLE AUX MANDARINS CUPIDES POUR DONNER AUX PAUVRES. UN DE CES MANDARINS, EFFRAYÉ DE PERDRE SON POSTE A L'IDÉE QUE LE LÉGAT IMPÉRIAL DÉCOUVRE L'EXISTENCE D'IRON MONKEY AVANT QUE CELUI-CI NE SOIT ARRÊTÉ, FORCE WONG KEI-YING, UN ARTISTE MARTIAL RÉPUTÉ, A ARRÊTER LUI-MÊME IRON MONKEY. POUR CELA, IL EMPRISONNE SON FILS : WONG FEI-HUNG.


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Wong Fei-Hung a quasiment toujours été le personnage cinématographique le plus important du cinéma hong-kongais. Petite leçon d'histoire : Wong Fei-Hung était un artiste martial et un médecin extrêmement réputé, qui aurait, selon certains mythes et légendes, combattu l'armée japonaise pendant l'invasion de Taïwan de 1895. Il est très rapidement devenu le personnage le plus populaire de toute la culture cinématographique hong-kongaise, grâce, notamment, aux succès monstrueux des 89 films dont il est le personnage principal. Pour la culture générale, le premier acteur à l'avoir interprété fut Kwan Tak-Hing, qui n'a joué presque que ce rôle, et ce, dans des films comme STORY OF WONG FEI-HUNG (1949), le moyen THE SKYHAWK (1976) ou encore le culte LE HÉROS MAGNIFIQUE (1979). Parmi ces 89 films, on en trouve de très connus, comme par exemple DRUNKEN MASTER de Yuen Woo-Ping, le chef d'oeuvre DRUNKEN MASTER II de Liu-Chia Liang, et bien évidemment la saga IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE de Tsui Hark. C'est après le succès de celle-ci que ce dernier se décide à explorer un aspect jamais vu auparavant de la vie de ce personnage mythique : son enfance, et sa relation avec son père, Wong Kei-Ying, un autre héros important de la culture populaire chinoise et hong-kongaise. Le résultat est l'une des plus grandes réussites du Kung Fu Pian et un indispensable du cinéma hong-kongais : IRON MONKEY de Yuen Woo-Ping.

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Véritable succès international à sa sortie en 1993, IRON MONKEY est un film extrêmement important dans le sens ou il aborde avec un regard nouveau une facette jamais explorée auparavant d'un des personnages les plus majeurs de toute une culture. Pour ceux qui connaissent Tsui Hark, impossible de ne pas comprendre immédiatement dans quelle optique celui-ci se lance dans la production d'IRON MONKEY : une fois de plus, c'est un film dont l'ambition première est de renouveler le genre, et par la même occasion, le cinéma, en proposant quelque chose de constamment nouveau et inattendu, et donc de profondément novateur. Au-delà du fait que placer IRON MONKEY durant l'enfance de Wong Fei-Hung renouvelle un personnage qui, à l'époque, s'embourbe d'ores et déjà dans ses nouveaux standards de qualité que sont les IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE, soit un manifeste évident de la démarche subversive et transgressive de Tsui Hark et de Yuen Woo-Ping, avoir fait de Wong Fei-Hung un personnage secondaire en regard de Wong Kei-Ying et Iron Monkey est une prise de risque d'une audace sans qualification possible à Hong Kong. En effet, le cinéma y a longtemps été littéralement monopolisé par Wong Fei-Hung (Kwan Tak-Hing en a sorti plus d'un par an pendant 20 ans), et placer ce dernier en second plan dans un film, c'est prendre le risque de larguer la moitié du public... Mais c'est aussi un autre manifeste évident de la volonté novatrice des créateurs du film, qui, d'un bout à l'autre du métrage, tentent de renouveler le genre par tous les moyens possibles. Wong Fei-Hung n'est en cela qu'une excuse dans le film, puisqu'il est de toutes façons évident que ce qui intéresse le plus Tsui Hark et son co-équipier Yuen Woo-Ping, c'est le dilemne moral auquel se confronte Wong Kei-Ying et aux relations que tissent les personnages du film avec Iron Monkey. Véritable Robin des bois chinois, c'est un personnage que Woo-Ping et Hark utilisent, une fois de plus, pour briser complètement les attentes : son identité est révélée au bout de cinq minutes, et bien que la quête de Wong Kei-Ying pour le retrouver et l'arrêter soient le point de départ et le moteur du film, en réalité, cette intrigue est abandonnée très rapidement au profit d'une histoire de combat épique contre un gouvernement corrompu à la dimension ouvertement populaire.

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La narration d'IRON MONKEY s'acharne donc à briser constamment les attentes et les conventions. Mieux encore, la narration d'IRON MONKEY s'acharne constamment à briser les attentes et les conventions amenées à Hong Kong par les productions Film Workshop telles qu'IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE et SWORDSMAN II... Au-delà d'une volonté évidente de renouveler le cinéma hong-kongais et les films d'arts martiaux, IRON MONKEY, comme à peu près tous les films produits/écrits/réalisés par Tsui Hark, témoignent de la volonté évidente de celui-ci de se renouveler lui-même avant toute chose... En ce sens, et si vous ne l'aviez pas encore compris (ce dont je doute très fortement), IRON MONKEY est une chance de plus de vous rendre compte que pendant près de 20 ans, Tsui Hark à été le moteur de toute l'industrie cinématographique hong-kongaise, un véritable fou furieux capables d'influencer par son génie créateur les modes et les tendances cinématographiques et de remettre au gout du jour des légendes, des personnages, des mythes populaires oubliés ou délaissés par le cinéma HK. Wong Kei-Ying ne fait pas exception, et si Hark et Yuen Woo-Ping laissent Wong Fei-Hung un peu de côté dans IRON MONKEY, c'est seulement pour rétablir la popularité du père de ce dernier... Ce n'est pas un hasard si, des quelques oeuvres sur Wong Kei-Ying, IRON MONKEY soit la seule à nous être parvenue en Occident, et encore une fois, ce n'est sans doute pas un hasard non plus si, la même année, Tsui Hark réalisait IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE 3, ou Wong Kei-Ying apparait... dans un rôle extrêmement secondaire. Impossible de ne pas voir les parallèles, et on pourrait continuer longtemps sur cette lancée. Reste qu'en ce qui concerne IRON MONKEY, il témoigne à chaque seconde d'une volonté de proposer un regard frais et neuf sur des sujets usés et rendus banals par une industrie qui les a trop longtemps et trop fréquemment exploité. Quoi de mieux, dans le cas de Hong Kong, que Wong Fei-Hung? C'est un choix d'autant plus judicieux qu'il permet à Tsui Hark et à Yuen Woo-Ping de faire usage de leurs compétences la ou elles brillent le plus : le cinéma d'arts martiaux.

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S'il me parait extrêmement important d'analyser et de disséquer les ambitions narratives de toutes les productions Film Workshop (et des grands films hong-kongais en général) dans la mesure ou elles regorgent d'innovations, de transgressions passionnantes et d'avancées artistiques importantes, avant tout, il me semble que la raison principale pour laquelle le nouveau cinéma hong-kongais amené par la bande à Tsui Hark est si populaire, c'est parce qu'avant il propose de sacrés morceaux de divertissement et à permis au cinéma d'arts martiaux de trouver ses plus grands aboutissements artistiques. Soyons clairs, IRON MONKEY est l'un d'eux, et si sa narration est intéréssante, ses visuels et ses scènes d'action relèvent, quand à eux, du tout bonnement monumental. On tient ici une des oeuvres les plus spectaculaires livrées par le cinéma hong-kongais, un film qui, une fois de plus, repoussent toutes les limites en apportant à ses chorégraphies déjà monumentales (toutes orchestrées par Dieu Yuen Woo-Ping) des éléments spectaculaires complètement surréalistes tous droits tirés de mangas... L'exubérance des combats n'a d'égal que leur inventivité, et si les deux fous furieux derrière le film permettent à leurs personnages de se tuer à coups de raisins ou de se balancer des cheminées à grands coups de savate, c'est autant pour en balancer un maximum dans la gueule des spectateurs que pour tenter d'apporter au genre une espèce de facette surréaliste et mangaesque afin de trancher avec d'autres oeuvres plus réalistes (dans une certaine mesure) réalisées à la même époque comme FIST OF LEGEND ou PEDICAB DRIVER de Sammo Hung. Ainsi, dans ses ambitions, IRON MONKEY rejoint les deux premiers SWORDSMAN, qui revisitaient le Wu Xia Pian, retournaient à ses sources et y apportaient des éléments complètement fous et excessifs... IRON MONKEY fait de même avec le Kung Fu Pian : c'est un retour aux sources fondatrices du genre (Wong Fei-Hung et Wong Kei-Ying), et un dynamitage en règle de tous les codes qui y sont inhérents. Inutile de chercher du réalisme dans l'oeuvre de Yuen Woo-Ping : il n'y en a pas, et c'est justement ça qui en fait un monument cinématographique complètement jouissif. Comme il était de coutume à l'époque dans les productions de la Film Workshop, plusieurs "fantasmes cinéphiles" sont aboutis avec brio ici, et la seule limite à laquelle se heurte le film est celle de l'imagination de ses créateurs, particulièrement connus pour être deux des cinéastes hong-kongais les plus imaginatifs et les plus créatifs de leur époque... Dois-je en rajouter?

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Finalement, la seule limite à laquelle se heurte IRON MONKEY et qui l'empêche de se hisser au niveau des plus grands Kung Fu Pian (IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE 2, indéniablement), c'est la mise en scène de Yuen Woo-Ping, ingénieuse, mais à des lieues d'atteindre le génie d'un Tsui Hark voire d'un Sammo Hung... Mais franchement : et alors? Difficile d'égaler le niveau de deux tels génies, et la mise en scène de Yuen Woo-Ping est déjà magnifique telle qu'elle est. Outre le fait qu'il parvienne à rendre lisible et limpide des combats d'une intensité, d'une rapidité et d'une frénésie presque inimaginable, il réussit aussi à styliser, par l'usage de sa caméra, ces grands moments de folie, et gère l'espace avec virtuosité. Au-delà de ça, on sent derrière la caméra le talent d'un homme qui a passé sa vie à magnifier ses artistes martiaux, et ici, ils sont de taille : Rongguang Yu est absolument excellent, Shi Kwan-Yen, comme à son habitude, est terrible, mais c'est surtout Donnie Yen qui est impressionnant ici... C'est simple, ce bonhomme est un des plus grands artistes martiaux de tous les temps, et chaque scène ou il apparait est rendue d'autant plus intense par son talent martial absolument magnifique. Mais le film réserve d'autres surprises, à savoir la petite Tsang Sze-Man, qui interprète brillamment le jeune Wong Fei-Hung, et s'illustre avec brio lors de scènes de combat brillament chorégraphiées par le maître Yuen Woo-Ping, dont l'inventivité, l'absence totale de limites et la gestion magnifique du rythme de l'action font d'IRON MONKEY une très grande réussite formelle et un divertissement de la plus grande qualité, par ailleurs enrichie par la beauté esthétique indéniable du film. Mais ce n'est pas tout, car IRON MONKEY, c'est aussi une galerie de personnages profondément attachants et charismatiques... Outre les géniaux Wong Kei-Ying, Wong Fei-Hung et Iron Monkey, qui sont, sans surprise, attachants et touchants, c'est surtout le personnage d'Orchidée qui réserve des surprises. Personnage touchant, voire bouleversant, elle est magnifiquement animée par Jean Wang, et ensuite par la caméra de Yuen Woo-Ping, qui sublime sa beauté et son charisme et en fait constamment un personnage surprenant et attachant. Impossible également de ne pas voir l'obsession de Tsui Hark pour les femmes derrière ce personnage, mais ce serait me répéter que de le dire encore une fois, non?

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IRON MONKEY s'impose comme un indispensable pour quiconque apprécie le cinéma d'arts martiaux : outre ses qualités évidentes en tant que Kung Fu Pian excessivement spectaculaire, c'est un film d'une grande importance qui renouvelle à chaque instant les figures iconiques et populaires qu'il aborde et qui donne une dimension nouvelle au personnage fétiche de toute l'industrie cinématographique hong-kongaise : l'excellent Wong Fei-Hung, ici représenté dans un des meilleurs films l'ayant abordé, de près ou de loin... IRON MONKEY est assurémment un grand film, qui renverse les codes du Kung Fu Pian, s'impose comme un divertissement sans égal mais aussi comme une oeuvre touchante mettant constamment ses personnages en avant et faisant preuve d'une grande maîtrise de ces derniers... IRON MONKEY, c'est tout ça. C'est drôle, c'est beau, c'est spectaculaire, ça envoie du lourd et ça s'arrête jamais. Un chef d'oeuvre? Oui. Un indispensable? Deux fois oui. Un des plus grand Kung Fu Pian? Mille fois oui, oui, oui.

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SI VOUS AVEZ AIMÉ CE FILM, VOUS AIMEREZ AUSSI...

  • SWORDSMAN DE CHING SIU-TUNG, TSUI HARK, KING HU, RAYMOND LEE, ANDREW KAM ET ANN HUI.
  • SWORDSMAN II DE CHING SIU-TUNG.
  • TAI-CHI MASTER DE YUEN WOO-PING.
  • DRUNKEN MASTER DE YUEN WOO-PING.
  • DRUNKEN MASTER II DE LIU-CHIA LIANG.
  • IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE DE TSUI HARK.
  • IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE 2 DE TSUI HARK.
  • IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE 3 DE TSUI HARK.
  • ZU, LES GUERRIERS DE LA MONTAGNE MAGIQUE DE TSUI HARK.

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31 mars 2013

SWORDSMAN

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RÉALISÉ PAR

CHING SIU-TUNG
KING HU
TSUI HARK
ANN HUI
RAYMOND LEE
ANDREW KAM

ÉCRIT PAR
MAN-LEUNG KWAN
KEE TO-LAM
KAI-MUK LAU
YIU-MING LEUNG
FU-HAO TAI
YING WONG

MUSIQUE COMPOSÉE PAR
JAMES WONG
ROMEO DIAZ


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Bonjour, tout le monde. Aujourd'hui, on va parler de ma dernière découverte majeure en date, c'est-à-dire la trilogie SWORDSMAN, et plus particulièrement du magnifique premier volet réalisé en 1990 par... On me dit à l'oreille que j'étais supposé chroniquer LADY SNOWBLOOD, FEMALE YAKUZA TALE et LA BÊTE AVEUGLE ces derniers mois... Ce à quoi je réponds humouristiquement qu'on peut pas tout avoir, et, de manière plus sérieuse, que plutôt que de faire des promesses que je ne tiendrais de toutes façons (ou alors pas dans l'immédiat), je m'orienterais maintenant vers des chroniques à chaud, seulement quand l'envie et la motivation m'en saisissent, comme je le faisais avant, en somme. Dans tout ça, j'en oublie presque ce qui nous intéresse : SWORDSMAN, qu'est-ce que c'est? Et bien, SWORDSMAN, ce n'est ni plus ni moins qu'un des projets cinématographiques les plus ambitieux du cinéma de Hong Kong, avec IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE, THE BLADE et SEVEN SWORDS, un projet extrêmement casse gueule dont l'objectif était, comme la fameuse saga IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE justement, de retourner aux bases du Wu Xia Pian pour le révolutionner et le renouveler. Un pari difficile quand on sait que le Wu Xia Pian est le genre de prédilection de la colonie britannique depuis les années 50-60, période durant laquelle le genre connut son âge d'or, notamment avec les productions Shaw Brothers telles que LA RAGE DU TIGRE de Chang Cheh ou le sublime L'HIRONDELLE D'OR de King Hu, deux films avec lesquelles toute la génération Film Workshop (le plus gros studio hong-kongais des années 80-90, dirigé par l'illustre Tsui Hark) ont grandi et/ou affermi leur cinéphilie... Parmi ceux-ci, Tsui Hark, le plus fou et ambitieux d'entre eux, lance le projet SWORDSMAN en le produisant et en proposant à King Hu, considéré comme un des plus grands maîtres du cinéma hong-kongais, de le réaliser. Avec en plus Ching Siu-Tung à la chorégraphie, SWORDSMAN s'impose d'office comme un projet extrêmement alléchant... Imaginez un peu A TOUCH OF ZEN avec l'ambition et la folie furieuse d'un mec comme Tsui Hark pour soutenir le tout.

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Seulement voilà, quelque part en route, le bât blesse, et King Hu doit quitter le tournage au bout de quelques jours à peine. Maladie ou désaccord artistique avec le barbichu le plus mégalo de l'industrie cinématographique hong-kongaise? Allez savoir. Le résultat reste le même : pas moins de cinq réalisateurs, à savoir Tsui Hark, Andrew Kam, Ann Hui, Raymond Lee, et enfin, le plus important sur ce film, Ching Siu-Tung s'attèleront à essayer de sauver le film de la débacle totale. Financièrement, c'est raté, puisque le film sera un échec commercial cuisant. Pour autant, on pourrait plus facilement attribuer le crédit de cet échec à son ambition visionnaire qu'à sa production difficile. En effet, si tourner SWORDSMAN n'a sans doute été une partie de plaisir pour personne (Ann Hui n'a eu de cesse de tenter de réduire sa responsabilité sur le film depuis), une question légitime se pose : si le film avait été tourné par King Hu d'un bout à l'autre, comme cela était prévu, le film aurait-il été mieux acceuilli par le public? J'en doute fort. N'oublions pas que le public hong-kongais est extrêmement conservateur (leurs réactions par rapport à BUTTERFLY MURDERS, HISTOIRES DE CANNIBALESL'ENFER DES ARMES sont assez révélatrices), et que tout ce qui ne s'inscrit pas précisément dans les modes du moment n'échappe là-bas que très rarement à l'échec. Or, SWORDSMAN reflète brillamment l'intégralité de la carrière de Tsui Hark : c'est une tentative de bouleverser les codes du Wu Xia Pian en profondeur, ambitieux au point de tenter de s'imposer comme le nouveau standard de qualité en la matière. Une ambition que le film ne parvient jamais à concrétiser, au contraire d'IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE, mais et alors? La qualité artistique du film ne change aucunement, et à bien des égards, SWORDSMAN s'impose comme une oeuvre cinématographique majeure, un grand film plein d'ambitions louables, d'une générosité sans précédent et qui pose les bases pour un des plus grands Wu Xia Pian de tous les temps : le majestueux SWORDSMAN II, sur lequel Tsui Hark n'a pas réalisé les mêmes erreurs, puisque le film sera tourné d'un bout à l'autre par le fou furieux Ching Siu-Tung.

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Celui-ci, déjà responsable à l'époque de l'excellent mais complètement niqué de la tête DUEL TO THE DEATH, semble par ailleurs avoir tenu un rôle prédominant sur ce SWORDSMAN. Outre le fait qu'il ait réalisé seul SWORDSMAN II et qu'il ait co-réalisé SWORDSMAN III : THE EAST IS RED avec Raymond Lee, impossible de ne pas avoir l'impression de regarder DUEL TO THE DEATH par moments, tant le film, dans la manière dont il aborde les combats notamment, évoque le furieux, le sur-découpage, la folie furieuse et cette volonté de repousser les codes du genre (et du cinéma) à l'extrême déjà présente dans DUEL TO THE DEATH. SWORDSMAN, dans sa quasi-intégralité, fait preuve d'un style visuel propre à Ching Siu-Tung et à son foutraque DUEL TO THE DEATH, la seule différence majeure étant que le film pète à mille coudées au-dessus de ce dernier formellement, merci aux grands artistes dont s'entoure Tsui Hark et le Film Workshop à l'époque. Formellement, SWORDSMAN touche au sacré, et se range haut la main parmi les films hong-kongais les plus beaux visuellement... Joyau d'esthétique, sa photographie est magnifique, le travail sur les couleurs (réutilisé par Hark dans SEVEN SWORDS) est déconcertant de beauté et la reconstitution historique est tout simplement à tomber par terre. Seulement voilà, quand se cotoient dans le même film un excellent artisan comme Ching Siu-Tung et des génies visuels sans égaux comme Tsui Hark ou King Hu, il est inévitable que la mise en scène ait des hauts et des bas, et malheureusement, d'un point de vue visuel (et pas que), SWORDSMAN est bel et bien inégal... Le film parvient toutefois à garder une certaine cohérence esthétique, et même les bas du film restent sacrément hauts, les autres réalisateurs ayant travaillé étant tous au moins d'excellents metteurs en scène. Rien de bien dramatique en somme, toutefois, cette inégalité se ressent aussi dans la narration, et c'est là que le film échoue véritablement.

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Au risque de me répéter, ce genre de défauts est inévitable sur un film tel que SWORDSMAN, mais tout de même, il est extrêmement regrettable que la narration soit si inégale. Celle-ci est en effet parfois extrêmement difficile à suivre, certains personnages sortant manifestement de nulle part, et d'autres étant parfois mal caractérisés, et le film est malheureusement trop long, le rythme pêchant sur la fin. Le tout donne au film un air d'inachevé, d'inabouti qui, parfois, peut déranger, d'autant plus que le tout manque, il faut être honnête, un petit peu de cohérence... A ces défauts déjà frustrants se rajoute Sam Hui, qui interprète le personnage principal de manière correcte mais manque singulièrement de charisme, et tous les personnages ne sont pas forcément très bien exploités. Et pourtant, malgré ces défauts évidents, SWORDSMAN, chef d'oeuvre raté s'il en est, s'impose comme un grand film. On tient là un objet cinématographique d'une teneur émotionnelle incroyable et d'une puissance sans précédent, qui amène à plusieurs reprises le spectateur aux larmes, notamment au travers d'une séquence musicale de toute beauté, ou les visuels éclatants des chinois fous derrière le film se marient avec une grâce sans pareille à la composition sublime de l'illustre James Wong. Si vous ne lâchez pas votre petite larme avant la fin de SWORDSMAN, vous n'avez pas de coeur. Le coup de génie, à ce niveau-là, et simple, et réside dans les personnage secondaires mais néanmoins importants du vieux Kuk et de Lau l'ancien, deux personnages touchants et émouvants qui apparaissent en milieu de film pour le quitter brusquement au bout de 20 minutes dans une scène dans une scène d'une importance narrative qui n'a d'égal que son impact émotionnel sur le spectateur démuni face à tant de beauté, de générosité, et de pureté émotionnelle. Chef d'oeuvre en elle-même, toute la séquence mettant au centre du film ces deux personnages excellents est de loin ce qu'il y a de mieux dans SWORDSMAN, et si la suite n'est pas en reste, impossible de ne pas penser, pendant l'heure qui reste, à ces deux bouleversants vieils hommes, qui passent le flambeau aux plus jeunes Lingwu Chung et à Gamin, son sidekick, un peu comme King Hu passe avec ce SWORDSMAN le flambeau du wu xia pian aux deux malades mentaux sans limites que sont Tsui Hark et Ching Siu-Tung.

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A la vue d'un film tel que celui-ci, il est néanmoins évident que ce qui nous intéresse le plus, c'est l'action, et c'est dans ce domaine que SWORDSMAN brille le plus. C'est une oeuvre spectaculaire qui fait preuve d'une générosité dans l'action presque déconcertante, tant celle-ci va constamment en recherche de l'excès le plus total et du chaos visuel le plus fou. Tous les combats du film sont des monuments de spectacle : une fois que ça commence à se battre, ça s'arrête jamais, et ça le fait toujours de la façon la plus portnawakesque et mangaesque possible. Dans SWORDSMAN, les chevaliers se bastonnent en se lançant des serpents ou en balançant des moulins à eau à travers les murs... Et ce ne sont que quelques unes des surprises complètement folles qui vous attendent dans ce film de fou, ou l'apreté des combats se mêle au foutraque et au comique de certaines situations, où tout est prétexte à une baston de folie supplémentaire et ou on passe avec brio de la noirceur à la bonne humeur et à l'humour gras bien propre aux hong-kongais... Des pratiques qui reflètent une fois de plus une volonté évidente de la part des créateurs de SWORDSMAN de transgresser les règles établies et de bouleverser le genre même dans ses codes les plus fondamentaux (le choix du format 1.85 au lieu du traditionnel 2.35 cinémascope est révélateur de cette démarche). La place que le film laisse aux femmes va d'ailleurs dans ce sens, et est la preuve évidente de l'investissement de Tsui Hark au scénario et à la réalisation, celles-ci étant constamment magnifiées, sublimées, mises en avant par la narration. Une place d'ailleurs importante est également laissée aux deux grandes vedettes du film, la magnifique et excellente Fennie Yuen et la superbe Sharla Cheung (qui sera remplacée dans le deuxième opus par l'encore plus magnifique Rosamund Kwan), qui livrent ici deux magnifiques prestations dans des rôles de chevalières héroïques intrépides, une preuve supplémentaire, si on en avait besoin, du féminisme aigu de Tsui Hark et de l'amour que portent les cinéastes de la Film Workshop à des oeuvres comme L'HIRONDELLE D'OR ou A TOUCH OF ZEN.

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Par certains aspects, SWORDSMAN est un film raté. Il ne parvient pas à aller au bout de ses grandes ambitions, et l'ampleur du projet, avec les problèmes de production qui l'ont entouré, en font un chef d'oeuvre raté. Mais malgré tous ses défauts narratifs, SWORDSMAN reste tout de même un excellent film qui mérite un coup d'oeil bien attentif, tant ses défauts s'effacent face à ses grandes qualités. Grand divertissement avant tout, SWORDSMAN est une oeuvre forte qui, malgré ses échecs, est un jalon important dans l'avancée cinématographique du Wu Xia Pian. C'est un grand film d'une beauté formelle et esthétique rarement égalée, aussi ambitieux qu'épique et émouvant, qui, en dépit de tout, assène au spectateur un uppercut cinématographique dans le menton et le laisse KO. Si on peut être déçu du résultat final, impossible de ne pas crier au génie face à la virtuosité de certaines séquences et à l'audace furieuse de ce qui est un des meilleurs films de Ching Siu-Tung, -car c'est bel et bien son film-, qui poussera le tout encore plus loin avec SWORDSMAN II, moins ambitieux certes, mais plus maîtrisé, plus magnifique, et en regard de ses objectifs, tout de même plus réussi que ce premier opus d'une saga magnifique qui se range, avec les IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE, dans ce que le cinéma hong-kongais à fait de mieux.

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SI VOUS AVEZ AIMÉ CE FILM, VOUS AIMEREZ...

  • SWORDSMAN II DE CHING SIU-TUNG.
  • DUEL TO THE DEATH DE CHING SIU-TUNG.
  • IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE DE TSUI HARK.
  • IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE II DE TSUI HARK.
  • THE BLADE DE TSUI HARK.
  • ZU, LES GUERRIERS DE LA MONTAGNE MAGIQUE DE TSUI HARK.
  • IRON MONKEY DE YUEN WOO-PING.
  • L'HIRONDELLE D'OR DE KING HU.
  • A TOUCH OF ZEN DE KING HU.

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17 novembre 2012

SHANGHAI BLUES

Jaquette
RÉALISÉ PAR
|
TSUI HARK
.
ÉCRIT PAR | CHEUK-HON SZETO ET RAYMOND TO.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | JAMES WONG.

SYLVIA CHANG | Shu Pei-Lin.
KENNY BEE | Dorémi.
SALLY YEH | Escabeau.

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En 1984, Tsui Hark est au plus bas. Son dernier film, ZU, LES GUERRIERS DE LA MONTAGNE MAGIQUE, s'est méchamment planté et, pour se maintenir à flot, Hark a été forcé de tourner deux films de commandes sur lesquels il a detesté travailler. Notre génie barbichu favori pense alors arrêter le cinéma pour se consacrer a un autre domaine ou il pourrait donner libre cours a sa créativité... Mais la déprime ne dure pas longtemps avec Hark, et plutôt que de lâcher les bras et abandonner la réalisation, son prochain film va en réalité marquer le début de la résurrection d'un cinéma mort depuis déja quelques temps. SHANGHAI BLUES est en effet le premier film de la Film Workshop, qui, quelques années plus tard, sera le plus gros studio hong-kongais de l'époque, auquel on doit quasiment tous les grands films de la grande époque hong-kongaise (LE SYNDICAT DU CRIME, PEKING OPERA BLUES, THE KILLER...). Alors que Tsui Hark croit toucher a la fin de sa carrière de réalisateur, il est en réalité en train de faire entrer le cinéma hong-kongais dans la légende et dans son âge le plus important. C'est la fin de la nouvelle vague, mais c'est le début de quelque chose de bien mieux, et quoi de plus approprié pour ce début qu'un des plus grands films réalisés à Hong Kong? Vous avez bien lu. De toutes les perles et chefs d'oeuvres qui sont sortis de Hong Kong, SHANGHAI BLUES se range facilement dans le haut du panier. Quelques explications...

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Première comédie de Tsui Hark, SHANGHAI BLUES, en plus de marquer le commencement d'une grande époque, marque également le commencement d'une nouvelle période dans la carrière de son réalisateur. Aux oeuvres violentes, subversives, hardcore et sans concession que sont L'ENFER DES ARMES et HISTOIRES DE CANNIBALES succèdent SHANGHAI BLUES et par la suite PEKING OPERA BLUES, les deux premières comédies du maître. Pourtant, malgré les apparences et ce qu'on pourrait penser, SHANGHAI BLUES part du même principe que les oeuvres précédentes du bonhomme : mêler chronique sociale et pur divertissement, qui se complémentent, sans jamais que l'un ne fasse de l'ombre à l'autre. Ainsi, derrière ses apparences de comédie romantique burlesque, SHANGHAI BLUES cache un propos on ne peut plus sérieux sur une multitude de sujets tous plus intéréssants les uns que les autres... Pour la première fois, on retrouve ici une thématique qui va devenir par la suite plus ou moins récurrente chez le monsieur : l'amour, tout simplement. Hark traite son sujet avec une sincérité incroyable, mais surtout avec une grande intelligence, celui-ci n'hésitant jamais à explorer la thèse opposée à la sienne pour imposer la véracité de son propos. A la vision de SHANGHAI BLUES et des autres comédies romantiques du maître, il est évident qu'Hark voit l'amour comme une force indestructible, qui ne peut pas être entravé, ni par la société (THE LOVERS), même pas par la mort (DANS LA NUIT DES TEMPS) et encore moins par la guerre, comme c'est le cas ici... Ainsi si les deux amants sont séparés le jour même de leur rencontre par la guerre avec le Japon, ce n'est que pour mieux les réunir des années après. Certains qualifieront cette thèse de naïve, mais l'est-elle vraiment? Dans SHANGHAI BLUES, c'est l'amour qui fait avancer les personnages et qui les empêche de se laisser se faire écraser par la misère de leur époque. Ce n'est pas un hasard si Hark choisit de situer sa romance dans l'entre deux-guerres (On parle ici de la guerre sino-japonaise de 1937 et de la guerre civile chinoise de 1947) mais plutôt un choix logique si l'on considère les intentions d'Hark... On peut aller encore plus loin dans cette logique si l'on part du principe que SHANGHAI BLUES est avant tout un film sur un bouleversement historique, la force que Tsui Hark veut donner à l'amour se voit alors amplifiée et le propos s'en retrouve d'autant plus fort. Mais la force du film ne s'arrête pas la, et en bon auteur engagé, Hark voit toujours plus loin que les apparences et signe une chronique sociale traitant autant de l'amour que du choc des traditions avec la modernité. Impossible en effet de ne pas voir dans le personnage excentrique complètement folle qu'interprète Sally Yeh une incarnation des valeurs traditionnelles chinoises. Outre sa folie comique, Escabeau n'est ni plus ni moins qu'une représentation ambulante d'une société perdue face a un monde qui avance trop vite et trop fort. Les valeurs traditionnelles ne sont rien face au progrès et comme d'habitude chez Hark (sa saga IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE tourne autour de cette thématique), le choc social est difficile.

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Mais la différence majeure entre SHANGHAI BLUES et les oeuvres précédentes d'Hark se trouve ici : si dans les anciens films du bonhomme, la crise sociale était aussi difficile pour les personnages que pour les spectateurs, ici, elle est seulement dure pour les personnages. Hark dédramatise en effet toutes les situations vécues par ses protagonistes. Même les évènements les plus dramatiques ne sont qu'un prétexte supplémentaire à un gag burlesque complètement débile... On pourrait craindre que ce comique omniprésent prenne le pas sur le sérieux du propos, mais en réalité, la est la grande force de SHANGHAI BLUES : Hark fait preuve d'un talent incroyable pour mêler les deux sans qu'ils se contredisent ou s'entravent mutuellement. De par son absence totale de cynisme, SHANGHAI BLUES est une oeuvre aussi profonde thématiquement qu'elle est drôle... En effet, les gags s'enchainent a un rythme infernal, avec une créativité toujours incroyable et un enthousiasme palpable. Bien sur, le côté excessivement burlesque de la chose pourra rebuter certains, mais en même temps, il n'y a rien de nouveau. Ils ne seront pas les premiers (ni les derniers) a être rebutés par la débilité pipi-caca de l'humour hong-kongais, et qui peut leur reprocher? Pour autant, ne voir que ça serait une erreur. Cette forme d'humour est nécessaire à la démarche du film et même s'il rebute, impossible de ne pas être au moins egayé par l'équipe du film qui s'éclate sans doute tout autant que le spectateur dans des gags tous aussi portnawakesques les uns que les autres, ou les quiproquos divers se mêlent perpétuellement à tous les registres de comique, eux-mêmes renforcés par des acteurs qui en font tous plus des tonnes que les autres et récitent leurs répliques comme si leur vie en dépendait. Vous l'aurez compris : SHANGHAI BLUES, c'est généreux, et ça s'arrête jamais, mais une fois de plus les apparences sont trompeuses et derrière ce monument de portnawak non-stop, on trouve en réalité un scénario magnifique écrit par deux des scénaristes les plus ingénieux de l'âge d'or hong-kongais, Raymond To (PEKING OPERA BLUES) et Cheuk-Hon Szeto (L'ENFER DES ARMES). Chaque gag, du plus soft au plus improbable, servent la progression d'un scénario en béton, au rythme constant, qui s'il se base énormément sur le comique, laisse également une grande place à d'autres formes d'émotion.

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La grosse surprise de ce SHANGHAI BLUES se trouve ici : la façon dont Hark voyage littéralement d'une gamme d'émotions a une autre et comment il change de tonalité en un plan (je n'exagère rien, il le fait vraiment en un plan a un moment donné.)... Une fois de plus, préparez vos mouchoirs, car aussi drôle soit-il, SHANGHAI BLUES est aussi une oeuvre extrêmement émouvante, d'une rare poésie, ou l'image et le son se mélangent pour donner une symbiose émotionnelle renversante. Première oeuvre véritablement bouleversante du maître, il est également prodigieux d'y remarquer que toutes ses scènes comiques amènent volontairement, inévitablement, et toujours avec fun, un dénouement aussi bouleversant qu'il est enthousiaste et noir... Hark maîtrise de toute évidence l'art de mêler les paradoxes sans les faire entrer en conflit, mais c'est surtout son talent pour faire chialer le spectateur que l'on retiendra. Ainsi, si l'histoire est perpétuellement dédramatisée, Hark n'en oublie néanmoins pas la gravité, ce qui lui permet donc de passer d'un registre à l'autre sans trop de difficultés... Sa maîtrise des personnages est également d'une grande aide dans cette démarche, les portraits qui sont dressés de ceux-ci sont aussi complets qu'ils sont précis. Ainsi, chaque personnage est touchant a un moment donné. Même les personnages les plus secondaires (comme c'est par exemple le cas du propriétaire du cabaret) s'avèrent être émouvants. Hark ne passe jamais de jugement sur ses personnages (même les plus gros enculés) et les maîtrise, comme à son habitude, de bout en bout... Ainsi, il peut se permettre facilement de passer d'une situation à une autre. Le comique laisse souvent place à des situations plus dramatiques, ou, a défaut de celles-ci, a des scènes monumentalement poétiques... A ce titre, SHANGHAI BLUES compte une des plus belles scènes musicales jamais réalisées, un sommet poétique et musical dans lequel tout le talent du légendaire James Wong explose littéralement! Par ailleurs, SHANGHAI BLUES est également une date majeure dans la filmographie de Hark dans la mesure ou c'est sa première collaboration avec son compositeur fétiche, James Wong, justement. Double musical du maître, celui-ci complète les visuels à tomber par terre du film et capture tous les aspects du film avec sa bande-son, sublime et travaillée, qui se range d'office parmi les meilleures compositions entendues à Hong Kong.

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Du point de vue technique, SHANGHAI BLUES est magnifique, tout simplement. Tsui Hark fait preuve d'une créativité visuelle comme toujours impressionnante. Il joue ici surtout sur la couleur et les éclairages, certains qui ne sont pas sans rappeler AUTANT EN EMPORTE LE VENT d'ailleurs (qu'Hark a souvent cité comme influence), mais aussi sur sa reconstitution historique impressionnante de la Shanghai des années 40. Les décors crient le réalisme, et l'ambiance urbaine est filmée avec une énergie et un panache qui inspirent le respect. La maîtrise de l'espace du bonhomme est également impressionnante, celui-ci parvenant à faire oublier dans des espaces a l'organisation complexe parfois jusqu'a 6 personnages dans des gags pleins de vivacité. Qui plus est, celui-ci capture et magnifie la prestation de chacun de ses acteurs. Tous se donnent clairement a fond, par conséquent, leurs prestations sont hilarantes, et Hark n'en rate pas une miette... Chaque expression, chaque grimace, est capturée puis magnifiée par la caméra de Hark. Chaque acteur du film, d'ailleurs, fait preuve d'un grand talent, passant sans difficulté d'un registre à un autre et surtout créant avec enthousiasme l'hilarité chez le spectateur... Impossible de ne pas exploser face aux grimaces de Sally Yeh, ou a la gestuelle excessive de Kenny Bee. Mais surtout, ils animent avec brio leurs personnages respectifs, et de ce point de vue, impossible de ne pas rester ébahi devant la performance de Sylvia Chang, qui interprète Shu Pei-Lin avec autant de naturel qu'elle n'emploie de registres.

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Malgré tout ça, SHANGHAI BLUES fut néanmoins un flop de plus pour Tsui Hark... Ce qui fut loin de le décourager. Deux ans plus tard, il retournait le cinéma hong-kongais sur la gueule en réalisant PEKING OPERA BLUES et en produisant LE SYNDICAT DU CRIME, par la même, offrant la plus belle période de sa carrière a John Woo, le réalisateur le plus reconnu de ces contrées. Tout cela n'aurait pas été possible sans SHANGHAI BLUES, premier film de la Film Workshop mais surtout premier chef d'oeuvre de l'âge d'or hong-kongais, première comédie romantique d'un auteur engagé qui en a fait un de ses genres de prédilection, première collaboration entre deux artistes de grand talent (Tsui Hark et James Wong) et une baffe supplémentaire a travers la tronche. SHANGHAI BLUES est un grand film, aussi drôle qu'il est bouleversant, aussi profond qu'il est divertissant, réalisé et écrit d'une main de maître avec une rare générosité. Un chef d'oeuvre fondateur a voir et a revoir...

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-ZE RING-

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12 octobre 2012

THE LOVERS

Jaquette
RÉALISÉ PAR
|
TSUI HARK
.
ÉCRIT PAR | TSUI HARK, SHARON HUI ET SA-LONG HUI.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | JAMES WONG.

CHARLIE YEUNG | Chuk Ying-Toi.
NICKY WU | Luang Shan-Pak.
CARRIE NG | Mère de Ying-Toi.
ELVIS TSUI | Père de Ying-Toi.
SHUN LAU | Cheung-Kwai.

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Faire une chronique d'un de ses films préférés est toujours un exercice peu aisé. Un exercice que je compte toutefois entreprendre aujourd'hui avec cette chronique de THE LOVERS, qui, au fur et à mesure des revisions, s'impose de plus en plus à mes yeux comme l'un des meilleurs films jamais réalisés... Les lecteurs assidus du blog connaissent sans doute déja mon amour immodéré pour l'oeuvre fascinante du génial Tsui Hark, mais de toutes celles que j'ai pu chroniquer sur le blog, THE LOVERS reste de loin ma favorite. Pourquoi avoir mis tant de temps pour la chroniquer, me direz-vous? Et bien parce que je veux que ce film ait la chronique qu'il mérite, plus que ça, je veux qu'il ait la galerie d'illustrations qu'il mérite, et avant tout, je veux qu'il ait les spectateurs qu'il mérite, et non pas la poignée de visionneurs que touchent actuellement les films de Tsui Hark... C'est d'autant plus étonnant que THE LOVERS, au même tître que les autres comédies du bonhomme, est une oeuvre s'adressant à absolument tous : petits, grands, vieux, femmes, hommes, en soit peu importe, c'est un film dont la portée est universelle et dont le mélange d'éléments cinématographiques qu'il propose rend encore plus accessible. Accessible dans une certaine mesure cependant, en effet, aussi universel soit-il, THE LOVERS attire souvent les foudres d'abrutis n'y voyant qu'un TITANIC du pauvre. Ceux-la n'ont rien compris. Pas besoin d'être un cinéphile particulièrement assidu pour le comprendre, THE LOVERS, derrière ses extérieurs comiques et quelque peu naifs, cache en réalité une profondeur, une noirceur et une subversion incroyable, faisant de ce grand divertissement une oeuvre d'une importance majeure pour le cinéma hong-kongais... Oui vous avez déja lu ça quelque part sur ce blog, mais que voulez-vous, Tsui Hark a encore frappé et c'est pas moins véridique que d'habitude!

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THE LOVERS reprend une légende chinoise célèbre, celle des amants papillons, histoire d'amour impossible mettant en scène une jeune fille qui se travestit en homme pour pouvoir étudier dans une école n'acceuillant que des élèves masculins. Bien évidemment, l'inévitable arrive et celle-ci tombe amoureuse d'un jeune homme la-bas, mais sa famille s'oppose et le tout part sérieusement en vrille... Cette histoire, qui avait déja été reprise au cinéma dans l'introuvable THE LOVE ETERNE est ici une base à la démarche de Tsui Hark, qui n'est ni plus ni moins que de retourner cette histoire sur sa gueule et s'en servir à ses avantages. Cette histoire quelque peu basique, Tsui Hark en fait très rapidement une chronique sociale sur les entraves à la sexualité dans la société hong-kongaise des années 90... En effet, à cette époque, et depuis longtemps avant ça, l'homosexualité était sévèrement punie par la loi. Une fois de plus, le maître ne laisse rien au hasard, et si en 1994 il se lance dans THE LOVERS, un projet qui en apparence dénote complètement avec le reste de son oeuvre, c'est parce qu'il a des choses à dire et d'autres à montrer qui elles s'insèrent parfaitement dans sa filmographie. Dans toute la première partie de son film donc, ce dernier s'acharne à démonter les contraintes sociales hong-kongaise en faisant de cette relation entre ces deux amants et de tout ce jeu de déguisement sexuel un rapport extrêmement proche de l'homosexualité. Subversif? Carrément oui, surtout quand on voit comment étaient traités les films traitant ouvertement du sujet à l'époque à Hong Kong (HAPPY TOGETHER n'a pas trainé avant de finir en Catégorie III), mais le propos du film est d'autant plus subversif que son sujet est traité de manière très subtile : au travers de tout un jeu de gags complètement débiles mais très ingénieux, Hark fait douter son personnage sur sa propre sexualité et leur relation prend un tour d'autant plus ambigu lorsque celle-ci atteint son climax... Si, dans l'oeuvre originale, les deux amants s'embrassaient après que la féminité de Ying-Toi éclate au grand jour, ici, Shan-Pak se jette corps et âme dans cette relation ambigue et ce avec la certitude que son compagnon est un homme... Le propos ne peut être plus clair : l'amour va bien au-dela des contraintes sociales, qui ne sont pour Tsui Hark que des futilités qui bloquent les hommes dans un cadre trop ridige. Il le démontre encore plus clairement dans sa deuxième partie, bien plus sombre et pessimiste, mais en même temps encore plus optimiste dans son propos que le reste du film. Et lors de ce plan final magnifique, lors de la transformation imagée des deux amants en papillons (quelle ironie quand on sait que Tsui Hark avait réalisé THE BUTTERFLY MURDERS 15 ans plus tôt) que Tsui Hark va encore plus loin dans son propos : l'amour n'a aucune limite, rien ne peut l'arrêter et rien ne peut l'entraver... Un message simple voire naïf mais puissant, et traité avec une telle force et une telle subtilité qu'il ne peut qu'être bouleversant.

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Il est souvent reproché à THE LOVERS la prétendue naïveté de son message, renforcée par ailleurs par une première partie dont l'aspect comique omniprésent n'évitera pas de déranger certains (il faut être honnête, l'humour hong-kongais n'est pas fait pour tout le monde), mais en soit, peut-on vraiment qualifier de naïve une idée aussi forte? Peut-être celle-ci ne s'insère pas vraiment dans notre réalité, mais la force de la démarche de Tsui Hark est la : il ne questionne pas, il répond a des problèmes épineux, et la réponse qu'il donne à celui-ci, c'est celle-la : si nous n'étions pas bloqués par des contraintes sociales, familiales, politiques (Hark les démonte une par une dans le film), si nous laissions libre cours à nos désirs, alors il n'y aurait plus de limite a ce que l'homme pourrait accomplir. Un constat très réaliste, bien que rêveur, se cache donc derrière cette idée supposée naïve, d'ailleurs bien illustrée par ces papillons, qui selon la chanson principale du film, peuvent aller au-dela des villes et au-dela des montagnes... Vous l'avez compris, Hark ne laisse strictement rien au hasard, et ceux qui croyaient qu'il n'était bon qu'a foutre le bordel et le chaos à l'écran (comme il le fait magnifiquement dans THE BLADE et TIME AND TIDE) risquent de réviser leur opinion a la vision de ce THE LOVERS, oeuvre révolutionnaire par son audace subversive mais aussi par sa construction irréprochable et ses visuels sublimissimes que même la basse qualité de la copie originale (la conservation des films n'a jamais été la spécialité des hong-kongais.) ne parvient pas à entacher. Tsui Hark laisse en effet ici libre cours à son génie visuel mais l'applique d'une façon très différente de celle a laquelle il nous a habitué... Ici, au lieu de participer au chaos ambiant, les visuels participent à reconstituer l'harmonie et a la grâce naturelle au milieu de laquelle les protagonistes évoluent. A travers des visuels très poétiques, Hark montre l'évolution d'une relation a la base harmonieuse qui évolue pour devenir tumultueuse au fur et a mesure qu'une société bridée (pardon x) ) s'y oppose. Décors majestueux, costumes superbes, magnifiques éclairages colorés... C'est simple, THE LOVERS, malgré les défauts de son support technique (le DVD HK VIDEO est ceci dit impeccable, comme d'habitude) s'impose très vite comme une des oeuvres les plus abouties visuellement jamais réalisées. Hark filme la beauté de la nature et de l'amour aussi bien qu'il met en scène la violence et la crasse et le résultat est tout simplement époustouflant : de la constitution des plans irréprochable au montage sidérant, tout est fait ici d'une main de maître et est soutenu prodigieusement par la bande-son magnifique de James Wong, double musical du maître qui lui permet de revenir directement aux origines cinématographiques de cette légende chinoise : l'opéra. Véritable opéra filmé, THE LOVERS entraine son spectateur dans son rythme grâce à la symbiose parfaite entre les images et la musique, qui retranscrit autant que les visuels les émotions des personnages et l'harmonie ou le chaos des lieux différents dans lesquels ils évoluent.

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Au-dela du tour de force technique et artistique que Tsui Hark construit, ici, ce qu'on retiendra le plus c'est avant tout la puissance émotionnelle du film. Véritable baffe intergalactique, THE LOVERS vous fera chialer comme une petite fille pendant 1 heure et demi et vous laissera K.O. longtemps après. Tsui Hark enchaine les scènes d'une puissance poétique incroyable, et mêle à ses visuels incroyables une histoire poignante qui n'aura de cesse de vous émouvoir jusqu'a son final apocalyptique et bouleversant. Cette force émotionnelle, le film le doit avant tout à la maîtrise incroyable des registres de Tsui Hark, qui en l'espace de deux plans passe d'une tonalité comique a une tonalité profondément tragique. En effet, pendant sa première heure, Hark s'éclate littéralement à mettre en scène divers quiproquos, jeux de déguisement, et gags débiles hautement comiques pour finalement faire revenir ses personnages sur Terre dans une deuxième partie sombre, nihiliste et déprimante... Ce changement brutal de ton étonne, et une fois de plus, on sera surpris de voir à quel point Hark parvient à faire fonctionner au sein d'une même oeuvre deux choses qui peuvent paraître absolument incompatibles. Mais avant tout, ce changement de ton soudain et brutal, ce passage de la poésie de la première heure a la dureté et au tragique de sa deuxième rend le film encore plus bouleversant qu'il ne l'est déja. Un tour de force? Carrément oui, surtout en regard de la limpidité et de la fluidité de la narration, qui n'oublie aucun de ses personnages, les exploite à très bon escient et avance à un rythme régulier et maîtrisé. Cette narration, magnifiée par le traitement poétique qu'Hark y apporte, en plus de témoigner d'une maîtrise cinématographique rarement égalée, s'avère également être très équilibrée dans son jeu avec les différents registres et s'impose, de minute en minute, comme véritablement incroyable. Hark et ses scénaristes évitent sans aucun problème tous les pièges inhérents à ce genre d'histoire : miévrerie et niaiserie ne sont vraiment pas de la partie et le peu de niaiserie que l'on trouve dans ce bijou est très agréable et rafraichissant... Hark dose parfaitement chaque élément de son scénario, cependant, il ne faut pas cacher que THE LOVERS demeure un film quelque peu exigeant par son jusqu'au boutisme. En effet, il va jusqu'au bout dans tout ce qu'il entreprend. Son aspect comique plaira donc, ou ne plaira peut-être pas, mais en soit peu importe, cela relève de l'appréciation personnelle et ceux qui sauront apprécier cet humour particulier se trouveront face à un chef d'oeuvre absolu de grande ampleur. Au milieu de toute cette maîtrise, on trouve également des acteurs talentueux. Nicky Wu et Charlie Yeung, interprétant les amants papillons, trouvent ici leur premier et meilleur rôle. Tout comme le film, ceux-ci passent d'un registre à l'autre en un clin d'oeil et se montrent capables d'être très drôles comme ils se montrent capables d'être émouvants. Ils donnent vie a leurs personnages avec talent et animent le récit entier par leur présence et la qualité de leur interprétation. Admirablement dirigés, ces acteurs, qui en sont a l'époque pourtant à leur premier film, s'en sortent clairement avec les honneurs.

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Vous l'aurez compris, THE LOVERS c'est pas nimporte quoi. C'est une oeuvre audacieuse au propos subversif dans laquelle Tsui Hark fait preuve d'une maîtrise du langage cinématographique tout simplement incroyable. Tout y est magnifique : les acteurs sont excellents, la musique est magnifique, le scénario est superbement écrit et le film est parmi les plus beaux visuellement jamais réalisés... Seuls les trop cyniques pourront passer à côté de ce bijou, véritable révolution artistique d'une inventivité incroyable et d'une puissance inégalable. Si vous croyez que vous ne pleureriez jamais à la vision d'une comédie romantique, alors vous savez ce qu'il vous reste à faire : regardez THE LOVERS, qui se range haut la main parmi les oeuvres les plus bouleversantes jamais réalisées en plus d'être certainement une des meilleures comédies de tous les temps. Un chef d'oeuvre absolu, tout simplement. Mais les images parlent mieux que les mots et pour cette raison, je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous, pour accéder a la galerie complète que j'ai faite pour ce film... Enjoy!

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SI VOUS AVEZ AIMÉ CE FILM, VOUS AIMEREZ...

  • SHANGHAI BLUES de Tsui Hark.
  • PEKING OPERA BLUES de Tsui Hark.
  • DANS LA NUIT DES TEMPS de Tsui Hark.
  • GREEN SNAKE de Tsui Hark.

-ZE RING-

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05 juin 2012

L'ENFER DES ARMES

Jaquette1

RÉALISÉ PAR | TSUI HARK.
ÉCRIT PAR | TSUI HARK ET CHEUK-HON SZETO.
MUSIQUE COMPOSÉE ET CHOISIE PAR | SIU-LAM TANG ET LEUN YU.

CHI LIN CHEN | Wan-chu.
ALBERT AU | Paul.
LUNG TIN SANG | Lung.
CHE BIU LAW | Ko.
LO LIEH | Inspecteur Tan.

Trois jeunes font exploser une bombe dans un cinéma. Wan-chu (Chi Lin Chen), une jeune fille psychotique et dangereuse, les menace de les livrer a la police s'ils ne l'aident pas à monter un autre attentat à la bombe.

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Après les échecs de THE BUTTERFLY MURDERS et HISTOIRES DE CANNIBALES, Tsui Hark à plus la rage que jamais. Il s'apprête donc à se lancer dans son projet le plus radical, le plus subversif, le plus nihiliste et surtout le plus controversé : le mythique L'ENFER DES ARMES. Avant même qu'il soit sorti, le film provoqua un scandale, menant au retournage de plus d'un tiers du film pour le rendre moins subversif et moins violent, ce qui a donné la version internationale, qui fut la seule visible pendant 20 ans... Jusqu'a ce que l'éditeur HK VIDEO retrouve la version non censurée du film et la ré-édite. Aujourd'hui, c'est bien de celle-là dont on va parler. Malgré la qualité par moments très mauvaise de l'image et du son de cette dernière, un constat s'impose très vite : au vu d'un tel monument de subversion, toutes les actions de censure commises à l'égard de L'ENFER DES ARMES ne paraissent que peu étonnantes...

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Souvent considéré comme l'ORANGE MÉCANIQUE chinois, L'ENFER DES ARMES n'a pourtant que très peu en commun avec le film de Stanley Kubrick. En effet, si Tsui Hark met en scène des jeunes aux actes destructeurs, ce dernier ne cherche jamais à étudier le problème de la violence chez ces derniers mais se sert davantage de ce trio principal comme un moyen de dénoncer les très nombreux problèmes de la société hong-kongaise, et ce, avec hargne. Tout comme THE BUTTERFLY MURDERS et HISTOIRES DE CANNIBALES, L'ENFER DES ARMES est un film violemment enragé ou tout le monde se prend sa petite baffe : les occidentaux (n'oublions pas qu'en 1980, Hong Kong est au bord de la rétrocession), les jeunes, les bourgeois, la police... Seul le personnage de Wan-chu se distingue. Tsui Hark met une fois de plus en avant le protagoniste féminin de son récit et valorise cette dernière, et ce malgré sa philosophie de vie nihiliste et dangereuse... Pourtant, dans la logique inhérente au film et à son propos, la philosophie nihiliste de ce personnage parait valoir bien mieux que les actes de violence dangereux auxquels le trio de jeunes principal ne s'adonne que par jeu... Si L'ENFER DES ARMES montre une jeunesse hong-kongaise complètement désoeuvrée et sans repère, cela n'empêche pas Tsui Hark de les mépriser et de le montrer de la manière la plus explicite possible. Malgré cela, ces trois personnages restent au centre de la descente aux enfers ultra-violente que L'ENFER DES ARMES constitue. Au travers du regard de ces personnages, Hark livre un portrait pessimiste et noir de la société hong-kongaise, toutefois, cela lui permet aussi comme à son habitude de jouer avec brio avec les genres qu'il exploite... Toutefois, si Hark à pour habitude de mêler à tous les genres, même à ceux qui s'y prêtent en apparence le moins, des éléments de comédie, ici, il n'y en a aucun. En effet, L'ENFER DES ARMES est très certainement, avec THE BLADE, le film le plus noir et le plus sans concession de son réalisateur, et si malgré leur noirceur et leur violence, on pouvait trouver dans THE LOVERS ou HISTOIRES DE CANNIBALES des éléments comiques, ici la violence et la subversion prennent le pas sur tout le reste.

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Et à vrai dire, tant mieux, tant cela donne à L'ENFER DES ARMES une dimension viscérale presque inégalée dans la filmographie du grand Tsui Hark. Ce dernier enchaine les scènes de violence avec un rythme modéré certes mais avec une intensité incroyable, et sacrifie ses personnages à un rythme infernal et ce toujours de manière inattendue. Hark ne fait aucune concession et livre une oeuvre ou les scènes de violence choquantes et perturbantes s'enchainent sans aucune forme de pitié. La violence, ici, est utilisée à 100 pourcents pour soutenir le propos subversif d'Hark, loin d'être particulièrement compliqué ni même très subtil, Hark le montrant au travers de métaphores visuelles évidentes et d'une violence à la limite de l'excès... Et une fois de plus, tant mieux, tant l'ambition de L'ENFER DES ARMES est de provoquer un véritable bouleversement social. Et si, de ce point de vue, malgré la qualité évidente du film, il en demeure un échec, on ne peut pas en dire autant de son impact sur le cinéma... En effet, il y un avant et un après L'ENFER DES ARMES pour le cinéma hong-kongais, le film ne cessant de pousser dans ses plus grands retranchements les limites de ce dernier. En effet, en 1980, le cinéma hong-kongais subit un véritable essoufflement, les cinéastes ne semblent plus avoir d'inspiration... Jusqu'a ce que Tsui Hark arrive avec L'ENFER DES ARMES et ses potes de la nouvelle vague, qui l'aideront par ailleurs à retourner le film après lorsqu'il sera jugé "insortable" par la censure... L'ENFER DES ARMES incarne en effet parfaitement la démarche du mouvement hong-kongais des années 80-90, c'est-à-dire délivrer un cinéma original notamment au travers du détournement des codes narratifs (et visuels, en ce qui concerne les plus grands génies du mouvement, comme Hark ou John Woo) ou encore de l'usage extensif d'une violence graphique stylisée, le tout ayant finalement pour but de retourner le cinéma sur sa tête... Mission accomplie avec L'ENFER DES ARMES, après cela, le cinéma hong-kongais ne sera plus jamais le même, d'autant plus que malgré son bide injuste, il permettra à Hark de se faire une réputation de fou furieux et de tourner son premier grand succès : ZU, LES GUERRIERS DE LA MONTAGNE MAGIQUE...

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Une fois, en regard de la qualité du métrage, il n'y a la rien de bien étonnant dans la mesure ou la mise en scène de L'ENFER DES ARMES est toute aussi réussie que son propos subversif. En effet, si l'on est encore très loin des réussites visuelles que sont THE BLADE et TIME AND TIDE, L'ENFER DES ARMES demeure tout de même un pur monument de mise en scène, ou la violence est perpétuellement stylisée mais ce sans les maniérismes qui illustrent habituellement Tsui Hark. L'immersion est réelle et le tout s'avère prenant à chaque instant, merci à la rigueur et à la maitrise visuelle du maître qui soigne chaque plan et magnifie chaque scène par une gestion de l'espace et du temps absolument incroyable... Qui plus est, les choses s'enchainent avec ce légendaire L'ENFER DES ARMES avec un rythme non-stop et la diversité des situations dans lesquels se foutent les protagonistes empêche absolument toute forme de répétition... Vous l'aurez compris, comme nimporte quel film de Hark qui se respecte, L'ENFER DES ARMES, avant d'être une oeuvre subversive et dérangeante, est avant tout un divertissement ; un divertissement des plus costauds il est vrai mais un divertissement quand même, un film d'une pureté et d'une sincérité absolue ou les genres se mélangent pour le plus grand plaisir du spectateur médusé. A tout cela se rajoutent les superbes interprétations de Lo Lieh et de Chi Lin Chen, donnant vie à des personnages que Hark n'oublie jamais, les développant toujours de manière la plus ambigue possible et de manière détaillée et précise.

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L'ENFER DES ARMES, c'est une des oeuvres les plus subversives et les plus provocatrices jamais filmées à Hong Kong. Mais c'est également une oeuvre viscérale, traumatisante, qui laisse complètement sur le carreau. Mais surtout c'est le premier très grand film d'un cinéaste dont j'ai pas encore fini de parler ici... Tsui Hark signe avec L'ENFER DES ARMES son troisième film seulement, toutefois, il s'agit très certainement d'une de ses oeuvres les plus abouties, d'une maîtrise et d'une force qui inspire le respect et qui lui permet aisément de se glisser parmi les meilleures oeuvres tournées à Hong Kong... Un film révolutionnaire d'une importance qu'on aurait bien tort de sous-estimer et que tout cinéphile qui se respecte devrait voir au pas de course. Car au-dela de son aspect révolutionnaire, L'ENFER DES ARMES est également un film purement jouissif, et l'un des rares à trouver l'équilibre parfait entre hargne, subversion et divertissement. Ca donne envie, non?

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17 mai 2012

HISTOIRES DE CANNIBALES

Jaquette

RÉALISÉ PAR | TSUI HARK.
ÉCRIT PAR | TSUI HARK ET ROY SZETO.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | FRANKIE CHAN.

NORMAN CHU | Agent 999.
EDDY KO | Le chef.
MELVIN WONG | Rolex.
KWOK CHOI HON | Pickpocket.
MO-LIN CHEUNG | Eileen.

Un agent secret (Norman Chu) traque un voleur (Melvin Wong) jusque dans un village peuplé de cannibales.

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Si THE BUTTERFLY MURDERS, le tout premier long-métrage de Tsui Hark, fut un grand succès critique, il en demeura un échec commercial retentissant. Cet échec parait évident à la vision du film en question, ce dernier étant une oeuvre radicale, violente et subversive, détournant sans gêne les codes du Wu Xia Pian pour mieux les renouveller... Hark poussera ce concept encore plus loin avec HISTOIRES DE CANNIBALES, dont le tître original, WE'RE GOING TO EAT YOU, annonce dès le départ la couleur. HISTOIRES DE CANNIBALES est une oeuvre profondément subversive et provocatrice, complètement irrévérencieuse vis-à-vis des codes narratifs des genres que Tsui Hark y exploite (et tant mieux) et, une fois de plus, un échec commercial mais aussi critique retentissant... Oeuvre jugée scandaleuse et de très mauvais goût en son temps, HISTOIRES DE CANNIBALES est pourtant à bien des égards un authentique chef d'oeuvre qui a fini de tailler a Tsui Hark sa place au panthéon, dont c'est pourtant seulement le deuxième film.

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Des deuxièmes films aussi couillus, on aimerait sans doute en voir plus souvent! Dénoncant sans détour et sans pitié la société consumériste hong-kongaise au travers de personnages cannibales affamés de chair fraiche (et tous aussi cons les uns que les autres), le propos de Tsui Hark a vite fait de dépasser les frontières de Hong Kong et tape la ou ça fait mal. Rien de bien étonnant dans le fait qu'HISTOIRES DE CANNIBALES ait causé scandale à son époque, Tsui Hark gerbant littéralement dans la gueule de la société qui l'entoure leur propre nature. La métaphore est simple et il faudrait être complètement débile pour ne pas la voir, mais elle a le mérite d'être suffisamment claire pour déranger, Hark montrant, au travers de ces cannibales, une société qui s'entre-déchire et dont les habitants semblent tous prêts à se bouffer entre eux, impossible de ne pas voir dans ce village d'idiots une représentation, peu subtile certes mais efficace, de notre société. HISTOIRES DE CANNIBALES à 30 ans, mais c'est un film qui est d'autant plus intéréssant aujourd'hui que son propos est extrêmement actuel en plus d'être profondément véridique. Hark, non content d'être un cinéaste visionnaire dans sa mise en scène l'est également dans son propos politique, RESPECT. Cependant, contrairement aux apparences, HISTOIRES DE CANNIBALES ne puise pas tant sa force dans son propos subversif mais davantage dans sa facette de pur divertissement.

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Divertissant, HISTOIRES DE CANNIBALES l'est tout autant qu'il est subversif. Oeuvre survoltée et profondément référentielle, Tsui Hark s'éclate à défragmenter les codes de sa banale histoire de cannibales pour y introduire des éléments de films d'arts martiaux et de comédie. Basant son film sur un nombre réduit de personnages loufoques (et tous complètement à côté de la plaque la plupart du temps), Hark peut se permettre tout et nimporte quoi, notamment un mélange des genres des plus fous, provoquant un effet de surprise permanent. On ne sait jamais quel tour de force narratif Hark va encore nous sortir pour rendre son film encore plus délirant qu'il ne l'est déja, mais avant tout, HISTOIRES DE CANNIBALES, tout comme THE BUTTERFLY MURDERS, est un manifeste évident de la cinéphilie de Tsui Hark. Il n'y a qu'a voir pour s'en convaincre cette scène de baston finale dantesque ou vient se glisser la musique à la base du thème principal de la mythique série des IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE, musique qui illustrait le plus souvent des films mettant en scène Huang Fei-Hung, petit chouchou du cinéma hong-kongais avec lequel Hark à grandi... Une fois de plus, ce dernier enchaine les hommages et impossible de ne pas voir dans cette volonté de détruire les codes pour les révolutionner un amour du cinéma incroyable, un amour qui n'a d'égal que la rage du monsieur. En effet, Tsui Hark signe avec HISTOIRES DE CANNIBALES une deuxième oeuvre enragée ou tout le monde se prend sa baffe dans la gueule : politiciens véreux, villageois affamés... Tous dans le film sont aussi cons et mauvais les uns que les autres, et Hark déverse une fois de plus tout ce qu'il à révendre sur ce morceau de pélicule bien schtarb, et ce jusqu'au plan final, pris comme une insulte de plus a l'époque mais qui en réalité témoigne surtout de toute l'énergie, l'amour et la rage que Hark y a investi.

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Dans cette mesure, HISTOIRES DE CANNIBALES est une oeuvre viscérale ou les choses ne semblent jamais s'arrêter. Hark livre une fois de plus une "intrigue à tiroirs", dans la mesure ou chaque péripétie ouvre le chemin à une autre, toutes par ailleurs plus délirantes que les autres et s'enchainant avec un rythme survolté. Dans ce rythme se mèlent de (très) nombreuses scènes de bastons superbement chorégraphiées par un Corey Yuen en folie. Très gores et très funs, ces bastons sont une fois de plus la preuve du génie et de l'inventivité de Tsui Hark, qui fait ici preuve d'une maitrise formelle qui n'a d'égale que la folie de l'entreprise, le maître sème le chaos dans chaque scène de combat sans pour autant que le tout soit désagréable à suivre, au contraire, HISTOIRES DE CANNIBALES absorbe dès les premières minutes son spectateur dans la folie, l'absurdité et le comique profondément slapstick de la moindre de ses scènes de baston... Au milieu de tout ce bordel, Hark et Szeto ne font pas l'erreur, pourtant récurrente dans le genre, d'oublier leurs personnages. Bien conscient qu'ils sont les piliers du film, ces deux fous donnent a ces derniers des personnalités excentriques mais passionnantes et surtout très amusantes, et glissent dans leur récit des personnages secondaires à mourir de rire (L'énorme, à tous les sens du terme, Vietnam Rose...), ayant tous quelque chose à apporter au film et l'amenant petit à petit vers un final REN-VER-SANT ou tous les enjeux du film se regroupent et donnent lieu a une des scènes de baston les plus dingues et spectaculaires vues sur un écran.

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HISTOIRES DE CANNIBALES bénéficie bien évidemment de la mise en scène magistrale de Tsui Hark, très inspirée, c'est une évidence, mais qui s'avère plus sobre (enfin, dans une certaine mesure) que d'ordinaire. Cela n'empêche pas à la mise en scène d'HISTOIRES DE CANNIBALES de lui donner une énergie et une pêche incroyable, et une fluidité tout simplement exceptionnelle. Qui plus est, HISTOIRES DE CANNIBALES comporte, comme nimporte quel film de Tsui Hark qui se respecte (autrement dit, tous.) des idées visuelles absolument incroyables, en témoigne ce plan final, bien connu, du coeur qui bat donné à la caméra (il est par ailleurs visible au tout début de l'article)... Génial, et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres, Hark se livrant à des délires visuels gores, assez rares en regard de la réputation du film, mais tous très classes et très drôles... Hark parvient à trouver l'équilibre délicat entre bon et mauvais goût et ne tombe jamais dans le ridicule involontaire, un exploit prodigieux en regard du genre exploité par HISTOIRES DE CANNIBALES et de la façon dont il l'aborde!

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Jugé horrible et irregardable par la critique hong-kongaise en 1980, HISTOIRES DE CANNIBALES est pourtant à bien des égards un très grand film, une oeuvre divertissante et comique mais qui présente un propos subversif clair, concis, mais efficace et dérangeant. Dans cette mesure, il serait bien dommage de passer à côté de ce chef d'oeuvre intergalactique, brillant et savant mélange de film d'horreur, de kung-fu et de comédie... Contre toute attente, et bien qu'HISTOIRES DE CANNIBALES soit un divertissement de très grande qualité, il se mangera méchamment la gueule dans les salles, tout comme THE BUTTERFLY MURDERS, et n'y restera que quelques jours. Échec commercial auréolé d'un échec critique, HISTOIRES DE CANNIBALES marquera un tournant pour Tsui Hark, qui se lancera alors dans un projet encore plus radical : L'ENFER DES ARMES. Échec ou pas, en soit peu importe, passer à côté d'HISTOIRES DE CANNIBALES c'est passer à côté d'un grand film. Un indispensable donc.

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SI VOUS AVEZ AIMÉ CE FILM, VOUS AIMEREZ...

  • L'ENFER DES ARMES de Tsui Hark.
  • THE BUTTERFLY MURDERS de Tsui Hark.
  • THE BLADE de Tsui Hark.
  • EVIL DEAD de Sam Raimi.
  • EVIL DEAD II : DEAD BY DAWN de Sam Raimi.
  • BRAINDEAD de Peter Jackson.

-ZE RING-

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16 mai 2012

THE BUTTERFLY MURDERS

Jaquette

RÉALISÉ PAR | TSUI HARK.
ÉCRIT PAR | FAN LIN ET CHI-MING LAM.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | FRANKIE CHAN.

SIU-MING LAU | Fong Hong-Ye.
SHU TONG WONG | Tian Feng.
MICHELLE YIM | Ombre Verte.
KUO-CHU CHANG | Shem Qing.

Une nuée de papillons meurtriers envahit un château féodal.

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A la fois dans l'histoire du cinéma hong-kongais et dans la filmographie du très grand Tsui Hark, THE BUTTERFLY MURDERS s'impose comme une date très importante. Premier film de son réalisateur, qui depuis s'est avéré être un véritable maître avec des oeuvres magnifiques comme THE BLADE, PEKING OPERA BLUES ou DANS LA NUIT DES TEMPS, THE BUTTERFLY MURDERS marque un tournant dans l'histoire du cinéma HK dans la mesure ou il s'agit très certainement du premier de la nouvelle vague hong-kongaise, composée de réalisateurs comme Patrick Tam, Ann Hui, et bien sur Tsui Hark. THE BUTTERFLY MURDERS est un film véritablement intéréssant, d'autant plus intéréssant aujourd'hui qu'il témoigne de l'évolution formelle des oeuvres du cinéaste le plus important de l'histoire de Hong Kong, mais en plus, s'avère être une alternative hardcore au dernier film en date du monsieur... DETECTIVE DEE. Alternative hardcore que l'on doit d'ailleurs entièrement à l'éditeur HK VIDEO, qui à réuni dans un superbe coffret ce film et deux raretés, HISTOIRES DE CANNIBALES et L'ENFER DES ARMES, quasiment introuvables en dehors de la France... Je doute que les gens dont il est question puissent me lire, mais un merci est la moindre des choses, d'autant plus que leurs éditions sont d'une grande qualité.

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Dès les premières images, THE BUTTERFLY MURDERS s'annonce comme un pur film de jeune énervé. En effet, Tsui Hark, en 1979, n'a que 28 ans. Il ne sait pas comment il va faire son film, ni même ce qu'on attend de lui. THE BUTTERFLY MURDERS est le résultat étonnant de ces frustrations. Tsui Hark fait dès son premier film preuve d'une inventivité que l'on retrouvera par la suite dans toutes ses oeuvres... Plaçant pour commencer son oeuvre dès le départ dans un univers visuel violent et craspec (par ailleurs renforcé involontairement par la mauvaise qualité de la copie originale... D'aussi bonne qualités soient les éditions d'HK VIDEO, on ne peut pas tout restaurer.) et dans un contexte novateur dans la mesure ou il comporte autant d'éléments historiques avérés que d'éléments relevant limite de la science-fiction. Tsui Hark le dit lui-même, ne sachant pas quoi faire, il s'est laissé aller sur ce film, le résultat est un mélange des genres extravaguant mais cohérent et solide, une relecture radicale du Wu Xia Pian classique ou se mélangent combats de sabre, enquête policière, et scènes d'horreur renvoyant inévitablement aux OISEAUX d'Alfred Hitchcock. Toutefois, Tsui Hark ne se base pas sur le suspense pour faire fonctionner, bien que ce soit très certainement ce qui est attendu de lui, mais signe en réalité une fable subversive ultra-violente dont l'univers visuel particulier à vite fini de faire de THE BUTTERFLY MURDERS un ovni des plus fous. Sans aucune retenue, Tsui Hark balance tout ce qu'il a avec panache dans la gueule du spectateur, que ce soit sa hargne ou ses frustrations ou bien son amour évident du cinéma.

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En effet, il faudrait être le roi des bigleus ou le dernier des cons pour ne pas se rendre compte très vite que THE BUTTERFLY MURDERS est avant tout une véritable déclaration d'amour au cinéma, rendant hommage à moults classiques, à commencer par LES OISEAUX, et détournant sans aucun complexe le Wu Xia Pian dans le seul but de le révolutionner et donc, par conséquent, de le renouveler, Hark fout tout ce qu'il a revendre dans cet ovni surréaliste... Il en va de même pour sa colère, par conséquent, THE BUTTERFLY MURDERS s'avère être une oeuvre méchamment subversive dans laquelle tout le monde se prend sa petite baffe. Dénoncant l'hypocrisie et, bien évidemment, la violence de l'être humain, il n'y va pas de main montre pour montrer son propos simple mais virulent. Ultra-violent, THE BUTTERFLY MURDERS l'est assurémment, ici pas de bouffons qui se tapent à coups de feuilles mortes et d'écharpes mais de la violence qui claque et pète a la gueule d'un spectateur démuni... A ce titre, si le film fut très bien reçu par la critique hong-kongaise de l'époque, il en demeura un bide commercial, et pour cause! On connait sans doute tous la sensibilité exacerbée du peuple hong-kongais, rien de bien étonnant du coup, à la vision de ce BUTTERFLY MURDERS, à ce qu'il se soit méchamment mangé... Car cette oeuvre n'est ni plus ni moins le premier pas vers la révolution si longtemps voulue par Tsui Hark, jusqu'a ce qu'il finisse par retourner sur sa gueule toute l'industrie du cinéma hong-kongais, notamment avec l'aide de son vieux pote John Woo, et ce n'était qu'un début. HISTOIRES DE CANNIBALES et L'ENFER DES ARMES, les deux oeuvres suivantes du monsieur, vont encore plus loin que THE BUTTERFLY MURDERS, qui n'y va déja pas avec le dos de la cuillère!

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Vous l'aurez compris, THE BUTTERFLY MURDERS est un film subversif et hardcore, mais ce n'est pas la sa seule qualité. Et oui, car avant tout, ce qui est magnifique avec Hark, c'est sa capacité à réinventer perpétuellement le cinéma tout en fournissant des oeuvres particulièrement divertissantes. Cette première oeuvre ne fait pas exception. Si THE BUTTERFLY MURDERS reste une oeuvre étrange et singulière, elle demeure très accessible et surtout très agréable à regarder... On s'en prend plein la gueule pendant 1 heure et demi. Que ce soit au travers de bastons majestueusement chorégraphiées et reposant sur des artifices classes et novateurs, ou d'une enquête policière magnifiquement écrite et narrée, THE BUTTERFLY MURDERS ne cesse de surprendre et de divertir le spectateur. On ne s'y ennuye jamais une seule seconde, il y a toujours quelque chose pour capter l'attention. L'histoire, construite en "tiroirs" multiplie les enjeux et les mystères, et si le tout peut parfois s'avérer assez confus, en soit peu importe, THE BUTTERFLY MURDERS reste très compréhensible. Pourtant, l'enquête policière du film est assez étrange, et complexe, et n'est pas sans rappeler, comme je le disais, la dernière oeuvre de Tsui Hark, DETECTIVE DEE. Les deux films sont d'ailleurs assez comparables, leurs histoires ont pas mal de points communs, mais surtout, ils partagent le même mélange des genres complètement loufoque... Dee est ici remplacé par Fong Hong-Ye, personnage aux motivations floues mais au large intellect dont il est toujours agréable de suivre les raisonnements et les déductions. Par ailleurs, concernant les personnages, si les interprétations des divers acteurs du film sont honnêtes, elles sont toutefois loin d'être transcendantes, mais les personnages demeurent crédibles et vivants, merci a un scénario bien conçu et très bien écrit qui n'échappe malheureusement pas, par courts instants, aux éceuils de longueurs, dont on se serait sans doute bien passés...

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Dans tout cela, la mise en scène de Tsui Hark est aussi magistrale que d'ordinaire. Celle-ci se distingue et ce malgré tous les défauts d'images clairement visibles sur la copie et le manque de moyens évidents... Si la narration du film est innovante, ce n'est rien en regard de son visuel, Hark enchaîne les trouvailles qui dégomment et signe des plans absolument sublimes (comme le plan final, sans doute l'un des plus beaux qu'il m'ait été donné de voir). Mais son génie éclate avant tout dans des scènes de baston renversantes, magnifiquement chorégraphiées par ailleurs, dans lesquelles Hark s'amuse, comme à son habitude, à semer le chaos à l'écran. Le résultat : THE BUTTERFLY MURDERS est un film plus ou moins bordélique mais ou tout est lisible et les scènes d'action se suivent sans aucune difficulté. Le film avance d'idées loufoques en idées encore plus loufoques, comme c'est bien souvent le cas chez Tsui Hark, jusqu'au final, qui vous trouera assurément le cul par son nihilisme et les idées visuelles délirantes qui y sont développées...

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Dans la catégorie "premiers films de réalisateurs renommés", THE BUTTERFLY MURDERS place la barre très haut. On y ressent déja la patte de Tsui Hark, qui expérimente, détourne, cherche et le plus souvent trouve des idées complètement délirantes et magnifiques... Le tout a vieilli, bien sur, notamment au niveau de l'image mais cela n'entâche jamais le génie visuel du maître, de paire avec un scénario solide... THE BUTTERFLY MURDERS est un film suffisamment novateur et important pour qu'on s'y attarde, d'autant plus que Hark y développe un propos subversif intéréssant... Hark prendra d'ailleurs le bide commercial du film comme un échec personnel et ira encore plus loin dans la provocation et la subversion avec les très controversés HISTOIRES DE CANNIBALES et L'ENFER DES ARMES... Mais ceux-la, on y reviendra plus tard. En l'état, THE BUTTERFLY MURDERS reste un excellent film, loin d'être dépourvu de défauts certes, mais pourvu de suffisamment de qualités pour qu'on jette un coup d'oeil attentif. A voir!

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SI VOUS AVEZ AIMÉ CE FILM, VOUS AIMEREZ...

  • L'ENFER DES ARMES de Tsui Hark.
  • HISTOIRES DE CANNIBALES de Tsui Hark.
  • THE BLADE de Tsui Hark.
  • DETECTIVE DEE de Tsui Hark.

-ZE RING-

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01 mai 2012

PEKING OPERA BLUES

Jaquette

RÉALISÉ PAR | TSUI HARK.
ÉCRIT PAR | RAYMOND TO.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | JAMES WONG.

BRIGITTE LIN | Tsao Wan.
CHERIE CHUNG | Sheung Hung.
SALLY YEH | Pat Neil.
MARK CHENG | Ling Pak-Hoi.
KWOK KEUNG CHEUNG | Tung Man.
KENNETH TSANG | General Tsao.
FENG KU | Commandant Liu.

En 1913, la fille d'un seigneur de guerre (Brigitte Lin) rejoint un mouvement de liberation clandestin et rencontre une chanteuse cupide (Cherie Chung).

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On assimile bien souvent Tsui Hark a des oeuvres violentes et nihilistes comme THE BLADE ou L'ENFER DES ARMES. Toutefois, c'est un cinéaste a la carrière bien plus variée qu'elle n'y parait puisqu'au milieu de ces oeuvres violentes se tiennent d'autres, en contraste total avec ces dernières. C'est notamment le cas de PEKING OPERA BLUES, film on ne peut plus déconcertant, même dans la carrière d'un cinéaste comme Tsui Hark, puisque ce dernier s'amuse (et prend son pied, à la vision du film cela en devient évident) à mélanger les genres sans aucun complexe ou retenue... PEKING OPERA BLUES est une comédie mélangeant élément du film d'espionnage, d'arts martiaux, mais aussi d'importants hommages à tout un pan de la culture populaire chinoise, à commencer par l'opéra de Pékin, comme son titre l'indique... Mais la ou PEKING OPERA BLUES s'avère être une oeuvre véritablement exceptionnelle, c'est que tout ce pot pourri narratif fonctionne à merveille et ce, en permanence, mais en plus, Tsui Hark fait preuve d'une inventivité sans égal en détournant sans aucune limite les règles inhérentes a son genre et son sujet.

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En effet, si PEKING OPERA BLUES est une oeuvre profondément comique, c'est indéniable, c'est également une oeuvre qui s'avère surprenante dans la mesure ou en réalité elle ne tranche pas radicalement avec les films antérieurs de Tsui Hark... En effet, elle demeure une oeuvre ultra-violente qui ne lésine pas sur l'hémoglobine, ou ça se bastonne sans arrêt et sans aucune pitié (à ce titre, les chorégraphies de Ching Siu-Tung sont aussi fluides qu'elles sont brutales) mais qui ne manque pas de moments hilarants et de situations cocasses... Jouant avec sa narration dans le seul but de créer les situations les plus drôles possibles, Hark n'oublie cependant pas de rester fidèle à la grande force de son film : la façon dont il mélange des genres qui pourraient sembler radicalement opposés... Ainsi, dans la logique interne a PEKING OPERA BLUES, il n'est guère surprenant de trouver une scène profondément dramatique au milieu d'une autre profondément comique. Tsui Hark l'a compris, le seul moyen de faire marcher tout cela, c'est en dressant de manière précise le portrait de plusieurs personnages, tous aussi loufoques qu'ils sont différents, afin de jouer par la suite avec leurs personnalités et états d'âmes. De cette façon, Hark peut se permettre très facilement de jouer avec des registres très différents, chaque personnage ayant des enjeux dramatiques (ou comiques, c'est selon) qui lui sont propres. Les personnages sont indéniablement la grande qualité de ce PEKING OPERA BLUES, et tous ont droit a leur heure de gloire, aucun n'étant laissé en retrait, ce qui au vu du nombre de personnages dans le film, est un véritable exploit.

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L'exploit narratif se poursuit lorsqu'une première partie hilarante laisse place à une deuxième partie qui recentre de manière explicite les enjeux les plus dramatiques du film... Ainsi la cocasse histoire d'espionnage de la première partie laisse place a une deuxième partie bien plus violente et tendue, ou la vengeance tient une place évidente. Qui plus est, dans tout ce mélange de genre, Hark détourne avec brio tous les codes inhérents a l'opéra de Pékin, -suffisamment explicités dans le film pour être compris par un public occidental-, au travers d'un tour de force narratif dont je tairai les détails, bien trop ingénieux et drôles pour que je les dévoile ici sans aucune finesse... La narration, c'est sans doute une des plus grandes qualités de PEKING OPERA BLUES, le screenplay de Raymond To multipliant les personnages et les enjeux pour mieux les faire converger vers un point précis. Le film, brillament construit en crescendo, fait preuve d'un rythme non-stop absolument incroyable. De temps morts, PEKING OPERA BLUES est absolument exempt, tout s'enchaine avec une fluidité qui inspire et a laquelle la mise en scène fait énormément honneur. En effet, à la vision du film, il est évident que peu de metteurs en scène auraient pu réaliser PEKING OPERA BLUES, Tsui Hark s'avère être un choix on ne peut plus judicieux dans la mesure ou sa gestion de l'espace et du temps hors du commun lui permettent de donner vie a des moments de bravoure cinématographique relevant purement et simplement du jamais vu, c'est notamment le cas de la deuxième scène "d'opéra" ou les enjeux se multiplient en même temps que les genres présents dans la même scène... Le tout s'avère tellement fou mais aussi tellement maîtrisé que cela inspire forcément le respect. Tsui Hark perd littéralement le spectateur dans tout ce florilège de genres et de situations dingues mais ce dernier ne perd jamais ses marques. Une fois de plus, le chaos propre a Tsui Hark s'avère tout aussi renversant et fou qu'il est organisé et minutieusement pensé (je vais devoir arrêter de chroniquer des Tsui Hark, j'ai vraiment l'impression de radoter.).

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Dans tout ça, on retrouve un trio d'actrices tout bonnement exceptionnel, donnant vie a des personnages pas nécessairement faciles à interpréter de façon toujours différentes et inventives, le trio Lin - Yeh - Chung participe activement à la réussite qu'est PEKING OPERA BLUES, donnant une intensité dramatique ou comique, encore une fois c'est selon, aux scènes qu'elles animent. Toutefois, la palme revient très clairement à Kenneth Tsang, excellent acteur bien trop souvent rélégué a l'arrière plan, qui ici livre le portrait magnifique d'un personnage bourru et touchant, le bonhomme vole la vedette a chaque apparition et fait preuve d'un charisme pour le moins insolite. Tsang trouve ici l'un de ses meilleurs rôles, voire, tout simplement, son meilleur... A tout ce beau monde se rajoutent des seconds couteaux tous aussi talentueux les uns que les autres qui donnent vie a l'univers déjanté de ce PEKING OPERA BLUES pour le moins exceptionnel.

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Vous l'aurez compris, PEKING OPERA BLUES est un grand film... Mais, car il y a un mais, c'est un grand film qui demeure difficilement trouvable. Il n'y a pas d'édition disponible en France et le film n'existe sans doute qu'en VO sous-titrée anglais, disponible sur le Blu-Ray chinois (qu'il est possible "d'acquérir" sur le net.). Mais ce PEKING OPERA BLUES vaut la peine et l'effort. En effet, il s'agit d'une des meilleures oeuvres de Tsui Hark, tour à tour drôle, émouvant, ahurissant, violent... Une alchimie des genres et des registres absolument incroyable, qui, si vous avez la chance, vous laissera a coup sur un souvenir indélébile et vous marquera a vie la rétine. Un chef d'oeuvre, tout simplement.

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SI VOUS AVEZ AIMÉ CE FILM, VOUS AIMEREZ...

  • THE LOVERS de Tsui Hark.
  • IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE de Tsui Hark.
  • IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE II de Tsui Hark.

-ZE RING-

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28 avril 2012

TIME AND TIDE

Jaquette
RÉALISÉ PAR
|
TSUI HARK
.

ÉCRIT PAR | TSUI HARK ET KOAN HUI.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | JUN KUNG ET TOMMY KAI.

NICHOLAS TSE | Tyler.
WU BAI | Jack.
CANDY LO | Hui.
CATHY TSUI | Jo.
ANTHONY WONG | Oncle Ji.
JUN KUNG | Miguel.

A Hong Kong, la brève rencontre entre Tyler (Nicholas Tse), un jeune homme habitué aux dangers de la rue, et Hui (Candy Lo), une femme policier infiltrée, ne sera pas sans conséquence : celle-ci tombe enceinte. Afin de gagner de l'argent rapidement, Tyler devient garde du corps.

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Nombreux sont les cinéastes hong-kongais a avoir quitté Hong Kong dans les années 90, par craindre de perdre leur liberté artistique suite à la rétrocession. C'est notamment le cas de John Woo, Ringo Lam mais aussi de Tsui Hark, tous trois attirés vers Hollywood par Jean-Claude Van Damme. La-bas, dans des conditions de tournage bien pourries, Tsui Hark tourna les très nuls (mais aussi très bien foutus, de toutes façons Tsui Hark même quand il fait nimporte quoi, il pète à mille coudées au-dessus de tout le monde.) DOUBLE TEAM et PIEGE A HONG KONG. A la suite de ces deux échecs artistiques évidents, Tsui Hark revient à Hong Kong pour tourner TIME AND TIDE... Et que dire, si ce n'est que TIME AND TIDE marque le come back du maître avec brio? Toutefois, il marque aussi ses premières grosses difficultés, devant amputer son film de près de 50 minutes pour des besoins commerciaux... Et si TIME AND TIDE demeure un grand film, le manque de liberté artistique de Tsui Hark (qui se ressentira toujours a partir de ce film la) s'en ressent légèrement... Explications.

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Une telle coupe se ressent forcément, d'autant plus que l'ambition de Tsui Hark est à la mesure de son talent visuel et technique. Par conséquent, TIME AND TIDE comporte de nombreuses failles narratives : il y a de toute évidence des bouts qui manquent, certaines choses sont pas très claires voire incompréhensibles, toutefois, dans sa construction, l'oeuvre de Hark reste irréprochable, construisant méticuleusement la situation épineuse dans laquelle vont s'entremêler les destins de deux personnages dans une première partie magnifique. Cette construction conduit doucement mais surement vers une deuxième partie explosive ou le rythme s'envole littéralement et ne semble plus jamais s'arrêter. TIME AND TIDE est, selon Christophe Gans, "un film maelström qui vous emporte corps et bien et ne rend pas votre dépouille" et on ne saurait mieux le définir, Hark peignant de manière si précise le portrait de ses deux personnages principaux dans la première partie que la deuxième partie en devient on ne peut plus viscérale. Qui plus est, si effectivement il manque des choses, Hark parvient heureusement à gérer habilement son rythme pour le rendre, j'ai envie de dire, "consommable" facilement par le spectateur. Personnellement, un tel exploit m'inspire le respect, être forcé à couper son film de 50 minutes mais réussir à éviter tous les défauts évitables pour ne garder que ce qui est inévitable (les failles narratives suscitées), c'est tout simplement la classe. Finalement, à la vision de TIME AND TIDE, si le spectateur sera sans doute un peu confus face à certaines choses, le film ne semble pas souffrir de cette coupe importante.

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Et tant mieux, vraiment, car par conséquent, le spectateur peut se livrer entièrement aux délires visuels de Tsui Hark, on ne peut plus maniéristes une fois de plus, mais c'est indéniablement au travers de maniérismes visuels que le génie d'Hark éclate. En effet, avec THE BLADE, TIME AND TIDE est très certainement l'oeuvre la mieux mise en scène du maître. A travers son visuel, Hark transcende littéralement (tout comme dans THE BLADE) le genre qu'il exploite, démontant littéralement les codes visuels établis du polar HK, et ce, sans pour autant détourner les codes narratifs de ce dernier. Ainsi, si TIME AND TIDE peut sembler assez convenu d'un point de vue strictement scénaristique, on ne saurait en dire autant de son visuel, la mise en scène d'Hark étant d'une viscéralité et d'une fluidité sans précédent, mais également d'une originalité incroyable. Ce bon Tsui enchaine les plans insolites et ses idées visuelles, dans lesquelles se glissent des hommages évidents à son vieux pote John Woo, relèvent toute du génie. C'est simple, on s'en prend plein la tronche, en particulier lors des scènes d'action, ou le génie de Tsui Hark s'avère d'autant plus brillant qu'il se trouve véritablement dans son élément. Par conséquent, une fois de plus, Hark s'amuse, au travers d'une gestion du temps et de l'espace sans aucun égal, à semer le chaos à l'écran sans pour autant que les choses deviennnent illisibles : au contraire, tout comme dans THE BLADE, le chaos est ici pensé avec minutie et précision et impossible de se perdre dans les scènes d'action complexes du film mais aussi d'un réalisme palpable, merci à un montage virtuose qui n'oublie jamais aucun des personnages, pourtant assez nombreux.

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Plus accessible que son ainé THE BLADE, qui allait jusqu'a véritablement attaquer les sens du spectateur, TIME AND TIDE est très certainement le film le plus accessible de Tsui Hark, et donc par conséquent, le meilleur pour s'attaquer à la filmographie singulière du monsieur. En effet, TIME AND TIDE suinte a chaque instant le génie visuel de son réalisateur mais ne s'avère pas aussi perturbant et déconcertant que d'autres oeuvres du monsieur, ou les codes narratifs sont détruits sans aucune pitié et ou tout s'enchaine avec un mélange des genres qui, pour les "néophytes", pourraient s'avérer perturbant. Toutefois, pour ceux plus habitués au style sans concession du réalisateur, il serait également dommage de prendre cela comme un défaut : en effet, TIME AND TIDE est bien moins fou sur le plan scénaristique que les oeuvres précédentes du réalisateur, mais demeure une réussite de ce point de vue également, dans la mesure ou les choses s'enchainent sans temps morts, avec des rebondissements tous plus intéréssants les uns que les autres, qui plus est, que vaut l'absence de folie scénaristique face à tant de génie et d'audace visuelle? Qui plus est, si le film est effectivement bien moins fou qu'un ENFER DES ARMES, il demeure très bien écrit et ne présente aucun temps mort. Pourtant, il aurait été facile de tomber dans le consensuel et le lourdaud dans le traitement de la romance entre Nicholas Tse et Candy Lo, mais pas avec Tsui Hark qui traite cet aspect du film de manière réaliste et subtile. Rien de bien étonnant ceci dit dans la mesure ou ce dernier a toujours construit ses films autour de femmes, TIME AND TIDE ne fait pas exception. A vrai dire, TIME AND TIDE va encore plus loin puisque son histoire ne se construit non pas autour d'une femme mais autour de deux, évoluant dans la même situation de façon différente et prenant petit à petit une importance plus grande que les hommes visibles à l'écran. Hark prend donc a contre-pied l'aspect "amitié virile" imposé dans le polar HK par les oeuvres de John Woo (les mythiques THE KILLER et A TOUTE ÉPREUVE), avec brio, en plus... Le tout s'avère bien évidemment brillament interprété, notamment par Nicholas Tse qui livre ici la performance de sa vie mais surtout par le brillant Anthony Wong, qui vole littéralement la vedette a chaque apparition.

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TIME AND TIDE
est donc un grand film. Ne souffrant pas de ses quelques failles narratives, il bénéficie d'un soin visuel incroyable et s'avère être une oeuvre viscérale et renversante... Un des meilleurs films de Tsui Hark, assurémment, et ce malgré les difficultés que ce dernier à rencontré lors de sa réalisation. Peu importe en soit, TIME AND TIDE ne souffre pas de ces difficultés et est un film de très grande qualité qui se range aisément parmi ce qu'un des plus grands (voire le plus grand) génies du cinéma hong-kongais a fait de mieux... TIME AND TIDE est un indispensable que tout cinéphile se doit de voir, au plus vite!

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-ZE RING-

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26 avril 2012

THE BLADE

Jaquette
RÉALISÉ PAR | TSUI HARK.
ÉCRIT PAR | TSUI HARK ET KOAN HUI.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | RAYMOND WONG ET WAI LAP WU.

CHIU MAN-CHEUK | Ding On.
MOSES CHAN | Tête d'Acier.
XIN XIN XIONG | Fei Lung.
VALERIE CHOW | La prostituée.

Au Moyen-Âge, en Chine...En apprenant les circonstances tragiques de la mort de son père, Ding On (Chiu Man-Cheuk), un jeune forgeron, décide de retrouver l'assassin de celui-ci. Mais attaqué par une horde de bandits, il perd un bras...

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Tsui Hark est le fondateur et le fer de lance du mouvement cinématographique hong-kongais né dans les années 80... Toutefois, si ce mouvement est né avec LE SYNDICAT DU CRIME de John Woo, souvent considéré comme le pilier du mouvement, il est très souvent oublié que 6 ans avant cela, Tsui Hark posait toutes les bases de ce dernier avec L'ENFER DES ARMES, c'est-à-dire retourner littéralement le système du cinéma hong-kongais pour ensuite le révolutionner... L'ENFER DES ARMES fut un premier pas, par la suite Tsui Hark ne cessa pas de lancer des modes en produisant bon nombre de films (tels que la trilogie SWORDSMAN ou HISTOIRES DE FANTÔMES CHINOIS, ou encore tout simplement la trilogie du SYNDICAT DU CRIME) mais surtout réalisera bon nombre d'oeuvres de genres divers, l'occasion pour Hark de détourner les codes des genres qu'il exploite avec des oeuvres comme par exemple PEKING OPERA BLUES, THE LOVERS, ou bien THE BLADE. Et c'est de THE BLADE dont il est question aujourd'hui, chef d'oeuvre du Wu Xia Pian (film de chevalerie chinois) qui prend les codes du genre pour littéralement les retourner et livrer un ovni cinématographique, qui, aussi culte soit-il, n'a malheureusement pas tout le respect qu'il mérite.

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D'un autre côté, rien de bien étonnant, Tsui Hark livrant avec THE BLADE l'oeuvre la plus extrême de sa carrière. En effet, si pendant ses 30 années d'activité, il n'a eu de cesse de rechercher le chaos au cinéma, c'est avec THE BLADE que c'est le plus frappant. Avec ce film, les intentions de Tsui Hark sont très claires : plonger le spectateur dans un chaos visuel et sonore vertigineux, et cela se ressent à l'écran par un montage véritablement furieux ou tout s'enchaine avec une frénésie qui envoie sans aucune pitié tout ce qui s'est fait en la matière 6 pieds sous terre! Ne nous voilons pas la face, THE BLADE c'est du jamais vu, un film ou les choses s'enchainent avec une telle vigueur, une telle force et un tel chaos ambiant qu'il est quasi impossible d'en décrocher... Toutefois, encore faut-il accrocher aux délires visuels d'un Tsui Hark en colère, se servant de sa caméra comme catharsis et balançant toute la noirceur de son oeuvre a la gueule d'un spectateur on ne peut plus démuni. Je le répète, THE BLADE est l'oeuvre la plus extrême et la moins équilibrée de son réalisateur, pour cette raison, beaucoup resteront sur le carreau et ne parviendront jamais à rentrer dans le film... Les pauvres, tant THE BLADE est une oeuvre unique en son genre qui envoie chier sans aucune concession tous les codes du genre qu'il exploite pour devenir quelque chose de véritablement exceptionnel. Vision sans concession et noire du mythe du sabreur manchot, exploré dans les mythiques UN SEUL BRAS LES TUA TOUS et LA RAGE DU TIGRE (pour ne citer qu'eux), THE BLADE est également l'occasion de plus pour son réalisateur d'explorer la facette de l'homme (et je veux bien dire l'homme, pas l'être humain) la plus noire et la plus désespérée. Nihiliste, THE BLADE l'est assurément et sert, comme d'hab, d'intermédiaire entre ce fou furieux de Hark et un spectateur qui ne sait pas encore quel constat obscur il va se prendre dans les dents. C'est bien simple, Tsui Hark livre une vision tellement réaliste d'une époque souvent romancée qu'elle en devient presque excessive de noirceur!

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En conséquence, il n'y a rien de plus efficace pour montrer le chaos et l'horreur du contexte du film que les choix de mise en scène de Tsui Hark... Discutables sans doute pour ceux qui n'adhèrent pas aux délires visuels du monsieur mais on ne peut plus efficaces pour ceux qui réussissent à rentrer dans son trip. THE BLADE, à bien des égards, pourrait sembler bordélique, pourtant, il est clair, du moins lorsqu'on regarde le film avec ses yeux, que le chaos que Tsui Hark met en scène est paradoxalement on ne peut plus réfléchi... Le montage frénétique est d'une organisation rigoureuse et minutieuse, d'ou la réussite indéniable de l'entreprise : à des plans superbes s'allie un montage on ne peut plus fou, donnant lieu à une orgie visuelle certes parfois perdant un peu trop le spectateur mais le plongeant dans une immersion à toute épreuve... A cela se rajoute un travail sonore absolument assourdissant, l'élément supplémentaire montrant clairement la visée de Tsui Hark : attaquer les sens de la manière la plus viscérale envisageable. Le tout fonctionne a merveille, confronté à ce chaos des plus extrêmes, le spectateur ne sait vraiment plus ou se mettre! Dans cette situation, le spectateur ne peut qu'être ébahi face à des bastons incroyablement chorégraphiées, dans lesquelles se mélangent prouesses martiales sidérantes et violence percutante, à ce titre, le combat final est très certainement la meilleure scène de baston jamais réalisée, un véritable monument de barbarie jamais égalé!

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Dans tout ce bordel, Tsui Hark ne peut s'empêcher de jouer avec les codes de son histoire... Ainsi du personnage chevaleresque qu'était le sabreur manchot dans LA RAGE DU TIGRE, on passe à Ding On, sabreur impitoyable en quête de vengeance... Ce qui n'est pas un hasard puisque le tout s'inscrit directement dans une optique on ne peut plus "Harkienne". En effet, si ses films sont souvent considérés comme des "films d'hommes" (tout comme son pote John Woo), ce sont les femmes qui sont au centre de ces derniers et THE BLADE ne fait pas exception... Pour s'en convaincre, il suffit de regarder les 2 premières minutes du film, ou dès le départ la narration est donnée par une femme, personnage pivotal du récit, pivotal dans le sens ou THE BLADE est tout autant un film de sabre que c'est une histoire d'amour, on ne peut plus nihiliste certes (comme c'est souvent le cas avec Tsui Hark) mais une histoire d'amour quand même, montrant une fois de plus la propension qu'a Tsui Hark à manipuler sans aucune limite la codification des genres... Ce qui n'a pas de limites non plus chez Tsui Hark, c'est son ambition. En effet, s'il est bien connu pour son génie il l'est également pour son ambition presque mégalomaniaque, ce qui a donné lieu, par exemple, à des coupes de 2 heures sur son génial SEVEN SWORDS et donc a des défauts narratifs évidents... Fort heureusement, pas de ça ici, la narration est claire comme de l'eau et véritablement ingénieuse, en conséquence, THE BLADE est une oeuvre d'une fluidité incroyable mais qui s'avère être en plus brillament écrite... THE BLADE avance d'idée scénaristique brillante en idée scénaristique encore plus brillante, doublés d'idées visuelles époustouflantes (la scène ou Ding On s'entraîne... Quel pied!) renforcé par le talent technique sidérant d'un Tsui Hark au sommet de sa forme.

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Vous l'aurez compris, THE BLADE est une oeuvre exceptionnelle, qui, par sa forme on ne peut plus extrême, ne plaira certes pas à tout le monde mais demeure une expérience qui vaut le coup d'être tenté! THE BLADE est sans doute le Wu Xia Pian ultime, le chef d'oeuvre de tout un pan du cinéma asiatique... Une oeuvre nihiliste et noire mais aussi un plaisir sensoriel incroyable et sans aucun égal. THE BLADE est une oeuvre d'une très grande importance, et d'une très grande influence sur le cinéma dans sa globalité, par ailleurs, au cas ou mon conseil ne serait pas suffisant, Quentin Tarantino ne cesse de faire l'éloge du film et va même jusqu'a dire de Tsui Hark que c'est le meilleur metteur en scène de tous les temps... Et vous vous doutez bien que je suis d'accord. ;)

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  • L'ENFER DES ARMES de Tsui Hark.
  • SEVEN SWORDS de Tsui Hark.
  • TIME AND TIDE de Tsui Hark.
  • LA RAGE DU TIGRE de Chang Cheh.

-ZE RING-

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