13 février 2013

A TOUTE ÉPREUVE

A toute épreuve
RÉALISÉ PAR | JOHN WOO.
ÉCRIT PAR | JOHN WOO ET BARRY WONG.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | MICHAEL GIBBS ET JAMES WONG.

CHOW YUN-FAT | Tequila Yuen.
TONY LEUNG CHIU-WAI | Long.
ANTHONY WONG CHAU-SANG | Johnny Wong.
PHILIP KWOK | Mad Dog.
TERESA MO | Teresa Chang.
PHILIP CHAN | Superintendant Pang.

Tequila Yuen, un flic tête brulée, jure de venger la mort de son partenaire et s'allie pour cela à un flic infiltré dans l'organisation du traffiquant d'armes Johnny Wong.

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En 1992, John Woo est dans une sale situation après l'échec radical de son plus gros film en date : UNE BALLE DANS LA TÊTE. Il décide alors de tourner un dernier film avant de s'exiler à Hollywood pour tourner l'affreux mais fun HARD TARGET avec Jean-Claude Van Damme. A la même époque, la rétrocession d'Hong Kong à la Chine se rapproche de plus en plus, et la situation criminelle empire radicalement : des fusillades ont lieu dans lesquelles des innocents sont tués. Enragé par la situation, John Woo, comme à son habitude, décide d'utiliser sa caméra comme catharsis et de balancer tout ce qu'il à a offrir dans un dernier film avant de tirer sa révérence et de partir vers des contrées artistiquement moins riches. Et si la suite lui donna clairement tort, puisque son escapade à Hollywood fut un désastre innomable, il faut être clair : on ne fait pas de meilleur cadeau de départ qu'A TOUTE ÉPREUVE, qui, sans égaler les incursions de Woo dans le film de guerre et dans le polar, THE KILLER et UNE BALLE DANS LA TÊTE, s'impose très rapidement ce qui devient en fin de film une évidence : c'est le film d'action ultime, l'actionner définitif et insurpassable, une oeuvre qui encore aujourd'hui continue d'influencer les plus grands, et à permis a John Woo d'ajouter à son palmarès pour la deuxième fois l'exploit d'avoir démodé tout ce qui se faisait ailleurs en matière d'action d'un coup.

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Aussi étonnant cela puisse t-il paraître, il n'y a en réalité rien de bien surprenant tant A TOUTE ÉPREUVE révplutionne d'un bout à l'autre les codes communément admis du film d'action. Faisant preuve d'une grâce visuelle dont il n'avait jamais fait preuve auparavant, John Woo signe non seulement son film le plus abouti en matière de mise en scène mais pousse aussi son style et son genre, -l'heroic bloodshed-, dans ses retranchements les plus incroyables. Si vous croyiez que LE SYNDICAT DU CRIME et THE KILLER étaient visuellement incroyables, alors sachez que vous n'avez encore rien vu, tant A TOUTE ÉPREUVE s'impose comme l'aboutissement ultime et définitif de toutes les expérimentations visuelles du grand John Woo. Celles-ci sont ici d'autant plus marquantes que Woo les pousse suffisamment loin pour qu'elles soient encore plus éloquentes que n'importe quel dialogue. Un plan suffit ici pour iconiser définitivement un personnage et s'inscrire à long terme dans la mémoire du spectateur, et la manière dont le maître filme ses personnages en dit long sur leurs personnalités et leurs motivations, en plus de magnifier leur charisme et leur présence chaque fois qu'ils apparaissent à l'écran. Racontant son histoire à l'aide de ses visuels, Woo fait aussi évoluer ceux-ci en les faisant sortir des codes esthétiques posés dans THE KILLER. Plutôt que de placer son film dans un contexte baroque, Woo mêle l'éxubérance de sa mise en scène à la violence, la froideur et le réalisme d'une cité en pleine décadence. Les décors y sont poisseux et crades, et lorsqu'ils ne le sont pas, ils sont froids et glauques... L'étonnant mélange entre les maniérismes magnifiques du maître et sa façon singulière de filmer Hong Kong crée une esthétique détonnante, tantôt presque naturaliste pour être à d'autres moments d'un insolite exemplaire, lorsque le film plonge dans des décors à la teinte bleutée déconcertante. A TOUTE ÉPREUVE à été pendant très longtemps le film le plus maîtrisé de John Woo, et pour cause, outre son esthétique, sa maîtrise se ressent également dans le scénario et, c'est une évidence, dans les fusillades.

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Impossible de ne pas parler de John Woo et encore moins d'A TOUTE ÉPREUVE sans parler des fusillades, car ne nous voilons pas la face, on ne regarde pas un film comme A TOUTE ÉPREUVE pour son scénario (même si celui-ci est très réussi, mais j'y reviendrai), mais parce que ça tire dans tous les sens... Ceux qui ne sont pas familiers avec le film vont être servis de ce point de vue, car non seulement ça tire dans tous les sens, mais en plus ça commence dans le feu de l'action et ça s'arrête jamais. John Woo enchaine ici les scènes d'action d'anthologie, qu'il s'agisse de cette fusillade incroyable dans une maison de thé ou la fusillade de 45 minutes dans un hopital, toutes sont filmées avec la même virtuosité, la même fluidité et la même exigeance... Outre son sens du cadre sidérant et sa capacité évidente à former des plans magnifiques, Woo se fait ici maître du montage, en faisant évoluer ses nombreux personnages au milieu de ses scènes d'action spectaculaires sur des plans différents en permanence sans jamais perdre le spectateur... Tout cela, il le doit à sa gestion de l'espace, très rarement surpassée, et à sa maîtrise du rythme. Chaque fusillade, chaque gunfight à son rythme propre et immerge le spectateur dans un véritable ballet de balles ou ça tire en permanence de tous les côtés sans jamais que cela soit too much : tout est parfaitement dosé, et mieux encore, Woo prend son spectateur à contrepied en amenant le climax de chaque scène la ou il n'attend pas, ainsi, si la mythique et culte glissade sur la rambarde de Chow Yun-Fat peut apparaître comme le sommet de la scène en question, il est en fait largement surpassé deux minutes après. Surprenant, A TOUTE ÉPREUVE l'est constamment, notamment grâce aux idées et délires visuels divers mais toujours inventifs et sublimes auxquels s'adonne le grand John pour notre plus grand plaisir de spectateur. D'ailleurs, d'un point de vue strictement sensoriel, A TOUTE ÉPREUVE apparaît comme l'un des films les mieux chorégraphés de tous les temps, et si les personnages se tirent mutuellement dessus à coups de pistolets plus gros qu'eux en faisant exploser la totalité de décors bel et bien modernes, impossible de ne pas penser au wu xia pian et au kung fu pian tant chaque plongeon, chaque saut de côté, chaque acrobatie mise en scène ici est la preuve de la grâce presque martiale du film.

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Cette grâce est toutefois constamment contrebalancée par la brutalité et la violence propre à John Woo, qui livre ici une oeuvre brute et profondément enragée. Si on connait tous le traitement ultra-stylisé de la violence propre à John Woo, on ne peut qu'être surpris lorsque celui-ci se met à descendre sans aucune concession des innocents dans une maison de thé ou à dégommer des infirmières à coups de mitraillette, et en cela, A TOUTE ÉPREUVE s'impose comme l'un des films les plus ultra-violents du maître... Si la plupart de ses précédents films s'échignaient à infliger la violence uniquement à ceux qui étaient profondément impliqués dans les histoires qu'il dépeignait, ici, personne n'est épargné, et si, derrière le meurtre brutal de nombreux innocents, il ne semble n'y avoir que de la vacuité, chaque plan est en fait le témoin direct de la rage envers le crime organisé et les Triades qu'animait alors John Woo. Assurémment subversif, A TOUTE ÉPREUVE est d'autant plus brutal qu'il tranche radicalement avec les autres films de John Woo dans la mesure ou le côté shakespearien et romancé qui en étaient la grande marque est ici presque totalement absent et laisse davantage la place à la démonstration pure et simple de toute la brutalité d'une époque... Pour autant, ce qui demeure le plus intéréssant ici c'est la manière dont Woo dépeint et stylise la violence avec beauté et exubérance. Il est juste de parler pour ce film de chorégraphie de la violence, tant chaque tir et chaque mort est "sublimé" a grands coups de ralentis et de jeux de montage, sans pour autant perdre leurs dimensions profondément viscérales et leur violence. Celle-ci à d'ailleurs un rôle très important dans le film dans la mesure ou c'est constamment à travers les scènes d'action que les personnages évoluent en même temps que l'histoire. Les épreuves physiques qu'endurent les personnages poussent en permanence le film vers l'avant, jusqu'a un climax ou tous reviennent soit profondément changés soit ne reviennent pas du tout.

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Et c'est bel et bien en ce sens qu'A TOUTE ÉPREUVE est une baffe technique et visuelle. John Woo y renouvelle tellement bien les codes du genre qu'il investit et pousse sa mise en scène tellement loin qu'il est capable de supplanter presque tous les moyens de narration classique, -a savoir la grande majorité des dialogues-, par des scènes visuellement spectaculaires, mais aussi par conséquent de livrer une oeuvre plus mature. Le fort de John Woo n'est pas les dialogues, et ceux-ci, dans certaines de ses précédentes oeuvres, sont parfois assez naïfs et à la limite de la niaiserie. Ce n'est aucunement le cas ici, dans l'image prend le pas sur la parole, parfois au risque de prendre le pas sur l'histoire et le scénario... Et malheureusement, c'est bien ce qui arrive, car si A TOUTE ÉPREUVE est bel et bien une baffe absolue, il peine à se hisser au niveau des monuments inégalables que sont THE KILLER et UNE BALLE DANS LA TÊTE, notamment parce que le film est hélas loin d'être aussi abouti scénaristiquement qu'il ne l'est visuellement. Si on ne reprochera pas au film la simplicité de son scénario, qui est suffisamment efficace pour qu'on oublie ses tares, il est difficile de ne pas en venir à reprocher au film son manque de véritable souffle épique et sa sécheresse émotionnelle... C'est dommage, mais dans le même temps, Woo signe un film d'une complexité rare, en abordant avec classe et virtuosité des sujets aussi complexes que la double identité et amenant avec plus de maturité les amitiés viriles à la Chang Cheh qui lui sont si chères. Pourtant, malgré ces qualités objectives évidentes, la déçeption à ce niveau est bien là : A TOUTE ÉPREUVE n'agit bel et bien pas comme une baffe émotionnelle, et ce, en dépit des acteurs, qui font un travail incroyable sur leurs personnages en plus de faire preuve d'un charisme rarement égalé (Chow Yun-Fat vole la vedette, comme d'habitude, Tony Leung est sidérant, quand à Anthony Wong et Philip Kwok, ils composent deux badass mother fuckers d'anthologie comme on les aime). Le film n'est jamais touchant d'une quelconque façon, et c'est bien dommage.

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Pourtant, peut-on décemment reprocher à un grand réalisateur d'évoluer comme il le devrait? UNE BALLE DANS LA TÊTE était lui-même bien moins romancé que LE SYNDICAT DU CRIME et THE KILLER, et, en ce sens, on peut bel et bien voir une évolution logique et inévitable au sein de l'oeuvre de Woo avec A TOUTE ÉPREUVE. Il semble en plus clair que l'ambition de ce dernier avec ce film n'était pas de toucher à l'émotion, mais plutôt de déchainer sa rage dans un monument visuel filmique, de donner tout son génie au genre qu'il avait fondé avant de passer définitivement à autre chose, Woo n'étant jamais revenu à l'heroic bloodshed. A TOUTE ÉPREUVE est d'ailleurs l'un des derniers films du genre, et paradoxalement, c'est la dernière grande évolution que celui-ci ait vécu... Et, en quelque sorte, ne peut-on pas voir dans ce film un véritable chant du cygne du genre? Ne peut-on pas voir dans ces figures qui n'ont d'héroïque que leurs ambitions (Tequila est l'équivalent chinois de l'inspecteur Harry et Long, en tant qu'infiltré, doit tuer des innocents) la déchéance du genre en plus de sa dernière évolution marquante? Pour toutes ces raisons, les quelques reproches que je peux faire à A TOUTE ÉPREUVE sont pour moi tout à fait insignifiants, d'autant plus que ce que le film manque en souffle épique et en émotion, il le rattrape en spectacle, en divertissement, et en génie visuel quasi-orgasmique.

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A TOUTE ÉPREUVE
est le film d'action définitif. John Woo y fait preuve d'un génie visuel et d'une propension à innover sans jamais de faire concession qui n'a jamais été égalée par l'avenir. Avec TIME AND TIDE, A TOUTE ÉPREUVE s'impose comme le chant du cygne du polar hong-kongais et de l'heroic bloodshed, un genre qui, malgré toutes ses qualités, n'a réellement vécu que 6 ans au travers d'une figure importante : John Woo, qui est ensuite parti aux Etats-Unis ou sa carrière à été littéralement sabordée. Quel dommage, surtout quand on pense à tout ce que le cinéma hong-kongais avait à offrir : de l'inventivité artistique, de l'émotion, et de la générosité à foison. Ce cinéma est désormais fini, en dépit des efforts de réalisateurs comme Tsui Hark pour le ressusciter, et c'est bien dommage. Personne n'a jamais fait mieux que les hong-kongais dans les genres qu'ils ont investi par la suite, et si on a maintenant accès à bon nombre de leurs films, malgré cela, ce cinéma me manque. Dans tous les cas, A TOUTE ÉPREUVE est un indispensable, un film que tout cinéphile se devrait de voir et de posséder, une oeuvre majeure qui va révolutionner votre vision du cinéma d'action et qui va surtout vous exploser les rétines. Un plaisir sensoriel rarement surpassé. Un chef d'oeuvre.

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10 février 2013

UNE BALLE DANS LA TÊTE

Jaquette
RÉALISÉ PAR
|
JOHN WOO
.
ÉCRIT PAR | JOHN WOO, PATRICK LEUNG ET JANET CHUN.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | JAMES WONG ET ROMEO DIAZ.

TONY LEUNG CHIU WAI | Bee.
JACKIE CHEUNG | Fai.
WAISE LEE | Wing.
SIMON YAM | Lok.
FENNIE YUEN | Jane.
YOLINDA YAM | Yan Sau Ching.

En 1967, trois amis d'enfance fuient Hong Kong après avoir tué involontairement un chef de gang et tentent de faire leur fortune au Viet-Nam.

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Ca fait un bout de temps que je veux réécrire certaines de mes chroniques. En l'occurence, il m'a toujours semblé que John Woo a sur ce site toujours souffert d'une grande injustice : ses oeuvres sont reléguées au second plan, celles-ci ayant été chroniquées dès la création du blog, et surtout, les articles qui leurs sont destinés manquent clairement de maturité et d'analyse cinématographique. Ce n'est pourtant pas faute de vénérer littéralement le bonhomme, qui est ni plus ni moins que mon deuxième réalisateur hongkongais préféré, juste derrière Tsui Hark, et ceux qui connaissent ma passion immodérée pour le cinéma hong-kongais des années 80 et 90 savent ce que cela signifie. John Woo est un très grand réalisateur, et les grands réalisateurs méritent des critiques toutes aussi géniales. Et si je ne pense pas être un critique génial, je vais néanmoins tenter de vous donner envie de jeter un coup d'oeil a un film bien injustement ignoré : UNE BALLE DANS LA TÊTE, chef d'oeuvre maudit et injustement mal aimé de John Woo... Mais aussi son plus grand film. Un film que je regarde en boucle depuis que j'ai 9 ans et qui, même maintenant, se range haut la main dans mes 10 "all time favourites".

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Un peu d'histoire pour commencer. En 1986, John Woo s'est heurté à plusieurs reprises, déjà, à la rigidité de l'industrie cinématographique hong-kongaise de l'époque. Il est coincé dans un schéma artistique qui ne lui plait pas, puisqu'en tant que réalisateur pour la Golden Harvest, il est contraint de réaliser de nombreuses comédies dans lequel il ne parvient pas à imposer son style, ainsi qu'un film de guerre, LES LARMES D'UN HÉROS, dans lequel il balance toutes ses frustrations de l'époque, elles-mêmes atténuées par les studios, qui imposent à un autre réalisateur d'ajouter au film des scènes de sexe inutiles et des passages comiques d'un faible niveau. A cette époque, la créativité de John Woo est au plus bas, mais c'est à la même époque qu'il rencontre Tsui Hark, qui est au même point : de tous les films qu'il à fait, malgré leur qualité, tous ont méchamment bidé. Hark prend néanmoins John Woo sous son aile, dans son studio, le FILM WORKSHOP, ou il réalise LE SYNDICAT DU CRIME, film fondateur de l'heroic bloodshed qui va a lui seul révolutionner et rendre célèbre d'un point de vue international le cinéma hong-kongais. Les deux grands fous que sont Woo et Hark continuent leur collaboration, jusqu'a ce que Woo arrive un jour avec l'idée à la base d'UNE BALLE DANS LA TÊTE... Tsui Hark lui pique comme un malpropre, et avec cette dernière, réalise LE SYNDICAT DU CRIME 3. John Woo coupe tout lien et interrompt sa collaboration avec Tsui Hark, mais son envie de réaliser UNE BALLE DANS LA TÊTE et son ambition est plus grande que jamais. Après les succès du SYNDICAT DU CRIME 1 & 2, John Woo a le champ libre pour faire ce qu'il veut. Il met donc au point un projet colossal : un film de 3 heures sur la guerre du Viet-Nam, comportant également un aspect très personnel pour John Woo, puisqu'il y aborde son enfance difficile à Hong Kong et la misère qui y régnait à cette époque. Tout laisse alors présager un chef d'oeuvre, jusqu'aux premières projections du film... C'est un échec MONUMENTAL.

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La raison est simple : UNE BALLE DANS LA TÊTE aborde de manière très frontale la violence des manifestations pour la paix au Viet-Nam, et celles-ci ne sont pas sans évoquer, pour le public hong-kongais, les massacres de la place Tian'anmen, survenus un an avant la sortie du film. Le film est un énorme échec, et John Woo est contraint de remonter son film... Avec l'aide improbable de 12 monteurs, il raccourcit son film d'une heure, mais le remontage est une catastrophe et la version originale part aussitôt a la poubelle. On ne la verra donc malheureusement jamais, et nous devrons donc nous contenter de la version de 2 heures actuellement disponible en DVD (le DVD n'est d'ailleurs pas très beau, mais c'est sans doute plus un problème de copie qu'autre chose... Les hong-kongais et la conservation des films, ça n'a jamais fait bon ménage.). Le résultat est un chef d'oeuvre raté. Un film qui aurait pu être bien mieux, et qui est bourré de failles : des passages manquent, des faux raccords s'y trouvent (c'est inévitable quand on découpe un film comme ça)... Tout chef d'oeuvre raté qu'il est, UNE BALLE DANS LA TÊTE reste néanmoins un vrai chef d'oeuvre, un film dont l'ampleur n'est même pas étouffée par son remontage, dont la puissance émotionnelle est toujours intacte et qui témoigne d'une maîtrise formelle que peu de réalisateurs peuvent prétendre avoir. N'écoutez pas la majorité : aussi magnifique soit-il, THE KILLER, souvent considéré comme le chef d'oeuvre de John Woo, se fait exploser sur place par UNE BALLE DANS LA TÊTE, un grand film, qui, malgré sa production difficile, se range haut la main au côté des chefs d'oeuvres du film de guerre comme APOCALYPSE NOW, CROSS OF IRON ou THE DEER HUNTER.

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UNE BALLE DANS LA TÊTE
est d'ailleurs à bien des égards un remake à peine déguisé de ce dernier. Seulement, la ou Michael Cimino abordait la guerre de manière très intimiste, et proposait une étude psychologique poussée de ses personnages, John Woo préfère livrer une oeuvre épique et très shakespearienne, s'inspirant autant d'HAMLET que des oeuvres épiques de Sam Peckinpah et de Chang Cheh. Ainsi, John Woo tranche ici clairement avec la subtilité inhérente aux grands films du genre en proposant un regard baroque, parfois même excessif sur la guerre du Viet-Nam et sur l'influence de cette dernière sur les rapports humains. Dans THE KILLER et LE SYNDICAT DU CRIME, Woo proposait un regard très romancé sur l'amitié et la loyauté, que même la violence et la mort ne pouvaient pas briser, mais dans UNE BALLE DANS LA TÊTE, il démolit littéralement l'amitié et va donc la ou on ne l'attend pas. Partant d'un récit d'amitié extrêmement romancé, John Woo brise ensuite toutes les illusions naïves d'un coup pour confronter ses personnages à la dureté de la réalité et de la vie. Le monde est en plein chaos, et c'est une période de trouble social pour tout le monde, et Woo n'hésite pas à le montrer frontalement et sans concession... Ceux qui le pensaient naïf et niais seront ici surpris tant UNE BALLE DANS LA TÊTE transpire la noirceur, le nihilisme, mais c'est aussi un film qui brille par le réalisme de son fond. Si la forme est baroque, folle et excessive à souhait, le fond, lui, reflète avec force l'horreur et la violence humaine ainsi que le chaos social qui secoue nos sociétés depuis des siècles, le même chaos dans lequel les personnages principaux du film évoluent constamment, dont ils sont autant les victimes que les acteurs, et qui finissent inévitablement par être influencé par le manque de société convenable qui les entoure... Les séquelles sont physiques et morales, mais aucun ne revient le même des épreuves présentées ici, même les personnages les plus forts et les plus préparés à ce qui les attend.

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N'épargnant rien à ses personnages, UNE BALLE DANS LA TÊTE se présente dès le départ comme une expérience viscérale mais surtout comme une baffe émotionnelle d'une rare intensité. Outre la violence et la noirceur de son propos, le film s'impose comme une oeuvre véritablement bouleversante de par son aspect très shakespearien. L'amitié étant ici la valeur fondamentale et primordiale, la seule supposée résister aux atrocités de la guerre et de la violence, le film s'avère être extrêmement émouvant lorsque la trahison s'impose comme la seule capable de survivre et de dominer. Outre la noirceur du propos, UNE BALLE DANS LA TÊTE doit sa puissance émotionnelle à la maîtrise incroyable de John Woo de ses personnages. Ceux-ci peuvent sembler caricaturaux, pourtant, leur portrait est toujours très subtil, cohérent et intelligent. John Woo restant John Woo, néanmoins, impossible de ne pas voir dans les personnages du film des incarnations modernes de véritables paladins ou de chevaliers de wu xia pian, et cela contribue à les rendre tous doublement attachants. Mais ce sont surtout les relations qu'ils entretiennent entre eux qui constituent le coeur émotionnel de l'oeuvre. En effet, tous les personnages sont représentatifs de "l'amitié virile" présenté dans les wu xia pian épiques de l'illustre Chang Cheh, c'est-à-dire que leurs rapports s'apparentent presque à des relations ouvertement homosexuelles, la distinction entre le compagnon d'armes et le compagnon tout court étant, comme d'habitude chez John Woo, extrêmement floue. Une fois de plus, on pourrait facilement voir de la niaiserie et de la naïveté derrière une telle démarche mais en réalité elle témoigne davantage d'une volonté d'amplifier l'épique et le baroque de chaque situation. Toujours est-il que cette dimension quasi-homosexuelle est ici fortement contrebalancée par le personnage de Wing, dont l'évolution dramatique et nihiliste, à défaut d'être subtile, est bien amenée et est surtout déchirante pour le spectateur comme pour les autres personnages. En faisant du pétage de plomb inévitable de ce personnage déséquilibré l'élément central de tension, Woo place d'office son film sous le joug de la fatalité, une fatalité, qui, lors de sa concrétisation physique, risque de vous envoyer une des baffes morales et émotionnelles les plus mémorables que vous vous soyez pris devant un film.

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En effet, à l'aune de sa conclusion (voire avant), UNE BALLE DANS LA TÊTE risque bien de vous bouleverser ou en tout cas de vous marquer durablement, mais cela, le film ne le doit pas uniquement à sa force émotionnelle. Celui-ci ne serait pas le même sans la maîtrise de John Woo, qui signe ici un de ses films les mieux mis en scène. Moins baroque et moins maniériste dans la forme que THE KILLER, UNE BALLE DANS LA TÊTE reste une oeuvre très stylisée qui doit beaucoup à la mise en scène monumentale du maître... Outre les innovations visuelles qu'on lui connait déjà (et qui trouvent leurs plus grands aboutissements dans le monumental A TOUTE ÉPREUVE), Woo se montre ici tout à fait capable de calmer ses ardeurs pour livrer une oeuvre moins folle, moins inventive, et donc, moins marquante visuellement, mais aussi plus crue, plus dure et surtout plus forte dans son traitement de la violence. Que ce soit dit, UNE BALLE DANS LA TÊTE est l'une des oeuvres les plus violentes qu'il m'ait été donné de voir, non pas parce qu'il est visuellement ultra-violent, mais avant tout parce qu'au travers de sa mise en scène, Woo balance des morceaux de violence morale dans la gueule du spectateur avec une force rare et une absence totale de concession et de limites... La scène du camp de prisonniers en témoigne bien. Véritable écho de THE DEER HUNTER, elle défonce littéralement son modèle au niveau de la violence morale, et torture autant ses personnages que son spectateur... La mise en scène de Woo finit de faire d'UNE BALLE DANS LA TÊTE une oeuvre profondément hystérique, capturant avec pêche et puissance la folie de l'époque qu'il représente et offrant un spectacle formel d'un excellent niveau : la photographie est somptueuse, la reconstitution historique incroyable, et la façon dont Woo oppose la façon presque naturaliste avec laquelle il filme Hong Kong avec le baroque et l'excès du Viet-Nam inspire clairement le respect. Qui plus est, on retrouve une fois de plus la maîtrise incomparable qu'a John Woo de la musique... Omniprésente, celle-ci est utilisée comme dans un opéra pour marquer avec force les émotions, rythmer l'émotion et la graduer. La cohésion entre la bande-son et l'image est ici presque parfaite, d'autant plus qu'elle est composée par le meilleur compositeur hong-kongais : le grand James Wong, dont je ne peux dire que du bien.

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Au-delà de ça, c'est également à la maîtrise visuelle du grand John que revient le mérite du charisme de ses personnages... D'office, dès le premier plan ou les personnages sont comme gravés dans la roche, ceux-ci apparaissent comme des icônes, représentant en une image toutes les valeurs qu'ils incarnent. L'amitié, la loyauté, la famille, la trahison sont autant de valeurs chères à John Woo (et l'obsédant, pour être honnête) qui sont représentées de manière presque explicite par chaque personnage. Mais surtout, chaque personnage fait preuve d'un charisme visuel incroyable, qui est dû autant à la maestria visuelle de John Woo qu'aux acteurs qui animent avec brio les protagonistes du film. S'il semble clair que Tony Leung Chiu-Wai livre, comme à son habitude, une très grande prestation et anime avec grâce le rôle principal, il ne faudrait pas oublier Jackie Cheung et Waise Lee, acteurs la plupart du temps relégués aux seconds couteaux, qui trouvent ici tous deux leurs meilleurs rôles et s'investissent à fond dans des performances irréprochables au potentiel émotionnel viscéral. Mais c'est surtout Simon Yam qui vole la vedette ici, dans le rôle de Lok, tueur à gages profondément héroïque qui n'est pas sans évoquer le protagoniste principal de THE KILLER... Celui-ci vole complètement le show de par la classe, le charisme et la puissance de sa performance, mais en somme, tous brillent ici pour les mêmes raisons, et si UNE BALLE DANS LA TÊTE est un "film d'hommes", il ne faudrait également pas oublier que Fennie Yuen et Yolinda Yam, deux des plus belles actrices hong-kongaises, irradient l'écran de par leur charme et leur beauté. Tous donnent vie avec brio à ce qui est probablement le film le mieux écrit de John Woo : on y retrouve le même souffle épique et la même force viscérale, mais en même temps, les dialogues parfois ratés des précédents opus Wooiens sont ici complètement évités et on se retrouve donc face à un film qui évite donc constamment la naïveté ou la niaiserie pour balancer des grosses baffes dans la gueule du spectateur.

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UNE BALLE DANS LA TÊTE
est un chef d'oeuvre raté, c'est un fait. Impossible de ne pas se dire, à la vision du film, que ça aurait pu être encore mille fois mieux. Mais en l'état, combien de films arrivent-ils à être aussi bouleversants et aussi viscéraux? Car soyons clair, UNE BALLE DANS LA TÊTE est le film de guerre ultime. C'est une oeuvre qui transcende complètement les attentes et assène sans aucune concession, limite ou retenue de gros uppercuts moraux dans la baffe du spectateur, démuni face à tant de chaos, d'hystérie, de folie et de violence si magnifiquement représentés à l'écran par la caméra d'un maître au sommet de son art. John Woo n'a jamais fait mieux, et ne fera jamais mieux. La raison est simple : UNE BALLE DANS LA TÊTE est une oeuvre universelle, qui parlera à tout le monde et qui décrit un chaos social plus actuel que jamais, et qui, par conséquent, s'inscrit et reste inévitablement dans la mémoire de ceux qui ont la chance de l'avoir vu. C'est un chef d'oeuvre raté, oui, mais c'est aussi un chef d'oeuvre tout court, et à défaut d'atteindre le degré de puissance qu'il aurait pu avoir, UNE BALLE DANS LA TÊTE enterre néanmoins la très grande majorité des films. C'est une des oeuvres les plus viscérales et les plus bouleversantes jamais créées, et aussi maudit soit-il, UNE BALLE DANS LA TÊTE reste l'un des meilleurs films tournés à Hong Kong, et à titre personnel, un des meilleurs films au monde.

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28 avril 2012

TIME AND TIDE

Jaquette
RÉALISÉ PAR
|
TSUI HARK
.

ÉCRIT PAR | TSUI HARK ET KOAN HUI.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | JUN KUNG ET TOMMY KAI.

NICHOLAS TSE | Tyler.
WU BAI | Jack.
CANDY LO | Hui.
CATHY TSUI | Jo.
ANTHONY WONG | Oncle Ji.
JUN KUNG | Miguel.

A Hong Kong, la brève rencontre entre Tyler (Nicholas Tse), un jeune homme habitué aux dangers de la rue, et Hui (Candy Lo), une femme policier infiltrée, ne sera pas sans conséquence : celle-ci tombe enceinte. Afin de gagner de l'argent rapidement, Tyler devient garde du corps.

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Nombreux sont les cinéastes hong-kongais a avoir quitté Hong Kong dans les années 90, par craindre de perdre leur liberté artistique suite à la rétrocession. C'est notamment le cas de John Woo, Ringo Lam mais aussi de Tsui Hark, tous trois attirés vers Hollywood par Jean-Claude Van Damme. La-bas, dans des conditions de tournage bien pourries, Tsui Hark tourna les très nuls (mais aussi très bien foutus, de toutes façons Tsui Hark même quand il fait nimporte quoi, il pète à mille coudées au-dessus de tout le monde.) DOUBLE TEAM et PIEGE A HONG KONG. A la suite de ces deux échecs artistiques évidents, Tsui Hark revient à Hong Kong pour tourner TIME AND TIDE... Et que dire, si ce n'est que TIME AND TIDE marque le come back du maître avec brio? Toutefois, il marque aussi ses premières grosses difficultés, devant amputer son film de près de 50 minutes pour des besoins commerciaux... Et si TIME AND TIDE demeure un grand film, le manque de liberté artistique de Tsui Hark (qui se ressentira toujours a partir de ce film la) s'en ressent légèrement... Explications.

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Une telle coupe se ressent forcément, d'autant plus que l'ambition de Tsui Hark est à la mesure de son talent visuel et technique. Par conséquent, TIME AND TIDE comporte de nombreuses failles narratives : il y a de toute évidence des bouts qui manquent, certaines choses sont pas très claires voire incompréhensibles, toutefois, dans sa construction, l'oeuvre de Hark reste irréprochable, construisant méticuleusement la situation épineuse dans laquelle vont s'entremêler les destins de deux personnages dans une première partie magnifique. Cette construction conduit doucement mais surement vers une deuxième partie explosive ou le rythme s'envole littéralement et ne semble plus jamais s'arrêter. TIME AND TIDE est, selon Christophe Gans, "un film maelström qui vous emporte corps et bien et ne rend pas votre dépouille" et on ne saurait mieux le définir, Hark peignant de manière si précise le portrait de ses deux personnages principaux dans la première partie que la deuxième partie en devient on ne peut plus viscérale. Qui plus est, si effectivement il manque des choses, Hark parvient heureusement à gérer habilement son rythme pour le rendre, j'ai envie de dire, "consommable" facilement par le spectateur. Personnellement, un tel exploit m'inspire le respect, être forcé à couper son film de 50 minutes mais réussir à éviter tous les défauts évitables pour ne garder que ce qui est inévitable (les failles narratives suscitées), c'est tout simplement la classe. Finalement, à la vision de TIME AND TIDE, si le spectateur sera sans doute un peu confus face à certaines choses, le film ne semble pas souffrir de cette coupe importante.

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Et tant mieux, vraiment, car par conséquent, le spectateur peut se livrer entièrement aux délires visuels de Tsui Hark, on ne peut plus maniéristes une fois de plus, mais c'est indéniablement au travers de maniérismes visuels que le génie d'Hark éclate. En effet, avec THE BLADE, TIME AND TIDE est très certainement l'oeuvre la mieux mise en scène du maître. A travers son visuel, Hark transcende littéralement (tout comme dans THE BLADE) le genre qu'il exploite, démontant littéralement les codes visuels établis du polar HK, et ce, sans pour autant détourner les codes narratifs de ce dernier. Ainsi, si TIME AND TIDE peut sembler assez convenu d'un point de vue strictement scénaristique, on ne saurait en dire autant de son visuel, la mise en scène d'Hark étant d'une viscéralité et d'une fluidité sans précédent, mais également d'une originalité incroyable. Ce bon Tsui enchaine les plans insolites et ses idées visuelles, dans lesquelles se glissent des hommages évidents à son vieux pote John Woo, relèvent toute du génie. C'est simple, on s'en prend plein la tronche, en particulier lors des scènes d'action, ou le génie de Tsui Hark s'avère d'autant plus brillant qu'il se trouve véritablement dans son élément. Par conséquent, une fois de plus, Hark s'amuse, au travers d'une gestion du temps et de l'espace sans aucun égal, à semer le chaos à l'écran sans pour autant que les choses deviennnent illisibles : au contraire, tout comme dans THE BLADE, le chaos est ici pensé avec minutie et précision et impossible de se perdre dans les scènes d'action complexes du film mais aussi d'un réalisme palpable, merci à un montage virtuose qui n'oublie jamais aucun des personnages, pourtant assez nombreux.

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Plus accessible que son ainé THE BLADE, qui allait jusqu'a véritablement attaquer les sens du spectateur, TIME AND TIDE est très certainement le film le plus accessible de Tsui Hark, et donc par conséquent, le meilleur pour s'attaquer à la filmographie singulière du monsieur. En effet, TIME AND TIDE suinte a chaque instant le génie visuel de son réalisateur mais ne s'avère pas aussi perturbant et déconcertant que d'autres oeuvres du monsieur, ou les codes narratifs sont détruits sans aucune pitié et ou tout s'enchaine avec un mélange des genres qui, pour les "néophytes", pourraient s'avérer perturbant. Toutefois, pour ceux plus habitués au style sans concession du réalisateur, il serait également dommage de prendre cela comme un défaut : en effet, TIME AND TIDE est bien moins fou sur le plan scénaristique que les oeuvres précédentes du réalisateur, mais demeure une réussite de ce point de vue également, dans la mesure ou les choses s'enchainent sans temps morts, avec des rebondissements tous plus intéréssants les uns que les autres, qui plus est, que vaut l'absence de folie scénaristique face à tant de génie et d'audace visuelle? Qui plus est, si le film est effectivement bien moins fou qu'un ENFER DES ARMES, il demeure très bien écrit et ne présente aucun temps mort. Pourtant, il aurait été facile de tomber dans le consensuel et le lourdaud dans le traitement de la romance entre Nicholas Tse et Candy Lo, mais pas avec Tsui Hark qui traite cet aspect du film de manière réaliste et subtile. Rien de bien étonnant ceci dit dans la mesure ou ce dernier a toujours construit ses films autour de femmes, TIME AND TIDE ne fait pas exception. A vrai dire, TIME AND TIDE va encore plus loin puisque son histoire ne se construit non pas autour d'une femme mais autour de deux, évoluant dans la même situation de façon différente et prenant petit à petit une importance plus grande que les hommes visibles à l'écran. Hark prend donc a contre-pied l'aspect "amitié virile" imposé dans le polar HK par les oeuvres de John Woo (les mythiques THE KILLER et A TOUTE ÉPREUVE), avec brio, en plus... Le tout s'avère bien évidemment brillament interprété, notamment par Nicholas Tse qui livre ici la performance de sa vie mais surtout par le brillant Anthony Wong, qui vole littéralement la vedette a chaque apparition.

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TIME AND TIDE
est donc un grand film. Ne souffrant pas de ses quelques failles narratives, il bénéficie d'un soin visuel incroyable et s'avère être une oeuvre viscérale et renversante... Un des meilleurs films de Tsui Hark, assurémment, et ce malgré les difficultés que ce dernier à rencontré lors de sa réalisation. Peu importe en soit, TIME AND TIDE ne souffre pas de ces difficultés et est un film de très grande qualité qui se range aisément parmi ce qu'un des plus grands (voire le plus grand) génies du cinéma hong-kongais a fait de mieux... TIME AND TIDE est un indispensable que tout cinéphile se doit de voir, au plus vite!

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-ZE RING-

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19 novembre 2011

THE KILLER

TK JAQ
RÉALISÉ PAR
|
JOHN WOO.
ÉCRIT PAR | JOHN WOO.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | LOWELL LO.

CHOW YUN-FAT | Jeff.
DANNY LEE | Li.
SALLY YEH | Jenny.
CHU KONG | Sydney.
KENNETH TSANG | Chung.
FUI-ON SHING | Eddie Weng.

Jeff (Chow Yun-Fat) est un tueur professionnel aguerri qui travaille en solo. Lors de l'éxécution d'un contrat, il blesse accidentellement aux yeux une jeune chanteuse, Jenny (Sally Yeh). Rongé par le remords, Jeff tente de se racheter. Il accepte d'éliminer un parrain des Triades afin de réunir la somme nécessaire à la transplantation dont Jenny à besoin.

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-CETTE CRITIQUE EST BASÉE SUR LA VERSION INTERNATIONALE D'1H40-

John Woo est connu mondialement pour la violence ultra-stylisée et la chorégraphie de la violence qui s'opèrent dans ses films. Cependant, la ou certains y voient de vulgaires films d'action stylisés à outrance, d'autres y voient des oeuvres certes spectaculaires et maniéristes, mais également bouleversantes, touchantes, et dont le style quelque peu excessif n'a que pour but de véhiculer des émotions très fortes... C'est ça THE KILLER, un polar culte qui ne vaut pas seulement par ses scènes d'action contrairement à ce que beaucoup voudraient faire croire. Pur remake du SAMOURAI de Melville, THE KILLER s'impose comme un des meilleurs polars de tous les temps ainsi que l'une des meilleures oeuvres de John Woo, une véritable tuerie intergalactique qui mérite bien quelques modestes explications!

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Soyons clair, il y un avant THE KILLER et un après THE KILLER. Avant ce film, il n'y a jamais eu rien de tel. L'arrivée de ce film à complètement révolutionné le cinéma d'action, et a engendré MATRIX tout comme il a mis Scorsese sur le cul (le film lui est d'ailleurs dédié) et a inspiré Quentin Tarantino... Ce n'est donc pas de nimporte quel film dont on parle, puisque tout comme Sergio Leone, John Woo à investi un genre pourtant maintes fois exploité auparavant (ici le polar) et l'a révolutionné en imposant son style à chaque instant. Car c'est de la que vient la révolution, c'est de la que viennent tous ces mecs qui tirent avec deux flingues dans les mains tout en sautant partout, c'est de la que viennent tous les ralentis tant utilisés dans les films d'action pendant toute une époque. Tout ça, John Woo l'a fait avant et mieux que tout le monde, faisant preuve d'une maitrise jamais égalée, et ce, aussi bien d'un point de vue technique que scénaristique (j'y reviendrai, promis!). Signant des plans somptueux et faisant preuve d'un sens du cadre incroyable, John Woo chorégraphie également ses fusillades avec un brio incroyable, toujours sous l'influence du genre qu'il préfère... La comédie musicale, et oui car malgré la violence de ses films, John Woo reste un grand admirateur de comédies musicales, composant donc le moindre de ses films de la même façon, expliquant la présence quasi-omniprésente de la musique et le montage du film, Woo montant les images de son film à partir de la musique et non la musique a partir des images.... Mais en soit peu importe, le résultat à l'écran est détonnant, ça blaste, ça fait exploser tout le décor, ça saigne et ça tire de partout mais dans les moments les plus paisibles, la symbiose entre les images et la musique vous donnera des frissons, la bande-son étant aussi belle que la photographie...

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Pourtant, si Woo laisse une grande place à l'action dans son film, ce sont les personnages qui en sont le point central. Reprenant le cultissime LE SAMOURAI mais le remixant à sa sauce, John Woo dresse le portrait de 4 personnages tous aussi touchants les uns que les autres, qu'il s'agisse de Jeff, tueur professionnel au noble code d'honneur et aux objectifs touchants, ou du flic Li, véritable justicier dans l'âme, John Woo prend ces personnages à la base simples, et les magnifie au travers de scènes d'une grande subtilité ou de dialogues certes naïfs et maladroits mais dont la bancalité est largement compensée par la puissance de l'interprétation. Chow Yun-Fat y fait en effet preuve d'un charisme exceptionnel mais livre également une de ses meilleures interprétations, tantôt subtil, tantôt émouvant, le bonhomme montre toute l'étendue de son talent, au même titre que Danny Lee ou de Chu Kong dont les magnifiques prestations donnent vie à des personnages bouleversants qui font face a d'autres personnages bien plus détestables. Manichéen, THE KILLER l'est assurémment, John Woo ne nuance jamais réellement son histoire mais le tout reste d'une grande efficacité, le manque de nuances dans l'histoire étant largement compensé par la puissance des personnages et de l'histoire...

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Qui plus est, ce manichéisme n'est finalement rien de plus que le résultat des obsessions de John Woo posées sur pélicule. Obsédé par l'amitié, la loyauté, la trahison, l'honneur et la rédemption. Thématiques centrales de THE KILLER, mais également du reste de la filmographie de John Woo, elles sont abordées ici de manière très explicite voire maladroite mais sont également le moteur d'émotions puissantes. En effet, l'un des points forts de THE KILLER est sa puissance émotionnelle incroyable. Bouleversant, THE KILLER l'est à bien des égards, mention spéciale à son final qui risque de vous assommer un bon coup et de vous laisser K.O, Woo enchaine les scènes poignantes tout comme il enchaine les fusillades cultes, et si THE KILLER est un grand film d'action, c'est également un sublime drame humain, et ce autant dans ses enjeux que dans son dénouement. THE KILLER est une oeuvre puissante émotionnellement, chose que les détracteurs de John Woo n'arrivent pas à voir, malheureusement pour eux... Dans toute cette tornade de sentiments et d'émotion fortes, John Woo parvient néanmoins à construire un scénario solide, parvenant à éviter avec brio toute forme de temps morts, malheureusement ce scénario est légèrement désavantagé par des dialogues assez mal écrits, mais en soit peu importe, le reste compense ce mineur défaut dans ce qui reste une oeuvre majeure du 7ème art.

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THE KILLER
est donc ni plus ni moins qu'un véritable chef d'oeuvre, un polar bouleversant animé par des personnages tous plus touchants les uns que les autres. John Woo s'impose pour la première fois avec ce film comme un véritable génie, maitrisant ses scènes d'action comme personne et faisant preuve d'un talent technique incroyable. Pour la première fois, le bonhomme impose réellement son style et révolutionne tout le cinéma d'action, exploit qu'il réitèrera 3 ans après avec le génial A TOUTE ÉPREUVE... La classe. THE KILLER est un des meilleurs films de John Woo, un véritable chef d'oeuvre qui n'a pas à rougir de la comparaison avec LE SAMOURAI, son modèle auquel il est d'ailleurs peut-être supérieur... Il s'agit donc d'un film à voir absolument, et très vite, qui permettra d'ailleurs peut-être à certains de s'initier à l'oeuvre fascinante bien qu'inégale de John Woo...

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-ZE RING-

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19 janvier 2011

FULL CONTACT

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Une tuerie absolue réalisée et produite par Ringo Lam.
Ecrit par Yin Nam.
Avec Chow Yun-Fat, Simon Yam, Anthony Wong Chau-Sang, Ann Bridgewater et Bonnie Fu.
Musique composée par Teddy Robin Kwan.

Full Contact est un de ces films très peu connus mais qui méritent clairement de l'être beaucoup plus. Donnant envie d'entrée de jeu grâce à un casting en béton et réalisé par ce qui était à une époque l'un des plus grands réalisateurs hong-kongais, Full Contact ne deçoit pas, bien au contraire, le film est une excellente surprise puisque non content d'être un polar décomplexé, ultra-bourrin et plein d'excellentes idées, on se rend compte très rapidement que Matrix n'a rien inventé et que bon nombre d'idées de ce dernier viennent à la base de ce Full Contact. Ainsi on se surprendra à suivre les balles tirées par les protagonistes de très près au ralenti, et même si c'est très mal fait, Full Contact, tout en étant très bourrin, parvient aussi à être excellent scénaristiquement tout en étant terriblement innovant visuellement, mais Ringo Lam n'oublie pas non plus un côté osé, ainsi on enchaine les séquences d'anthologie dans ce film à l'ambiance crade qui ne brosse pas dans le sens du poil, à titre d'exemple, à un moment donné Bonnie Fu se masturbe dans la voiture de Chow Yun-Fat pour le perturber pendant un braquage... A l'image de son casting, Full Contact est une bombe. Explications.

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Full Contact part d'une base simple : Chow Yun-Fat et Anthony Wong sont amis, mais Anthony Wong est endetté, du coup, ils font un braquage avec le cousin d'Anthony Wong, Simon Yam... Mais celui-ci force Anthony Wong à trahir Chow Yun-Fat, qui revient, une main en moins, pour buter tout le monde, pourtant, le film, en 1h30, prend le temps de développer des personnages beaucoup plus profonds qu'ils n'en ont l'air, l'un animé par la vengeance et l'autre par une certaine forme de rédemption, personnages animés par des acteurs impressionnants de charisme et de crédibilité, Chow Yun-Fat en tête (même si ses cheveux font un peu rire), suivi de près par Simon Yam dans un rôle de mother fucker d'anthologie (et dont la prestation n'est cette fois-ci pas pénalisée par un doublage français tout pourri inclus dans le film, je pense notamment à Une balle dans la tête et à la mythique réplique "Ne bouge pas, sinon je te tuer")et Anthony Wong dans le rôle d'un personnage très ambigu psychologiquement mais qui lui permettent de quitter son mythique rôle de Johnny Wong dans A toute épreuve. Full Contact est donc scénaristiquement génialement construit, et si peu de réflexion ressortent de ce film, cette perte qui n'en est soit pas une est largement rattrapé par le côté osé, violent et bourrin du film, ainsi, Ringo Lam procède, pour ses scènes d'action de la même manière qu'il procède avec ses personnages. En conséquence, ces dernières sont plus ou moins lentes mais très rythmées et électriques, et soutenues par des chorégraphies ainsi que des idées pour l'époque absolument dingues, malheureusement ces idées, et c'est notamment le cas de ce duel entre Chow Yun-Fat et Simon Yam ou la caméra suit les balles au ralenti, patissent parfois du manque de moyen ce qui donne lieu à des trucs terriblement moches à voir, au même titre, la musique est bien naze, elle fait son effet certes mais elle reste naze, enfin cela dit quiconque à vu plus de trois films hong-kongais dans sa vie sait à quoi s'attendre au niveau du son.

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Je pense que personne me contredira maintenant si je dis que ses cheveux font un peu de la peine.

Mais Full Contact est également osé, puisque d'une part il brise tous les clichés et stéréotypes du genre mais aussi parce qu'il est moralement pas très gentil, j'ai déja donné un exemple expliquant le pourquoi du comment mais dans son ensemble, le film prend le spectateur à rebrousse-poil et surprend sur tous les points, au niveau de l'originalité comme je l'ai dit plus haut, mais aussi au niveau de ses personnages, d'autant plus Full Contact est une oeuvre complètement délirante, ou les serviettes se transforment en pistolets ou en couteaux baignant dans une violence visuelle absolument terrible. Ne perdant pas son rythme endiablé une seule seconde, Full Contact est une véritable tuerie, certainement pas exempte de défauts, mais brillament dirigée par Ringo Lam et soutenu par des acteurs absolument terribles, alors oui, si on pourra reprocher que les bruitages font un peu pitié, que la musique est bien moche, que les effets spéciaux passent pas trop et que la coupe de Chow Yun-Fat fait un peu rigoler, ce serait bouder notre plaisir car Full Contact, tout en étant un grand moment de divertissant très original est également un grand film d'acteurs et de personnages... Alors si Full Contact n'atteint pas le rang de chef d'oeuvre en raison des restrictions budgétaires et des problèmes de l'époque, ainsi que d'un ou deux personnages qui peuvent agacer, il reste un film à voir car croyez-moi, des films décomplexés et niqués du bocal qui parviennent à rester crédibles, sérieux, bourrins, violents et scénaristiquement énormes, c'est assez rare d'en voir.

-Ze Ring-

P.S. Les attentifs auront remarqué que le film est passé de la catégorie POLAR à la catégorie CATÉGORIE III. Qu'est-ce que la catégorie III, me direz-vous?
Voila la réponse à toutes vos questions --> http://cine-hk.chez-alice.fr/Hkcine/SITE/DOSSIERS/categorie-III/intro-cat3.htm

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20 novembre 2010

UNSTOPPABLE

UNSTOPPABLE

Un film de Tony Scott réalisé en 2010.
Avec Denzel Washington, Chris Pine (prononcez païne) et Rosario Dawson.

Ralala elle est loin l'époque ou j'adulais Tony Scott pour des tueries comme True Romance, Le dernier samaritain, Domino ou Man On Fire. En effet, les échos que j'ai eu de ses deux derniers films, Déja-Vu et L'attaque du métro 123 étant la plupart du temps négatifs, c'est assez sceptique et mettant mon admiration pour le bonhomme de côté que je suis allé voir ce Unstoppable, et finalement, même si c'est loin d'être le meilleur de tonton Scotty, autant le dire, ça dégomme bien et ça fait plaisir!! Toujours accompagné de Denzel Washington qui joue le rôle du vieux briscard qui remballe tout le monde pour la 30ème fois et Harry-Gregson Williams qui continue de se répéter dans ses compositions qui sont quand même géniales à entendre, il y autant de bonnes choses que de choses agaçantes ou peu nécessaires dans ce Unstoppable, et c'est regrettable. Toutefois, loin de moi l'idée de vous dissuader d'aller le voir, le film étant certainement le seul film à l'affiche intéréssant en ce mois de novembre 2010, Buried n'étant déja plus à l'affiche après deux semaines (en fait au départ je devais aller voir celui-la mais voila fini, donc va falloir attendre le DVD) donc bon on se console comme on peut en attendant Machete et Unstoppable est vraiment un très bon divertissement malgré des défauts pesants, explications.

Denzel_Washington_et_Chris_Pine

Première chose : aller voir Unstoppable en se rappelant des tueries autrefois réalisées par Tony Scott ne résulterait qu'en une amère déception, ce qui serait dommage tant le film est, à défaut d'être bon scénaristiquement (j'y reviendrai), bien foutu techniquement, tant sa réalisation est sympathique et tant certaines scènes sont jouissives. Ainsi, on retrouve le style graphique du bonhomme, avec ces images saccadées propres à Man On Fire et Domino, tout semble aller vite malgré une histoire lente à se mettre en place. Mais une fois l'histoire lancée, tout s'accélère et enfin on à droit à des scènes qui dépotent. A défaut d'être spectaculaire, le film tente de jouer sur le suspense, ce qui est agréable, on regrettera toutefois que certaines scènes qui semblent évidemment jouer la-dessus s'arrêtent au moment ou la tension se fait sentir (le passage avec le train des gamins notamment). Ainsi, si certaines scènes peuvent deçevoir, la fin rattrape la majorité du film en proposant une longue scène d'action ou Denzel Washington passe de wagon en wagon pour arrêter le train 777, ici l'antagoniste majeur du film, après que Chris Pine se soit mangé un wagon de maïs, bref, si le début est long, ce n'est pas le cas du reste du film, ou Tony Scott enchaine sans se gêner en séquence de suspense bien que souvent trop courtes et grosses séquences d'action malheureusement trop saccadées par de courtes scènes toutefois trop nombreuses s'attardant sur les états d'ames de la famille de nos deux héros.

Chris_Pine_dans_la_mouise

Par ailleurs, nos deux héros, parlons-en. S'il est clair que la VF bien naze ne retranscrit pas le jeu d'acteur du génial Denzel Washington et du très bon Chris Pine (qui est dans une bonne période ces temps-ci visiblement, Smokin' Aces, Star Trek puis ce film, serait-il un grand acteur en devenir?), ils constituent à la fois un avantage et un défaut un film. En effet, si les personnages respectifs de Frank Barnes et de Will Colson sont très charismatiques, leur histoire et ce qui les à mené à la dislocation de leur famille est d'une rare niaiserie, ce qui est une tare énorme au scénario à mon sens, en partie parce que leurs familles sont agaçantes, et cette putain de version française n'arrange pas les choses. Par ailleurs, puisqu'on parle du scénario, il y a quelques scènes peu nécessaires ici et là qui constituent des temps morts vraiment regrettables. Malgré cela, le film est un petit bonheur à regarder grâce à ses scènes d'action même si on a déja pu voir mieux. Il est aussi intéréssant de voir qu'Unstoppable prend le train 777 comme un antagoniste, un peu comme le camion dans Duel de Steven Spielberg.

Denzel_Washington_et_Chris_Pine_sur_un_train

Alors oui, on regrettera qu'Unstoppable dépende trop de ses scènes d'action et que pas mal de choses dans son scénario peuvent agacer, mais bon sang, on ne regarde pas un film comme Unstoppable pour son scénario et comme je vois déja venir les pseudo-cinéphiles qui ne pensent qu'en termes d'intelligence de l'histoire, faites-moi plaisir, sortez-vous ce balai du fion et laissez-nous tranquilles, car nombreux sont les bourrins dans l'âme comme moi qui sauront apprécier ce film à sa juste valeur, c'est-à-dire un film moyen, mais un film d'action  qui fait bien plaisir et qui compense son scénario lacunier par des scènes d'action bourrines et bien foutues. Bref, Unstoppable est franchement bien torché et je pense que cette impression se renforcera lorsque j'aurai droit à la voix de Denzel Washington et pas une voix française toute pourrie. Et sans les deux connards qui étaient mes voisins de siège et qui hurlaient des blagues pendant la séance. Aucun respect. Enfin, bref, voila, Unstoppable, ça vaut bien 5€ pour une place de cinoche ou qu'on attende six mois pour le choper 2€ sur amazon, c'est bien sympa et ça défoule, et fondamentalement c'est exactement ce que j'attend de ce genre de film.

-Ze Ring-

Denzel_Washington_entre_deux_citernes

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