19 avril 2011

FIGHT CLUB

FCJAQUETTE

Un film réalisé par David Fincher en 1999.
Ecrit par Jim Uhls a partir d'une nouvelle de Chuck Palahniuk.
Avec Brad Pitt, Edward Norton, Helena Bonham Carter, Meat Loaf, Zach Grenier et Jared Leto.
Musique composée par les Dust Brothers.

La règle n°01 du Fight Club est de ne pas en parler. Aujourd'hui je vais briser cette règle d'or puisque je compte bien en parler, ce tout en espérant que Tyler Durden ne s'introduise pas pour me refaire le portrait. Il était tout de même temps que ce film fasse une incursion sur ce blog tant il correspond à toutes les raisons pour lesquelles j'ai fait le blog : il est à la fois barré, plein d'inventivité, violent et surtout SUBVERSIF. Car Fight Club est purement et simplement l'un des films les plus subversifs de ces dernières années, un véritable souffle d'air frais tant la subversion, qui fut pourtant monnaie courante dans les années 70-80, est en voie de disparition au cinéma. Alors si on peut reprocher l'évidence de cette subversion, peu importe, car force est de constater que maintenant rares sont les films aussi couillus que Fight Club et que faire un film aussi généreux relève presque de l'impossible... Car contrairement à David Fincher, très peu de réalisateurs sont parvenus à réaliser un film techniquement et scénaristiquement énorme tout en distillant un propos subversif avec un punch incroyable, Fincher, que l'on connaissait déja comme un cinéaste violent (en témoigne son Seven) spécialiste des oeuvres noires, surprenantes et survoltées réunit tous ces éléments dans son oeuvre qui lui correspond le plus : Fight Club.

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Rarement j'ai vu un film aussi rythmé que Fight Club. Réussissant le pari presque impossible (peu y sont parvenus avec autant de brio) de tenir pendant 2h10 un rythme absolument infernal, dont l'intrigue part dans tous les sens, David Fincher signe un film électrique, qui par sa vitesse ferait rougir Christopher Nolan qui est déja pas mal en la matière, mais il signe un film qui serait presque expérimental tant Fincher s'amuse avec sa caméra et surtout avec les effets numériques. Sa caméra passe partout, à travers les murs, entre les meubles, dans les corps des personnages, procédés maintes et maintes fois repris notamment par Gaspar Noé qui pour réaliser ses deux derniers films semble s'être inspiré de deux des meilleurs thrillers modernes, ce Fight Club ainsi que le génialissime Memento de Nolan, ce n'est pas étonnant tant Fight Club est une véritable leçon de cinéma et plus particulièrement de mise en scène, Fincher livrant avec Fight Club une véritable prouesse technique, bourré jusqu'aux oreilles d'idées visuelles géniales (on retiendra tout particulièrement ce générique hallucinant, ainsi que ce court passage ou Edward Norton traverse son appartemment et ou les meubles de ce dernier apparaissent au fur et à mesure qu'il avance dans la pièce, vertigineux, évidemment les idées visuelles ne se limitent pas à ça mais celles-ci valent le coup d'être notées.) faisant du long métrage une véritable expérience à part, et puis Fincher fait preuve d'une maitrise de la caméra probante, puisqu'il utilise de tout ici : travellings, plans-séquences... Plus que jamais le bonhomme, dont les trois premiers films sont déja exemplaires, fait preuve d'un talent rare, et puis vous me connaissez impossible pour moi de ne pas saluer l'univers glaucque, trash, crade et barré de ce Fight Club, et si le mérite revient en grande partie à Chuck Palahniuk, auteur de la nouvelle originale, force est de constater que Fincher n'est pas un manche quand il s'agit de choisir ses décors et son éclairage, faisant de chacune de ses scènes un plaisir visuel rare et de chacun de ses plans un pur moment de maitrise cinématographique.

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Mais voila, comme tout thriller Fight Club repose davantage sur son scénario et un rythme endiablé, et comme je l'ai dit force est de constater que Jim Uhls n'a pas chomé! Evidemment, si en termes d'histoire le mérite revient à Chuck Palahniuk, transposer une nouvelle en film n'est pas chose aisée puisqu'il faut considérablement remanier le texte histoire d'installer un rythme, ici c'est chose réussie et si Fight Club s'est si aisément fait une réputation c'est en grande partie parce que son rythme est des plus agréables et parce qu'en termes de dialogue Fight Club est une perle rare, enchainant les punchlines et les répliques cultes, les deux personnages principaux sont des plus délirants et des plus barges, l'un profondément anarchiste et l'autre un peu plus raisonnable, personnages incarnés d'ailleurs par des acteurs superbement choisis et dirigés, mention spéciale à Brad Pitt qui livre ici une de ses meilleures prestations et Helena Bonham Carter, bien mieux dans ce rôle de niquée de la tête complètement barge et suicidaire que dans les films de son mari Tim -J'travaille pour Walt Disney alors que y a 15 ans ils me tapaient sur les doigts!- Burton. Brad Pitt dresse le portrait de Tyler Durden, personnage d'anthologie d'une part pour son charisme animal, de l'autre pour sa phylosophie anarchiste qui plaira ou qui ne plaira pas (mais à laquelle moi j'adhère complètement.) et ses diatribes cultes, gros coups de poings dans la gueule de nos intellos nationaux, bien évidemment Edward Norton n'est pas en reste, toujours aussi discret qu'a son habitude mais capable de prouesses d'interprétations impressionnantes. On notera aussi Jared Leto dans le rôle d'une véritable tête à claques... Et ici c'est le cas de le dire, mais je n'en dis pas plus! S'il est impressionnant de par son aboutissement technique, Fight Club est donc également soutenu par des prestations d'acteurs très agréables mais également par la zik de bourrin des Dust Brothers apportant encore plus à l'ambiance trash du film.

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Mais si Fight Club est une véritable leçon technique, sa plus grande force se trouve davantage dans la subversion du message qu'il délivre, Fight Club étant une oeuvre profondément anarchique, s'acharnant tout particulièrement sur une société de consommation qui fait de nous des esclaves de nos possessions matérielles et de nos jobs puisque les jobs fournissent l'argent qui fournit les possessions matérielles, mieux Fight Club dépeint une société de consommation qui profite de nous, nous inonde de pubs et nous bourre le crane pour faire financièrement profiter une minorité d'enculés, malheureusement si la subversion de Fight Club est importante, elle est aussi terriblement évidente, constituant un des rares défauts du film puisque d'autres films comme Zombie de George A. Romero ont traité le sujet avec une rare subtilité... Et oui à ceux qui considèrent encore Zombie comme un film dont le seul et unique but est de défourailler du cadavre ambulant, je ne dirais qu'une chose c'est que vous êtes loin, très loin de la vérité. Et puis évidemment, je n'y pense que maintenant mais Fight Club est également un monument de violence, certainement le film le plus violent de Fincher, envoyant Seven six pieds sous terre de ce point de vue, livrant des scènes de baston courtes mais brutales et sanglantes, un véritable souffle d'air frais tant le cinéma actuel, et plus particulièrement le cinéma américain, est bercé dans une propreté et dans une propension à brosser le spectateur dans le sens du poil, Fight Club est l'opportunité pour Fincher de prouver une fois de plus que briser les conventions ne lui pose pas de soucis.

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En conclusion, Fight Club est un thriller électrique, ultra-rythmé de son début jusqu'a son twist final surprenant, c'est également une perle en termes de technique, de mise en scène et de réalisation, perle soutenu par des acteurs géniaux et une bande-son crado, c'est également un film profondément subversif et violent. Tant Fight Club est parfait sur tous les points qui le constituent, il est très certainement un des meilleurs thrillers de son temps, voire même un des meilleurs films du genre tout court. Il est très rare de voir un film de cette qualité. Un chef d'oeuvre. Alors maintenant si vous l'avez pas vu va falloir vous depêcher de le voir car ne jamais avoir vu ce film est la preuve irréfutable que vous vivez dans une grotte... Alors si vous voulez éviter de passer pour un homme de cromagnon, depechez-vous!

-ZE RING-

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Posté par ZE RING à 22:06 - - Commentaires [33] - Permalien [#]
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