27 mai 2011

LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND

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RÉALISATION | SERGIO LEONE
ÉCRITURE | SERGIO LEONE, LUCIANO VINCENZONI, AGENORE INCROCCI, FURIO SCARPELLI ET
MICKEY KNOX.
MUSIQUE | ENNIO MORRICONE

CLINT EASTWOOD | Blondin
LEE VAN CLEEF | Angel Eyes
ELI WALLACH | Tuco

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Le bon, la brute et le truand est troisième et dernier segment de la trilogie de l'homme sans nom de Leone. Considéré par beaucoup comme le meilleur western spaghetti de tous les temps, Le bon, la brute et le truand est en effet une valeur sure puisque c'est le film qui marque définitivement l'age d'or de Sergio Leone, et donc du cinéma italien. Et pour quelques dollars de plus était déja impressionnant : Leone pousse ici les choses encore loin en signant Le bon, la brute et le truand, une des oeuvres les plus épiques et les plus abouties de son temps. Il n'y a pourtant ici rien de bien oiginal : une chasse au trésor et trois mecs qui se foutent sur la gueule pour le trouver, c'est du déja vu, malgré tout Le bon, la brute et le truand est un chef d'oeuvre, la raison est bien simple et s'applique aux 5 westerns de Leone : le film brille plus par sa forme que par son fond et si le fond est bien traité dans son ensemble c'est davantage la forme qui attire l'attention dans ce récit de 3 heures sur la loyauté et la trahison (les thèmes fétiches de Sergio Leone.) ou les punchlines mythiques (-Hé amigo, tu sais que t'as une tête qui vaut 2000 dollars? -Et toi t'as pas la tête de celui qui les encaissera.) et les duels s'enchainent jusqu'a un final épique qui restera encore longtemps dans les mémoires. Le bon, la brute et le truand, une oeuvre culte.

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Troisième et dernière collaboration du duo mythique Sergio Leone-Clint Eastwood, celui-ci s'habille pour la dernière fois de son poncho dans ce western pour jouer le rôle de Blondin, "le plus gros dégueulasse que la Terre ait jamais porté.", salopard sournois, égoïste et bien évidemment, un tireur d'élite, à côté de lui se trouve l'impressionnant Lee Van Cleef, qui joue ici un bad mother fucker comme on les aime, cupide, égoïste, violent, manipulateur et charismatique, le bonhomme tient ici le rôle de sa vie, tout comme Eli Wallach, truand sans prétention qui se retrouve embarqué dans une chasse au trésor colossale et dont le personnage rappelle étrangement Juan Miranda, le personnage de Rod Steiger dans Il était une fois la révolution. Comme d'habitude, les acteurs sont géniaux, les personnages auxquels ils donnent vie le sont également : profonds et travaillés, l'un d'eux en deviendrait presque attachant mais ça reste un salaud... C'est le seul problème de Leone à l'époque du bon, la brute et le truand : ses personnages sont des salopards opportunistes auxquels on ne s'attache vraiment, problème qu'il parviendra à régler avec brio dans sa trilogie américaine (sur laquelle je travaillerai très bientôt, patience!!), qui, au passage, pète mille coudées au-dessus de cette trilogie de l'homme sans nom qui est déja un standard de qualité très élevé!

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A partir d'un postulat de base simple, Leone signe avec Le bon, la brute et le truand la fin d'une trilogie épique : il est donc logique que ce dernier volet soit le plus épique des trois, pari difficile à tenir mais réussi puisque le film, qui dure 3 heures, c'est bon de le préciser, enchaine des scènes d'anthologie sans aucun temps mort (le tout non pas sans trait d'humour.), merci à des scénaristes de talent et aux dialogues croustillants que les acteurs récitent comme si leur vie en dépendait, scénaristiquement le film est génial et Leone prouve une fois de plus qu'en termes de mise en scène il pétait, en son temps, à mille coudées au-dessus de tout le monde (à part peut-être Peckinpah... Mais c'est pas le même genre de mise en scène.) et livre donc un CHEF D'OEUVRE visuel, ou chaque scène fait oublier la précédente, chaque baston, chaque duel est plus épique que le précédent, par sa mise en scène Leone toucherait presque à la perfection (et ce n'est qu'un aperçu de la qualité cinématographique qu'il parviendra à atteindre avec ses trois films suivants.), mise en scène qui est une fois de plus magnifiquée par la musique culte d'Ennio Morricone, la classe!

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En somme, un autre western spaghetti à la Leone. La formule ne change donc pas : des acteurs classes, qui interprètent tous des badass motherfuckers, des bastons épiques, une musique qui déchire sa race et des répliques à tour de bras... Seulement Leone est bien connu pour ne jamais avoir sorti un film moins bon que le précédent, Le bon, la brute et le truand est donc un chef d'oeuvre épique, qui enterre ses deux ainés les doigts dans le nez. Une oeuvre culte, un tournant dans l'histoire du cinéma et si par la suite Leone à abandonné Eastwood (même si ça me semble plutôt etre le contraire, mais j'y reviendrai dans un article prochain) ce n'est que pour mieux changer de formule et créer des oeuvres bien plus importantes, car soyons clair si la trilogie de l'homme sans nom fut un évènement dans l'histoire du cinéma, de par la ressemblance importante entre les trois films il est difficile de les qualifier les trois d'oeuvres importantes... Mais peu importe ça reste du pur plaisir jouissif et aucun des trois westerns présentés ces derniers jours n'est aussi bon que ce que Leone à fait par la suite... Comment ça, ça donne envie?

-ZE RING-

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23 mai 2011

POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS

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RÉALISATION
| SERGIO LEONE
ECRITURE | SERGIO LEONE,
à partir du film Yojimbo, le garde du corps d'Akira Kurosawa.
MUSIQUE | ENNIO MORRICONE

CLINT EASTWOOD | Joe
MARIANNE KOCH | Marisol
GIAN MARIA VOLONTÉ | Ramón Rojo

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Nous sommes en 1964. Les westerns américains affluent, John Wayne passe des mois dans le désert et bute des salauds d'indiens à tour de bras, le tout sans tacher sa chemise. C'est à ce moment-là qu'arrive Pour une poignée de dollars, présentant des personnages mal rasés, mal fringués, solitaires, égoïstes, à la gachette facile et avides d'argent. Les femmes y sont traitées comme de la merde et le film est bercé dans une violence discrète mais belle et bien présente la ou elle était complètement absente chez les films de notre "ami" John 'Marion' Wayne (et oui les amis, pour ceux qui ne le savaient pas, avant de prendre le nom terriblement viril de John Wayne, ce dernier s'appelait Marion Robert Morrison... Le pauvre.), bref c'est une vision bien plus réaliste de la vie dans l'Ouest que nous offre ce qui est reconnu comme le premier grand western spaghetti. Et oui, Sergio Leone, considéré comme le meilleur réalisateur de westerns spaghettis de tous les temps (et c'est certainement pas moi qui vais dire le contraire.), est aussi le précurseur du genre, et si l'on ne remerciera jamais assez celui-ci pour ses oeuvres mais aussi pour celles qu'il a engendré comme les géniaux Django et Companeros de Sergio Corbucci, il ne faut pas oublier qu'il y a un revers à cette médaille. En effet, pour faire son film, Sergio Leone s'est simplement contenté de reprendre le Yojimbo d'Akira Kurosawa (que je n'ai pas encore vu) et de le porter dans l'Ouest. Bien évidemment, il y a toujours la touche du maitre Leone mais le problème est bien la : du coup, voila quand certains abrutis viennent me dire que Django est un vulgaire copier-coller de Pour une poignée de dollars, je leur répondrais que, non seulement ils pètent portnawak puisque l'univers de Corbucci est bien plus hardcore, mais qu'en plus ce n'est que justice partant du principe que Leone à lui-même ouvertement plagié Kurosawa.
Malgré tout, force est de constater que ce plagia est largement excusé. D'une part pour la vague de westerns spaghettis géniaux que Leone à engendré, de l'autre, parce que dans son plagia, Leone à tout de même révélé plusieurs personnalités majeures du 7ème art : Clint Eastwood, qui, je le rappelle, jouait dans des séries télés pourries avant ça, Ennio Morricone, un des plus grands compositeurs de tous les temps, mais aussi Gian Maria Volonté, un des plus grands acteurs italiens. Moi des plagias comme ça, j'en veux tous les jours... Mais venons-en au film, car c'est bien ça qui nous intéresse, alors Pour une poignée de dollars, qu'en est-il?

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Pour une poignée de dollars est une véritable leçon de cinéma. En terme de rythme, d'acteurs, de personnages, de dialogues, de musique et surtout de mise en scène, tout est bon dans ce film. Pourtant à bien des égards Pour une poignée de dollars est très certainement le moins bon film de Sergio Leone (je n'ai jamais vu ses deux péplums et personnellement ça me branche pas particulièrement.) et la raison à cela est simple : le film est loin d'être aussi complet, profond et surtout aussi épique que les autres crus du monsieur, faisant de Pour une poignée de dollars un film majeur dans le sens ou Sergio Leone, pour la première fois se déchaine et lance une vague incroyable de westerns, mais un film mineur sur sa filmographie dans le sens ou par la suite ses autres films feront oublier ce dernier... A tort? Certainement pas, car la comparaison avec les autres films de Leone est inévitable tant la ressemblance entre ses 3 premiers westerns (La trilogie du dollar, pour les incultes, aussi appelée la trilogie de l'homme sans nom) est frappante et tant ceux-ci atomisent 150 fois ce premier opus, mais en soit peu importe puisque malgré les comparaisons Pour une poignée de dollars demeure un western de très bonne facture et un pur plaisir filmique, la raison? Sergio Leone maitrise en tous points son film et plus particulièrement sa mise en scène, livrant un western spaghetti stylisé et épique, imposant toutes les trademarks qu'on lui connait, utilisant la force du regard de ses acteurs comme personne, livrant des gros plans purement et simplement magnifiques (voir les deux images au-dessus), chaque plan est étudié dans les moindres détails faisant de Pour une poignée de dollars un film techniquement parfait (mais c'est une habitude avec Sergio Leone), et puis par sa mise en scène et son montage, Sergio Leone livre tout de même quelques passages d'anthologie (une autre habitude de Sergio Leone.) comme ce duel final inventif, long et épique, porté par la partition d'un des plus grands génie de la musique cinéma... J'ai nommé Ennio Morricone.

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La partition du monsieur, qui va même plus loin que le film lui-même, illustre à merveille les moments épiques de ce dernier tout comme le caractère de ses personnages, personnages portés par des acteurs au charisme incroyable, je pense bien évidemment à Clint Eastwood (à mes yeux, le meilleur acteur de western, derrière Franco Nero et Lee Van Cleef.) mais aussi au rare mais génial Gian Maria Volonté, grand acteur qui eut un succès tellement fou suite à ce film que Melville l'a engagé pour jouer le rôle de Vogel dans son Cercle Rouge! Ces deux acteurs interprètent à merveille leur personnage, deux bad mother fuckers en puissance qui se battent pour le profit, et si l'un des deux, à un moment donné, agira dans un pur élan de vertu, c'est leur nature purement égoiste qui prime et qui en font des personnages solitaires et taciturnes, les deux éléments qui font des personnages de western spaghetti les personnages les plus classes de la planète, personnages que Sergio Leone prend du temps pour développer plus en profondeur malheureusement le principal problème de Pour une poignée de dollars est la puisque le film va bien trop vite pour donner une véritable profondeur et une véritable identité à des personnages qui n'en ont à la base aucune, et si l'interprétation, le charisme des acteurs et les dialogues génialissimes sont la pour cacher ce défaut, reste que ce défaut est bien la et que l'on sent suite à la vision du film un véritable manque de relief chez des personnages qui ont pourtant tout pour rester dans les esprits! Heureusement, les prochains films de Leone palieront à ce défaut et de loin, puisque Il était une fois en amérique est l'un des films les plus complets qu'il m'ait été donné de voir.

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Alors voila en somme Pour une poignée de dollars est un excellent premier western spaghetti pour Leone. Très bien interprété, très bien écrit, très bien structuré, magnifiquement illustré musicalement et doté d'une mise en scène touché par la grace, il souffre malheureusement d'un manque de profondeur chez ses personnages... Mais bon, avec un aussi beau duel final, on ferme les yeux la-dessus. A voir pour quiconque cherche à approfondir sa culture western, pour les fans de Sergio Leone et pour tous ceux qui n'ont vu que les westerns du gros Marion!

-ZE RING-