14 juillet 2012

THE GREAT DICTATOR

Jaquette
RÉALISÉ PAR
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CHARLIE CHAPLIN
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ÉCRIT PAR | CHARLIE CHAPLIN.
MUSIQUE COMPOSÉE PAR | CHARLIE CHAPLIN ET MEREDITH WILSON.

CHARLIE CHAPLIN | Adenoid Hynkel / Le barbier juif.
JACK OAKIE | Benzino Napoléoni.
REGINALD GARDINER | Schultz.

Dans le ghetto juif, vit un petit barbier qui ressemble énormément à Adenoid Hynkel (Charlie Chaplin), le dictateur de Tomania qui a décidé l'extermination du peuple juif. Au cours d'une rafle, le barbier est arrêté en compagnie de Schultz (Reginald Gardiner), un farouche adversaire d'Hynkel.

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 Avant toute chose, il est nécessaire de rappeler le contexte dans lequel a été réalisé THE GREAT DICTATOR, de et avec Charlie Chaplin, et sorti en 1940.
L'acteur-réalisateur produit le film juste avant la Seconde Guerre Mondiale. THE GREAT DICTATOR se veut être une satire du régime nazi.
D'ailleurs, le gouvernement d'Hitler fera pression pour que Charlie Chaplin abandonne la réalisation.
Mais le cinéaste ira jusqu'au bout de ses intentions. Mieux encore, THE GREAT DICTATOR reste le plus gros succès de son auteur.
A l'époque, la Grande-Bretagne résiste encore et toujours aux assauts nazis et lutte au nom de la liberté et de la démocratie.
Avec THE GREAT DICTATOR, Charlie Chaplin dénonce les dangers du nazisme, un régime autoritaire et meurtrier, qui menace non seulement les juifs mais également l'Humanité.
Au niveau du casting, on retrouve évidemment Charlie Chaplin dans un double rôle, celui d'un barbier juif et celui d'Adenoid Hynkel, le dictateur de Tomanie.
Mais Charlie Chaplin joue également la carte de la confusion puisque son personnage du barbier, donc encore une fois, un juif, ressemble à s'y méprendre à Hynkel. Le propos du film est pour le moins engagé et terriblement insolent.
Viennent également s'ajouter Jack Oakie, Paulette Goddard, Reginald Gardiner, Henry Daniell, Billy Gilbert et Grace Hale.
Jack Oakie interprète un certain Benzino Napoléoni, le dictateur de Bactérie. Son nom est la contraction de Benito Mussolini et de Napoléon.
Vous l'avez donc compris. THE GREAT DICTATOR n'est pas qu'une critique des régimes nazis et de sa menace grandissante à travers l'Europe et le monde.
D'une façon générale, le film dénonce les dangers des dictatures et des idéologies prônant la haine, la guerre et la supériorité de la race.
La Croix Gammée, symbole du parti nazi, n'apparaît pas dans le film, mais est remplacée par une double croix.
Pour l'anecdote, THE GREAT DICTATOR est le tout premier film du cinéma à évoquer explicitement le mot "juif". Inutile alors de préciser que THE GREAT DICTATOR sera interdit en Allemagne jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
Le long-métrage ne sortira qu'en 1958. Même remarque pour l'Espagne qui projette le film en 1975 dans les salles.

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Autre anecdote : Charlie Chaplin et Adolf Hitler sont nés à quatre jours d'intervalle et deviendront les deux moustachus les plus importants du XXème siècle.
Que retenir de THE GREAT DICTATOR ? Difficile de répondre mais la fin du film, qui se conclut par le discours de Charlie Chaplin, est sans aucun doute le moment le plus important. "Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n'est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs…"
Vous l'avez donc compris : THE GREAT DICTATOR reste avant tout une oeuvre profondément humaniste. En vérité, Charlie Chaplin avait compris avant tout le monde le danger que representait le nazime pour le monde entier et pour l'Humanité.
Pour son réalisateur, THE GREAT DICTATOR marque également la rupture avec son personnage favori, donc, Charlot.
Il s'agit également du premier film parlant de Charlie Chaplin qui rompt avec le cinéma muet.

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Pourtant, sur la forme, THE GREAT DICTATOR ressemble beaucoup aux films muets de Chaplin. Plus que jamais, le réalisateur reste fidèle à son cinéma.
Charlie Chaplin s'approprie totalement le personnage de Hynkel, non seulement à travers des discours de haine et d'intolérance, mais également à travers une gestuelle travaillée, volontairement exagérée, le but étant de manipuler une foule sous le charme d'un dictateur zélé et moustachu.
Chaplin a donc parfaitement cerné la personnalité perverse, psychopathe et mégalomane de son dictateur. En même temps, le cinéaste s'en prend également à Napoléon et Benito Mussolini. Les dictateurs de notre monde moderne n'ont qu'à bien se tenir ! Mais pour en revenir à la séquence finale, Chaplin n'est plus le barbier juif ni Hynkel.
Chaplin devient juste lui-même le temps de quelques minutes pour signer un discours politiquement engagé. L'un des plus importants du XXème siècle et de toute l'histoire du cinéma. Immense film (et c'est peu de le dire) et une oeuvre magistrale.

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-ALICE IN OLIVER-

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