13 février 2013

A TOUTE ÉPREUVE

A toute épreuve
RÉALISÉ PAR | JOHN WOO.
ÉCRIT PAR | JOHN WOO ET BARRY WONG.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | MICHAEL GIBBS ET JAMES WONG.

CHOW YUN-FAT | Tequila Yuen.
TONY LEUNG CHIU-WAI | Long.
ANTHONY WONG CHAU-SANG | Johnny Wong.
PHILIP KWOK | Mad Dog.
TERESA MO | Teresa Chang.
PHILIP CHAN | Superintendant Pang.

Tequila Yuen, un flic tête brulée, jure de venger la mort de son partenaire et s'allie pour cela à un flic infiltré dans l'organisation du traffiquant d'armes Johnny Wong.

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En 1992, John Woo est dans une sale situation après l'échec radical de son plus gros film en date : UNE BALLE DANS LA TÊTE. Il décide alors de tourner un dernier film avant de s'exiler à Hollywood pour tourner l'affreux mais fun HARD TARGET avec Jean-Claude Van Damme. A la même époque, la rétrocession d'Hong Kong à la Chine se rapproche de plus en plus, et la situation criminelle empire radicalement : des fusillades ont lieu dans lesquelles des innocents sont tués. Enragé par la situation, John Woo, comme à son habitude, décide d'utiliser sa caméra comme catharsis et de balancer tout ce qu'il à a offrir dans un dernier film avant de tirer sa révérence et de partir vers des contrées artistiquement moins riches. Et si la suite lui donna clairement tort, puisque son escapade à Hollywood fut un désastre innomable, il faut être clair : on ne fait pas de meilleur cadeau de départ qu'A TOUTE ÉPREUVE, qui, sans égaler les incursions de Woo dans le film de guerre et dans le polar, THE KILLER et UNE BALLE DANS LA TÊTE, s'impose très rapidement ce qui devient en fin de film une évidence : c'est le film d'action ultime, l'actionner définitif et insurpassable, une oeuvre qui encore aujourd'hui continue d'influencer les plus grands, et à permis a John Woo d'ajouter à son palmarès pour la deuxième fois l'exploit d'avoir démodé tout ce qui se faisait ailleurs en matière d'action d'un coup.

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Aussi étonnant cela puisse t-il paraître, il n'y a en réalité rien de bien surprenant tant A TOUTE ÉPREUVE révplutionne d'un bout à l'autre les codes communément admis du film d'action. Faisant preuve d'une grâce visuelle dont il n'avait jamais fait preuve auparavant, John Woo signe non seulement son film le plus abouti en matière de mise en scène mais pousse aussi son style et son genre, -l'heroic bloodshed-, dans ses retranchements les plus incroyables. Si vous croyiez que LE SYNDICAT DU CRIME et THE KILLER étaient visuellement incroyables, alors sachez que vous n'avez encore rien vu, tant A TOUTE ÉPREUVE s'impose comme l'aboutissement ultime et définitif de toutes les expérimentations visuelles du grand John Woo. Celles-ci sont ici d'autant plus marquantes que Woo les pousse suffisamment loin pour qu'elles soient encore plus éloquentes que n'importe quel dialogue. Un plan suffit ici pour iconiser définitivement un personnage et s'inscrire à long terme dans la mémoire du spectateur, et la manière dont le maître filme ses personnages en dit long sur leurs personnalités et leurs motivations, en plus de magnifier leur charisme et leur présence chaque fois qu'ils apparaissent à l'écran. Racontant son histoire à l'aide de ses visuels, Woo fait aussi évoluer ceux-ci en les faisant sortir des codes esthétiques posés dans THE KILLER. Plutôt que de placer son film dans un contexte baroque, Woo mêle l'éxubérance de sa mise en scène à la violence, la froideur et le réalisme d'une cité en pleine décadence. Les décors y sont poisseux et crades, et lorsqu'ils ne le sont pas, ils sont froids et glauques... L'étonnant mélange entre les maniérismes magnifiques du maître et sa façon singulière de filmer Hong Kong crée une esthétique détonnante, tantôt presque naturaliste pour être à d'autres moments d'un insolite exemplaire, lorsque le film plonge dans des décors à la teinte bleutée déconcertante. A TOUTE ÉPREUVE à été pendant très longtemps le film le plus maîtrisé de John Woo, et pour cause, outre son esthétique, sa maîtrise se ressent également dans le scénario et, c'est une évidence, dans les fusillades.

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Impossible de ne pas parler de John Woo et encore moins d'A TOUTE ÉPREUVE sans parler des fusillades, car ne nous voilons pas la face, on ne regarde pas un film comme A TOUTE ÉPREUVE pour son scénario (même si celui-ci est très réussi, mais j'y reviendrai), mais parce que ça tire dans tous les sens... Ceux qui ne sont pas familiers avec le film vont être servis de ce point de vue, car non seulement ça tire dans tous les sens, mais en plus ça commence dans le feu de l'action et ça s'arrête jamais. John Woo enchaine ici les scènes d'action d'anthologie, qu'il s'agisse de cette fusillade incroyable dans une maison de thé ou la fusillade de 45 minutes dans un hopital, toutes sont filmées avec la même virtuosité, la même fluidité et la même exigeance... Outre son sens du cadre sidérant et sa capacité évidente à former des plans magnifiques, Woo se fait ici maître du montage, en faisant évoluer ses nombreux personnages au milieu de ses scènes d'action spectaculaires sur des plans différents en permanence sans jamais perdre le spectateur... Tout cela, il le doit à sa gestion de l'espace, très rarement surpassée, et à sa maîtrise du rythme. Chaque fusillade, chaque gunfight à son rythme propre et immerge le spectateur dans un véritable ballet de balles ou ça tire en permanence de tous les côtés sans jamais que cela soit too much : tout est parfaitement dosé, et mieux encore, Woo prend son spectateur à contrepied en amenant le climax de chaque scène la ou il n'attend pas, ainsi, si la mythique et culte glissade sur la rambarde de Chow Yun-Fat peut apparaître comme le sommet de la scène en question, il est en fait largement surpassé deux minutes après. Surprenant, A TOUTE ÉPREUVE l'est constamment, notamment grâce aux idées et délires visuels divers mais toujours inventifs et sublimes auxquels s'adonne le grand John pour notre plus grand plaisir de spectateur. D'ailleurs, d'un point de vue strictement sensoriel, A TOUTE ÉPREUVE apparaît comme l'un des films les mieux chorégraphés de tous les temps, et si les personnages se tirent mutuellement dessus à coups de pistolets plus gros qu'eux en faisant exploser la totalité de décors bel et bien modernes, impossible de ne pas penser au wu xia pian et au kung fu pian tant chaque plongeon, chaque saut de côté, chaque acrobatie mise en scène ici est la preuve de la grâce presque martiale du film.

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Cette grâce est toutefois constamment contrebalancée par la brutalité et la violence propre à John Woo, qui livre ici une oeuvre brute et profondément enragée. Si on connait tous le traitement ultra-stylisé de la violence propre à John Woo, on ne peut qu'être surpris lorsque celui-ci se met à descendre sans aucune concession des innocents dans une maison de thé ou à dégommer des infirmières à coups de mitraillette, et en cela, A TOUTE ÉPREUVE s'impose comme l'un des films les plus ultra-violents du maître... Si la plupart de ses précédents films s'échignaient à infliger la violence uniquement à ceux qui étaient profondément impliqués dans les histoires qu'il dépeignait, ici, personne n'est épargné, et si, derrière le meurtre brutal de nombreux innocents, il ne semble n'y avoir que de la vacuité, chaque plan est en fait le témoin direct de la rage envers le crime organisé et les Triades qu'animait alors John Woo. Assurémment subversif, A TOUTE ÉPREUVE est d'autant plus brutal qu'il tranche radicalement avec les autres films de John Woo dans la mesure ou le côté shakespearien et romancé qui en étaient la grande marque est ici presque totalement absent et laisse davantage la place à la démonstration pure et simple de toute la brutalité d'une époque... Pour autant, ce qui demeure le plus intéréssant ici c'est la manière dont Woo dépeint et stylise la violence avec beauté et exubérance. Il est juste de parler pour ce film de chorégraphie de la violence, tant chaque tir et chaque mort est "sublimé" a grands coups de ralentis et de jeux de montage, sans pour autant perdre leurs dimensions profondément viscérales et leur violence. Celle-ci à d'ailleurs un rôle très important dans le film dans la mesure ou c'est constamment à travers les scènes d'action que les personnages évoluent en même temps que l'histoire. Les épreuves physiques qu'endurent les personnages poussent en permanence le film vers l'avant, jusqu'a un climax ou tous reviennent soit profondément changés soit ne reviennent pas du tout.

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Et c'est bel et bien en ce sens qu'A TOUTE ÉPREUVE est une baffe technique et visuelle. John Woo y renouvelle tellement bien les codes du genre qu'il investit et pousse sa mise en scène tellement loin qu'il est capable de supplanter presque tous les moyens de narration classique, -a savoir la grande majorité des dialogues-, par des scènes visuellement spectaculaires, mais aussi par conséquent de livrer une oeuvre plus mature. Le fort de John Woo n'est pas les dialogues, et ceux-ci, dans certaines de ses précédentes oeuvres, sont parfois assez naïfs et à la limite de la niaiserie. Ce n'est aucunement le cas ici, dans l'image prend le pas sur la parole, parfois au risque de prendre le pas sur l'histoire et le scénario... Et malheureusement, c'est bien ce qui arrive, car si A TOUTE ÉPREUVE est bel et bien une baffe absolue, il peine à se hisser au niveau des monuments inégalables que sont THE KILLER et UNE BALLE DANS LA TÊTE, notamment parce que le film est hélas loin d'être aussi abouti scénaristiquement qu'il ne l'est visuellement. Si on ne reprochera pas au film la simplicité de son scénario, qui est suffisamment efficace pour qu'on oublie ses tares, il est difficile de ne pas en venir à reprocher au film son manque de véritable souffle épique et sa sécheresse émotionnelle... C'est dommage, mais dans le même temps, Woo signe un film d'une complexité rare, en abordant avec classe et virtuosité des sujets aussi complexes que la double identité et amenant avec plus de maturité les amitiés viriles à la Chang Cheh qui lui sont si chères. Pourtant, malgré ces qualités objectives évidentes, la déçeption à ce niveau est bien là : A TOUTE ÉPREUVE n'agit bel et bien pas comme une baffe émotionnelle, et ce, en dépit des acteurs, qui font un travail incroyable sur leurs personnages en plus de faire preuve d'un charisme rarement égalé (Chow Yun-Fat vole la vedette, comme d'habitude, Tony Leung est sidérant, quand à Anthony Wong et Philip Kwok, ils composent deux badass mother fuckers d'anthologie comme on les aime). Le film n'est jamais touchant d'une quelconque façon, et c'est bien dommage.

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Pourtant, peut-on décemment reprocher à un grand réalisateur d'évoluer comme il le devrait? UNE BALLE DANS LA TÊTE était lui-même bien moins romancé que LE SYNDICAT DU CRIME et THE KILLER, et, en ce sens, on peut bel et bien voir une évolution logique et inévitable au sein de l'oeuvre de Woo avec A TOUTE ÉPREUVE. Il semble en plus clair que l'ambition de ce dernier avec ce film n'était pas de toucher à l'émotion, mais plutôt de déchainer sa rage dans un monument visuel filmique, de donner tout son génie au genre qu'il avait fondé avant de passer définitivement à autre chose, Woo n'étant jamais revenu à l'heroic bloodshed. A TOUTE ÉPREUVE est d'ailleurs l'un des derniers films du genre, et paradoxalement, c'est la dernière grande évolution que celui-ci ait vécu... Et, en quelque sorte, ne peut-on pas voir dans ce film un véritable chant du cygne du genre? Ne peut-on pas voir dans ces figures qui n'ont d'héroïque que leurs ambitions (Tequila est l'équivalent chinois de l'inspecteur Harry et Long, en tant qu'infiltré, doit tuer des innocents) la déchéance du genre en plus de sa dernière évolution marquante? Pour toutes ces raisons, les quelques reproches que je peux faire à A TOUTE ÉPREUVE sont pour moi tout à fait insignifiants, d'autant plus que ce que le film manque en souffle épique et en émotion, il le rattrape en spectacle, en divertissement, et en génie visuel quasi-orgasmique.

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A TOUTE ÉPREUVE
est le film d'action définitif. John Woo y fait preuve d'un génie visuel et d'une propension à innover sans jamais de faire concession qui n'a jamais été égalée par l'avenir. Avec TIME AND TIDE, A TOUTE ÉPREUVE s'impose comme le chant du cygne du polar hong-kongais et de l'heroic bloodshed, un genre qui, malgré toutes ses qualités, n'a réellement vécu que 6 ans au travers d'une figure importante : John Woo, qui est ensuite parti aux Etats-Unis ou sa carrière à été littéralement sabordée. Quel dommage, surtout quand on pense à tout ce que le cinéma hong-kongais avait à offrir : de l'inventivité artistique, de l'émotion, et de la générosité à foison. Ce cinéma est désormais fini, en dépit des efforts de réalisateurs comme Tsui Hark pour le ressusciter, et c'est bien dommage. Personne n'a jamais fait mieux que les hong-kongais dans les genres qu'ils ont investi par la suite, et si on a maintenant accès à bon nombre de leurs films, malgré cela, ce cinéma me manque. Dans tous les cas, A TOUTE ÉPREUVE est un indispensable, un film que tout cinéphile se devrait de voir et de posséder, une oeuvre majeure qui va révolutionner votre vision du cinéma d'action et qui va surtout vous exploser les rétines. Un plaisir sensoriel rarement surpassé. Un chef d'oeuvre.

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-ZE RING-

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14 juillet 2012

THE GREAT DICTATOR

Jaquette
RÉALISÉ PAR
|
CHARLIE CHAPLIN
.
ÉCRIT PAR | CHARLIE CHAPLIN.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | CHARLIE CHAPLIN ET MEREDITH WILSON.

CHARLIE CHAPLIN | Adenoid Hynkel / Le barbier juif.
JACK OAKIE | Benzino Napoléoni.
REGINALD GARDINER | Schultz.

Dans le ghetto juif, vit un petit barbier qui ressemble énormément à Adenoid Hynkel (Charlie Chaplin), le dictateur de Tomania qui a décidé l'extermination du peuple juif. Au cours d'une rafle, le barbier est arrêté en compagnie de Schultz (Reginald Gardiner), un farouche adversaire d'Hynkel.

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 Avant toute chose, il est nécessaire de rappeler le contexte dans lequel a été réalisé THE GREAT DICTATOR, de et avec Charlie Chaplin, et sorti en 1940.
L'acteur-réalisateur produit le film juste avant la Seconde Guerre Mondiale. THE GREAT DICTATOR se veut être une satire du régime nazi.
D'ailleurs, le gouvernement d'Hitler fera pression pour que Charlie Chaplin abandonne la réalisation.
Mais le cinéaste ira jusqu'au bout de ses intentions. Mieux encore, THE GREAT DICTATOR reste le plus gros succès de son auteur.
A l'époque, la Grande-Bretagne résiste encore et toujours aux assauts nazis et lutte au nom de la liberté et de la démocratie.
Avec THE GREAT DICTATOR, Charlie Chaplin dénonce les dangers du nazisme, un régime autoritaire et meurtrier, qui menace non seulement les juifs mais également l'Humanité.
Au niveau du casting, on retrouve évidemment Charlie Chaplin dans un double rôle, celui d'un barbier juif et celui d'Adenoid Hynkel, le dictateur de Tomanie.
Mais Charlie Chaplin joue également la carte de la confusion puisque son personnage du barbier, donc encore une fois, un juif, ressemble à s'y méprendre à Hynkel. Le propos du film est pour le moins engagé et terriblement insolent.
Viennent également s'ajouter Jack Oakie, Paulette Goddard, Reginald Gardiner, Henry Daniell, Billy Gilbert et Grace Hale.
Jack Oakie interprète un certain Benzino Napoléoni, le dictateur de Bactérie. Son nom est la contraction de Benito Mussolini et de Napoléon.
Vous l'avez donc compris. THE GREAT DICTATOR n'est pas qu'une critique des régimes nazis et de sa menace grandissante à travers l'Europe et le monde.
D'une façon générale, le film dénonce les dangers des dictatures et des idéologies prônant la haine, la guerre et la supériorité de la race.
La Croix Gammée, symbole du parti nazi, n'apparaît pas dans le film, mais est remplacée par une double croix.
Pour l'anecdote, THE GREAT DICTATOR est le tout premier film du cinéma à évoquer explicitement le mot "juif". Inutile alors de préciser que THE GREAT DICTATOR sera interdit en Allemagne jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
Le long-métrage ne sortira qu'en 1958. Même remarque pour l'Espagne qui projette le film en 1975 dans les salles.

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Autre anecdote : Charlie Chaplin et Adolf Hitler sont nés à quatre jours d'intervalle et deviendront les deux moustachus les plus importants du XXème siècle.
Que retenir de THE GREAT DICTATOR ? Difficile de répondre mais la fin du film, qui se conclut par le discours de Charlie Chaplin, est sans aucun doute le moment le plus important. "Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n'est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs…"
Vous l'avez donc compris : THE GREAT DICTATOR reste avant tout une oeuvre profondément humaniste. En vérité, Charlie Chaplin avait compris avant tout le monde le danger que representait le nazime pour le monde entier et pour l'Humanité.
Pour son réalisateur, THE GREAT DICTATOR marque également la rupture avec son personnage favori, donc, Charlot.
Il s'agit également du premier film parlant de Charlie Chaplin qui rompt avec le cinéma muet.

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Pourtant, sur la forme, THE GREAT DICTATOR ressemble beaucoup aux films muets de Chaplin. Plus que jamais, le réalisateur reste fidèle à son cinéma.
Charlie Chaplin s'approprie totalement le personnage de Hynkel, non seulement à travers des discours de haine et d'intolérance, mais également à travers une gestuelle travaillée, volontairement exagérée, le but étant de manipuler une foule sous le charme d'un dictateur zélé et moustachu.
Chaplin a donc parfaitement cerné la personnalité perverse, psychopathe et mégalomane de son dictateur. En même temps, le cinéaste s'en prend également à Napoléon et Benito Mussolini. Les dictateurs de notre monde moderne n'ont qu'à bien se tenir ! Mais pour en revenir à la séquence finale, Chaplin n'est plus le barbier juif ni Hynkel.
Chaplin devient juste lui-même le temps de quelques minutes pour signer un discours politiquement engagé. L'un des plus importants du XXème siècle et de toute l'histoire du cinéma. Immense film (et c'est peu de le dire) et une oeuvre magistrale.

SI VOUS AVEZ AIMÉ CE FILM, VOUS AIMEREZ...

  • LES TEMPS MODERNES de Charlie Chaplin.
  • LE KID de Charlie Chaplin.
  • LA RUÉE VERS L'OR de Charlie Chaplin.

-ALICE IN OLIVER-

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13 juin 2012

ROBOCOP

Jaquette
RÉALISÉ PAR | PAUL VERHOEVEN.
ÉCRIT PAR | EDWARD NEUMEIER ET MICHAEL MINER.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | BASIL POLEDOURIS.

PETER WELLER | Alex J. Murphy - RoboCop
NANCY ALLEN | Anne Lewis.
RONNY COX | Dick Jones.
KURTWOOD SMITH | Clarence Boddicker.

Dans un futur proche, les flics se font tuer un par un, dans la ville de Detroit. Murphy (Peter Weller) en fait partie et des scientifiques vont lui donner une seconde chance. Il va devenir RoboCop, mi homme, mi robot et flic indestructible. Mais il lui manque sa mémoire, qu'il va vite retrouver...

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Attention film culte ! J'ai nommé ROBOCOP, réalisé par Paul Verhoeven en 1987. Je dois également l'avouer : ROBOCOP fait partie de mes films préférés. C'est aussi le premier long-métrage américain de Paul Verhoeven, un cinéaste hollandais (très connu dans son pays), peu convaincu par le script au départ.
En même temps, comment ne pas sourire devant un tel titre et l'histoire d'un homme qui devient une machine ?
Pourtant, malgré les apparences, ROBOCOP est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît, les thématiques étant riches et variées.
Le thème central du film repose avant tout sur la quête de l'âme humaine. ROBOCOP est un personnage en perpétuel conflit identitaire.
Toutefois, le cyborg ne cessera d'évoluer tout au long du film.
D'une certaine façon, ROBOCOP ressemble beaucoup à la créature de Frankenstein, elle aussi en quête d'identité. ROBOCOP est à la fois une machine, un être humain, un produit de l'OCP et un programme, obéissant à des directives précises.

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ATTENTION, SPOILERS ! Alex J. Murphy est abattu sauvagement par une bande de voyous sous les yeux de sa collègue, Lewis (Nancy Allen).
Pour le cartel OCP, la mort de ce policier est une véritable aubaine.
En effet, la criminalité règne dans la ville de Détroit. Il est temps désormais d'éradiquer la violence par une nouvelle arme : RoboCop, un cyborg très puissant et quasiment invincible.
Le corps de Murphy est donc utilisé pour servir de plus grandes ambitions. L'ancien flic devient donc RoboCop. Mais il n'y a pas de résurrection sans crucifixion.
La mort de Murphy est insoutenable et rendue ultra violente par la caméra de Verhoeven. Cette séquence est destinée à poursuivre le spectateur tout au long du film.
De ce fait, RoboCop a une vraie dimension christique, le supplice de Murphy n'étant pas sans rappeler le martyr de Jésus-Christ sur la croix.
Lui aussi est de retour à la vie et apparaît alors comme un Jesus américain des temps modernes. Pour s'en convaincre, il suffit de voir comment Paul Verhoeven filme son androïde de service, ce dernier marchant quasiment sur l'eau lorsqu'il affronte quelques voyous dans une ancienne raffinerie.

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Le plus intéressant reste l'évolution psychologique du cyborg, ce dernier affirmant clairement son identité dans la dernière réplique du film :
"-Vous êtes un excellent tireur jeune homme. Vous vous appelez ?
-Murphy !"
Pourtant, le robot n'est pas au bout de ses peines. Dans un premier temps, des souvenirs de son passé humain reviennent à la surface via plusieurs cauchemars de son exécution sadique.
Par la suite, c'est son ancienne collègue (donc, Lewis) qui le rappelle à lui ("Murphy, c'est vous !"). Le cyborg finit par vérifier les archives de la police et tombe sur le casier judiciaire de ses anciens tortionnaires. Pire encore, il découvre que ses truands sont soutenus par le numéro 2 de l'OCP, un certain Dick Jones. RoboCop décide d'arrêter l'intéressé.
Encore une fois, RoboCop est atteint du syndrome de la créature de Frankenstein. Lui aussi se retourne contre son créateur mais se retrouve désactivé par une directive prioritaire.
En résumé, la machine ne peut se rebeller contre ses maîtres.

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Ensuite, le cyborg découvre aussi son passé humain, via une séquence tragique se déroulant dans l'ancienne demeure de Murphy.
Au-delà de ce personnage complexe et passionnant, Paul Verhoeven en profite pour égratigner l'Amérique des années Reagan, dénonçant un pouvoir corrompu et une société à la dérive.
Ce dernier point est renforcé par un humour noir omniprésent et des plus jouissifs (je renvoie aux courts intermèdes publicitaires).
Pour Verhoeven, c'est un moyen comme un autre de mettre en avant un capitalisme aveugle, à l'image de ED 209, une machine de guerre froide et impitoyable.
Bref, Paul Verhoeven signe un film de science fiction nihiliste, qui n'est pas si éloigné de notre réalité.

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Si vous avez aimé ce film, vous aimerez...

  • STARSHIP TROOPERS de Paul Verhoeven.
  • TOTAL RECALL de Paul Verhoeven.

-ALICE IN OLIVER-

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19 novembre 2011

THE KILLER

TK JAQ
RÉALISÉ PAR
|
JOHN WOO.
ÉCRIT PAR | JOHN WOO.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | LOWELL LO.

CHOW YUN-FAT | Jeff.
DANNY LEE | Li.
SALLY YEH | Jenny.
CHU KONG | Sydney.
KENNETH TSANG | Chung.
FUI-ON SHING | Eddie Weng.

Jeff (Chow Yun-Fat) est un tueur professionnel aguerri qui travaille en solo. Lors de l'éxécution d'un contrat, il blesse accidentellement aux yeux une jeune chanteuse, Jenny (Sally Yeh). Rongé par le remords, Jeff tente de se racheter. Il accepte d'éliminer un parrain des Triades afin de réunir la somme nécessaire à la transplantation dont Jenny à besoin.

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-CETTE CRITIQUE EST BASÉE SUR LA VERSION INTERNATIONALE D'1H40-

John Woo est connu mondialement pour la violence ultra-stylisée et la chorégraphie de la violence qui s'opèrent dans ses films. Cependant, la ou certains y voient de vulgaires films d'action stylisés à outrance, d'autres y voient des oeuvres certes spectaculaires et maniéristes, mais également bouleversantes, touchantes, et dont le style quelque peu excessif n'a que pour but de véhiculer des émotions très fortes... C'est ça THE KILLER, un polar culte qui ne vaut pas seulement par ses scènes d'action contrairement à ce que beaucoup voudraient faire croire. Pur remake du SAMOURAI de Melville, THE KILLER s'impose comme un des meilleurs polars de tous les temps ainsi que l'une des meilleures oeuvres de John Woo, une véritable tuerie intergalactique qui mérite bien quelques modestes explications!

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Soyons clair, il y un avant THE KILLER et un après THE KILLER. Avant ce film, il n'y a jamais eu rien de tel. L'arrivée de ce film à complètement révolutionné le cinéma d'action, et a engendré MATRIX tout comme il a mis Scorsese sur le cul (le film lui est d'ailleurs dédié) et a inspiré Quentin Tarantino... Ce n'est donc pas de nimporte quel film dont on parle, puisque tout comme Sergio Leone, John Woo à investi un genre pourtant maintes fois exploité auparavant (ici le polar) et l'a révolutionné en imposant son style à chaque instant. Car c'est de la que vient la révolution, c'est de la que viennent tous ces mecs qui tirent avec deux flingues dans les mains tout en sautant partout, c'est de la que viennent tous les ralentis tant utilisés dans les films d'action pendant toute une époque. Tout ça, John Woo l'a fait avant et mieux que tout le monde, faisant preuve d'une maitrise jamais égalée, et ce, aussi bien d'un point de vue technique que scénaristique (j'y reviendrai, promis!). Signant des plans somptueux et faisant preuve d'un sens du cadre incroyable, John Woo chorégraphie également ses fusillades avec un brio incroyable, toujours sous l'influence du genre qu'il préfère... La comédie musicale, et oui car malgré la violence de ses films, John Woo reste un grand admirateur de comédies musicales, composant donc le moindre de ses films de la même façon, expliquant la présence quasi-omniprésente de la musique et le montage du film, Woo montant les images de son film à partir de la musique et non la musique a partir des images.... Mais en soit peu importe, le résultat à l'écran est détonnant, ça blaste, ça fait exploser tout le décor, ça saigne et ça tire de partout mais dans les moments les plus paisibles, la symbiose entre les images et la musique vous donnera des frissons, la bande-son étant aussi belle que la photographie...

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Pourtant, si Woo laisse une grande place à l'action dans son film, ce sont les personnages qui en sont le point central. Reprenant le cultissime LE SAMOURAI mais le remixant à sa sauce, John Woo dresse le portrait de 4 personnages tous aussi touchants les uns que les autres, qu'il s'agisse de Jeff, tueur professionnel au noble code d'honneur et aux objectifs touchants, ou du flic Li, véritable justicier dans l'âme, John Woo prend ces personnages à la base simples, et les magnifie au travers de scènes d'une grande subtilité ou de dialogues certes naïfs et maladroits mais dont la bancalité est largement compensée par la puissance de l'interprétation. Chow Yun-Fat y fait en effet preuve d'un charisme exceptionnel mais livre également une de ses meilleures interprétations, tantôt subtil, tantôt émouvant, le bonhomme montre toute l'étendue de son talent, au même titre que Danny Lee ou de Chu Kong dont les magnifiques prestations donnent vie à des personnages bouleversants qui font face a d'autres personnages bien plus détestables. Manichéen, THE KILLER l'est assurémment, John Woo ne nuance jamais réellement son histoire mais le tout reste d'une grande efficacité, le manque de nuances dans l'histoire étant largement compensé par la puissance des personnages et de l'histoire...

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Qui plus est, ce manichéisme n'est finalement rien de plus que le résultat des obsessions de John Woo posées sur pélicule. Obsédé par l'amitié, la loyauté, la trahison, l'honneur et la rédemption. Thématiques centrales de THE KILLER, mais également du reste de la filmographie de John Woo, elles sont abordées ici de manière très explicite voire maladroite mais sont également le moteur d'émotions puissantes. En effet, l'un des points forts de THE KILLER est sa puissance émotionnelle incroyable. Bouleversant, THE KILLER l'est à bien des égards, mention spéciale à son final qui risque de vous assommer un bon coup et de vous laisser K.O, Woo enchaine les scènes poignantes tout comme il enchaine les fusillades cultes, et si THE KILLER est un grand film d'action, c'est également un sublime drame humain, et ce autant dans ses enjeux que dans son dénouement. THE KILLER est une oeuvre puissante émotionnellement, chose que les détracteurs de John Woo n'arrivent pas à voir, malheureusement pour eux... Dans toute cette tornade de sentiments et d'émotion fortes, John Woo parvient néanmoins à construire un scénario solide, parvenant à éviter avec brio toute forme de temps morts, malheureusement ce scénario est légèrement désavantagé par des dialogues assez mal écrits, mais en soit peu importe, le reste compense ce mineur défaut dans ce qui reste une oeuvre majeure du 7ème art.

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THE KILLER
est donc ni plus ni moins qu'un véritable chef d'oeuvre, un polar bouleversant animé par des personnages tous plus touchants les uns que les autres. John Woo s'impose pour la première fois avec ce film comme un véritable génie, maitrisant ses scènes d'action comme personne et faisant preuve d'un talent technique incroyable. Pour la première fois, le bonhomme impose réellement son style et révolutionne tout le cinéma d'action, exploit qu'il réitèrera 3 ans après avec le génial A TOUTE ÉPREUVE... La classe. THE KILLER est un des meilleurs films de John Woo, un véritable chef d'oeuvre qui n'a pas à rougir de la comparaison avec LE SAMOURAI, son modèle auquel il est d'ailleurs peut-être supérieur... Il s'agit donc d'un film à voir absolument, et très vite, qui permettra d'ailleurs peut-être à certains de s'initier à l'oeuvre fascinante bien qu'inégale de John Woo...

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-ZE RING-

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22 avril 2011

RING

RJAQUETTE

Un film réalisé par Hideo Nakata en 1998.
Ecrit par Hiroshi Takahashi à partir d'une nouvelle de Kôji Suzuki.
Avec Nanako Matsushima, Hiroyuki Sanada, Rikiya Ôtaka et Rie Ino'o.
"Musique" composée par Kenji Kawai.

Une cassette vidéo maudite tue au bout de sept jours tous ceux qui la visionnent, à moins qu'ils puissent résoudre le mystère qui l'entoure.

Ring à donné son nom à ce blog. Ze Ring, mon pseudo, est un mix de mon nom de famille et du nom du film. Il était donc grand temps que le film vienne faire une incursion sur mon blog, tant c'est film auquel j'attache beaucoup d'importance du au fait qu'il m'ait littéralement traumatisé. A l'époque, j'étais très jeune et le film m'avait vraiment terrifié, mais après revision il y a quelques temps, force est de constater que Ring est loin d'être le film le plus terrifiant qu'il m'ait été donné de voir... On a fait bien pire depuis (Notamment REC et Fragile de Balaguero ou encore tout simplement le tétanisant Dark Water d'Hideo Nakata.) mais il est important de constater aussi qu'en termes d'ambiances glaucques, dérangeantes, cradingues, en termes d'ambiance visuelle ou sonore, on a rarement fait mieux, que ce soit avant ou après la sortie du film... Et si effectivement Ring fournit rarement de peur pure et dure, c'est davantage par son ambiance que le chef d'oeuvre d'Hideo Nakata brille.

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Impossible de parler de cinéma d'horreur sans lacher le nom des deux plus grands films d'Hideo Nakata : le tordu et glaucque Ring et l'ultra-flippant Dark Water, tant les deux films ont relancé un genre depuis longtemps oublié : le yurei eiga, le film de fantômes japonais de manière pure et simple, caractérisé par des fantômes de sexe féminin, vêtu d'une longue robe blanche et dont la longue coiffure noire leur cache le visage, fantômes aussi caractérisés par leur antre, généralement un puits, genre aussi caractérisé par l'interêt qui est accordé au rapport entre le monde des vivants et le monde des morts. Pour Ring, toutes ses caractéristiques sont respectées, inutile que je vous fasse la description de Sadako tant le personnage est emblématique et représentatif du genre, Sadako, ce spectre vengeur psychopathe à la démarche irrégulière, inutile de parler plus d'elle tant tout à été dit à son sujet depuis la sortie du film, qui à engendré bon nombre de réactions chez les cinéphiles, car pour être clair, Ring est un film unique en son genre, s'il n'innove pas une seconde en regard du genre dans lequel il se classe, force est de constater que rarement on a vu un film aussi glaucque, tordu, dérangeant et désagréable à regarder... Contrairement à des films tout aussi glaucques comme Série noire d'Alain Corneau (oui je sais ça n'a rien à voir mais ça m'est nécessaire pour amener mon propos), Ring ne laisse aucune place à un humour, même noir, aucune place à l'espoir, non, pour ce qui est de Ring ce qu'on retrouve le plus c'est une image cradingue, des sons dérangeants (qui constituent la seule "musique" du film, Kenji Kawai, grand compositeur par ailleurs, s'étant refusé à composer aucune mélodie pour le film), et un spectre à la démarche dingue, pourtant il serait dommage de limiter l'oeuvre de Nakata à cela tant Ring est bien plus qu'un simple film pas beau.Hideo Nakata, lorsqu'il réalise Ring, ne prend aucun risque. Il fait un yurei eiga standard, reprenant un à un tous les codes du genre qu'il exploite, avec brio au passage mais j'y reivendrai, à commencer par le vilain fantôme pas beau en robe et à cheveux noirs, mais surtout sur le rapport entre le monde des vivants et le monde des morts, Ring est en cela divisé en deux parties : son début, et un morceau de la fin, se déroulent en ville, alors que l'autre partie du film se déroule à la campagne, dans des lieux plus reculés d'ou est originaire Sadako Yamamura. Le "moyen de transport" entre ces deux mondes est symbolisé par cette cassette maudite, conteneur d'images très inquiêtantes et énigmatiques et surtout de la malédiction d'un spectre pas gentil du tout, pourtant au-dela de ce sens, commun à tous les films du genre (en témoigne Dark Water d'Hideo Nakata ou le "moyen de transport" est ici l'eau.), Ring s'impose plus comme un film sur la dislocation de la famille, sujet qui semble obséder Nakata tant on le retrouve plus ou moins dans tous ces films (Dark Water en est le plus brillant exemple, et sans même avoir vu Kaosu, rien qu'à l'histoire (un type qui perd sa femme grosso modo) je peux me douter que ça s'en rapproche.), sujet ici représenté par la situation familiale des deux personnages principaux, qui sont divorcés mais aussi par la tension qui s'installe crescendo au fur et à mesure que le nombre de jours s'écoule dans le film jusqu'au point d'apothéose du film, par ailleurs Ring s'avère être un film intelligemment scénarisé et réalisé tant Nakata fait monter la tension crescendo pour finalement la faire redescendre cash et la faire remonter brutalement dans un twist final de folie, très inattendu et très bien amené, par ailleurs inutile de dire que Ring est un prodige d'écriture, et cela s'applique autant aux dialogues qu'a la construction du film, qui se fait très lentement, mais Ring est en même temps un film très immersif, soutenu par des acteurs très corrects et la prestation de Rie Ino'o, interprète silencieuse de Sadako Yamamura mais surtout par la réalisation à toute épreuve d'Hideo Nakata.

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Car non seulement Nakata semble connaitre ses classiques sur le bout des doigts (références nombreuses à Shining dans Dark Water, et ici nombreuses références au génialissime Poltergeist de Tobe Hooper, film d'horreur préféré de Kôji Suzuki, écrivain de la nouvelle originale, mais aussi à Terminator et à Chiens de paille) mais il installe également une ambiance glaucque, étouffante, désagréable et oppressante au possible avec une aisance déconcertante, le plus souvent en plan fixe et dans l'obscurité, Nakata livre un film sombre et clairement désagréable à regarder tant l'ambiance visuelle est volontairement moche, même chose pour la bande-son du film, Kenji Kawai livrant presque uniquement des sons aigus et des sifflements très désagréables à entendre. Tout est fait pour que Ring soit un film désagréable à regarder et encore plus désagréable à revoir, et même si ce n'était peut-être pas l'intention première, force est de constater que tous les effets réunis ici pour installer l'ambiance fonctionnent, d'ailleurs en parlant d'effets, ceux-ci sont très rares dans Ring, le film se basant plus sur la suggestion, alors aux amateurs de films d'horreur qui ne savent actuellement pas de quoi je parle, ne vous attendez juste pas à des effusions de sang de tous les côtés puisque s'il y a de la peur dans Ring, elle vient de vous, et de ce que vous imaginez... Par ailleurs, en parlant de peur, celle-ci est a peu près absente du film tant celui-ci repose davantage sur son ambiance, malgré tout il y a des quelques plans très surprenants qui risquent de vous faire bizarre, il en va de même pour les apparitions de Sadako toutes marquées par ce sifflement inoubliable que l'on doit à Kenji Kawai... Qui je le rappelle à composé les bandes-sons d'Avalon, Seven Swords et Dragon Tiger Gate, petite parenthèse juste comme ça mais quand un compositeur passe d'un coup de ses compos épiques habituelles à celles de Ring, ça ne veut dire qu'une chose : qu'il est très fort.

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Maintenant que peut-on reprocher à Ring si ce n'est cette vague de films asiatiques à fantômes chevelus vains et inutiles dont Ring 2 et Ring 0 font d'ailleurs partie... On sent très clairement qu'Hideo Nakata n'a pas eu d'autre choix que de réaliser Ring 2 et semble se foutre complètement du film qu'il réalise, par ailleurs, si les défauts de ce dernier ne se limitaient qu'a cela, ce ne serait pas si grave, mais Ring 2 et Ring 0 ont pour unique but de démystifier la figure emblématique qu'est Sadako, grosse connerie tant la peur que causent les fantômes vient du mystère qui les entoure, je ne parlerai pas des remakes, étant donné qu'ils ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable mais que j'ai trouvé celui du 1 très regardable, bon d'ailleurs une dernière chose, donner le visage de Linda Blair dans L'exorciste à Sadako Yamamura c'était genre LE truc à ne pas faire au cinéma, une preuve de plus de la faible qualité des suites du chef d'oeuvre qu'est Ring... Maintenant vous savez ce qu'il vous reste à faire... Vous avez 7 jours pour le voir avant que je sorte de votre écran d'ordinateur pour vous tuer avec mon oeil :-)

CRITIQUES A VENIR =

  • Dark Water d'Hideo Nakata, monument de flippe comme j'en ai rarement vu.
  • Solitaire de Greg McLean, un excellent film d'horreur australien par le réalisateur du génialissime Wolf Creek.

-ZE RING-

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25 août 2010

RESERVOIR DOGS

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Un film de Quentin Tarantino, réalisé en 1992.
Avec Harvey Keitel, Steve Buscemi, Michael Madsen, Laurence Tierney, Chris Penn et Tim Roth.

Après un hold-up raté, une bande de truands règle les comptes pour savoir lequel d'entre eux les à trahis.

Tous ceux qui ont vu Reservoir Dogs savent que ce film désormais culte est très loin de briller par son scénario mais plutôt par la façon dont celui-ci amené et dont Quentin Tarantino, dont c'est à l'époque le premier film, laisse planer un certain mystère sur l'histoire et ne révèle ses personnages, brillamment incarnés par de grands acteurs (Harvey Keitel, Michael Madsen entre autres, ainsi que Chris Penn, malheureusement décédé en 2006... RIP.) campant le rôle de voleurs professionnels portant chacun le nom d'une couleur, dont le plan tourne mal et règlent leurs comptes (et ce pendant presque tout le film) dans une seule et même pièce sur fond de musique des 70's. Grand film à dialogue (en effet, on parle de Tarantino à l'ancienne la, dans Reservoir Dogs, pas de bataille rangées entre 40 yakuzas et une blonde sanguinaire), dès les premiers moments, le spectateur sait à quoi il doit s'attendre : un film de gangsters classe, avec des acteurs géniaux et crédibles de bout en bout et surtout à 1 heure et demi particulièrement violente, et je peux vous assurer que sur ce dernier point, vous allez en avoir pour votre argent, car même si les scènes de violence ne sont pas légion dans le film, elles ont un impact très important. La violence, cependant, ne vient ici pas d'images absolument atroces et intenables mais du fait que les personnages sont décrits comme complètement humains et peuvent mourir en un clin d'œil, et ce style de violence continuera à être utilisé dans les films de Tarantino, alors que la plupart des films ont tendance à toujours les faire se comporter en héros avant leur mise à mort. Par ailleurs, Reservoir Dogs se fait dès le départ sa propre identité, identité que Pulp Fiction adoptera deux ans après, grâce à son montage atypique.

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Les gangsters les plus classes de la planète.

Si l'on pourrait reprocher à Reservoir Dogs quelques petits défauts tels que le fait que les personnages de Quentin Tarantino et Eddie Bunker soient sous-exploités (pour ne pas dire jamais, cela dit le choix de ne presque jamais les faire apparaitre est complètement justifié) ou son scenario simple bien qu'assez original dans son déroulement (puisque la plupart des films traitant du sujet parlent de la préparation du casse, ici, c'est tout à fait le contraire), il serait dommage de s'attarder sur les minces défauts de cette perle qu'est Reservoir Dogs. Reservoir Dogs, en plus d'inspirer le respect de par l'histoire de sa création (qui à été tumultueuse, mais sachez simplement que le film n'aurait jamais existé sans le grand Harvey Keitel), inspire davantage le respect de par la manière dont les choses se passent à l'écran. Bien que 90% du film soit constitué de dialogues complètement banaux et, sortis du film, terriblement chiant malgré quelques répliques cultes, des acteurs survoltés leurs donnent vie, notamment Harvey Keitel, dans le rôle d'un "honorable" se sentant obligé d'aider le personnage de Tim Roth, blessé tout le long du film et prenant le personnage de Michael Madsen, un psychopathe, comme responsable principal de l'échec du casse, alors qu'en réalité (SPOILER) le problème vient de Mr. Orange, flic infiltré et qui se rapprochera de Mr. White, notamment en apprenant son nom & son origine, et qui finira par se faire tuer par ce dernier lors d'un aveu final violent après qu'il ait pris sa défense en tuant tous les autres membres du gang, qui le soupçonnaient d'être la balance. (FIN DU SPOILER)

Avec Reservoir Dogs, Tarantino laisse également supposer à quoi ressembleront ses futurs films, puisque très régulièrement, l'action est interrompue par des flashbacks, qu'il réutilisera dans la quasi-totalité de ses autres films, en plus de flashforwards de manière plus occasionnelle. Cela permet de s'attarder sur les personnages principaux du film, d'en découvrir leur tempérament de manière plus précise et de découvrir leur personnalité, parfois difficile à cerner. Ou alors, ils permettent d'expliquer plus en détail une révélation qui vient d'être faite au spectateur, tout ça, dans le seul but d'immerger ce dernier dans l'action et de l'en faire ressortir qu'au lancement du générique de fin. En effet, le script de Reservoir Dogs est très bien foutu et les temps morts sont rares voire inexistants, sauf peut-être cette légèrement trop longue séquence d'explication sur les origines de Mr. Orange, pas inutile et tout aussi prenante que le reste du film mais qui a tendance à trainer trop longtemps pour arriver à sa conclusion (SPOILER) LES AMIS, NOUS SOMMES REVENUS AU POINT DE DÉPART (FIN DU SPOILER). Malgré ces quelques scènes qui tendent à trainer, cet infime défaut qui ne nuit pas tant que ça à l'immersion est rattrapé par le jeu des acteurs, le génie derrière la caméra et cette bande son 70's, relax, complètement décalée par rapport au film lui-même, puisque pour être clair, Reservoir Dogs, c'est 1h30 de "partage en couilles" hardcore.

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Un pur chef d'oeuvre donc, même si pour ma part c'est loin d'être le Tarantino que je préfère, mais une belle ébauche de son futur style si particulier qui fera en partie son succès. Un grand film, à voir au moins une fois (je dis au moins, mais depuis que je l'ai reçu hier, je l'ai maté 4 fois, cela dit vous faites ce que vous voulez hein), absolument culte. Par contre, je déconseille très fortement Reservoir Dogs le jeu, à peine digne en terme de qualité de l'adaptation des Dents de la mer. En même temps, je sais pas, mais quand je regarde le film, je vois mal ce qu'il y a d'adaptable à moins de changer tout le scenario... Ce qui fut le cas (jusqu'aux têtes des personnages!!).

-Ze Ring-

 

 

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